26 mars 2008

Les Belges paieront 6,3 pc d'impôts en plus en 2008

Les citoyens et entreprises en Belgique paieront cette année en moyenne 6,3 pc d'impôts en plus, annonce mercredi L'Echo, sur base des chiffres repris dans l'"Exposé général des budgets des recettes et dépenses" pour l'exercice 2008 déposé au Parlement.

Cette hausse de 6,3 pc s'explique par des facteurs purement macro-économiques comme la hausse des salaires ou encore la hausse des prix à la suite de l'inflation, précise le quotidien. Cette mauvaise nouvelle pour le contribuable serait toutefois atténuée par le fait qu'un certain nombre de mesures gouvernementales devraient alléger cette surcharge à hauteur de 909 millions d'euros, selon des calculs effectués par le journal De Tijd.
Au total, le gouvernement fédéral s'attend à récolter quelque 96,5 milliards d'euros cette année en impôts. Il s'agit principalement d'impôt des personnes physiques, de TVA et d'impôts des sociétés.

"Didier Reynders a exaspéré les flamands"

Benoit Drèze a été négociateur cdH dans le cadre de l'Orange bleue, puis nommé expert au cabinet de Josly Piette.
L'échevin des Affaires sociales de Liège Benoît Drèze (cdH) a annoncé mardi sa décision de se consacrer "à 100%" à son mandat au sein du Collège liégeois. Il a également critiqué, le président du MR Didier Reynders, mettant à son compte la longueur des négociations fédérales.

Depuis son entrée en fonction le 4 décembre 2006, le député fédéral, qui fut négociateur cdH dans le cadre de l'Orange bleue, puis nommé expert au cabinet du ministre de l'Emploi Josly Piette, a dû conjuguer son mandat local avec ses responsabilités fédérales. Mais ce travail éreintant a un prix: "j'ai eu moins de temps à consacrer à la politique sociale", a-t-il admis, reconnaissant aussi que ces neuf derniers mois l'avaient éloigné de la vie des gens et qu'il aspirait à les retrouver et à développer de nouveaux projets.
M. Drèze dit avoir signifié clairement à sa présidente, Joëlle Milquet, qu'il désirait revenir sur le terrain local et qu'il déclinait tout nouvel engagement au sein d'un cabinet fédéral, se défendant d'avoir agi à la suite de quelque pression de la part du bourgmestre de Liège Willy Demeyer, qui avait appelé les échevins à faire de Liège leur priorité.

Ce "retour à temps plein" à Liège répond également aux reproches de la députée et Conseillère communale liégeoise Christine Defraigne (MR) qui avait pointé, en février dernier, "l'inaction des Affaires sociales à Liège". Néanmoins, Benoît Drèze entend poser sa candidature aux prochaines élections fédérales. Par ailleurs, il a formulé de vives critiques à l'encontre du président du MR.

"L'attitude de Didier Reynders a fait beaucoup de casse et en fera encore. Il était impossible, avec lui, de négocier dans la confidentialité: si les négociations ont duré si longtemps, c'est en partie à cause de lui" a-t-il déclaré. Selon lui, son attitude constamment humiliante et méprisante lui a valu de s'isoler face aux francophones et au CD&V. "Didier Reynders a exaspéré les flamands", a conclu l'échevin liégeois.

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66.000 signatures pour faire baisser la TVA sur le chauffage

La pétition lancée en novembre dernier en Belgique pour obtenir une baisse de la TVA sur l'énergie de chauffage avait recueilli mardi près de 66.000 signatures, a indiqué mardi son promoteur, Gabriel Kevers.La pétition, lancée le 14 novembre 2007 pour obtenir une baisse de 21% à 6% de la TVA sur l'énergie de chauffage (mazout, chauffage, etc.), a déjà recueilli près de 66.000 signatures électroniques. Sur ce total, 11.000 signatures papier sont recensées, a précisé M. Kevers à l'agence Belga. Il compte la remettre au ministre belge des Finances au mois de juin et non en mars comme il l'avait un temps annoncé, ce qui devrait permettre à d'autres citoyens de signer le document.
En parallèle, cet informaticien de profession a introduit une demande d'autorisation pour lancer une pétition similaire au sein de l'Europe des Vingt-sept. Elle devra recueillir un million de signatures au moins avant d'être remise aux instances européennes. La pétition est accessible sur le site internet http://www.combustible.be/ et sur http://www.lapetition.be/ .

Conseil communal chahuté à Fourons

Quelques incidents ont émaillé le conseil communal de Fourons ce jeudi soir lorsque les conseillers francophones minoritaires ont pris la parole dans leur langue. Le conseil a duré près de 3H15 mais les débats ne se sont finalement déroulé que pendant une vingtaine de minutes.Lors du premier point, le conseil de l'opposition Grégory Happart a posé ses questions en français après avoir demandé la parole en flamand. Comme lors de chaque intervention en français, les conseillers de la majorité Voerbelangen ont repris les débats entre eux.

IntoléranceLes cinq conseillers francophones ont alors brandi des affichettes mentionnant "non à l'intolérance", "non au génocide culturel" ou encore "oui au respect des minorités", avant de débuter, à tour de rôle, la lecture de la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Convention cadre pour la protection des minorités nationales.

Leur attitude a irrité certains conseillers de la majorité et les esprits se sont échauffés lorsque le conseiller Grégory Happart a pris le micro des mains de la présidente du conseil, Annemie Casiers. Une bousculade s'est produite entre les différents conseillers et la présence de deux policiers a été requise pour calmer les protagonistes.Les conseillers de "Retour aux libertés" ont poursuivi leur lecture pendant une demi-heure, devant le seul bourgmestre Huub Broers, la présidente ayant suspendu la séance et les conseillers de la majorité ayant quitté la salle. Vers 21H10, Huub Broers a lui aussi quitté la séance, qui a donc été interrompue pendant pratiquement deux heures. Ce n'est que vers 23H que les conseillers de Voerbelangen ont rejoint la salle du conseil pour poursuivre l'ordre du jour.

Cacophonie
Au premier point, Grégory Happart a de nouveau été interrompu et les conseillers francophones ont repris leur lecture. Pendant une demi-heure, sans arrêter, ils ont lu ensemble, les articles de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, pendant que les conseillers de la majorité poursuivaient le conseil, votant les différents points dans une cacophonie indescriptible.

Un nouvel incident, verbal cette fois, a éclaté lorsque, lors d'un vote concernant la désignation d'un membre du conseil dans une asbl, le bourgmestre a découvert une croix gammée sous son nom. Le conseil s'est terminé vers 23H30, alors que les Francophones lisaient toujours leurs textes. Enervé, Huub Broers a pour sa part évité la presse. "Je ne réponds pas à des journalistes qui soutiennent des crapules qui votent avec une croix gammée dans mon dos", s'est-il énervé.
Trouble de l'ordre public
Les Francophones fouronnais réclament le droit de pouvoir s'exprimer dans leur langue. "Pourquoi ne pouvez vous pas avoir la fierté de défendre le bilinguisme au conseil communal? Pour former un gouvernement, Yves Leterme a bien du faire des concessions", a remarqué l'ancien bourgmestre, José Smeets.
Les conseillers du Groupe Retour aux Libertés refusent l'article 17 du règlement d'ordre intérieur du Conseil qui considère que le simple fait de s'exprimer dans une autre langue que le néerlandais constitue un trouble de l'ordre public susceptible de conduire à l'expulsion et à différentes sanctions.

La Wallonie convoitée par les investisseurs étrangers

La Belgique occupe la quinzième place d'une sélection mondiale de 82 terres d'investissement, écrit mardi le journal L'Echo qui se base sur une étude intitulée World Investment Prospects to 2011 réalisée par l'Economist Intelligence Unit qui dépend du magazine The Economist.Le Top cinq de ce classement est occupé par le Danemark, la Finlande, Singapour, la Suisse et le Canada. Au niveau des investissements étrangers directs, la Belgique se classe au cinquième rang mondial et au deuxième en Europe, derrière l'Autriche. La Belgique arrive même première du classement en termes de flux d'investissement par tête d'habitant et troisième (deuxième pour l'UE) en ce qui concerne le flux d'investissement par rapport au PIB. Les auteurs précisent aussi qu'au sein du pays, c'est la Wallonie qui offre aux investisseurs étrangers "le plus grand potentiel de croissance des trois régions". Cela rejoint la conclusion d'une autre étude récente, réalisée par Crushman & Wakefield et axée sur la logistique qui classait les provinces de Hainaut et de Liège aux deuxième et quatrième rangs d'une quinzaine de régions d'Europe, rappelle L'Echo.

25 mars 2008

Vers un regroupement des institutions francophones

Didier Reynders, Elio Di Rupo et Joëlle Milquet semblent d'accord pour associer les entités francophones.
Les francophones devront discuter de l'avenir de leurs institutions après les régionales de 2009, pour aller dans le sens d'un gouvernement regroupant les ministres wallons et les ministres francophones du gouvernement bruxellois, a indiqué dimanche sur le plateau de Mise au point (RTBF) le président du MR Didier Reynders, rejoint par le président du PS Elio Di Rupo.

Interrogé sur la double casquette qu'a coiffée vendredi Rudy Demotte (PS), désormais à la tête des gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté française, Didier Reynders a salué le fait que l'on tente de rapprocher les deux entités. Il a préconisé d'aller vers un gouvernement regroupant tous les ministres du gouvernement wallon et les ministres francophones du gouvernement bruxellois.Selon lui, les présidents des quatre principaux partis francophones devront débattre après les élections régionales de 2009 de "la manière dont on envisage cette organisation" francophone. Rejetant l'idée d'une fusion pure et simple, il a souligné l'importance de la place des ministres régionaux bruxellois, absents actuellement du gouvernement de la Communauté française. Le président du PS a vu dans les propos de M. Reynders "une avancée dans le sens de ce que souhaitent notamment les socialistes". Cette perspective d'un gouvernement réunissant les ministres wallons et les ministres francophones bruxellois, que M. Di Rupo a lui-même défendue, a aussi le mérite de "préserver nos institutions", a-t-il relevé. "On a fait un pas", a-t-il commenté. En septembre dernier, alors qu'il avait lancé un appel pour "simplifier les institutions francophones", M. Reynders avait dit ne pas imaginer que l'on aille aux élections régionales sans un accord entre francophones pour réorganiser les institutions francophones, même si cela se fait après les élections. Il avait alors préconisé un gouvernement et un parlement communs.La présidente du cdH, Joëlle Milquet, d'accord elle aussi pour "que l'on aille plus loin", a pour sa part indiqué que les humanistes feraient des propositions d'ici une semaine ou deux pour associer plus largement les entités francophones. Jean-Michel Javaux (Ecolo) a de son côté reconnu que l'évolution actuelle allait dans la bonne direction, mais il a regretté que l'on ait touché aux entités fédérées à un an des régionales, ce qui risque selon lui de mener à une certaine déstabilisation. Il s'est par ailleurs une nouvelle fois interrogé sur l'intérêt du Groupe Wallonie-Bruxelles.


Le CD&V insiste: une réforme pour la mi-juillet
Yves Leterme et Wouter Beke, président ad interim du CD&V.
Le CD&V veut qu'il y ait d'ici la mi-juillet un accord substantiel sur un deuxième paquet de réformes institutionnelles. Le CD&V réagit ainsi aux déclarations du vice-premier ministre Didier Reynders à l'émission dominicale de la RTBF.M. Reynders s'était dit prêt à avancer sur de nouvelles discussions institutionnelles d'ici l'été, notamment en termes de régionalisation du marché du travail, à condition qu'elles n'agressent pas une partie de la population, "mais que l'on ne remette pas de nouveau sur la table l'exigence d'une grande réforme de l'Etat pour une date précise, nous avons maintenant trois ans pour travailler", avait dit M. Reynders sur le plateau de Mise au point.Pour le CD&V, cela va à l'encontre des accords conclus. "Hier, on a donné l'impression qu'il n'y avait pas de clarté sur le timing de la réforme de l'Etat. Ce timing est fixé clairement et confirmé dans l'accord gouvernemental", dit le CD&V dans un communiqué dont a fait état la VRT lundi. "L'accord gouvernemental renvoie explicitement vers la loi spéciale qui a été déposée au Sénat dans laquelle les thèmes pour un deuxième volet de réforme de l'Etat sont fixés", a précisé lundi à la VRT Wouter Beke, président ad interim du CD&V. "Cette loi spéciale parle non seulement de la politique de l'emploi mais également des soins de santé, de la famille et l'autonomie fiscale. Il a été décidé que l'on négociera sur ces thèmes". Le CD&V dit qu'il veillera à l'application correcte de l'accord gouvernemental et de toutes ses parties et qu'il attend la même chose de ses partenaires de la coalition.

Lire aussi:La N-VA fâchée des propos de Reynders
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24 mars 2008

La N-VA fâchée des propos de Didier Reynders

La N-VA a modérément apprécié des propos du vice-premier ministre Didier Reynders (MR) qui a invité dimanche le CD&V à ne pas remettre sur la table l'exigence d'une grande réforme de l'Etat pour la mi-juillet.

La N-VA, dont le président Bart De Wever s'est abstenu lors du vote de confiance au gouvernement Leterme afin de donner le signal qu'un accord sur une réforme de l'Etat d'envergure doit être obtenu pour le 15 juillet, juge que le MR est "de mauvaise volonté" et "de mauvaise foi".

M. Reynders avait déclaré dimanche qu'en matière de réforme de l'Etat, "nous avons maintenant trois ans pour travailler", même s'il se dit prêt à avancer sur de nouvelles discussions institutionnelles d'ici l'été. Il avait par ailleurs invité le parti du premier ministre, le CD&V, à "ne pas remettre de nouveau sur la table l'exigence d'une grande réforme de l'Etat pour une date précise".

Selon Bart De Wever, les francophones "jouent depuis des mois un petit jeu destiné à troubler les Flamands et tout reporter".Affirmant que les francophones "ont signé noir sur blanc un accord pour régler les affaires pour juillet", Bart De Wever dit déplorer qu'ils "commencent à mettre cela en doute dès le lendemain de la déclaration de gouvernement".

Le président des nationalistes flamands affirme qu'il veut cependant donner une chance au gouvernement, "en l'absence d'alternative". Il est clair, ajoute-t-il, qu'il s'agit d'une provocation destinée à tenter de briser le cartel CD&V-/N-VA.

Pour CD&V, le discours de Didier Reynders tenu sur le plateau de Mise au point va à l'encontre des accords conclus. "Hier (dimanche), on a donné l'impression qu'il n'y avait pas de clarté sur le timing de la réforme de l'Etat. Ce timing est fixé clairement et confirmé dans l'accord gouvernemental", dit le CD&V dans un communiqué dont a fait état la VRT lundi.

"L'accord gouvernemental renvoie explicitement vers la loi spéciale qui a été déposée au Sénat dans laquelle les thèmes pour un deuxième volet de réforme de l'Etat sont fixés", a précisé lundi à la VRT Wouter Beke, président ad interim du CD&V. Le CD&V dit qu'il veillera à l'application correcte de l'accord gouvernemental et de toutes ses parties et qu'il attend la même chose de ses partenaires de la coalition.

Double casquette pour Demotte

Région wallonne et Communauté française auront un ministre-président commun.

« Cette nomination, c’est la reconnaissance du fait régional. »
Grande première dans l'histoire institutionnelle de la Belgique fédérale : Communauté française et Région wallonne ont un même patron : Rudy Demotte. C'est la vraie surprise de la journée, signée Elio Di Rupo. Un geste majeur sur l'échiquier politique. Pour plusieurs raisons.
1 Un signal clair dans le jeu francophone. Symboliquement, le président du PS tranche, d'une réponse concrète, un débat stérile qui agite l'espace francophone depuis plusieurs années. À l'origine, un constat : deux Régions et une Communauté, c'est beaucoup face à une Flandre homogène. Mais, par-delà les slogans – les uns prônant la fusion de la Région wallonne et de la Communauté française, les autres évoquant la mort de la Communauté, pour ne garder qu'une coupole entre Régions – personne n'a jamais produit le moindre scénario crédible. Et pour cause : fondre dans une communauté francophone une région unilingue et une bilingue ne va pas de soi. À moins d'oublier les Flamands de la capitale et leurs droits. En attendant que des constitutionnalistes, par exemple à la commission Wallonie-Bruxelles, produisent des scénarios praticables, la solution Demotte, fût-elle partielle, a le mérite d'être applicable immédiatement.
Concrètement, dès ce matin, Rudy Demotte préside donc les deux gouvernements. « Et j'organiserai, toutes les deux semaines, une rencontre avec les ministres bruxellois francophones », précise-t-il. Et c'est lui qui répondra aux deux parlements. « Un espace francophone est en train de se forger », note ce ministre wallon.
2 Un renforcement du fait régional. Les régionalistes apprécieront, pour le coup, que ce soit un ministre-président régional qui hérite, en prime, d'une casquette communautaire, et non l'inverse. Ils se réjouiront aussi des déclarations de l'intéressé, qui fait peu mystère de son credo régional. Et, surtout, les Bruxellois, qui ont toujours craint d'être embarqués dans un espace exclusivement francophone peu adapté à leur réalité bilingue, savoureront le discours de Di Rupo. Qui, pour la première fois, affirme haut et fort qu'il faut renoncer à la fusion. « Il y a une donnée nouvelle, c'est l'émergence, de plus en plus marquée, d'une identité régionale bruxelloise ». Une remarque appuyée par Rudy Demotte qui précise : la philosophie, aujourd'hui, est bien de créer un lien organique entre les Régions wallonne et bruxelloise pour les renforcer.
3 Objectif : renforcer la cohérence. Si le débat peut sembler institutionnel, il est aussi et surtout fonctionnel. Car, pour l'heure, les deux Régions travaillent chacune de leur côté. Les contacts sont rares, les coopérations presque aussi difficiles qu'avec un pays étranger. Faut-il rappeler que le plan Marshall a été élaboré sans consulter Bruxelles, qui a défini les priorités de son contrat pour l'économie et l'emploi dans sa tour d'ivoire ? Faut-il aussi préciser que l'un des défis des deux Régions, la réduction du chômage, passe par des actions en matière d'enseignement et de formation, qui sont pour l'heure gérées par la seule Communauté ? Voilà pourquoi des liens renforcés entre ministres semblent plus que nécessaires, et que la présence de Rudy Demotte dans les deux exécutifs est un bon début, qui en fait le garant de la cohérence.
4 Un bon point devant les Flamands. Kris Peeters n'aura désormais plus qu'un seul interlocuteur. Parfait bilingue, très bien perçu en Flandre, Demotte véhiculera un seul et même discours politique, sans discordance. En ce sens, politiquement, la double casquette de Demotte pèse lourd.
5 Des relents électoralistes. Reste que ce remaniement est aussi un coup de maître du stratège Di Rupo. L'arrivée de Demotte redonne des couleurs à un gouvernement « cliniquement mort depuis la douche de Marie, nous dit ce cacique socialiste. C'est une garantie de sérieux et de crédit. Avec lui, pas d'esbroufe mais du travail. » Demotte devient l'homme politique francophone le plus puissant. Excellent pour le PS dans la perspective des régionales de 2009 dans le Hainaut. C'est en effet là qu'au fédéral, le PS a perdu le plus de plumes, au profit du MR. « Demotte est manifestement chargé de jouer le M. Bons Offices pour redorer l'image du PS qui n'est pas au mieux dans les sondages », souligne l'un de ses ministres.
Rudy, héraut régionaliste
ANALYSE
Huit mois. C'est le temps qu'il aura fallu à Rudy Demotte pour être intronisé premier ministre-président à double casquette (Région wallonne – Communauté française) de l'histoire de la Belgique fédérale.
C'est aussi le temps qu'il aura mis, en bon ch'ti multilingue, pour maîtriser parfaitement l'accent régionaliste, en version contemporaine, s'entend. Fort différent dans l'expression de ceux de ses « ancêtres » mais néanmoins centré sur le développement des Régions bruxelloise et wallonne. Plus qu'un symbole, un signe bien tangible d'une nouvelle posture politique.
Faut-il voir dans votre double casquette un signe de ce que pourrait être l'évolution future des institutions francophones ?
Oui, je pense que c'est évident. Cette nomination, c'est la reconnaissance du fait régional. Une manière de dire aux Bruxellois francophones et aux Wallons qu'il faut qu'ils articulent mieux leurs programmes pour réussir. Pour moi, il s'agit bien d'une ministre-présidence unique. C'est le même chef d'orchestre qui va devoir apprendre à des musiciens à jouer une partition cohérente sur des thèmes majeurs comme le développement économique des bassins bruxellois et wallon mais aussi l'enseignement et la formation.
C'est un discours très régionaliste ça…
Le phénomène régional est un phénomène évident. Il reconnaît tant la Région bruxelloise que la Région wallonne.
On est très loin de l'idée de fusion et/ou de l'absorption entre Région et Communauté…
Comme Richard Miller l'a dit mercredi au parlement wallon, la fusion Communauté/Région n'est pas la voie la plus intelligente à suivre. Elle nie le fait régional. Ce qui est important, c'est que les francophones bruxellois et les Wallons aient un lieu de dialogue commun. Avec une ministre-présidence commune, on montre que l'on va dans cette direction. Pour l'avenir, il me paraît difficile pour les francophones de faire un autre choix que celui-là. Maintenant il faut voir les propositions qui vont sortir du groupe Wallonie-Bruxelles de Philippe Busquin et Antoinette Spaak.
Un seul ministre-président, n'est-ce pas aussi un message adressé à la Flandre ?
Il est évident que cette double casquette crée du sens par rapport aux contacts que la Wallonie et Bruxelles peuvent avoir avec la Flandre. Il y aura désormais un seul interlocuteur qui représentera tous les francophones. C'est dire aussi qu'on veut qu'il y ait une voix claire qui s'exprime, qu'il y ait plus d'unité. La simplification du message politique est un signal qui va dans le bon sens.
Vous êtes multilingue, arriverez-vous à parler d'une seule et même voix ?
Le multilinguisme permet souvent de structurer ses idées de manière plus claire. Je ne parlerai ni en bulgare, ni en anglais, ni en néerlandais. J'essayerai de parler la langue commune des francophones bruxellois et des Wallons.
Il vous reste très peu de temps pour travailler, quel va être
votre agenda ?
Je vais commencer par organiser de manière régulière des réunions communes des ministres francophones bruxellois et de la Communauté française. De la même manière je vais travailler sur des gouvernements thématiques Wallonie-Bruxelles pour permettre le développement des Régions.
Allez-vous enfin, comme le recommandent la plupart des économistes, étendre le très wallon plan Marshall à Bruxelles et à la Communauté française ?
C'est la priorité : voir comment le plan de développement économique de Bruxelles peut bénéficier de l'aide de la Communauté au maximum ; voir aussi comment le plan Marshall peut trouver les meilleurs appuis. La Communauté française se met à la disposition des Régions, c'est ça le message.
Ce nouveau jeu de chaises musicales n'est-il pas la preuve ultime que Communauté et Région jouent bien en seconde division ?
Je crois qu'on vient au contraire d'inviter les instances régionale et communautaire en division 1. Un seul ministre-président, c'est montrer que c'est un enjeu important en termes d'expression de la voix francophone.

Arena déplacée pour éviter la claque

Demotte coiffera donc désormais deux casquettes : celle de ministre-président de la Région wallonne (qu'il portait déjà) et celle de ministre-président de la Communauté française. L'idée : resserrer les liens entre les deux institutions.
On notera que, depuis 2004 (le dernier scrutin régional), quatre ministres de la Communauté (Arena, Simonet, Tarabella et Daerden) sont (… était, en ce qui concerne Arena) aussi membres de l'exécutif régional. Avec Demotte, le PS aura voulu un geste plus visible encore. Effet de ceci : débarquée de la ministre-présidence, Arena (qui avait aussi l'Education) ne pouvait redevenir simple ministre dans un exécutif qu'elle présidait – cela aurait relevé de l'humiliation. Elle file donc au fédéral pour être remplacée par Christian Dupont à l'école.

Un mot sur Dupont : ministre fédéral depuis 2004, il s'était fait les dents à la Communauté. Ministre de la Fonction publique de 2003 à 2004, il géra les dossiers statut du directeur et l'accord salarial des profs – deux occasions de révéler un homme rigoureux et très au fait de ses dossiers. Les syndicats ont adoré cet homme-là. Un mot sur Arena : fût-il rendu obligatoire par l'arrivée de Demotte, son retour au fédéral (elle y a été ministre de 2003 à 2004) sonne comme un échec.
En dépit d'un gros boulot à l'enseignement (le contrat pour l'école, ce n'est pas mince !), elle est allée de gaffe (la rénovation du cabinet) en polémiques (latin, décret inscription). On lui reconnaîtra une certaine audace et une belle détermination, notamment à lutter contre l'hétérogénéité du parc scolaire. Avec prudent-Dupont à l'enseignement, le PS se promet à des relations plus détendues avec le monde scolaire.

Au PS, les parlementaires voient d'un œil jaloux les nouveaux

Plus d'un socialiste avait parié son nœud pap' que le patron, une fois de plus, allait sortir des « coups » de son chapeau. Banco !
Les deux secrétariats d'État dévolus au Boulevard de l'Empereur sont attribués… à d'illustres inconnus ou presque. Certes, l'une, Julie Fernandez, était jusqu'ici échevine à Liège ; l'autre, Frédéric Laloux, conseiller communal à Namur. Certains se plaisaient d'ailleurs à raconter que Laurette Onkelinx, arrivant au Palais en même temps que le Namurois, le prit… pour un employé de Sa Majesté.

Plus sérieusement, cette nouvelle surprise du chef n'a pas fait que des heureux… La preuve par ces bruits de couloir, jeudi après-midi, à la Chambre. Ponctués, en fin de séance, par une réunion de groupe à laquelle assistait Elio Di Rupo. Le ton, confirme plus d'un participant, est légèrement monté.
« Est-ce que c'est comme ça qu'on récompense le travail des parlementaires, légitimement élus ? » « Comment peut-on aller chercher la confiance des électeurs, sur le terrain, quand ils voient que, dans les faits, le parti ne nous fait pas confiance ? »

Séance catharsis pour les déçus et leurs solidaires compagnons de travées ? A la présidence, on avait prévu le coup. Et l'on tente de limiter les dégâts. Ce qui n'est finalement pas si dur, à un an des élections régionales. Car celles et ceux qui affichent (anonymement) leur déception sont aussi de futur(e)s candidat(e)s. Qui tiennent à se garantir une place en vue sur la liste. Ce qui ne va pas sans susciter d'ores et déjà quelques grincements de dents, à Bruxelles, où les places éligibles s'annoncent chères pour les Onkelinx, Arena, Mayeur et Lalieux.

« Le 15 juillet ne doit pas être un ultimatum »

Le parti du premier ministre Yves Leterme (CD&V) ne doit pas remettre sur la table l’exigence d’une grande réforme de l’Etat pour la mi-juillet, a indiqué le président du MR Didier Reynders au cours de l’émission Mise au point (RTBF) ce dimanche. La N-VA se déclare fâchée.

La N-VA s'est dite fâchée des propos du vice-premier ministre Didier Reynders (MR) qui a invité dimanche le CD&V à ne pas remettre sur la table l'exigence d'une grande réforme de l'Etat pour la mi-juillet, a rapporté lundi la VRT.

La N-VA, dont le président Bart De Wever s'est abstenu lors du vote de confiance au gouvernement Leterme afin de donner le signal qu'un accord sur une réforme de l'Etat d'envergure doit être obtenu pour le 15 juillet, juge que le MR est "de mauvaise volonté" et "de mauvaise foi".

M. Reynders avait déclaré dimanche qu'en matière de réforme de l'Etat, "nous avons maintenant trois ans pour travailler", même s'il se dit prêt à avancer sur de nouvelles discussions institutionnelles d'ici l'été. Il avait par ailleurs invité le parti du premier ministre, le CD&V, à "ne pas remettre de nouveau sur la table l'exigence d'une grande réforme de l'Etat pour une date précise".

Selon Bart De Wever, les francophones "jouent depuis des mois un petit jeu destiné à troubler les Flamands et tout reporter".

Affirmant que les francophones "ont signé noir sur blanc un accord pour régler les affaires pour juillet", Bart De Wever dit déplorer qu'ils "commencent à mettre cela en doute dès le lendemain de la déclaration de gouvernement".

Le président des nationalistes flamands affirme qu'il veut cependant donner une chance au gouvernement, "en l'absence d'alternative". Il est clair, ajoute-t-il, qu'il s'agit d'une provocation destinée à tenter de briser le cartel CD&V-/N-VA.

Le CD&V, et plus encore son partenaire de cartel la N-VA, ont fait de la date du 15 juillet un rendez-vous ultimatum pour un deuxième paquet « substantiel » de réformes institutionnelles.

Début mars, le président du PS Elio Di Rupo avait également rejeté la date du 15 juillet comme ultimatum.

Les francophones discuteront institutions après 2009
Les francophones devront discuter de l’avenir de leurs institutions après les régionales de 2009, pour aller dans le sens d’un gouvernement regroupant les ministres wallons et les ministres francophones du gouvernement bruxellois, a indiqué ce dimanche sur le plateau de Mise au point (RTBF) le président du MR Didier Reynders, rejoint par le président du PS Elio Di Rupo. Interrogé sur la double casquette qu’a coiffée vendredi Rudy Demotte (PS), désormais à la tête des gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté française, Didier Reynders a salué le fait que l’on tente de rapprocher les deux entités. Il a préconisé d’aller vers un gouvernement regroupant tous les ministres du gouvernement wallon et les ministres francophones du gouvernement bruxellois. Selon lui, les présidents des quatre principaux partis francophones devront débattre après les élections régionales de 2009 de « la manière dont on envisage cette organisation » francophone. Rejetant l’idée d’une fusion pure et simple, il a souligné l’importance de la place des ministres régionaux bruxellois, absents actuellement du gouvernement de la Communauté française. Le président du PS a vu dans les propos de M. Reynders « une avancée dans le sens de ce que souhaitent notamment les socialistes ». Cette perspective d’un gouvernement réunissant les ministres wallons et les ministres francophones bruxellois, que M. Di Rupo a lui-même défendue, a aussi le mérite de « préserver nos institutions », a-t-il relevé. « On a fait un pas », a-t-il commenté. En septembre dernier, alors qu’il avait lancé un appel pour « simplifier les institutions francophones », M. Reynders avait dit ne pas imaginer que l’on aille aux élections régionales sans un accord entre francophones pour réorganiser les institutions francophones, même si cela se fait après les élections. Il avait alors préconisé un gouvernement et un parlement communs. La présidente du cdH, Joëlle Milquet, d’accord elle aussi pour « que l’on aille plus loin », a pour sa part indiqué que les humanistes feraient des propositions d’ici une semaine ou deux pour associer plus largement les entités francophones. Jean-Michel Javaux (Ecolo) a de son côté reconnu que l’évolution actuelle allait dans la bonne direction, mais il a regretté que l’on ait touché aux entités fédérées à un an des régionales, ce qui risque selon lui de mener à une certaine déstabilisation. Il s’est par ailleurs une nouvelle fois interrogé sur l’intérêt du Groupe Wallonie-Bruxelles.

"La confiance, ça se mérite"

"Nous ne pourrons pas tout faire, et certainement pas tout en même temps. Quoi qu'il en soit: nous écrivons solidarité avec une majuscule."

Dans la déclaration qu'il a lue jeudi devant la Chambre, le premier ministre Yves Leterme a insisté sur le fait que le nouveau gouvernement refusera l'aventure budgétaire. Il a aussi souligné que le pays et ses habitants peuvent espérer un avenir prospère à condition d'accepter le changement. Malgré une croissance ralentie et un creux budgétaire, le gouvernement entend malgré tout écrire solidarité avec une majuscule, a dit M. Leterme qui a par ailleurs parcouru l'accord intervenu dans la nuit lundi à mardi.
Il a rappelé que de longues négociations avaient eu lieu depuis le 10 juin. "Ces derniers mois n'ont pas été perdus. Ils ont en effet clairement démontré qu'il est nécessaire de parvenir à un nouvel équilibre entre les Communautés, les Régions et l'Etat fédéral. Il est clairement démontré qu'une nouvelle réforme de l'Etat est nécessaire", a-t-il dit ajoutant qu'après le premier paquet, le gouvernement "entend continuer cet important travail" et déposera d'ici mi-juillet un deuxième projet de loi spéciale. "C'est ainsi que nous travaillerons pas à pas, à la nécessaire réforme de notre pays".
Il a souligné les grands axes de cet accord, commençant chaque fois l'énumération en disant: "Nous voulons être un gouvernement qui renforce le pouvoir d'achat", "qui rémunère ceux qui entreprennent et qui travaillent", "qui donne aux demandeurs d'emploi de meilleures chances d'arriver sur le marché du travail et qui les pousse à les saisir", ... "La confiance ne peut se proclamer, elle doit se mériter. C'est la raison pour laquelle le gouvernement entend renforcer la confiance des citoyens dans la politique. Non pas par de beaux discours et de vaines promesses, mais par des programmes réalisables et des actes identifiables. Voilà ce que les citoyens, les entreprises, les associations attendent de nous", a-t-il souligné. Et de rappeler que ce gouvernement démarre sans avoir le vent d'une forte croissance économique dans le dos et qu'en plus le pays se trouve dans un creux budgétaire. "Nous ne pourrons pas tout faire, et certainement pas tout en même temps. Quoi qu'il en soit: nous écrivons solidarité avec une majuscule. La voie que nous voulons suivre est la voie qui mène à l'assainissement des finances publiques, au renforcement de notre modèle socio-économique et à l'investissement dans le futur".
Yves Leterme a encore souligné que "la Belgique est et reste un pays où il fait bon vivre et qui possède bien des choses donc nous pouvons être fiers". "Un pays qui peut se tourner vers un passé et espérer un avenir prospère, si du moins, il est prêt au changement. Il incombe à la politique de mettre les choses en mouvement et d'indiquer la direction du changement".
En conclusion, il a insisté sur le fait que les diverses mesures prévues par l'accord seront concrétisées au cours des prochains mois et des budgets de 2009 et des années suivantes. "Nous le ferons avec la prudence nécessaire pour éviter les risques budgétaires".
L'hémicycle de la Chambre était rempli jeudi pour entendre la lecture par le nouveau premier ministre Yves Leterme de la déclaration gouvernementale.
De Wever, inquietLe fait que le gouvernement Leterme compte plus de membres francophones que de membres flamands inquiète aussi le président de la N-VA Bart De Wever. "Pour la première fois depuis 35 ans, le gouvernement compte plus d'excellences francophones que flamandes. Je ne pensais pas que cela soit encore possible au 21e siècle", a-t-il déclaré dans les couloirs du parlement. Et le fait que davantage de députés francophones soutiennent le gouvernement ne change rien à ses yeux. Etant donné lea démographie, la parité devrait déjà satisfaire les Francophones, estime-t-il.
Les nombreux ministres et secrétaires d'Etat occupaient les bancs réservés au gouvernement. Ils sont toutefois trop nombreux pour les places disponibles. Il avait donc fallu ajouter des chaises pour permettre à chacun de trouver une place. On remarquait l'absence d'un des nouveaux Secrétaires d'Etat, le PS Fédéric Laloux. Selon le parti, ce dernier aurait été bloqué dans les embouteillages....
Réactions de l'opposition flamandeParmi les réactions à la déclaration du premier ministre Yves Leterme, celle de Jean-Marie Dedecker, qui estime qu'elle contient une série de promesses dont le coût n'est pas calculé. La déclaration a l'allure d'un "sermon de sous-pasteur", a-t-il dit, comparant lui aussi le gouvernement de 15 ministres et 7 Secrétaires d'Etat à une armée mexicaine. Pour les écologistes flamands, la déclaration manque de flamme et les ministres n'avaient d'ailleurs pas l'air très attentifs pendant sa lecture. Selon Groen!, il s'agissait d'une longue liste de revendications de tous les partis de la majorité, sans qu'aucun choix soit fait. Alors que le premier ministre annonce que le budget est très important, cette compétence est confiée à un Secrétaire d'Etat et non à un ministre, a encore relevé la députée Meyrem Almaçi. Quant à Spirit, il dénonce un déséquilibre communautaire, avec cinq Secrétaires d'Etat Francophones pour deux Flamands et s'étonne que la N-VA accepte une telle situation.
On notera encore que dans sa déclaration, Yves Leterme a rendu hommage à son prédécesseur Guy Verhofstadt et à l'ex-ministre cdH Josly Piette. Avant que le premier ministre monte à la tribune, un groupe de femmes du CD&V a déployé une banderole pour demander plus de femmes dans le gouvernement. Au grand embarras des huissiers, elles ont agi depuis la tribune du Sénat et il y avait parmi elles plusieurs mandataires ce qui ne permet pas une action aussi radicale que lorsque les protestataires agissent depuis la tribune du public. Les femmes CD&V ont finalement replié d'elles-mêmes leur banderole.
Un nouveau gouvernement est né
Comme prévu, le Roi a reçu en audience, jeudi matin, au Château de Laeken, le premier ministre Guy Verhofstadt qui lui a présenté sa démission. Celle-ci a été acceptée par le souverain. Sur la proposition de Guy Verhofstadt, le Roi a nommé Yves Leterme premier ministre, indique un communiqué du Palais.
L'équipe Leterme 1er compte sept femmes: six ministres et une secrétaire d'Etat. Trois femmes sont PS. Les quatre autres formations du nouveau gouvernement ont chacun une femme dans le gouvernement. Sur les quinze ministres du gouvernement, on compte donc sept femmes dont deux vice-premières, la PS Laurette Onkelinx et la cdH Joëlle Milquet. Le gouvernement compte encore quatre ministres, Sabine Laruelle (MR), Marie Arena (PS), Inge Vervote (CD&V) et Annemie Turtelboom (Open Vld) ainsi qu'une secrétaire d'Etat Julie Fernandez-Fernandez (PS).
Passation de pouvoir
Yves Leterme a pris possession du 16 Rue de la Loi jeudi en début d'après-midi. Premier ministre fraîchement nommé, il a repris le flambeau à Guy Verhofstadt, qui occupait les lieux depuis 1999. Cette transmission des clés du cabinet du premier ministre aurait dû avoir lieu depuis plusieurs mois mais la longueur des négociations et l'échec de l'orange bleue ont différé l'événement de 10 mois. C'est devant un mur de caméras et d'appareils photographiques que l'événement a eu lieu. Le sortant libéral a félicité son successeur et lui a souhaité beaucoup de succès.
"C'est une fonction passionnante. J'ai toujours aimé remplir cette tâche. J'ai toujours été fier d'être premier ministre de ce pays fantastique", a dit Guy Verhofstadt. Le nouvel arrivant a remercié son prédécesseur des efforts qu'il a faits ces derniers mois. "Nous avons été des adversaires pendant des années mais il y a toujours eu un espace pour se rencontrer", a-t-il dit. "Je suis certain que nous nous retrouverons, en Belgique ou en politique", a-t-il ajouté.
Guy Verhofstadt a une nouvelle fois remercié, après le cadeau de départ qu'il a reçu de ses collègues. Il s'agit d'une carte datant de 1613 représentant l'Europe de 1595 réalisée par Mercator.

Les parcours de nos ministres Qui fait quoi? le nouveau gouvernement en images La double casquette de Demotte fait débat Ecolo regrette la pauvreté de la déclaration Verhofstadt en images

Bernard Clerfayt oublié sur la photo officielle

Le nouveau secrétaire d'Etat adjoint aux Finances Bernard Clerfayt (FDF) n'était pas présent jeudi pour la photo officielle de la nouvelle équipe du gouvernement Leterme Ier sur les marches du Parlement fédéral, car il n'avait tout simplement pas été prévenu, indique vendredi le quotidien La DH.
Bernard Clerfayt est non seulement le seul secrétaire d'Etat à ne pas avoir reçu d'attribution fixe - même si l'on sait qu'il s'occupera de la fiscalité verte - mais en plus on a oublié de l'avertir qu'il devait être présent jeudi, vers 14h15, devant le Parlement fédéral à l'occasion de la photo de groupe.Selon le journal, ni M. Clerfayt ni son entourage n'ont été prévenus de cette séance photo. Le premier coup de fil du MR n'est parvenu que vers 14h50.
Le secrétaire d'Etat francophone apparaît toutefois bien sur la photo réalisée un peu plus tard au Château de Laeken. Pour La DH, ces éléments semblent suspects, alors qu'au MR on plaide la bonne foi.

Alain Courtois ambassadeur du Mondial 2018

Alain Courtois ambassadeur du Mondial 2018
Le sénateur Alain Courtois (MR) a été désigné ambassadeur officiel pour défendre la candidature belgo-néerlandaise à l'organisation de la coupe du monde de football 2018. Le Conseil des ministres a approuvé jeudi la note allant en ce sens sur proposition de Guy Verhofstadt, dont c'était le dernier acte politique.

"L'ambassadeur représentera officiellement la candidature (belgo-néerlandaise) auprès des autorités internationales et finalisera le dossier qui doit être introduit pour le 31 décembre 2010, avant la décision définitive de la FIFA en mai 2011", selon les termes du communiqué diffusé par la chancellerie du premier ministre à l'issue du Conseil de jeudi.


Le MR s'est réjoui vendredi de la désignation de M. Courtois, rappelant notamment qu'il avait oeuvré à l'organisation de l'Euro 2000 de football. "Alain Courtois a su convaincre les acteurs politiques belges et néerlandais. Il devra en faire tout autant avec les autorités internationales, les acteurs économiques, les sponsors, etc.", a indiqué le président du MR, Didier Reynders, dans un communiqué.

"Une Coupe du monde de football est un événement majeur, fédérateur, qui durant plusieurs mois attire les regards de la planète entière sur un pays", a commenté par ailleurs M. Reynders, soulignant l'importance d'un tel événement à ses yeux.

Le gouvernement bruxellois discret dans le dossier Mondial 2018
Un aménagement du stade Roi Baudouin est inenvisageable. Une nouvelle enceinte devrait voir le jour. Mais quand?
Le gouvernement bruxellois est demeuré aux abonnés absents au sujet du projet d'implantation d'un nouveau stade international annoncé en octobre dernier, dans le cadre du Plan de Développement International de Bruxelles. Pourtant le temps presse, si l'on veut organiser la Coupe du monde de football en 2018 avec les Pays-Bas, s'est inquiété mercredi le chef du groupe MR au parlement bruxellois, Françoise Schepmans.

"Depuis le mois d'octobre dernier, le gouvernement bruxellois s'est contenté d'observer le spectacle depuis sa loge, précisant tout au plus qu'il avait la maîtrise des permis d'urbanisme et ce, alors que le MR n'a pas manqué de tirer la sonnette d'alarme sur les délais pour la candidature à l'accueil de la coupe du monde de 2018", a-t-elle souligné dans un communiqué.

Selon elle, cette opportunité fantastique pour le rayonnement sportif et international de la capitale s'est transformée en une nouvelle saga, depuis l'automne dernier.
Le chef du groupe MR a annoncé qu'elle interpellerait le ministre-président bruxellois sur l'état d'avancement du dossier sur le plan de l'aménagement du territoire et des concertations qui ont eu lieu avec le Fonds des Infrastructures Ferroviaires, opérateur de la SNCB, propriétaire du terrain pressenti (à Schaerbeek Formation). Elle souhaite aussi avoir des éclaircissements au sujet de l'hypothèse, à nouveau évoquée, de l'implantation du stade sur le plateau du Heysel, et sur l'existence d'une alternative flamande pour l'accueil du projet, sur le parking C du Heysel, situé en région flamande. "Comment peut-on sérieusement envisager la création d'un pôle sportif de renom dans de telles conditions?
Par fair-play, il faut reconnaître que l'équipe Picqué pratique l'auto-goal avec brio! , a enfin dit Françoise Schepmans.

23 mars 2008

Rudy Demotte, "un gadget marketing"

Le ministre-président wallon Rudy Demotte, a été désigné par le PS à la tête de la Communauté française comme un "gadget de marketing", dépourvu de compétences. Pour rétablir le lien avec les francophones de Bruxelles, c'est par contre une nouvelle occasion manquée, ont martelé vendredi Françoise Bertieaux, présidente des libéraux bruxellois, et Françoise Schepmans, chef du groupe MR au parlement bruxellois.A leurs yeux, on a renforcé, au cours des dernières années, les synergies entre la Wallonie et la Communauté via notamment le plan Marshall, par exemple en réservant 8.000 bourses d'immersion linguistique pour les jeunes wallons, mais ces synergies sont absentes avec les bruxellois. Pourtant, a souligné Françoise Bertieaux au cours d'une conférence de presse, 35% des jeunes adultes bruxellois sont au chômage, notamment en raison de déficits en matière de formation et de connaissance des langues. Pour établir un lien avec les francophones de Bruxelles, il eut fallu faire monter le ministre bruxellois de l'Economie et de l'Emploi Benoît Cerexhe (cdH), qui préside par ailleurs la Commission Communautaire française de Bruxelles, ont insisté les familles libérales. Mais le cdH ne s'est pas non plus empressé de le revendiquer. D'après Mmes Bertieaux et Schepmans, au-delà des répercussions de cette situation sur la formation dans la capitale, la position de Bxl dans les discussions institutionnelles ne sortira pas renforcée de ce choix de la majorité rouge romaine.

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"Un seul secrétaire d'Etat suffisait"

Pour le président du PS, Elio Di Rupo, le gouvernement pouvait être limité à 14 ministres et un seul secrétaire d'Etat pour le CDH. "Mais d'autres, dit-il, ont défendu d'autres raisonnements."

Entretien
C'est un Elio Di Rupo fatigué par une nouvelle nuit de négociation, mais manifestement satisfait qui répond aux questions de "La Libre". Entretien.
Vous avez donné à Rudy Demotte le rôle de présider à la fois le gouvernement wallon et celui de la Communauté française. Vous faites ce que les libéraux n'ont pas pu faire ?
L'opportunité se présentait de démontrer concrètement le désir du PS de faire en sorte que les solidarités entre Bruxelles et la Wallonie soient les plus effectives. Le débat sur la tuyauterie institutionnelle ne menait nulle part. Il y a un fait régional wallon de plus en plus affirmé. Il y a un fait régional bruxellois de plus en plus marqué. Et il y a une unité de langue entre les francophones, qu'il fallait consolider.
Pourquoi pas une fusion entre la Communauté et la Région comme en Flandre ?
Comment vous allez faire ? La Région flamande compte 6 millions d'habitants et la Communauté flamande, à peine 100 000 de plus. C'est-à-dire, un soixantième de plus. Tout naturellement, les Flamands ont fait de la Région et de la Communauté une seule institution.
Il en va tout autrement pour les Bruxellois et des Wallons. Les francophones de Bruxelles sont 900 000 et les francophones de Wallonie, 3,2 millions. Le rapport est de 1 à 3. On n'est pas dans le même ordre de grandeur qu'en Flandre. Mais on peut manifester la solidarité entre francophones d'une autre façon. Par exemple en installant la même personne à la tête du gouvernement wallon et du gouvernement de la Communauté française. Cette personne, qui par ailleurs s'est engagé à rencontrer tous les 15 jours les ministres francophones du gouvernement régional bruxellois, pourra établir un lien direct entre les francophones sur tous les autres plans que ceux de l'enseignement et la culture. Je pense aux politiques économiques notamment.
C'est une étape ? Ira-t-on plus loin ?
On verra après 2009. Mais on peut encore faire évoluer le modèle.
Est-ce que cela modifie le cahier de charge de la commission Wallonie-Bruxelles ?
Non. La commission Wallonie-Bruxelles doit continuer dans sa mission première. Dans chacune des matières décentralisées, elle doit chercher de meilleures cohérences. Ce travail-là doit de toute façon être fait.
Ne faut-il pas voir, dans la nomination de Rudy Demotte, une claque à l'égard de Marie Arena ?
Non. Dès lors que la décision de mettre un président commun à la Région wallonne et à la Communauté française était prise et que ce président commun serait Rudy Demotte, il m'est apparu difficile de maintenir Marie Arena comme ministre fonctionnelle dans un gouvernement dont elle avait assuré la présidence. Il me paraissait plus normal de lui demander d'assumer des responsabilités importantes au gouvernement fédéral : les Pensions, l'Intégration sociale, la Politique des grandes villes. Des claques pareilles, il y en a beaucoup qui aimeraient en recevoir.
En lisant le programme du gouvernement, on a été étonné par son imprécision et l'absence d'estimations budgétaires. Il paraît très light par rapport à ce qu'on a connu précédemment...
C'est un programme différent. Mais le moment est aussi différent, les personnes autour de la table sont différentes. A chaque époque son leader et son style. En réalité, tout a été chiffré.
Pourquoi cela ne se trouve pas dans l'accord ?
Par honnêteté. Si, pour diverses raisons, les moyens devaient manquer, si on n'a seulement 20 là où on avait dit qu'il en fallait 50, qu'est-ce qu'on fait ?
On ne sait quand même pas si on fera plus de social ou plus de fiscal...
On fera un équilibre entre les différentes matières, cela ne fait aucun doute.
Mais peut-on dire quels outils fiscaux seront utilisés ?
Ceux qui sont dans la déclaration.
Vous, vous voulez essentiellement soulager les petits et moyens revenus. Le MR veut alléger tous les revenus...
Ce sont des racontars. Bien entendu, on ne doit pas me demander de soutenir les 10 pc de plus riches. Mais si on utilise l'un des instruments évoqués dans l'accord de gouvernement, il est évident que tout le
monde aura un avantage. Mais cet avantage sera dégressif. Ce sont les bas et moyens revenus qui seront les plus favorisés.
Pour vous, un revenu moyen, c'est quoi ?
Il faut voir au cas par cas. Pour moi, on discute de salaires normaux. Pour la grande majorité des gens, cela va de 1200 euros à 3000 ou 4000 euros nets/mois.
Est-ce que l'absence du SP.A dans le gouvernement ne va pas vous affaiblir ?
A maintes reprises, j'ai sollicité le SP.A. Mais il y a eu, du côté néerlandophone, des attitudes qui n'ont pas permis de retrouver la même configuration sur le banc francophone et sur le banc flamand du gouvernement. Sur le plan socio-économique, on partage les mêmes idéaux que les socialistes flamands. Le PS essaiera de les faire avancer dans la majorité et le SP.A, depuis l'opposition.
Didier Reynders prétend que c'est le CDH qui est venu vous chercher...
C'est contraire à la vérité. Nous étions convaincus que l'orange bleue se ferait. Durant les trois mois qui ont précédé le second échec d'Yves Leterme, je ne suis même pas parvenu à avoir un contact téléphonique avec Mme Milquet. Or je devais parler avec elle de questions relatives à la gestion des Communautés et aux Régions. Elle était à 100 pc dans l'orange bleue.
D'ici le 15 juillet, les partis devront négocier un nouveau "paquet" institutionnel. Certains plaident pour l'instauration d'une circonscription électorale unique. Vous n'avez pas l'air d'en être partisan...
Je ne rejette pas l'idée a priori. Mais il faut bien examiner la question. Comment on va dépasser les contingences politiques ? Les personnes qui seront élues sur la base d'une circonscription fédérale appartiennent à un parti. Elles vont participer à un groupe politique au Parlement....
La Flandre réclame ce second paquet avec insistance. Allez-vous accepter une nouvelle réforme de l'Etat ?
Nous avons joué le jeu pour un premier paquet. Les quatre partis francophones ont dit qu'ils étaient prêts à discuter d'un second. On le fera. Mais avec la volonté d'aboutir à un résultat à l'avantage de tous les Belges. Si tout le monde y met du sien, il peut en sortir quelque chose.
Le 15 juillet, on doit pouvoir s'attendre à la chute de ce gouvernement ?
Je ne le souhaite pas. Il y a des synergies qui permettraient au gouvernement d'aller jusqu'au bout de la législature.
Vingt-deux membres du gouvernement. C'est beaucoup quand même.
Moi, je trouvais qu'on pouvait rester à quatorze ministres, avec un secrétaire d'Etat pour le CDH. Non parce que j'aurais des affinités pour le CDH, mais parce que ce serait l'application stricte de la clé D'Hondt. D'autres ont défendu d'autres raisonnements. Après de multiples tours de table, on est arrivé à la solution que vous connaissez.
On a quand même l'impression que ce grand nombre résulte d'une bagarre entre partis francophones, non ?
Pas du tout. Le résultat est l'application de la clé D'Hondt compte tenu d'un certain nombre d'exigences.
Yves Leterme a-t-il les capacités de conduire ce gouvernement ?
Je ne le connaissais pas bien. Je l'ai vu travailler. Je trouve qu'il a beaucoup de résistance et une capacité d'écoute. Il est arrivé à un résultat, avec une configuration qui n'était pas aisée.
Le PS est dans la majorité depuis 1992. N'aurait-il pas eu besoin d'une cure d'opposition pour se réformer ?
On peut très bien assurer des responsabilités et se régénérer. Il y a des gens de grande qualité qui durent. Voyez Michel Drucker...
Vous êtes un peu le Michel Drucker de la politique...
On peut être jeune et avoir un comportement de vieux, être vieux et avoir des idées jeunes. Il y a des moments où tout va mal. Et le téléphone est froid comme un glaçon dans un frigo. Il y en a d'autres où les choses se remettent en activité et le téléphone brûle comme un réchaud sur un gaz.
Le vôtre ?
Pour l'instant, il chauffe, mais je l'ai connu gelé.
Votre avenir, à vous ?
Il sera ce que les citoyens en feront...
Karel De Gucht s'en ira à la Commission en 2009 : on aura besoin d'un ministre des Affaires étrangères...
Il en faudra un, oui. Mais nous n'en avons pas parlé... Pour le moment, je poursuis le travail interne. Puis, je me préparerai à l'élection de 2009.
Votre ambition est de redevenir la première force politique en Wallonie et à Bruxelles ?
On fera du mieux que l'on peut...
Une crise à peine finie, une campagne électorale se profile...
Dans mon esprit, il faut travailler d'arrache pied pendant un an encore à tous les niveau de pouvoir.
L'Octopus n'a-t-il pas prévu de regrouper les scrutins ?
Normalement, le gouvernement fédéral est en place jusque 2011. On devrait aller jusque-là. L'idée de regrouper à terme, ce n'est pas une mauvaise idée. Mais dans les démocraties modernes, il n'est pas anormal que l'on vote tous les 18 mois ou tous les deux ans. Voyez aux Etats-Unis : on vote tous les deux ans et la campagne présidentielle dure plus de 18 mois. Les Américains se plaignent-ils ? Moi, je suis hyperlégaliste. Il arrivera un moment où les deux agendas de 4 ans et de 5 ans concorderont. Voyons alors. Si un accident se produit, ce que je ne souhaite pas, on pourra jumeler.

Le bateau ivre d'Yves Leterme

Un gouvernement pléthorique : 15 ministres et 7 secrétaires d'Etat. Certains ont des compétences encore mal définies.
analyse
Evidemment, la photo de famille fait un peu sourire. Le gouvernement compte 22 membres : 15 ministres et 7 secrétaires d'Etat. On n'a jamais vu une telle inflation de secrétaires d'Etat depuis que le nombre de ministres est légalement limité à 15. Encore heureux qu'on ait échappé aux commissaires du gouvernement. Chacun se rejette la responsabilité, même si tous les regards se portent d'emblée vers le MR dont le président exigeait deux postes de secrétaires d'Etat. L'un va à Oliver Chastel, dont la charge ministérielle paraît bien mince : préparer la présidence européenne de... 2010. Et l'autre est pour Bernard Clerfayt, dont les compétences ne sont pas définies : il est adjoint au ministre des Finances. Point. On lui trouvera bien un job : répondre aux questions parlementaires.
Le budget sans ministre
En appliquant la clé D'Hondt, celle qui répartit les influences, si on accorde deux secrétaires d'Etat au MR, on arrive à sept secrétaires d'Etat au total.
Melchior Wathelet (CDH) sera secrétaire d'Etat au Budget et à la Famille. Jamais la responsabilité du Budget n'a été confiée à un secrétaire d'Etat. D'ordinaire, c'était soit un ministre "à part entière", soit, le plus souvent, des vice-Premiers qui disposaient de la compétence (comme l'on été les Verhofstadt, Van Rompuy, Vande Lanotte, Vanden Bossche). Bien sûr, cela fait dire aux humanistes qu'ils ont en fait deux ministres. Mais ce département, en cette période de difficultés budgétaires, aurait bien mérité un ministre à part entière. Et l'on peut se demander quelle sera la force et l'autorité d'un secrétaire d'Etat lorsqu'il devra imposer une discipline budgétaire à un ministre un peu trop dépensier. De plus, selon une correction apportée hier fin d'après midi par le Palais royal, Melchior Wathelet sera structurellement rattaché à deux patrons : Yves Leterme pour le Budget et Joëlle Milquet pour la Famille. Il aura donc un beau-père et une belle-mère.
Au PS, si le coup de maître d'Elio Di Rupo concernant le cumul de Rudy Demotte (Régions et Communauté) est salué, on s'étonne du choix des secrétaires d'Etat socialistes : cela ressemble un peu à du Vogelpik. A moins que ces parachutages ne répondent surtout à la volonté de ne pas choisir d'autres candidats (Luperto à Namur et Christie Morealle à Liège).
"Weg promotie..."
Quant à Etienne Schouppe, le président du CD&V, sa nomination peut surprendre pour un homme fraîchement installé. En fait, il s'agit, comme disent les Flamands, d'une "weg promotie" : on le nomme là pour s'en débarrasser. Car les quelques semaines qu'il a passées à la tête du parti ont démontré son manque de fiabilité. La menace de faire tomber le gouvernement si le "deuxième paquet" institutionnel n'est pas assez lourd... c'est une belle idée à lui.
Concluons par quelques chiffres. Le gouvernement sera donc composé de 12 francophones et de 10 néerlandophones. Les partis flamands (CD&V et VLD) reçoivent, chacun, plus de ministres puisqu'ils ne sont que deux à se partager les 7 ministres (plus le Premier). Et le paradoxe veut que le VLD, grand perdant des élections (18 élus à la Chambre) dispose de 4 ministres et pourrait obtenir, en 2009, le poste de commissaire européen aujourd'hui détenu par Louis Michel. Le CDH, avec 10 élus, n'a qu'un ministre et un secrétaire d'Etat.
L'équipe d'Yves Leterme est très féminine : sur 22 membres du gouvernement, 7 sont des femmes. La délégation la plus féminine est celle du PS avec Laurette Onkelinx, Marie Arena et Julie Fernandez.
Le doyen de l'équipe est Etienne Schouppe (65 ans). La benjamine est la ministre de la Fonction publique, Inge Vervotte (30 ans). Le gros de la troupe se situe plutôt dans la tranche des quadras.

L'édito de Michel Konen
Demotte à la Communauté. Et Rudy à la Région
Rudy Demotte restera dans l'histoire politique comme le premier ministre-Président à la fois wallon et francophone. Le premier et peut-être pas le dernier. C'est à voir...
éclairage
Avec son art consommé de la surprise, et une propension singulière à provoquer des chambardements allant au-delà des nécessités immédiates, Elio Di Rupo a de nouveau fait fort jeudi, transformant l'accouchement aux forceps de Leterme Ier en refonte en profondeur du gouvernement de la Communauté française.
On ne pense même pas tant au retour au fédéral de Marie Arena, qu'il sera difficile de ne pas prendre au moins partiellement pour un désaveu à retardement (en encadré), ou à celui à la Communauté de Christian Dupont. Le président du PS a surtout donné un aspect inédit autant qu'inattendu au sommet, en confiant la présidence de l'exécutif à celui qui occupe déjà la même fonction, depuis juillet, au gouvernement de la Région wallonne. A tout prendre, ce cumul de Rudy Demotte, même si la législature des pouvoirs fédérés est à une année de son terme, pourrait s'avérer plus "révolutionnaire" que la composition (sur laquelle on n'a pas fini de jaser) du nouveau gouvernement fédéral (sur lequel on n'a pas fini de soupirer).
La double casquette n'est pas neuve. Dans l'histoire toujours - inévitablement - laborieuse des articulations intrafrancophones Communauté/Régions, ces ministres à la fois francophones et wallons ou bruxellois participent de la panoplie des mécanismes qui tentent de les huiler (politiques "croisées", rachats d'infrastructures, fusion des relations internationales, intégration des trésoreries, etc.). Participent, cycliquement : on les a créés en 1995-99, avant de les juger impraticables; on les a supprimés courant 1999-2004, avant de les estimer indispensables; on en a recréé depuis 2004, hors Bruxellois, et les avis sont mitigés.
Mais jamais une double casquette n'avait coiffé un ministre-Président. Pourtant, il en a déjà été question. Le CDH en fit même un point de programme électoral, en 2004. Pas le PS. Car ce cumul est d'une autre nature que celui de compétences où les synergies paraissent aller de soi (comme aujourd'hui, les Relations internationales, Recherche, Finances ou Sports). Au poste à la fois le plus élevé et le plus politique des exécutifs, ce ne sont plus des matières mais des institutions que l'on intègre. Voire que l'on paraîtrait tendre à fusionner.
Pourquoi alors le PS s'y ouvre-t-il aujourd'hui ? Parce que les futurs enjeux Nord-Sud rendent souhaitable, à l'égard de la Flandre, une simplification des interlocuteurs. Et parce que, bon gré mal gré, la réflexion entre seuls francophones a dû reprendre, notamment en groupe "Wallonie-Bruxelles" par lui initié.
De cette réflexion, le cumul de Rudy Demotte, doublé de contacts fréquents avec les ministres francophones du gouvernement bruxellois, apparaît comme une balise. Celle d'une intégration plus prononcée entre institutions, ou de la limite au-delà de laquelle les socialistes n'iront pas ? On penche pour la seconde hypothèse : "On ne bouge pas aux institutions", insiste M. Di Rupo; "Nous démontrons qu'il ne faut pas attendre que le groupe Wallonie-Bruxelles accouche d'une résolution pour prendre l'initiative", prolonge M. Demotte. Comme pour déjà éconduire, le cas échéant, des demandes d'aller institutionnellement au-delà. Aller, par exemple, vers quelque "Autorité Wallonie-Bruxelles" : un ministre-Président identique revient à confirmer que deux exécutifs restent distincts. Quitte à "pouvoir aller plus loin" dans les solidarités, ajoute M. Di Rupo.
Quant à prolonger ce cumul au-delà de la mi-2009, la désignation d'hier fera figure de test. Pas seulement pour le PS : un MR à la barre pourrait-il faire moins que reconduire la modalité, sous peine de paraître reculer sur la cohérence d'un espace francophone dont il se fait le héraut ?
En attendant, même si l'on n'y voit pas un scénario d'anticipation d'une fusion (d'ailleurs irréaliste au sens flamand du terme), la ministre-présidence commune ne manquera pas de hérisser les sensibilités plus régionalistes. Alors même qu'elles reprenaient quelque vigueur. Piquant : pas plus tard que mercredi au Parlement wallon, l'appelé Rudy Demotte y était allé d'accents régionaux que l'on ne lui connaissait pas encore. "Vous devenez plus régionaliste que moi. C'est un bonheur", lui avait servi Van Cau...

La NV-A trouve l'interview de Leterme "curieuse"

La N-VA a qualifié de "curieuse" l'interview du premier ministre Yves Leterme parue samedi dans les journaux du groupe Concentra. Le timing est également étrange, réagit le parti samedi. La N-VA votera quand même samedi comme prévu la confiance au gouvernement Leterme Ier.
Dans l'interview visée, le premier ministre affirme notamment le refus du gouvernement de se laisser "prendre en otage" par la N-VA en juillet. "Je trouve dommage qu'on mette parfois trop l'accent sur des symboles. Je vote pour le rationnel. C'est pourquoi je dis clairement: si la N-VA trouve pour de mauvaises raisons en juillet que la réforme de l'Etat n'est pas suffisante, nous prendrons nos responsabilités", indique Yves Leterme dans cette interview.
Le partenaire de cartel du CD&V affirme cependant qu'il votera la confiance au gouvernement Leterme Ier, à l'exception du président de la N-VA Bart De Wever, qui s'abstiendra comme annoncé. "Changer de vote aujourd'hui signifierait que nous faisons effectivement du chantage. Nous ne changerons pas d'avis toutes les cinq minutes", indiquait-on samedi à la N-VA.
Les nationalistes flamands soulignent que le CD&V a dit clairement mercredi au congrès du parti que le 15 juillet constituait une date-butoir pour la réforme de l'Etat. Le chef de groupe CD&V Servais Verherstraeten l'a répété samedi à la Chambre. "Nous avons choisi de former un cartel commun. Chaque parti fera une évaluation par rapport au programme de cartel. Mais les grandes lignes sont claires. Un bon accord sur la réforme de l'Etat le 15 juillet est une condition cruciale pour continuer. Nous nous tiendrons à cette attitude", indique-t-on encore à la N-VA.

L'ex-musulman baptisé par le pape accuse l'islam de violence

Le pape Benoît XVI a baptisé sept adultes dont une Chinoise et un journaliste italien d'origine musulmane, lors de la veillée pascale célébrée dans la nuit de samedi à dimanche dans la basilique Saint-Pierre au Vatican. Le journaliste Magdi Allam, auparavant de confession musulmane, accuse l'islam d'être « physiologiquement violent et historiquement conflictuel ».

La veillée pascale, qui fait revivre le passage de la mort à la résurrection, est traditionnellement marquée par des baptêmes d'adultes. Parmi les sept personnes choisies cette année par le pape figurait le journaliste italien d'origine égyptienne Magdi Allam, 55 ans, éditorialiste et vice-directeur du Corriere della Sera, longtemps présenté comme un « musulman modéré » avant de se rapprocher de l'Eglise catholique.

Magdi Allam a écrit plusieurs essais polémistes sur le Proche-Orient et a organisé en 2006 à Rome une manifestation de soutien aux chrétiens des pays arabes et musulmans.

« Pour l'Eglise catholique toute personne qui demande à recevoir le baptême après une profonde recherche personnelle, un choix pleinement libre et une préparation adéquate a le droit de le recevoir », a précisé samedi le porte-parle du Vatican Federico Lombardi.

Dans son rapport avec l'islam et les autres religions, le Vatican insiste sur l'importance de la liberté religieuse et notamment sur le respect du droit à changer de religion.

Le journaliste italien Magdi Allam explique sa conversion ce dimanche dans le Corriere della Sera et accuse l'islam d'être « physiologiquement violent et historiquement conflictuel ».

Magdi Allam rappelle dans une longue lettre à son journal que ses prises de position publiques contre l'islamisme et l'extrémisme musulman lui ont valu des menaces de mort le conduisant à vivre sous protection depuis cinq ans.

« J'ai dû prendre acte que, au delà (...) du phénomène des extrémistes et du terrorisme islamique au niveau mondial, la racine du mal est inhérente à un islam physiologiquement violent et historiquement conflictuel », écrit-il.

Sur le ton polémique qui l'a rendu célèbre en Italie, Magdi Allam raconte qu'au cours des années son « esprit s'est affranchi de l'obscurantisme d'une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation, la mort violente qui conduit à l'homicide et au suicide, la soumission aveugle à la tyrannie, me permettant d'adhérer à l'authentique religion de la Vérité, de la Vie et de la Liberté ».

Il estime qu'en acceptant de le baptiser publiquement, le pape « a lancé un message explicite et révolutionnaire à une Eglise qui jusqu'à présent a été trop prudente dans la conversion des musulmans », « par peur de ne pas pouvoir protéger les convertis face à leur condamnation à mort pour apostasie ».

Les principaux théologiens musulmans considèrent que l'islam interdit aux musulmans de changer de religion, ce qui est passible de mort dans certains pays.

« En Italie il y a des milliers de convertis à l'islam qui vivent sereinement leur foi (...) mais aussi des milliers de musulmans convertis au christianisme qui sont contraints de cacher leur nouvelle foi par peur d'être assassinés par les terrorismes islamistes », souligne Magdi Allam.

Le journaliste a choisi pour prénom de baptême Cristiano (Christian), peu usité en Italie.


ARTICLES• Pâques, sous le signe de la liberté religieuse

Trop de francophones pour le CD&V

La composition du nouveau gouvernement Leterme Ier, et surtout le nombre des francophones dans celui-ci, laisse un goût très amer au CD&V. "C'était vraisemblablement le prix qu'il fallait payer pour avoir le poste de Premier ministre", dit samedi le député Roel Deysen dans plusieurs quotidiens flamands.

Lorsqu'Etienne Schouppe et Jo Vandeurzen ont expliqué jeudi la répartition des postes, ils ont été à peine applaudis. "Les critiques étaient si intenses et longues que nous ne sommes même pas arrivés au contenu de l'accord gouvernemental", dit l'ancien ministre CD&V Tony Van Parys.
Il précise que "nous serons loyal jusqu'au 15 juillet. Ce sera le test ultime. Mais pour la majorité d'entre nous - pas seulement les membres de la N-VA, également la majorité des membres du CD&V - il est déjà certain que cela n'ira pas. La Belgique a un problème structurel. Il n'est plus possible de trouver un accord dans ce pays. C'est la vérité".

"Monsieur le premier ministre, vous inquiétez les francophones"
Le cdH s'est également prononcé sur la déclaration du gouvernement dans une intervention précédant celle de M. De Wever. Le député Christian Brotcorne, désigné officiellement ce samedi comme chef de groupe du cdH en remplacement de Joëlle Milquet (devenue ministre), a défendu les points du programme de son parti repris dans l'accord de gouvernement et notamment ceux qui ont trait à la politique de soutien aux familles. Il a appelé le premier ministre Yves Leterme à gagner l'estime des Francophones.Réticences"Vous savez, monsieur le premier ministre, que vos compatriotes francophones ont encore certaines réticences à votre égard. Vous les inquiétez. Il vous appartient maintenant de gagner leur estime et de les rassurer. Le meilleur moyen d'y arriver, c'est bien sûr de réussir votre projet, dans l'équilibre et le respect de tous", a-t-il dit.


La N-VA accorde sa confiance "provisoire"
La N-VA donnera la confiance au gouvernement à l'exception de son président qui s'abstiendra, a confirmé ce samedi Bart De Wever dans son intervention sur la déclaration du gouvernement."Donner une chance"M. De Wever a justifié l'attitude de son parti en indiquant qu'à ce stade "rien encore n'est perdu" et qu'il faut "donner une chance à ce gouvernement". Le président de la N-VA a parlé de "confiance provisoire".Fidélité à l'électeur"Le compteur communautaire est positif à ce stade", a indiqué Bart De Wever, qui a évoqué le vote en Commission de la Chambre de la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et la conclusion d'un premier paquet de réforme de l'Etat. "En juillet, on saura enfin", a poursuivi le président de la N-VA, annonçant que son parti se voudra "constructif" mais aussi "fidèle à l'électeur". Bart De Wever a également indiqué qu'il continuait à oeuvrer avec son partenaire de cartel, le CD&V, "pour plus de Flandre".

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Les Bruxellois ont peur de la mainmise wallonne

Le CDH veut imposer Cerexhe
BRUXELLES réclame son ministre à la Communauté. Tarabella, lui, pourrait se replier à la Région.

Un Bruxellois ministre à la Communauté ? Ce sera lui.

La double casquette de Rudy Demotte ? « Cela crée un déséquilibre dans les relations intrafrancophones avec le renforcement de l’axe Wallonie-Communauté française, estime Christos Doulkeridis (Ecolo). C’est très regrettable pour la Région bruxelloise qui a besoin de synergies renforcées avec la Communauté. »
Le MR, par la voix de Françoise Bertieaux, ne dit pas autre chose. « C’est une occasion manquée de faire monter un Bruxellois au gouvernement de la Communauté, pour garantir les liens entre francophones. » Et la chef de groupe des libéraux au Parlement communautaire de proposer un nom : Benoît Cerexhe, ministre CDH (bruxellois) de l’Emploi et de l’Economie et président de la Cocof.
Celui-là même qui nous déclarait jeudi que « l’arrivée de Demotte devrait être une étape transitoire avant la généralisation des doubles casquettes pour tous les ministres régionaux, qui siégeraient aussi au gouvernement communautaire ». Toute la journée de vendredi, son nom a été cité. Pour jouer les Bruxellois de service dans le gouvernement de Rudy Demotte ? Les nombreuses sources CDH contactées nous l’ont confirmé : c’est l’hypothèse de la présidente.
Reste à convaincre le PS. Qui, par la bouche d’Elio Di Rupo, jeudi, avait dit qu’il n’était pas exclu que « d’autres changements soient opérés au sein des gouvernements régionaux et communautaire ». Boulevard de l’Empereur, pourtant, toute la journée d’hier, on démentait catégoriquement le scénario. « On ne travaille pas sur ce schéma. Fadila Laanan est Bruxelloise et a la tutelle de la Commission communautaire française. La représentativité des Bruxellois est donc assurée à la Communauté. »
Au CDH, pourtant, on insiste. « Le PS a fini par accepter, à condition qu’on n’exige pas de nouvelles compétences », souligne un(e) ministre CDH. « Ou alors, un troc : on échangerait des compétences mineures avec le PS, pour lui donner quelque chose », souligne cet(te) autre. « On envisage aussi de faire siéger Cerexhe sans compétences, souligne ce troisième. Sa seule présence assurerait le lien avec Bruxelles. » Et une quatrième source, tout aussi haut placée, de préciser : « En tout cas, on aimerait régler ça, en coulisses, avant Pâques. »
Par exemple ce samedi, dans les couloirs de la Chambre, où Elio Di Rupo, le député, croisera Joëlle Milquet, la ministre ? Peut-être… A moins que ces rumeurs concordantes ne relèvent de la pure stratégie du CDH, désireux de rétablir l’équilibre au sein du gouvernement de la Communauté où l’arrivée de Demotte et Dupont en échange du seul départ d’Arena augmente le poids socialiste ? Ce n’est pas impossible. Elio Di Rupo pourrait alors jouer sur une corde que l’on sait très sensible chez Joëlle Milquet : la loi du nombre. D’autant que le PS pourrait, lui, faire un geste en ce sens en repliant Marc Tarabella sur le gouvernement wallon, ses compétences (Jeunesse, Promotion sociale et Formation) allant à Fadila Laanan.