16 avril 2008

Qui veut la peau de Di Rupo au PS ?

Le PS est au bord de la crise de nerfs. Et cela fait plus de deux ans que cela dure, des affaires carolos jusqu'au mauvais résultat de juin 2007. Dans Le Soir de mardi, Philippe Moureaux a demandé à Elio Di Rupo, son président, de se ressaisir. Sa sortie ne fait pas l'unanimité au PS. Mais le malaise est désormais sur la place publique.


De la crise de la carolo aux polémiques autour de Laloux : Dans le jus des « affaires »
Tout commence le 5 septembre 2005, à Charleroi, lorsqu'Olivier Chastel (MR) divulgue l'« affaire » de la Carolo, la gestion désastreuse de la société d'habitations sociales dans la métropole wallonne. Le feu s'étendra à l'ICDI, emportant plus tard le Collège de la ville. Un feuilleton de deux ans, qui plombera le PS aux communales de 2006, puis aux législatives de 2007. Les inculpations déboucheront sur un procès, prévu… au printemps 2009. En pleine campagne des élections régionales ! Un calendrier ravageur.
Aucun rapport entre la Carolo et la polémique autour de Frédéric Laloux (des faits incomparables, sans commune mesure), sinon celui-ci : le PS continue de baigner dans le jus desdites « affaires » aux yeux de l'opinion publique. Ce qui le plombe, alors que sa seule chance de se refaire une santé électorale est précisément de faire la différence, de « tourner la page », comme on tente de convaincre au Boulevard de l'Empereur. La saga hutoise participe à maintenir le PS dans la dépression postélectorale. Quant à la polémique bondissante autour de l'ex-échevin namurois, elle brouille, à ce stade, l'image globale de l'équipe socialiste au gouvernement fédéral (le trio Onkelinx-Arena-Magnette) et parasite les effets positifs du dernier remaniement ministériel, ceux produits par l'opération Demotte à la Région wallonne et à la Communauté française.
Des législatives 2007 aux régionales 2009 : Le traumatisme électoral
Après ses succès aux communales de décembre 2000, aux législatives de mai 2003 et aux régionales de juin 2004 (un scrutin à l'issue duquel il troque son alliance dans les Régions avec le MR pour une autre avec le CDH), le PS a connu deux grosses contre-performances électorales, causes d'un traumatisme profond.
La première : aux communales d'octobre 2006, lorsqu'il essuya des revers à Charleroi (plongé en pleine « affaire » de la Carolo), à Namur (le déclin de Bernard Anselme), et ne parvint pas à hisser Laurette Onkelinx au maïorat à Schaerbeek, où la liste socialiste de la vice-Première réalisa un score nettement supérieur à celui réalisé par le PS six ans plus tôt dans la cité bruxelloise, mais échoua à faire chuter Bernard Clerfayt (MR), vainqueur incontesté, qui restera bourgmestre à la tête d'une coalition avec les écolos d'Isabelle Durant. Une claque – vécue comme telle – pour la socialiste.
Les communales d'octobre 2006 donnent un avant-goût de ce qui se produira quelques mois plus tard, aux législatives de juin 2007 : c'est le fameux « Waterloo » électoral du PS, qui glisse sous la barre des 30 % et se retrouve en Wallonie derrière le MR, lequel opère là un dépassement « historique ».
Un choc dans les rangs socialistes. Le doute s'installe : le PS est-il durablement relégué au second plan ? Le MR est-il parvenu pour longtemps à changer le « centre de gravité politique » au sud du pays, comme Didier Reynders en a l'ambition ? Les régionales de 2009 sont en vue et les sondages réalisés depuis les élections de juin 2007 ne sont guère engageants.
Celui publié vendredi dernier dans Le Soir décèle un PS en chute libre à Bruxelles, et derrière le MR en Wallonie, même si, là, une certaine stabilisation est perceptible dans les intentions de vote – on s'accroche à cette bouée (une lueur ?) au Boulevard de l'Empereur.
Qui peut se consoler de voir le MR reculer lui aussi dans ces mêmes sondages, le parti libéral-réformateur payant sans doute son échec à bâtir l'« Orange bleue » de centre-droit, et à éviter la longue crise politico-communautaire de 2007.
La guerre de succession se profile : Rudy ou Laurette ?
Philippe Moureaux a-t-il voulu précipiter un débat sur la succession à la tête du parti ? L'idée a traversé plus d'un esprit socialiste. « Mais c'est sans doute trop tôt », corrigent plusieurs ténors. Officiellement la présidence n'est pas vacante. Elio Di Rupo a été réélu, en juillet, pour un mandat de quatre ans. Y mettra-t-il fin après le scrutin régional de 2009, comme le prétend avec insistance la rumeur ? Si les résultats sont mauvais, plus que vraisemblablement. S'ils démentent tous les sondages, la question pourrait quand même être posée… Pour succéder au Montois, point de candidats déclarés. Mais deux noms sussurés avec insistance : Onkelinx et Demotte. Lorsqu'elle rêvait encore d'être bourgmestre de Schaerbeek, la première n'avait pas fait mystère de ses intentions d'assortir l'écharpe maïorale à la casquette de présidente de parti en 2009. Depuis, les Schaerbeekois ont imposé un coup de frein aux ambitions communales de la fille spirituelle de Moureaux, mais sans doute pas à ses envies présidentielles. Quant au dauphin de Di Rupo, Demotte, il ne s'est jamais déclaré… Mais n'en pense pas moins ?
La garde rapprochée quitte le boulevard de l'empereur : Le centre d'études décapité ?
Ce n'est pas la cause principale de la crise mais en ces temps troublés, Elio Di Rupo doit, en plus, composer avec le départ de ses proches. C'est Florence Coppenolle, l'attachée de presse, qui a ouvert le bal, au lendemain de la défaite électorale de juin 2007. Très critiquée pour sa gestion médiatique des « affaires », la jeune femme ne quitte pas le Boulevard de l'Empereur mais passe à l'arrière-plan, au poste (moins exposé aux contacts directs avec la presse) de directrice de la communication. En février, le secrétaire général du parti, Jean-Pol Baras, fait ses valises. Direction Paris. Pour occuper le poste, Elio Di Rupo rappelle son éternel bras droit, Gilles Mahieu. Dans les prochaines semaines, c'est Frédéric Delcor qui pourrait remettre les clés de son bureau. Le discret directeur du centre d'études du parti est candidat à la succession d'Ingberg à la tête de l'administration de la Communauté française. S'il décroche le poste – décision attendue prochainement – il devrait quitter d'ici à l'été l'Institut Emile Vandervelde (IEV). Assurément un coup dur pour le président du PS, qui travaille avec Frédéric Delcor depuis… 1995 ! Quel lapin Elio Di Rupo sortira-t-il de son chapeau pour doter l'IEV d'un nouveau patron ? Pas sûr qu'il la joue surprise du chef, sur ce coup-là… Les noms qui circulent sont des valeurs sûres dans les couloirs socialistes : le favori, Renaud Witmeur, proche de Rudy Demotte. Autres noms cités : Olivier Vanderrijst, fidèle chef de cabinet de Laurette Onkelinx, et Anne Poutrain, chef de cabinet du ministre-président wallon.
Les erreurs de casting : Laloux, comme d'autres avant
Pour Philippe Moureaux, Laloux doit s'effacer… Qu'en pense le principal intéressé ? Difficile à dire puisqu'il se tait dans toutes les langues. Tout au plus a-t-on appris ce mardi qu'il avait, d'une part, convié son détracteur à « une rencontre conviviale » et, de l'autre, qu'il préparait activement son passage en commission de la Chambre, où il doit présenter sa note de politique générale.
Reste que, bien avant la polémique sur sa voiture qui lui tenait lieu de bureau ou sur ses dépenses d'essence sur le compte de la ville de Namur, Frédéric Laloux posait problème. Tout comme, d'ailleurs, Julie Fernandez-Fernandez, autre secrétaire d'Etat directement sortie de la discrétion de sa fédération. C'est qu'une fois de plus, Di Rupo avait ménagé le suspense jusqu'au bout. Avec, quelques minutes à peine avant la prestation de serment, des surprises du chef. De celles qui sortent tout droit du Boulevard de l'Empereur, sans d'autre consultation que la garde très rapprochée. Faut-il rappeler qu'en arrivant au palais royal, Laurette Onkelinx salua Laloux comme s'il était un employé de Sa Majesté… Elle ne l'avait jamais vu ! Certes, Elio Di Rupo s'est fait le champion de ces coups de théâtre… Marie Arena, Paul Magnette et Fadila Laanan furent de ceux-là… Le 22 mars dernier, rebelote. Mais, cette fois, la révolte gronde plus fort que d'habitude. Le jour même, les parlementaires fédéraux font part de leur déception : à quoi bon, enragent-ils, travailler dans l'ombre du Parlement, si c'est pour se faire doubler, lorsque la lumière gouvernementale est en vue, par un illustre inconnu ? Karine Lalieux et Yvan Mayeur, proches de Moureaux, sont parmi les plus dépités. Leur déception explique peut-être aussi les propos du chef de la Fédération bruxelloise… Et tant pis pour Frédéric Laloux qui, il est vrai, prête le flanc à la critique avec ses erreurs – comme, d'ailleurs, une certaine Marie Arena l'avait expérimenté, à ses débuts, avec une certaine douche. Dont elle ne s'est jamais vraiment remise. Surtout électoralement.

Laloux tire son plan à la Chambre

La lutte contre la pauvreté a suscité un intérêt inhabituel en Commission de la santé de la Chambre. La polémique lancée par les propos du vice-président du PS Philippe Moureaux évoquant une erreur de casting, dans « Le Soir » de mardi, en était certainement la cause principale.
La Commission devait en effet entendre les exposés de la ministre de l'Intégration sociale, Marie Arena, et du Secrétaire d'Etat, sur leur note de politique déposée dans le cadre du budget 2008.
Comme il l'avait annoncé déjà dimanche, M. Laloux a surtout donné le calendrier et la méthode de travail qu'il entend suivre pour l'élaboration d'un plan fédéral de lutte contre la pauvreté. Ce plan sera élaboré en concertation et collaboration avec l'ensemble des départements, chacun dans sa compétence, a dit M. Laloux.
Il y aura d'abord, d'avril à juin, des concertations bilatérales avec les ministres fédéraux qui peuvent contribuer à la lutte contre la pauvreté. Le plan sera présenté au Conseil de ministres au début du mois de juillet. Dans le courant du mois de juillet, il sera présenté à la Conférence interministérielle.
L'opposition s'est montrée très critique à l'égard de « ces quelques pages » (5 au total) qui ne comportent rien de concret. On y trouve un long rappel de la situation sur la base de statistiques européennes, un rappel du bien-fondé de notre système de protection sociale et un calendrier pour l'élaboration d'un plan futur, faisaient remarquer Ecolo et Groen !
Avant le début de la réunion, Mme Arena et M. Laloux ont été interrogés sur la mise en cause de ce dernier.
Mme Arena a souligné qu'il n'y avait « pas de désunion mais des discussions » au sein du parti. Elle a ajouté qu'elle aurait aussi préféré -comme Rudy Demotte- que la discussion ait lieu en interne au parti. Elle a surtout insisté sur sa volonté de travailler dans le cadre de ses compétences. M. Laloux a également dit vouloir travailler pour ceux qui sont déjà dans la pauvreté et pour ceux qui risquent de tomber dans la précarité.

Laloux s'est mis en congé en temps utile
Le secrétaire d'Etat Frédéric Laloux a démissionné et s'est mis en congé en temps utile des divers mandats incompatibles avec ses nouvelles fonctions, a indiqué ce mercredi une porte-parole, contredisant ainsi des informations parues dans le quotidien La Libre Belgique.M. Laloux "a pris ses renseignements sur les incompatibilités liées à sa nouvelle fonction dès son arrivée. Dès qu'il a eu confirmation de certaines incompatibilités, il a démissionné (le 9 avril dernier) de ses mandats de la SWDE et du Port autonome", a-t-elle indiqué.Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté a également souhaité se mettre en congé des autres mandats pour lesquels il n'y avait pourtant aucune incompatibilité "afin de se concentrer à 100% à sa mission", a-t-elle précisé.Concernant son mandat d'administrateur à la SWDE, Frédéric Laloux a démissionné par lettre vu l'incompatibilité avec une fonction ministérielle en vertu de la législation wallonne sur le cumul des mandats. Il s'est par ailleurs mis en congé comme membre du Conseil d'exploitation de Meuse amont.Le secrétaire d'Etat a été volontairement démis de sa fonction au Port Autonome de Namur, toujours en raison d'une incompatibilité avec une fonction ministérielle. Enfin, M. Laloux est également "président en congé" de la Joie du Foyer et administrateur en congé au "Foyer Jambois". En ce qui concerne le Tec Namur, également évoqué dans la presse, M. Laloux fait savoir qu'il n'y est plus administrateur depuis juin dernier.

Frédéric Laloux cumule
Laloux ne sera pas soumis à une enquête administrative
Moureaux appelle Di Rupo à renvoyer Laloux
"Je suis un homme intègre", assure Laloux
Leterme maintient sa confiance en Laloux

Avec les bons voeux de Julie

Dans la composition du collège communal liégeois issu des élections de 2006, elle faisait déjà figure de surprise du chef. Née de parents originaires des Asturies et graduée en communication, Julie Fernandez Fernandez avait travaillé auprès de Laurette Onkelinx, Jean-Maurice Dehousse, Véronique De Keyser et Isabelle Simonis avant de devenir, en 2000, une conseillère communale dont pratiquement personne n'entendit le son de la voix. Un bon score électoral personnel lui ouvrit les portes de l'échevinat de l'Etat civil et de la Population.
Pour sortir de l'anonymat, elle confia son image à un attaché de presse ex-présentateur vedette de la télévision locale RTC. Elle adressa aussi, grâce aux latitudes auto-accordées en la matière aux membres du collège, des voeux de Saint-Valentin à des jeunes mariés, à des couples ayant fêté leurs noces d'or ou de diamant ainsi qu'à des catégories plus ciblées. Des journalistes notamment, allez savoir pourquoi...

Michel : "Magnette joue cavalier seul"

Le ministre de la Coopération déplore le manque de collégialité autour du "Printemps" de Magnette.Le libéral appelle le Premier ministre Leterme à réagir.
Edito: Le coup du canari


Charles Michel déplore " le manque de coordination et de collégialité" au sein du gouvernement dans le lancement du "Printemps de l'Environnement" par Paul Magnette.
Le ministre de la Coopération au développement (MR) demande au Premier Yves Leterme d'inscrire ce point à l'ordre du jour du prochain Conseil des ministres.
Que reprochez-vous au "Printemps de l'Environnement" du socialiste Paul Magnette ?
Je le dis très sobrement car je ne veux pas m'embarquer dans une polémique stérile, et je dis cela après avoir fait part de mes griefs au ministre Magnette, mais la réponse aux questions environnementales et au changement climatique est éminemment internationale...
Vous êtes donc surpris de ne pas avoir été convié au lancement de cette initiative ?
D'une part, sur la forme, je suis déçu et surpris que Magnette ait joué cavalier seul. D'autre part, les démarches lancées semblent n'être qu'une répétition des démarches préalables en la matière. Ces dernières années, une dizaine de rapports ont touché les questions environnementales et du changement climatique : j'espère que le "Printemps" de Magnette ne sera pas la répétition de constats objectifs autour desquels tout le monde est d'accord. Les pays développés polluent le plus et les pays plus pauvres vont payer un lourd tribut aux changements climatiques que ce soit en Bolivie, au Niger ou encore au Mali. Le budget de la Coopération au développement est de 1,1 milliard d'euros et tous les projets passent un test préalable "climat". Les budgets coopération sont étroitement liés à la question de l'impact climatique. Je soutiens des projets liés au développement durable chaque semaine, simplement, je ne fais pas de conférence de presse pour le dire.
Il aurait fallu intégrer la dimension internationale au "Printemps de l'Environnement" ?
La matière environnementale est, par nature, transversale. Donc, le devoir de celui qui est en charge, c'est de coordonner et de consulter. Or, ici, il n'y a qu'un seul élément qui est absolument certain : c'est qu'il y a eu une conférence de presse au musée des Sciences naturelles. Moi, j'ai demandé, il y a quelques mois, au professeur Jean-Pascal Van Ypersele (également présent au lancement du "Printemps" de Paul Magnette, NdlR) de préparer une série de recommandations, il les remettra avant la fin de l'été. Mais j'associe l'administration de Paul Magnette, j'essaye de travailler main dans la main avec eux. Alors, j'en appelle à une plus grande collégialité dans ces dossiers-là, il y va de l'intérêt de tous de faire preuve de cohérence.
Concrètement, qu'allez-vous faire ?
J'ai appris par la presse les dates de réunion, je ne me vexe pas, mais je trouve cela très dommage. Concrètement, je compte demander au Premier ministre d'évoquer ce point au gouvernement cette semaine.
Et est-ce que vous appelez Magnette à revoir le programme de son projet ?
Quand je découvre dans la presse le programme qu'il envisage, c'est comme si la question du climat était une question strictement nationale belge, alors que des décisions internationales lient la Belgique sur cette matière. Il y a une absence de dimension internationale dans son approche et, plus largement, une absence de concertation. Ça risque de faire rire à l'étranger : on s'imagine que ce sont les Belges, seuls, qui vont régler la question du climat avec trois réunions sur la Mobilité, ou je ne sais quels autres thèmes. C'est illogique.
Donc, vous l'enterrez le "Printemps de l'Environnement" ?
Non : j'ai le sentiment que Magnette peut encore rectifier le tir. Mais pour un des points aussi importants que cela - inscrit comme tel dans la déclaration gouvernementale - il n'y a même pas eu une réunion intercabinets... Je suis très surpris. Ma démarche se veut positive : on peut encore faire en sorte que ce "Printemps" soit un succès, mais ça ne sera pas un succès si on n'est pas dans la collégialité...

Un vent de contestation souffle au PS

Fait rare : le vice-président du PS, Philippe Moureaux, critique ouvertement la ligne du président Elio Di Rupo. L'affaire Laloux ravive de vieilles frustrations à l'intérieur du parti socialiste. Le président du PS se mure : pas de commentaire... .

De mémoire de camarades, on n'avait jamais vu cela... C'est la toute première fois que le vice-Président du PS, Philippe Moureaux, décoche des flèches empoisonnées à l'endroit de son président, Elio Di Rupo. Car sous couvert d'une critique à l'égard de Frédéric Laloux, l'ex-échevin de Namur bombardé secrétaire d'Etat à la Pauvreté par la grâce d'Elio Di Rupo, c'est bien le président du PS qui est la principale cible de Philippe Moureaux. En cause : le casting du gouvernement (principalement les secrétaires d'Etats Laloux et Fernandez) et par-delà, le laxisme à l'égard des "déviants". C'est au "Soir" que Moureaux a confié toute son amertume. Décodage.
1 D'où vient ce casting bizarre ? Elio Di Rupo a toujours adoré surprendre la galerie en proposant à la nomination des ministres et secrétaires d'Etat inattendus : Marie Arena, Christiane Vienne, Fadila Laanan, Marc Tarabella, Paul Magnette. Et tout dernièrement, Julie Fernandez Fernandez, échevine à Liège et, bien sûr, Frédéric Laloux, ex-membre du collège échevinal de Namur. Ces deux derniers étaient totalement inconnus au bataillon des "ministrables". C'est précisément pour cela qu'ils ont été choisis, explique-t-on au PS : Elio Di Rupo a voulu démontrer que le PS ne manque pas de talents.
2 Pourquoi Laloux ? Mais ces choix ne passent pas. Et au fil des jours, les choses, plutôt que de s'arranger, s'enveniment. Car si le PS ne manque pas talents, ces deux-là ne sont peut-être pas les mieux lotis. Et s'il fallait vraiment trouver un Namurois capable d'exercer cette fonction, Jean-Charles Luperto, Eliane Tillieux ou Valérie Deom étaient mieux placés. Mais Di Rupo n'a consulté personne à Namur. Bien sûr, Luperto a quelques ennuis depuis qu'au terme d'un collège euphorique, il s'est livré à une mauvaise blague téléphonique aux dépens du bourgmestre de Jemeppe. Mais bon. Entre cette stupidité de collégien et les problèmes de Laloux (surutilisation de sa carte essence) il y avait une hiérarchie des handicaps que le président du PS a niée.
3 Qui s'oppose à Di Rupo ? La liste des gens que le président a frustrés est longue au PS. Et petit à petit, les langues se délient. Anonymement bien sûr. Courageux, mais pas téméraires. N'est pas Moureaux qui veut. Aux commentaires, on devine que l'ère Di Rupo est doucement en train de s'achever. D'ailleurs, à intervalles réguliers, on sent bien que le principal intéressé n'est plus au top de sa forme et de son influence. Depuis 1999, date de son accession à la présidence du PS, il a accumulé les victoires. Sauf en 2007, évidemment, où la success story s'est brutalement achevée. Et Philippe Moureaux a raison de rappeler que l'échec est dû aux affaires plutôt... qu'à la loi sur les armes comme le prétendent les ennemis de la rénovation du PS, ceux qui vivent encore du souvenir des acquis du passé, rêvant des avantages politiques que leur procurait un PS à 44 pc.
Elio Di Rupo apparaît un peu blasé, comme si la popote interne de son parti ne l'amusait plus. Le syndrome "Louis Michel" en quelque sorte. D'ailleurs, il est bien plus aisé d'interroger Di Rupo sur la situation en Chine ou au Chili que sur ses équipes ministérielles. Certains disent qu'il rêve d'un job international. Mais ils ne sont pas légion.
4 Que cherche Philippe Moureaux ? Si, au PS, on pensait que l'ouragan né de la nomination de Frédéric Laloux était passé, Yves Leterme l'ayant accepté dans son équipe après l'avoir auditionné, la sortie de Philippe Moureaux relance le débat interne au PS.
Dès lors, les exégètes de la pensée de Moureaux tentent de comprendre. Pourquoi cette sortie publique, vivement contestée, dans sa forme, par Rudy Demotte, le Premier wallon ? D'abord, parce que, dûment informé du malaise interne, Elio Di Rupo aurait fait la sourde oreille. Plusieurs parlementaires (Mayeur, Eerdekens,...) avaient dit clairement leur dépit. D'autres se demandent si, au crépuscule de sa carrière politique, Philippe Moureaux, piqué au vif par un sondage reléguant le PS à la 3e position, derrière le MR et le CDH, ne cherche pas, en écorchant l'image d'Elio Di Rupo, à lancer l'idée d'un changement de président. Au profit de... sa protégée de toujours, Laurette Onkelinx. Evidemment, les Liégeois, en guerre interne permanente, ne verraient peut-être pas d'un bon oeil l'arrivée de cette Néobruxelloise. Un président bruxellois ? Pas sûr que les Wallons accepteraient cela.
5 Dans quel état est le PS ? Jusqu'ici, la rénovation n'avait pas trop mal progressé, malgré de retentissants ratés. Car dans beaucoup d'endroits, elle demeure superficielle. Et malgré l'optimisme affiché par le boulevard de l'Empereur, il demeure plus d'un hiatus entre le parti et sa base. Dès lors, de multiples zones de contestation apparaissent. Ne parlons pas de ceux qui, à l'approche des élections, espérant négocier une place en vue, ruent dans les brancards : les régionalistes qui menacent toujours de créer un parti dissident ou de rejoindre les rattachistes.
Si la lenteur d'Elio Di Rupo a condamner les agissements déviants est condamnée par Philippe Moureaux et ses amis, certains reprochent aussi au président de ne pas avoir eu le courage de profiter de l'échec électoral cuisant de juin 2007 pour se refaire une santé dans l'opposition, comme André Cools et Guy Spitaels en 1970 et 1980. " On est venu nous chercher" a coutume de dire Elio Di Rupo . "Il fallait refuser ", expliquent ceux qui étaient attirés par une vivifiante opposition.
6 Comment sortir de ce guêpier ? " Elio ne se déjugera pas , juge un baron. La meilleure chose qui puisse arriver, c'est que Laloux se retire. Mais je ne suis pas sûr qu'il en ait les c... "

Ecolo dénonce la mauvaise gestion du parc automobile du Hainaut

Ecolo critique la gestion du parc automobile de la Province de Hainaut. D’après le parti, cette gestion n’est pas rationnelle. Il y aurait trop de dépenses inutiles. L’utilisation des véhicules ne serait pas optimale. Jean Delier, conseiller provincial Ecolo, explique que « des véhicules roulent très peu, moins de 500 kilomètres. Des véhicules ne font pas 6 000 kilomètres par an. » L’opposition dénonce aussi l’opacité dans l’attribution des véhicules.

Le Conseil provincial du Hainaut s’est penché sur la question ce mardi matin.
La majorité PS-MR affirme avoir pris le problème en mains. Elle évoque le logiciel utilisé pour gérer le charroi. Elle précise que la situation n’est pas si évidente qu’Ecolo le laisse entendre, étant donnée la complexité du parc.
D’après Ecolo, une meilleure gestion du parc permettrait d’économiser entre 250 000 et 300 000 euros.

REGARDEZ LE REPORTAGE DE BENJAMIN SAMYN

Italie : et de trois pour Berlusconi

Silvio Berlusconi obtient un troisième mandat de président du Conseil. Silvio Berlusconi dispose d'une majorité plus forte que prévu pour traiter les sérieux problèmes économiques et sociaux auxquels est confrontée l'Italie.

AUDIO• Conséquences de la victoire de Berlusconi
VIDEO• En Italie, victoire incontestable de S. Berlusconi
ARTICLES• Italie : Alitalia, l' épine dans le pied du nouveau gouvernement• Italie : Berlusconi, le retour
Silvio Berlusconi s'est déjà glissé dans son nouvel habit de Président du Conseil. Lundi soir, il a annoncé en vrac à la télévision la réouverture des grands travaux publics, la réduction des impôts sur les habitations, l'engagement à trouver une solution italienne pour Alitalia, le règlement de la question des ordures de Naples. L'Italie a peut-être inauguré ce lundi la saison de la stabilité.

Silvio Berlusconi a gagné, et largement. Il disposera d'une majorité confortable, aussi bien à la Chambre qu'au Sénat. Selon des résultats officiels, la droite italienne dirigée par Silvio Berlusconi aura 340 sièges sur 617 à la Chambre des députés (46,8%), contre 239 à la gauche emmenée par Walter Veltroni (37,5%). Les démocrates chrétiens de l'UDC de Pier Ferdinando Casini obtiennent 36 sièges (5,6%) et le parti populaire du Tyrol du SVP 2 sièges.

Au Sénat, la droite aura également la majorité absolue de 168 sièges (47,32%) contre 130 à la gauche (38,01%) et 3 au centre (5,69%). Un scénario qui va bien au-delà des prévisions les plus optimistes pour Silvio Berlusconi.

Walter Veltroni, qui s'est immédiatement félicité avec il Cavaliere, n'a pas réussi à compléter la remontée. Le Parti démocrate réalise un bon score, mais le Rassemblement de Centre-Gauche reste à presque une dizaine de points de celui formé par le Peuple de la Liberté et de son allié, la Ligue du Nord.

C'est d'ailleurs ce mouvement xénophobe et sécessionniste qui réalise la percée la plus remarquée. Il double presque ses voix et ses parlementaires et devient déterminant pour la majorité.

De son côté, la Gauche, arc-en-ciel, l'union des Communistes et des Verts, essuient une cuisante défaite et avec de nombreuses autres formations de mineurs, ne sera pas représentée au Parlement. C'est la simplification brutale du système politique, le bipartisme à l'italienne qui avance.

Italie : Alitalia, l' épine dans le pied du nouveau gouvernement
Un des dossiers délicats que devra très rapidement traiter Silvio Berlusconi est celui d'Alitalia. Pendant la campagne, le candidat de la droite avait promis de trouver une solution 100 % italienne. Les spécialistes estiment eux que la seule issue possible est la reprise par Air France-KLM. Une chose est sûre c’est qu’il y a urgence ….

15 avr 2008 15:10
ARTICLES• Alitalia au bord de l'implosion
Urgence, parce que la compagnie aérienne Alitalia est à deux doigts de la faillite, c'est une question de semaines, voire de jours. Ensuite parce que le paysage aérien est en pleine mutation et que l'on ne voit pas comment la compagnie italienne pourrait survivre sans être adossée, voire intégrée à un grand groupe.

L'heure est aux rapprochements entre les compagnies traditionnelles pour deux raisons: lutter contre la concurrence des low-cost, des bas prix et, surtout, faire face à l'explosion du prix du kérosène, directement lié à celui du baril de pétrole qui a doublé en un peu plus d'un an.

La donnée énergie vient de conduire à un maxi-rapprochement aux Etats-Unis. La nuit dernière, les compagnies Delta Airlines et Northwest Airlines ont annoncé leur fusion. Le nouvel ensemble, baptisé Delta, emploie 75.000 personnes et relie 390 destinations au moyen de 800 avions. En fusionnant, Delta et Northwest espèrent économiser un milliard de dollars par an. Elles n'ont pas précisé l'impact social de la manœuvre.

D'autres rapprochements de grande envergure devraient suivre aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. Mais à force de fusions et d'alliances, c'est la concurrence qui diminue avec une possible pression à la hausse sur les prix des vols….

Exportations wallonnes : l'Awex a le sourire

Les exportations wallonnes sont en hausse. La tendance observée ces dernières années se confirme donc. Avec toutefois des nuances... comme par exemple la progression de certains marchés et le tassement d'autres pays. C'est ce qui ressort des chiffres dévoilés ce mardi, par l'AWEX, l'Agence wallonne à l'exportation.

VIDEO• Les exportations wallonne continuent de progresser
10,1 % d'exportation wallonnes au cours des 9 premiers mois de 2007 par rapport à l'année précédente. C'est beaucoup mieux que la moyenne européenne. C'est mieux aussi que la Flandre... même s'il faut remettre ces chiffres en perspective puisque 4/5 des exportations belges sont toujours flamandes. La Wallonie rattrape donc son retard, en exportant principalement chez ses voisins. Par contre, son 1e marché hors Europe, les Etats-Unis, est en net recul d'une douzaine de pourcents. En raison notamment de la faiblesse du dollar et de la mauvaise conjoncture outre-Atlantique.

Mais cette baisse est un peu contrebalancée par la forte hausse enregistrée dans les exportations vers le quatuor que forment le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine. Près de 26% de mieux sur ces marchés en pleine boum. En termes de secteurs porteurs, le métal et la chimie confortent leur position, mais ils sont désormais rejoints sur le podium par les machines et équipements électriques et électroniques.

Enfin, les investissements étrangers sur le sol wallon sont sans cesse plus importants. L'an dernier, ils ont permis la création de près de 2000 emplois directs. Là aussi, la tendance est donc à la hausse….

Politique : Laloux, l'arbre qui cache la foret ?

La désignation de Frédéric Laloux, comme secrétaire d'Etat, est une erreur de casting. Alors que l'on croyait le malaise aplani depuis qu'Yves Leterme lui avait réitéré sa confiance, le choix du namurois est à nouveau remis en cause. Et les critiques émanent, cette fois, de l'intérieur même du parti, et pas d'un second rôle, mais bien du vice-président du PS, Philippe Moureaux; de quoi crisper le Boulevard de l'Empereur …
VIDEO• P. Moureaux critique E. Di Rupo à propos de F. Laloux
Au Parti Socialiste, on s'en tient pour l'instant à un No comment. Dans l'entourage d'Elio Di Rupo on ne cherche d'ailleurs pas à cacher le malaise que suscitent les propos sévères de Philippe Moureaux mardi matin dans "Le Soir". On regrette qu'il ait choisi de s'exprimer dans la presse plutôt que lors des réunions des différentes instances du parti. Donc pas question de déboulonner Fréderic Laloux, le nouveau secrétaire d'Etat à la lutte contre la pauvreté. Un secrétaire d’Etat épinglé pour l'utilisation apparemment excessive d'une carte essence de la ville de Namur, mais dont la défense a convaincu le Premier ministre et qui a produit les pièces attestant de sa bonne foi ; même si une information judiciaire est ouverte sur la base d'articles de presse. Pour le Boulevard de l'Empereur, il faut donc en rester là.

Dans le même temps, la mise en cause de la stratégie présidentielle par le N°2 du parti, dans un contexte post et pré-électoral périlleux pour les socialistes réveille un certain nombre de clivages passés, entre communautaristes et régionalistes, ou encore entre les partisans de la fermeté et les défenseurs de la présomption d'innocence que les affaires de Charleroi avaient opposés, et avant elles les affaires liégeoises. Mais le malaise révèle sans doute aussi un clivage à venir.

Par personnes interposées ,comme pour le cas Laloux, ou par dossier interposé, comme les critiques qui se multiplient dans les rangs même du PS à propos de la lois sur les armes, les tensions internes aux socialistes préfigurent aussi les rivalités qui ne manqueront sans doute pas d'apparaître entre Laurette Onkelinx et Rudy Demotte lorsque viendra le moment de la succession d'Elio Di Rupo.

"Une démarche inélégante" :

Le ministre président wallon et de la Communauté française, Rudy Demotte, juge inélégante la démarche de Philippe Moureaux. Ce genre de débat doit être mené à l'intérieur du parti et non sur la place publique dit encore Rudy Demotte

• Philippe Moureaux secoue le PS
• Malaise au parti socialiste

Laloux cumule et se met en infraction

Le Secrétaire d'Etat ne respecte pas le décret wallon de 2004 sur les mandats d'administrateur public. Il doit quitter la SWDE, les Tec Namur, le Port autonome.
Chacun porte sa croix, mais celle de Frédéric Laloux semble de plus en plus pénible à soulever. Le secrétaire d'Etat socialiste, après s'être fait "descendre" par Philippe Moureaux mardi, peut s'attendre à un comité d'accueil cinq étoiles, ce mercredi à la Chambre, alors qu'il doit présenter une note de politique générale ("La Libre" du 15/04) déjà jugée, ça et là, "évasive"...
Mardi, Frédéric Laloux a donné un coup de téléphone à Philippe Moureaux, et les deux hommes ont convenu de se rencontrer, mais lui a-t-il dit qu'il était en infraction avec un décret wallon de 2004 ? Pas certain... Secrétaire d'Etat, le Namurois est désormais en infraction avec le décret wallon du 12 février 2004 relatif au statut de l'administrateur public. Rappel, ce décret rend incompatible un mandat d'administrateur public avec un poste de secrétaire d'Etat ou de ministre. Or, Frédéric Laloux est administrateur depuis le 30 janvier 2008 de la SWDE (Société wallonne des eaux) et a d'autres mandats au Tec Namur Luxembourg et au Port autonome de Namur où il est administrateur suppléant.
Voici donc Frédéric Laloux en infraction et forcé de choisir rapidement entre son poste gouvernemental et ses mandats wallons...
Pour l'heure, Laloux conserve la confiance du Premier ministre Yves Leterme - qui, lui, se retranche derrière la confiance de Di Rupo à Laloux. Côté régional wallon, alors qu'une enquête administrative est ouverte sur l'échevin actuel (Ecolo) Arnaud Gavroy, rien en vue sur l'ancien échevin (PS) Frédéric Laloux. Y a-t-il donc du "deux poids deux mesures" chez le ministre (PS) de tutelle ? Pour s'en défendre, il suffit à Philippe Courard de rappeler que le code de démocratie locale prévoit la possibilité de procédures disciplinaires à l'égard d'un bourgmestre ou échevin en fonction, pas pour une fonction antérieure ni à l'égard d'un conseiller communal (ce qu'est aujourd'hui M. Laloux). Le député Bernard Wesphael (Ecolo) s'est dit "vraiment scié" par ce qu'il appelle des "arguties juridiques" tandis que, plus sobre, Caroline Cassart (MR) se demandait si ladite législation n'est pas "lacunaire".

"Il s'était mis en congé en temps utile"
Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté a également souhaité se mettre en congé des autres mandats.
Le secrétaire d'Etat Frédéric Laloux a démissionné et s'est mis en congé en temps utile des divers mandats incompatibles avec ses nouvelles fonctions, a indiqué mercredi une porte-parole, contredisant ainsi des informations parues dans le quotidien La Libre Belgique.
M. Laloux "a pris ses renseignements sur les incompatibilités liées à sa nouvelle fonction dès son arrivée. Dès qu'il a eu confirmation de certaines incompatibilités, il a démissionné (le 9 avril dernier) de ses mandats de la SWDE et du Port autonome", a-t-elle indiqué jeudi.
Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté a également souhaité se mettre en congé des autres mandats pour lesquels il n'y avait pourtant aucune incompatibilité "afin de se concentrer à 100% à sa mission", a-t-elle précisé. Concernant son mandat d'administrateur à la SWDE, Frédéric Laloux a démissionné par lettre vu l'incompatibilité avec une fonction ministérielle en vertu de la législation wallonne sur le cumul des mandats. Il s'est par ailleurs mis en congé comme membre du Conseil d'exploitation de Meuse amont.
Par ailleurs, le secrétaire d'Etat a été volontairement démis de sa fonction au Port Autonome de Namur, toujours en raison d'une incompatibilité avec une fonction ministérielle. Enfin, M. Laloux est également "président en congé" de la Joie du Foyer et administrateur en congé au "Foyer Jambois". En ce qui concerne le Tec Namur, également évoqué dans la presse, M. Laloux fait savoir qu'il n'y est plus administrateur depuis juin dernier.

15 avril 2008

A Jacqmain, on a séché le décret Arena

On ne badine pas avec le décret Arena. Eric Deguide, préfet du lycée Emile Jacqmain, école réputée de la capitale, pourrait bientôt en faire l’amère expérience. A la dernière rentrée scolaire, il a accepté la pré-inscription de 80 élèves en secondaire dans son établissement. Le préfet est donc passé outre ledit décret, qui interdit toute pré-inscription dans les écoles francophones afin de permettre une plus grande justice sociale dans l’accès à l’enseignement.
Cette décision n’a entraîné aucune plainte de parents d’élèves. Reste que la Ville de Bruxelles semble prête à entamer une procédure disciplinaire à l’encontre d’Eric Deguide. Pour faire de ce cas encore unique un exemple ?
Convoqué de façon informelle en décembre dernier par l’échevine de l’Instruction publique, Faouzia Hariche (PS), l’homme n’a pas cherché à nier des faits qu’il semble prêt à assumer, refusant même d’envisager de prendre une prépension comme certains lui auraient soufflé. Résultat, le préfet de l’école Jacqmain vient de recevoir une lettre recommandée de la ville, le convoquant au prochain conseil communal, prévu le 21 avril prochain. Ce qu’il encourt ? Peut-être une rétrogradation. Ce sera aux membres du conseil communal d’en décider.
Le lycée Jacqmain ne fait pas partie de l’enseignement organisé par la Communauté française, même si celle-ci la subventionne, au même titre que l’enseignement libre. « Seul le pouvoir organisateur, en l’occurrence, ici, la Ville de Bruxelles, est en mesure de sanctionner le fautif, explique-t-on au cabinet de Christian Dupont (PS), le ministre de l’Enseignement obligatoire de la Communauté française qui a succédé à Marie Arena, montée au fédéral. Qu’il y ait plainte ou pas ne change rien. Un pouvoir organisateur qui ne prendrait pas de mesures à l’encontre d’un chef d’établissement dépendant de son réseau ne respectant pas un décret, s’exposerait à une suppression de subsides ».
L’échevine, qui se refusait à tout commentaire lundi, met-elle un zèle particulier à faire respecter un décret pris par sa collègue socialiste ? Qu’importe, semble dire un membre du collège de la Ville de Bruxelles, qui a lui-même passé la nuit aux portes d’un établissement du même réseau pour y inscrire son fils : « Je ne suis pas complètement en phase avec le décret Arena, mais l’attitude du préfet de Jacqmain est scandaleuse par rapport à ceux qui ont suivi la règle ».
Une règle que le préfet, lui, risque de se prendre sur les doigts.

Coup de froid sur le "printemps"

Coup d'envoi du "printemps de l'environnement" par le ministre Magnette (PS). Les critiques pleuvent: Ecolo, CDH, MR se montrent (très) circonspects.

Le T-Rex, les iguanodons et autres dinos du musée des Sciences naturelles n'ont qu'à bien se tenir. Car, ce mardi, le ministre du Climat Paul Magnette (PS) lancera "son" printemps de l'environnement - le "plus grand processus participatif, politique et décisionnel belge lié à l'environnement", excusez du peu - depuis le musée belge des Sciences naturelles.
Le Premier Yves Leterme (CD & V) sera présent, les ministres régionaux en charge de l'Environnement Hilde Crevits (CD & V) et Evelyne Huytebroeck (Ecolo) également. Mais pas le Wallon Benoît Lutgen (CDH).

L'humaniste est retenu en commission à Namur où un décret wallon doit être voté : voilà le mot d'excuse officiel. Officieusement, la faiblesse du programme de ce "printemps" agace les partenaires du socialiste. "Ce printemps de l'environnement, c'est une remise à niveau de Paul Magnette", dit un acteur clé du secteur environnemental.
Un autre : "Le flou méthodologique autour de ce projet est hallucinant. La seule chose claire, c'est le déroulement de la conférence de presse". Lundi, Ecolo a fait part de ses réserves - budgétaires, surtout - quant à l'exercice lancé par le socialiste. "Le printemps de l'environnement doit survivre à l'hiver budgétaire", avertissent Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant.

Il apparaît ce mardi, qu'outre Ecolo, le CDH émet (aussi) des réserves sur la démarche de Paul Magnette. Concrètement, la frilosité du projet de Magnette concernant la question de la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires gène les humanistes. Rappel, ceux-ci s'étaient entendus, avec les trois autres partis de l'orange bleue, pour abroger la loi de sortie du nucléaire. Mais le retour du PS dans la partie, une formation divisée sur cette question, a fait exploser ce projet : une étude a été commandée sur la question du nucléaire à des experts par Verhofstadt III.

Bernard Clerfayt pas invité
Aucun "atelier" - parmi les quatre que va lancer Paul Magnette - ne devrait aborder frontalement la question des centrales nucléaires : celle-ci sera (éventuellement) abordée par l'"atelier Energie/Climat". Selon le CDH, la prolongation de la durée des vies des centrales nucléaires est une condition sine qua non en vue d'attaquer sérieusement la réduction des émissions de CO2. Le MR partage cette position.
Les libéraux, eux, n'ont pas vu venir d'invitation à participer au "printemps". C'est qu'aucun "atelier" n'est dévolu à la fiscalité environnementale - malgré les demandes répétées des ministres régionaux. La fiscalité verte, un outil capital à l'heure d'orienter les comportements vers la consommation "durable", sera traitée dans différents "ateliers". Nul besoin, donc, d'embarquer le MR Didier Reynders, ou son secrétaire d'Etat aux Finances Bernard Clerfayt, dans l'aventure du "printemps". "Je suis prêt à rendre compte à M. Magnette des très bonnes initiatives qui ont déjà été prises par Verhofstadt II en matière de fiscalité durable", avance Bernard Clerfayt. Le secrétaire d'Etat annonce, en outre, qu'il détaillera prochainement les nouvelles pistes "ecofiscales" du gouvernement.

"Procès d'intention"
Retour au "printemps" : à côté de l'"atelier Energie/Climat", trois autres "workshops" seront installés : "Mobilité", "Environnement/Santé" et "Produits durables" (normes de qualité environnementale,...). Les participants à ces groupes de travail (et sous-groupes) ne sont pas encore connus : ils seront issus de la sphère politique, associative environnementale, syndicale, patronale et scientifique. Et seront répartis à part égale entre les différents "ateliers". Le calendrier de travail doit (lui aussi) être finalisé par le ministre Paul Magnette. Une date est acquise : le 15 juillet. Là, des propositions concrètes devront être formulées par les groupes de travail. "Il flotte sur ce printemps de l'environnement comme un petit air de commission Wallonie-Bruxelles, s'amuse un participant du show médiatico-environnemental. "Beaucoup de bruit au départ et un enterrement de première classe à l'arrivée." Un autre : "On va participer au "printemps" car on ne veut pas faire de procès d'intention. Mais si les attentes sont déçues, l'effet négatif sera décuplé par le battage médiatique fait autour de ce projet".

Les candidats PS et cdH cartonnent en Wallonie

Les résultats des examens organisés en vue du recrutement de plusieurs hauts fonctionnaires de l'administration wallonne se concluent par un succès pour les candidats étiquetés PS et cdH, les partis de la coalition, écrit mardi le quotidien Le Soir. Dans l'opposition, le MR fulmine déjà, mais le ministre de la Fonction publique, Philippe Courard, insiste sur l'impartialité du Selor, l'organisme officiel chargé des épreuves. Le Selor a transmis le 10 avril dernier à M. Courard les résultats des examens organisés pour le recrutement des huit futurs grands patrons de l'administration wallonne fusionnée et des douze patrons des organismes d'intérêt public. Ces résultats laissent apparaître que pour les postes les plus en vue, ce sont bel et bien des proches du pouvoir qui arrivent largement en tête.

Le député MR Willy Borsus estime que "les nouveaux noms qui circulent sont tous proches du pouvoir et des ministres en place". "Si le gouvernement confirme ces noms, ce sera le signe que le PS est incorrigible et que le cdH n'a pas respecté ses promesses en matière de bonne gouvernance et de transparence", souligne le député de l'opposition.Philippe Courard refuse pour sa part de parler de nominations politiques et s'étonne que "des noms circulent alors que la procédure est toujours en cours".

Un nouveau site internet pour le Forem

Jean-Claude Marcourt, Ministre wallon de l'Economie et de l'Emploi.
Le Forem a procédé lundi au lancement officiel de son nouveau site internet. Il offre à l'utilisateur une refonte complète des informations accessibles tant au demandeur d'emploi qu'aux entreprises.Il comporte également un nouvel outil, unique en Europe, qui dispensera par métier tous les renseignement nécessaires: descriptif, formation à suivre, niveau de salaire, etc. Chaque mois, le site du Forem reçoit 760.000 visites et 3.138.000 offres d'emploi sont consultées, dont 3.061.000 viennent du Forem, 51.000 du VDAB (équivalent flamand du Forem) et 28.000 d'Actiris (équivalent bruxellois du Forem). Le site est accessible à l'adresse suivante: http://www.leforem.be/

Forem : grosse artillerie tirant à blanc

Telle est l'accusation (re) lancée par le MR. L'organisme wallon coûte trois fois plus cher à chaque Wallon que son homologue VDAB à chaque Flamand.
La charge n'est pas neuve, mais se dit étayée par de nouvelles recherches : pour le MR, le Forem est de plus en plus cher alors qu'il est de moins en moins performant. Voilà qui contraste avec d'autres diagnostics plus positifs (dans ses relations avec l'Onem notamment); voici qui augure d'autres polémiques (après celles provoquées par l'audit externe de 2006 et le contrat de gestion)...
En 2008, par habitant de chaque Région, relève d'abord le MR, le Forem coûtera 290 euros, contre 269 à Bruxelles (Actiris et Bruxelles Formation) et 90 en Flandre (VDAB). On compte un collaborateur de service d'emploi pour 902 habitants en Wallonie, contre 1 270 en Flandre, 2 250 en France (ANPE), 4 150 aux Pays-Bas (CWI). Certes, un agent du Forem s'occupe de 59 demandeurs d'emploi, contre 38 au VDAB. Mais pourquoi alors, demande le MR, le budget du Forem est-il trois fois plus élevé par habitant que celui du VDAB ? Et puis, un collaborateur de l'ANPE, lui, s'occupe de 75 demandeurs; ou celui du CWI, de 144. Enfin, le budget du Forem a "explosé", passé (en euros de 2004) de 500 à 900 millions de 1997 à 2008 : près d'un sixième du budget régional.
Seconde partie du diagnostic bleu dont on a pu prendre connaissance : les résultats. Décevants : depuis 11 ans, par-delà certaine opacité (en encadré), le chômage ne diminue pas (15 à 18 pc) et le niveau de demandes d'emploi est stable (17 pc). Il n'y a donc, insiste le MR, "aucune relation de causalité entre le budget du Forem, son efficacité et le taux de chômage"), alors que le PS "réclame toujours plus de moyens".
Mais, répliquera-t-on, les charges du Forem ne sont-elles pas d'office plus lourdes, et ses résultats plus aléatoires, dans un tissu socio-économique plus ingrat ? N'empêche, rétorque la députée Véronique Cornet, "le Forem est une grosse artillerie qui tire à boulets blancs et passe totalement à côté de ses objectifs. On ne veut pas flinguer l'institution, mais souligner le manque de stratégie, d'objectivation, de courage politique". Parmi les problèmes : un quasi-monopole public; un organisme juge et partie des politiques; une commission d'évaluation prévue qui n'existe pas; 435 embauches en 2008 (en plus des 3 800 agents actuels); un "manque de transparence" budgétaire; "la lenteur et la lourdeur" des formations et le "manque criant" de formations qualifiantes; un plan d'accompagnement qui, en dépit de son coût (45 millions en 2008), n'a accru le taux d'insertion des demandeurs que de 0,8 pc et celui de formation de 1,1 pc...
Nous voulons, ajoute la députée, que le gouvernement "se penche sur les structures du Forem, les évalue, établisse une méthode, prenne exemple sur les voisins".

Moureaux à Di Rupo : « Virez Laloux ! »

Le numéro deux du PS veut le départ du secrétaire d'Etat Frédéric Laloux. Et presse Elio Di Rupo de prendre position radicalement sur les agissements déviants.

En répondant aux questions du Soir, Philippe Moureaux espère « provoquer un sursaut » du côté du Boulevard de l'Empereur. Sur un ton ferme et peu diplomatique, le vice-président du PS s'adresse à Elio Di Rupo, son président : « Je l'engage à donner une ligne claire (NDLR : au parti). Qui va nous coûter dans l'immédiat, mais qui nous portera plus loin. Plutôt que de faire des choix frileux qui vont nous couper de toute perspective d'avenir. »
Le Bruxellois estime que « le dernier casting gouvernemental du PS est un échec ». Il demande à son auteur, Elio Di Rupo, de « réparer ses erreurs dans ses choix ». En clair : renvoyer à Namur Frédéric Laloux, le secrétaire d'Etat à la lutte contre la pauvreté empêtré dans une affaire de pleins d'essence.
Philippe Moureaux veut que son président se montre plus sévère avec « les dérives et les pratiques qui sont les nôtres ». C'est le moment, dit-il, d'« indiquer clairement à l'opinion que le parti n'accepte plus ce genre de choses ». Et sans vains regrets : « Que ceux qui ne sont pas d'accord fassent un pas de côté ou aillent voir ailleurs. »

ENTRETIEN
On ne l'a guère entendu ces derniers mois. Celui qui représentait le PS au comité des sages sur la réforme de l'Etat observait une certaine réserve par rapport à l'évolution de la situation politique générale, et celle de son propre parti…
… Ce silence, vous le rompez…
Il me semble que, pour quelqu'un comme moi qui n'a plus aucune ambition personnelle sinon celle de réussir sa retraite, il est nécessaire maintenant, avec prudence, sans casser la porcelaine, d'exprimer ses inquiétudes, ses réserves, parfois ses critiques.
A propos…
Du dernier casting gouvernemental du PS. Un échec. Et c'est triste, car il intervient au moment où l'on aurait besoin de ce genre d'opportunité pour faire avancer le parti. Choisir des extra-parlementaires pour un gouvernement, cela peut se justifier – et ce serait difficile d'ailleurs pour moi de dire le contraire puisque j'étais moi-même un non-élu en 1980 lorsque je suis devenu ministre. Prenez récemment la désignation de Paul Magnette : elle ne me paraît poser aucun problème vu sa situation (son intervention pour faire cesser la querelle carolo en 2006, NDLR) et l'ampleur de la personnalité. Par sa connaissance des dossiers, son expertise, ou sa situation particulière, un extra-parlementaire peut donc apporter quelque chose de fondamental. Mais il n'est pas bon de négliger les parlementaires pour des personnes qui, certes ne sont pas inintéressantes, mais qui ne sont pas du même niveau qu'eux à ce stade. Je n'épiloguerai pas sur le choix de quelqu'un qui souffre d'ailleurs d'avoir été mis en première ligne.
Vous visez Frédéric Laloux…
Peut-être n'aurait-il pas connu certains avatars si on ne l'avait pas imprudemment soumis au feu médiatique et judiciaire.
La présomption d'innocence ?
Mais je ne le condamne pas. Je crois d'ailleurs que si on ne l'avait pas désigné, on aurait beaucoup moins parlé, voire pas du tout, du problème pelliculaire pour lequel il est inquiété, l'utilisation de quelques litres d'essences complémentaires. Mais à partir du moment où on est placé en première ligne, ce genre de choses prend une tout autre tournure.
Conclusion ?
Des erreurs, tout le monde en commet, mais après, il est souhaitable de les réparer. Je parle des choix du président, du casting.
Le secrétaire d'Etat doit donc, selon vous, être remplacé ?
J'ai été assez clair.
Et le casting gouvernemental ?
En le modifiant légèrement, il peut retrouver une pertinence incontestable. Laurette Onkelinx, Marie Arena, Paul Magnette, nos ministres fédéraux, sont des gens de toute première qualité. La jeune secrétaire d'Etat liégeoise ne pose pas de problème majeur. Mais ce qui est terrible, c'est qu'on ne parle pas d'eux mais de la désignation d'un garçon auquel je n'ai aucun reproche particulier à faire, mais qui devient l'image dominante pour l'opinion, alors qu'il y a derrière une belle équipe. C'est injuste. On peut y remédier. C'est la politique. Ce garçon, on l'a exposé. On lui rendrait un service en corrigeant le tir. Cela dit, derrière, je vois un problème plus global…
Vous voulez dire ?
Le choc des dernières élections a été dû essentiellement, pour moi, à ce que l'on a appelé les « affaires », des événements que l'on a d'ailleurs résumés imprudemment et injustement à ceux de Charleroi. Or, je vois qu'au PS, on a tendance à dire aujourd'hui : « Au fond, il ne s'est rien passé de spécial. Circulez y'a rien à voir ». Certains prétendant même que le grand problème pour le PS, ce fut la loi sur les armes !, qui nous aurait fait perdre des dizaines de milliers de voix. Donc : le parti aurait tout bien fait, sauf Laurette Onkelinx, à l'origine de cette loi sous la législature précédente, comme ministre de la Justice. Cette idée est totalement fausse et insupportable. C'est refuser de voir les difficultés en face. Cette loi sur les armes, je ne l'ai jamais trouvée très bien rédigée, j'ai des critiques, mais elle a été approuvée par tous les groupes politiques, dans un sursaut après les événements à Anvers (la fusillade Van Themsche, Ndlr), et considérer qu'une mesure restrictive en matière de port des armes est négative, c'est déjà étonnant en soi ! M. Bush est le grand défenseur du port d'armes aux Etats-Unis… Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est la tentative de transférer les responsabilités de la défaite de 2007.
De la part de qui ?
Je constate simplement qu'au Boulevard de l'Empereur, au siège du parti, on a organisé des rencontres dans les fédérations, en cours, à propos de cette loi sur les armes. Une manière de nous exempter de ce qui pour moi est le problème fondamental, celui des comportements d'élus. Si le PS veut s'inscrire dans l'avenir, il doit prendre position radicalement. Il ne faut pas masquer ces réalités, par exemple avec la loi sur les armes. Ce sera dur. On encaissera peut-être des défections en vue de 2009. Mais il faut montrer à l'opinion publique qu'une page est tournée.
Elio Di Rupo appréciera…
J'appelle Elio Di Rupo, qui a fait un travail extraordinaire à la présidence par ailleurs, et qui a une capacité de travail exceptionnelle, je l'engage publiquement à faire ce choix, à donner une ligne claire. Qui va nous coûter dans l'immédiat, mais qui nous portera plus loin. Plutôt que de faire des choix frileux qui vont nous coûter et nous couper de toute perspective d'avenir.
Qui visez-vous ?
Je n'ai aucune animosité contre X, Y ou Z. Franchement, je ne mets en cause personne. Je pense aux dérives et aux pratiques, et aux règles éthiques qui sont les nôtres. Un bourgmestre qui méprise l'opposition (même si ce n'est pas illégal), un élu local qui pratique toujours un clientélisme de bas étage… Il faut indiquer clairement à l'opinion que le parti n'accepte plus ce genre de choses. Et exécuter ce qui a été décidé au PS ces derniers temps : plutôt que de faire le tour des fédérations à propos de la loi sur les armes, le faire pour expliquer et faire passer les éléments éthiques inscrits dans nos statuts et notre programme. Et que ceux qui ne sont pas d'accord fassent un pas de côté ou aillent voir ailleurs !
Ces « pratiques », quelle est leur ampleur au PS ?
Elles ne sont pas du tout majoritaires, mais elles le sont pour les médias, dans l'image qu'ils donnent. Notre mission politique reste entière. Les idées de gauche ont toute leur pertinence, et l'illusion du libéralisme qui allait régler tous les problèmes de la planète est en train de s'estomper. Mais il faut retrouver toute notre pertinence sur les comportements.
Une attaque à Elio Di Rupo ?
Non. J'ai toujours soutenu Elio, je continue à croire qu'il est un homme d'exception, mais après une période de dialogue un peu éteint, je souhaite publiquement lui dire mon inquiétude, et le presser de bien regarder vers l'avenir.
Vous servez vos adversaires en accréditant la thèse que le problème du PS, c'est les affaires…
Mais le problème du PS… c'est les affaires ! Faux en partie, et très exagéré, je l'ai dit, c'est bien de ce problème, pourtant, qu'il faut sortir aujourd'hui. A un an et demi des élections, j'espère provoquer le sursaut qui permettra de dire : le PS ce n'est pas les affaires, c'est le message social et l'action.

"Iris remplit sa mission de service public"

Le président du réseau Iris Yvan Mayeur (PS) dresse un état des lieux de ses trois années de présidence. Le One day clinic, les consultations et le passage aux urgences ont augmenté. Le statut des médecins sera, lui, réformé en profondeur.
C'est un Yvan Mayeur (PS) remonté et en verve qui a donné hier sa dernière conférence de presse en tant que président du réseau des hôpitaux publics bruxellois Iris. Le 23 avril prochain, il passera en effet le flambeau à son successeur. C'est Philippe Close (PS), échevin à la Ville de Bruxelles, qui est pressenti. "Je voulais que ce soit un politique de la Ville de Bruxelles pour présider aux destinées d'Iris et non un technicien avec de quelconques responsabilités", lâche tout de go Yvan Mayeur, également président du CPAS de la Ville de Bruxelles.
Cela dit, Yvan Mayeur a présenté l'évolution des activités de l'Interhospitalière régionale des infrastructures de soins (Iris) au cours de ses trois années de présidence (2005, 2006 et 2007). Globalement, le CHU Saint-Pierre et le CHU Brugmann ont vu leurs admissions augmenter. Celles de l'Institut Jules Bordet et de l'Huderf sont stables. Les admissions aux hôpitaux Iris Sud (HIS) ont, en revanche, diminué. "Ces hôpitaux doivent rester des hôpitaux de proximité, dans leur commune (Etterbeek, Ixelles, Anderlecht et Forest) mais ils ont une obligation d'identité", déclare Yvan Mayeur. "Je leur ai suggéré de développer la gériatrie mais ils n'ont pas voulu de mes propositions et je le regrette".
Tous les hôpitaux Iris affichent en outre une progression des journées en One day clinic, des consultations et des passages aux urgences. "J'étais inquiet à la vue de ces chiffres", confie Yvan Mayeur. "Mais, il n'y a pas de transfert de l'un vers l'autre. Nous n'avons pas un mauvais usage des urgences". De fait, parallèlement, "le nombre de cartes santé octroyé par le CPAS de la Ville a augmenté. Notre action a donc une utilité sociale".
"Néanmoins", enchaîne-t-il, "tout cela a un impact sur les coûts". Les hôpitaux Iris ont en effet enregistré un déficit total de 15 millions d'euros en 2005, de 23 millions en 2006 ("en raison de l'explosion du déficit du CHU Brugmann", rappelle Yvan Mayeur) et de 19 millions en 2007. Les perspectives budgétaires pour 2008 indiquent un déficit de quelque 21 millions. Yvan Mayeur pointe deux éléments qui creusent le déficit : le multisite, c'est-à-dire que "le service de proximité à la population bruxelloise implique plusieurs sites hospitaliers, ce qui engendre un coût structurel", explique-t-il; et le "non-financé" (augmentations barémiques régionales, primes linguistiques, charges des statutaires,...). Face à ses détracteurs, Yvan Mayeur défend : "un déficit de 21 millions, ce n'est pas cher payé pour les missions de service public que rend le réseau Iris". Et de décocher une flèche à l'opposition MR : "le MR veut privatiser certains hôpitaux publics. Le MR se trompe de perspective politique et de projet politique. Je les appelle à la raison, qui est le bien-être de la population".
Mono-réseau
Avant de passer la main à Philippe Close, Yvan Mayeur a entrepris une vaste réforme du statut des médecins travaillant dans les hôpitaux de la Ville de Bruxelles (CHU Saint-Pierre, Bordet, CHU Brugmann et Huderf). La 2e phase de cette réforme est sur la table. Concrètement, M. Mayeur propose d'établir le principe du mono-réseau (soit Iris, Erasme et AZ-VUB) pour les médecins avec possibilité de rapatrier leur activité privée. Objectif ? "Eviter une mise en concurrence négative du réseau privé envers le réseau public". Yvan Mayeur espère que cette mesure pourra entrer en vigueur très prochainement.
Seront aussi mis en place des contrats d'objectifs qualitatifs, financiers et dédiés à la recherche. Enfin, un fonds de promotion et une pension complémentaire pour les médecins contractuels seront mis sur pied.
Autant de dispositifs qui, selon M. Mayeur, "relèvent du bon sens afin de remettre l'accent sur la pratique de la médecine".

Les actes de candidature des bourgmestres réceptionnés

Les nouveaux actes de candidatures à la fonction de bourgmestre d'Arnold d'Oreye de Lantremange (Crainhem), de Francois Van Hoobrouck (Wezembeek-Oppem) et de Damien Thiéry (Linkebeek) ont été réceptionnés lundi par l'administration du Brabant flamand, a annoncé lundi le gouverneur de la province Lode De Witte. Leur premier acte de candidature avait été rejeté en novembre dernier par le ministre flamand des Affaires Intérieures Marino Keulen (Open VLD) pour non respect, selon lui, de la législation linguistique. Leur nouvel acte de candidature posé officiellement vendredi dernier, est fondé sur une réponse point par point aux arguments du ministre flamand. Les candidats bourgmestres ont notamment estimé que l'interprétation flamande d'une législation linguistique fédérale ne pouvait, à leurs yeux, avoir force de loi."La procédure est identique à celle des autres candidatures de bourgmestres. Le dossier est examiné, dans un premier temps par les fonctionnaires de la Communauté flamande employés dans l'administration provinciale. Je transmettrai ensuite un avis au ministre Keulen. Je ne suis tenu par aucune limite de temps. J'ignore si je dois demander un nouvel avis au procureur général car je n'ai jamais été confronté à la situation présente", a commenté lundi le gouverneur du Brabant flamand. L'opposition flamande de la commune de Wezembeek-Oppem a fait savoir lundi qu'elle comptait interpeller le candidat bourgmestre de Wezembeek-Oppem, François Van Hoobrouck, lundi soir, au sujet de ce nouvel épisode du carrousel autour de la nomination des maïeurs des communes à facilités. Le TAK a annoncé son intention de manifester son désaccord avec cette démarche francophone, à l'arrivée des conseillers communaux.



Le TAK manifeste à Wezembeek-Oppem - lundi 14.04.2008
Environ 25 membres du Taalaktiekomitee (TAK) ont manifesté ce lundi soir, peu avant le conseil communal de Wezembeek-Oppem. Ils entendaient protester contre les nouveaux actes de candidatures à la fonction de bourgmestre introduits par Arnold d'Oreye de Lantremange (Crainhem), François Van Hoobrouck (Wezembeek-Oppem) et Damien Thiéry (Linkebeek), alors que leur nomination avait été rejetée par le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen.

Milquet : du sur-mesure pour les chômeurs

La ministre de l'Emploi, Joëlle Milquet, présente dans les journaux du groupe Vers l'Avenir sa note de politique générale qui prévoit notamment de personnaliser au maximum l'accompagnement du demandeur d'emploi.
La vice-première ministre cdH veut aussi instaurer un complément mensuel de 75 euros pour les travailleurs mobiles et elle dit "oui" aux titres-services "baby-sitting".

La note de politique générale de la ministre de l'Emploi, qu'elle doit présenter mercredi après-midi en commission des Affaires sociales de la Chambre et qu'elle déposera ce lundi à 14 heures au Parlement, s'inscrit dans la volonté annoncée par le gouvernement Leterme 1er de créer 200.000 emplois. "La situation économique est beaucoup moins optimale que prévu. Donc il faut beaucoup de prudence, mais l'ambition est là", affirme Joëlle Milquet.

Pour lutter contre le chômage, la ministre prévoit notamment de personnaliser au maximum l'accompagnement de chaque demandeur d'emploi et notamment d'"amener les jeunes à leur premier emploi".

Elle veut aussi agir en concertation totale avec les partenaires sociaux.

La nouvelle ministre de l'Emploi prévoit également de mettre l'accent sur la discrimination à l'embauche. "En gros, il y a un groupe de personnes qui n'ont aucun mal à trouver un boulot, ce sont les hommes entre 30 et 40 ans. Mais les jeunes, les femmes, les plus âgés, les personnes d'origine étrangère, tous sont discriminés".

"On va doper les incitants pour ceux qui bougent sur le marché du travail". Une première mesure prévue par le conseil des ministres de ce vendredi est une prime mensuelle nette de 75 euros qui sera offerte au travailleur qui accepte d'aller travailler dans une autre région que celle de son domicile. La ministre prévoit aussi une prime de 52 euros pour ceux qui acceptent de passer d'un mi-temps à un temps plein et une prime de 75 euros pour les isolés avec enfant qui acceptent un travail, cela dans le cadre de la lutte contre les pièges à l'emploi.

Enfin, M. Milquet est favorable à un extension du système des titres-services à la garde d'enfants à domicile en dehors des heures d'ouverture des garderies reconnues. Et peut-être un peu aux activités de jardinage mais sans concurrencer le secteur des paysagistes.

la France demande un quota plus élevé pour le cabillaud

Les pêcheurs européens de cabillaud veulent davantage de souplesse dans les quotas de pêche. Lundi matin, les pêcheurs français ont bloqué les ports de Boulogne sur mer, de Calais et de Dunkerque. Et la grogne monte également chez les pêcheurs polonais. Accusés de surpêche ces dernières années, les Polonais devront se contenter de quotas réduits pour les années qui viennent. Les 27 ministres de la Pêche se sont réunis, ce lundi, pour en discuter….

Source:Info-radio - 14 avr 2008 18:38

L'an dernier la Pologne a littéralement explosé ses quotas de pêche. Après avoir bataillé ferme contre la Commission, le gouvernement polonais a accepté de renforcer les contrôles dans ses ports et de réduire drastiquement sa flotte de pêche. Les pêcheurs polonais verront en outre leurs quotas de prise sévèrement réduits dans les 4 ans qui viennent. Une mesure qui devrait fâcher les pêcheurs polonais qui ont en 4 mois déjà pris la moitié du poisson autorisé pour toute l'année.

Les pêcheurs polonais ne sont pas les seuls à subir les mesures de restriction. Dans la mer du nord, dans la Manche, les jours de pêche au cabillaud sont chaque année réduits. Mais le ministre français de la Pêche a annoncé ce lundi qu'il voulait une révision à la hausse des quotas décidés pour 2008. Selon Michel Barnier, de nouveaux chiffres indiquent que le stock de cabillaud se porte beaucoup mieux.

Récemment la Commission a proposé que les Etats membres fixent des objectifs à long terme de reconstitution des stocks de cabillaud, histoire d'éviter les discussions de marchands de tapis tous les ans lors de l'établissement des quotas. La Commission propose également que les pêcheurs qui respectent les règles du jeu, et participent ainsi à la reconstitution du stock puissent pêcher davantage alors que les récalcitrants perdraient des jours de pêche.

13 avril 2008

Les dossiers de fraude trop souvent sauvés par la prescription

Le ministre de la Justice Jo Vandeurzen (CD&V) veut s'attaquer au problème de la prescription qui frappe de nombreux dossiers de fraude instruits au parquet de Bruxelles, écrit ce jeudi De Tijd. Des fraudes sur plusieurs milliards d'euros n'aboutissent pas devant un tribunal car l'affaire est prescrite.
Sous-effectif
M. Vandeurzen discute avec le procureur du roi et le procureur général de Bruxelles afin d'établir un plan d'action. Ce plan a pour but d'évacuer l'arriéré au parquet de Bruxelles, principalement pour les dossiers financiers. La section financière du parquet de Bruxelles est en sous-effectif. "Le ministre est préoccupé par le fait que cinq places vacantes ne sont pas occupées au parquet de Bruxelles", souligne Liselot Bleyenberg, porte-parole de M. Vandeurzen.

09 avril 2008

Onkelinx home-jackée

Des individus se sont introduits chez la ministre à Schaerbeek. Ils ont emporté une BMW 325i cabriolet
SCHAERBEEK Laurette Onkelinx, l'ex-ministre de la Justice, a été victime d'un home-jacking durant la nuit dernière ! Des malfrats se sont introduits par effraction par la porte d'entrée de son habitation située à Schaerbeek.
Pendant combien de temps ont-ils fouillé les lieux en toute impunité ? Impossible à dire puisque Laurette Onkelinx et son époux Marc Uyttendaele, célèbre avocat, ne se sont aperçus de rien. Ils dormaient tranquillement à l'étage. Ils n'ont été réveillés ni par l'effraction ni par le bruit de fouille. "Les faits se sont déroulés entre minuit et 8 heures du matin", nous confirme-t-on.
À leur réveil, au petit matin, ils ont compris ce qui s'était passé. Rapidement, le couple a constaté que les clés de la voiture de société de l'avocat avaient disparu. Quelques secondes plus tard... il fallait bien se rendre à l'évidence, les voleurs avaient bien évidemment pris la fuite à bord du véhicule. "La voiture, une BMW 325i, cabriolet bordeaux, a été signalée volée dès que nous avons eu connaissance du fait." Pour l'anecdote, la procédure a été ralentie un peu car Marc Uyttendaele ne connaissait pas le numéro de sa plaque minéralogique !
Il y a de fortes chances pour que la voiture soit déjà bien loin. Les malfrats, qui ont sans doute agi suite à une commande précise, ont eu largement le temps de quitter le pays puisque le vol n'a été constaté que le matin, vers 8 h.
Madame Onkelinx et son époux ont vu débarquer le laboratoire de la police. Bien évidemment, pour les enquêteurs de la Zone Nord, le statut de ces victimes connues ne change rien à la procédure. Et comme on dit, l'enquête se poursuit...

Le Belge le mieux payé gagne 478 millions d'euros

Le Belge Pierre Lagrange, cofondateur du fonds d'investissements GLG Partners, apparaît pour la première fois dans le top 10 des investisseurs les mieux payés au monde. Le magazine Traders Monthly estime ses revenus pour l'année 2007 à 750 millions de dollars, soit 478 millions d'euros. Ce montant est 120 fois plus élevé que le salaire du dirigeant d'entreprise belge le mieux payé, rapportent ce mercredi plusieurs journaux flamands.
Pierre Lagrange, 44 ans, qui travaille à Londres, doit la plus grosse part de ses revenus de l'année dernière à l'introduction de sa société au New York Stock Exchange. Fin 2007, il avait 24,6 milliards de dollars à son actif. La fortune de Pierre Lagrange dépasserait le milliard de dollars. A titre de comparaison, le patron d'Inbev, Carlos Brito, était le manager le mieux payé de Belgique en 2007 avec 4,29 millions d'euros.La première place de ce top 10 mondial est occupée de façon incontestée par John Paulson, du fonds new yorkais Harbinger Capital. Il gagnait en 2007 le montant astronomique de 3 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros).

Belgacom épargne 32 millions d'euros grâce aux notionnels

Le groupe Belgacom a pu réaliser, pour l'exercice 2007, 32,6 millions d'euros d'économie fiscale grâce au système de déduction des intérêts notionnels, a-t-on appris mercredi en marge de l'assemblée générale des actionnaires de l'entreprise de télécommunication.
A l'issue de l'assemblée générale, le patron de Belgacom, Didier Bellens, est revenu sur les droits télévisés pour le championnat de Belgique de football, dont l'actuel contrat arrive à échéance. "Belgacom TV peut vivre sans le foot mais ce n'est pas le scénario que nous privilégions", a-t-il déclaré, espérant pouvoir aboutir à un "juste prix" avec la ligue professionnelle de football.
L'administrateur délégué a aussi évoqué le "difficile" dossier Win, du nom de la filiale wallonne de Belgacom spécialisée dans les réseaux informatiques, précisant être ouvert à toutes les solutions.
Enfin, revenant sur son salaire pour l'année écoulée, qui s'élève au total à 3,5 millions d'euros, Didier Bellens a réclamé des mesures susceptibles de permettre une véritable comparaison entre les salaires des patrons.

La transparence, et après?

La publication de ce que gagnent les patrons des entreprises cotées a ouvert le débat en Belgique. Faut-il une loi pour réguler ces pratiques ? Oui, pour les syndicats, choqués que l'indexation des salaires soit remise en cause.
Ces deux millions trois cent mille euros font, depuis quelques semaines, couler beaucoup d'encre ! Il s'agit de la rémunération moyenne empochée pour l'année 2007 par les administrateurs délégués des sociétés du Bel 20. Soit une augmentation de 3 pc par rapport à l'année d'avant.
Dans le détail, quelques "pics" frappent. Comme les 4,3 millions d'euros de Carlos Brito chez InBev, les 3,9 millions d'Albert Frère chez GBL et de Jean-Paul Votron chez Fortis, et les 3,5 millions de Didier Bellens de Belgacom et de Roch Doliveux d'UCB.

Publier ce que touchent les patrons des sociétés cotées est l'un des prescrits de la Commission Corporate Governance dite Commission Lippens, née en 2004. Pour Christine Darville, sa secrétaire, "l'objectif de transparence est atteint". Mais, vu l'agitation qui l'entoure, faudrait-il aller plus loin avec une loi pour fixer des plafonds par exemple ? "Je rappellerais d'abord qu'on focalise ici sur une poignée de patrons, tandis que beaucoup d'autres ne font pas l'objet d'autant de curiosité. Et ensuite, qu'à l'échelle mondiale, les salaires des grands patrons belges sont dans la moyenne". Et de remarquer : "Dans tous les pays comme ici, au début, la publication de ces salaires a attiré un certain voyeurisme. Quant à leur régulation, ce serait aux actionnaires, une fois toutes les informations en main, de dire stop, d'exercer leur contrôle". A ce stade-ci, la lecture des informations publiées dans les rapports annuels reste compliquée. Il y a de quoi se perdre entre rémunération fixe et variable, salaire et stock-option, brut et net. C'est pourquoi une seconde version du Code Lippens est en préparation. "Actuellement, tous les rapports ne sont pas comparables, dit Christine Darville. De plus, le contexte international a beaucoup changé depuis l'élaboration du texte, il y a quatre ans. Qu'entend-on aujourd'hui par rémunération, et comment calculer celle-ci ? Ces précisions devraient se trouver dans la deuxième édition fin 2008 ou début 2009".
"Ces chiffres font mal" De leur côté, les syndicats ne cachent pas leur indignation, exacerbée par le contexte actuel. "Un patron devrait donner l'exemple, estime Anne Demelenne de la FGTB. Lorsque la situation du travailleur est pénible, notamment en matière de pouvoir d'achat comme maintenant, c'est afficher bien peu de considération pour lui que d'exhiber de tels revenus !" "L'écart prend des proportions de plus en plus importantes, d'année en année", renchérit Claude Rolin de la CSC.
Et le petit nombre d'excès médiatisés ne diminue en rien leur colère. "C'est symbolique et très symptomatique de ce qui se passe au niveau patronal", répond Anne Demelenne. "Ces quelques chiffres font mal, même à d'autres chefs d'entreprise, commente Claude Rolin. Je connais des petits patrons pour lesquels ce type de rémunération n'a pas plus de sens que pour l'ensemble des salariés qui ne comprennent pas à quoi riment de telles sommes puisqu'elles n'apparaissent même pas toujours liées aux performances des entreprises !"
Dans ces conditions, remettre en question l'indexation des salaires apparaît comme une indécence. "On laisse dériver la force du capitalisme d'un côté puis, quand le système montre ses limites comme avec la crise du subprime, on demanderait aux travailleurs de payer l'addition en se serrant la ceinture ? Pas question !", s'insurge Claude Rolin.
Et d'avancer deux pistes de régulation : la voie fiscale ou la voie légale. "Ce serait normal. On régit bien ce que gagnent les salariés, alors pourquoi pas ces revenus-là ?"
Les Pays-Bas veulent freiner les excès
Les Suisses ont du mal à avaler les salaires de leurs grands patrons

Reynders n'invite pas Demeyer, Daerden se fâche

Le bourgmestre de Liège et président de la fédération liégeoise du PS, Willy Demeyer, doit être invité à la réunion que souhaite organiser le président du MR, Didier Reynders, afin de faire avancer des dossiers essentiels pour la ville, estiment les ministres socialistes liégeois, Michel Daerden et Jean-Claude Marcourt.
M. Reynders a envoyé un courrier aux ministres liégeois Michel Daerden, Jean-Claude Marcourt et Marie-Dominique Simonet (cdH) ainsi qu'au co-président d'Ecolo Jean-Michel Javaux en vue de tenir cette réunion dans les semaines qui viennent. A son ordre du jour figureraient des dossiers liés à la reconversion économique, au chômage ou à la mobilité.
Le président du MR n'a toutefois pas convié le bourgmestre et président de la fédération PS, M. Demeyer. Dans un entretien accordé à "La Meuse", il s'en est expliqué: "certes Willy Demeyer peut décider pour la ville de Liège mais celle-ci n'a pas d'argent. Je préfère donc avancer avec des ministres qui ont les moyens de le faire". Et de regretter le manque de réaction de la Ville, "même sur les choses simples".
Dans ces conditions, M. Daerden a fait savoir qu'il ne participerait pas à une telle réunion. "Il serait illogique de mettre autour de la table des ministres ainsi que M. Javaux et ne pas inviter Willy Demeyer", a-t-on souligné à son cabinet.
M. Marcourt appelle quant à lui M. Reynders à dépasser les querelles personnelles. "Il est important que les ministres liégeois et wallons se parlent au-delà de leur appartenance politique. Il est évident que le président de la fédération PS doit être présent à une telle réunion. C'est dommage que M. Reynders fasse primer des querelles de personnes. Il faut aller au-delà pour s'occuper des problèmes de la ville", a-t-il demandé.

Marcourt : « Les Régions, c’est l’avenir »

Le socialiste fait son « coming out » institutionnel

LES RÉGIONS sont, selon le ministre wallon de l’Economie, « les trois piliers de l’Etat fédéral ». La Communauté ? Un simple pont entre les francophones. Elle doit réduire la voilure.

Il a participé activement à la dernière grande réforme de l’Etat. Il est un des gros bras socialistes. Il a l’oreille « rénovée » d’Elio Di Rupo. Il est le seul ministre wallon (Economie et Emploi) membre effectif de l’Octopus, ce groupe chargé de préparer l’avenir institutionnel du pays. Jean-Claude Marcourt sort enfin de sa réserve. Et assène un discours politique que ne renierait pas le plus fervent des régionalistes wallons.
Comment interprétez-vous la double casquette ministre-présidentielle Région-Communauté de Rudy Demotte ?
Ce qui est fondamental, c’est que, tout de suite après cette désignation, on a eu droit à une déclaration d’Ecolo et du MR demandant où étaient les Bruxellois à la Communauté française. Cette réaction illustre bien le fait que la Communauté n’est que l’expression des Régions et pas autre chose. Ça, c’est tout à fait neuf dans le discours politique.
Seriez-vous devenu le défenseur des régionalistes wallons ?
On a toujours prétendu que les régionalistes prônaient le repli. Non ! La Région, c’est une émancipation collective, c’est l’ouverture. Faisons en sorte que la Wallonie s’ouvre sur le monde et son partenaire naturel qui est Bruxelles. C’est le sens du plan Marshall, plan de développement socio-économique que sous-tend la lutte contre le sous-régionalisme.
C’est peut-être une volonté mais on ne la voit pas vraiment se concrétiser…
Ce n’est pas parce que le chemin est long et difficile qu’il ne faut pas l’emprunter.
Ce type de plaidoyer régionaliste n’est pas vraiment ce que l’on entend au sein des états-majors des partis francophones, singulièrement au PS où le discours est très communautariste…
Il faut sortir de cette notion de nation francophone au sens strict. La Communauté française est une passerelle francophone, mais nous avons surtout deux Régions. La Wallonie est une réalité institutionnelle, Bruxelles l’est aussi. Aujourd’hui, les trois piliers de l’état fédéral, ce sont les trois Régions. Et je crois que ce discours est mieux admis aujourd’hui qu’il ne l’était encore il y a quelques mois.
Il n’empêche, le discours régionaliste n’est plus très en vogue. Le débat institutionnel qui s’annonce peut-il lui être profitable ?
Il n’est plus très en vogue parce que, fondamentalement, les régionalistes des années 1980 ont obtenu ce qu’ils voulaient. Depuis lors, on « tourne autour ». Cela dit, chaque réforme institutionnelle oblige chacun à se positionner.
Pour incarner le régionalisme wallon, ne manque-t-il pas un vrai projet politique mobilisateur ?
Pour moi, le projet politique fondamental, c’est l’émergence socio-économique de la Wallonie. Nous avons été trop longtemps focalisés sur l’architecture institutionnelle, en disant que c’était essentiel. Non ! Le vrai projet, c’est l’amélioration de la qualité de vie de nos concitoyens ! Il faut rendre confiance aux Wallonnes et aux Wallons, leur dire qu’ils ont la capacité de gérer leur destin.
Quelles compétences pourraient être transférées à la Région wallonne ?
Ce qui est fondamental, c’est que toutes les compétences qui pourraient être transférées du fédéral soient prioritairement transférées à la Région. On pourrait ensuite réduire la voilure de la Communauté française.
Réduire la voilure de la Communauté, c’est-à-dire ?
Je pense qu’en termes de culture, il faudrait un exercice plus fort au niveau des Régions. Au niveau de l’enseignement supérieur et universitaire, les normes de financement sont similaires, on pourrait dès lors se dire que la Communauté n’exercerait plus le pouvoir organisateur. Enfin, si le patrimoine mobilier passait de la Communauté à la Région, cela simplifierait les choses.
Ecolo dit qu’il veut bien ouvrir la discussion avec les régionalistes wallons, mais pose deux conditions : un débat sur une circonscription électorale wallonne unique pour un certain nombre de parlementaires, et la fin des Provinces, qu’en pensez-vous ?
On ne va quand même pas ramener les problèmes des gens à de l’institutionnel pur. Oui, on peut parler d’une circonscription électorale unique – why not ? – mais pour moi c’est marginal. Ce qui m’intéresse, c’est le projet collectif. Ce que je veux fondamentalement, c’est lutter contre le sous-régionalisme. Faut-il supprimer les Provinces pour y parvenir ? Je ne pense pas, même si on peut toujours « faire mieux ». Aujourd’hui, on est dans le simplisme absolu, on dit : « Moins il y a de structures de pouvoir, mieux c’est. » Pour moi, c’est du populisme.

Croissance de la productivité du travail ralentit en Belgique

La productivité du travail dans les pays de l'OCDE a décliné ces dernières années, y compris en Belgique, révèle mardi le panorama 2008 des statistiques de l'OCDE.
En moyenne, dans l''OCDE, la croissance du produit intérieur brut (PIB) par heure travaillée est passée de 2,2 pc entre 1995 et 2000, à 1,8 pc entre 2001 et 2006, alors qu'en Belgique cette même croissance passait de 2 pc à 1,5 pc sur la même période. Les pays des ex-Quinze ont collectivement enregistré la même tendance au ralentissement, la croissance de la productivité passant de 1,9 à 1,3 pc en l'espace de 5 ans.

La périphérie mine déjà Leterme Ier

Dans la périphérie, Keulen ne nommera pas les mêmes bourgmestres
Si les mêmes candidats sont présentés comme bourgmestres de Wezembeek-Oppen, Crainhem et Linkebeek, le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen, a déjà fait savoir qu'il ne les nommera pas.
Le ministre Open Vld souligne qu'il n'y a rien de neuf dans le dossier qui justifierait le fait qu'il change d'avis. Le 14 novembre dernier, M. Keulen a refusé de nommer trois candidats bourgmestres francophones des communes de la périphérie bruxelloise Wezembeek-Oppem, Crainhem et Linkebeek. Il a justifié cette décision par le fait que ces bourgmestres avaient envoyé des convocations électorale en français ce qui, selon lui, est contraire à la législation linguistique. Ces bourgmestres ont aussi permis qu'on parle le français lors de réunions du conseil communal.
Le président du FDF Olivier Maingain avait déjà annoncé il y a plusieurs semaines que les trois mêmes candidats seront présentés pour laisser "une deuxième chance au gouvernement flamand". Le quotidien Le Soir affirmait mardi que les trois candidats seront effectivement représentés dans le courant de la semaine.
Pas d'élément qui justifierait un changement d'attitude.
Le ministre Keulen confirme sa position. Il souligne qu'il n'y a pas d'élément nouveau dans le dossier qui justifierait un changement d'attitude. Il ajoute que les trois bourgmestres contestés n'ont d'ailleurs pas introduit de recours contre sa décision de ne pas les nommer devant le Conseil d'Etat.
"J'espère que le bon sens l'emportera dans les trois communes concernées", a encore commenté mardi M. Keulen qui ajoute que dans les communes de Wemmel, Drogenbos et Rhode-Saint-Genèse des bourgmestres présentés par la majorité francophone ont bien été nommés.
Par ailleurs, le journal français Libération écrit que le ministre a refusé de répondre à une interview en français ou en anglais. Marino Keulen précise qu'il a accepté de répondre à une interview demandée par ce quotidien mais à la condition qu'elle se déroule en néerlandais.
"Sur des dossiers aussi délicats, je préfère m'exprimer en néerlandais. J'ai déjà répondu des questions de journaux de tous les horizons, allant de la BBC World à des chaînes de télévision française ou à des journaux italiens. Cela n'a jamais posé de problème. Les interviews se sont déroulées avec l'aide d'un interprète", dit le ministre.

Leterme Ier est déjà dans la tourmente communautaire
Marino Keulen, ministre flamand des Affaires intérieures, recale les trois mayeurs francophones de la périphérie. Olivier Maingain réagit : « Il referme le débat institutionnel ! », approuvé par Didier Reynders.
Leterme Ier survivra-t-il à ses contradictions communautaires congénitales ? La négociation institutionnelle sur la seconde phase de la réforme de l'Etat aura-t-elle jamais lieu ? Le gouvernement fédéral est en place depuis trois semaines, et l'on est tout près déjà du niveau d'alerte générale !
La tension a grimpé d'un coup mardi après l'annonce, par Le Soir, de la décision des bourgmestres de Wezembeek-Oppem, Linkebeek et Crainhem de rester candidats au mayorat dans leurs communes de la périphérie bruxelloise, et de se manifester en ce sens cette semaine auprès de Marino Keulen, ministre flamand des Affaires intérieures (leur ministre de tutelle), qui les avait recalés une première fois en novembre 2007. Les trois s'expliqueront vendredi en conférence de presse, où ils livreront leurs arguments juridiques. Mais l'épreuve de force dans la majorité n'attend pas.
Réagissant le matin sans même disposer encore des actes de candidature des trois mayeurs, Marino Keulen (VLD) a fait savoir qu'il refuserait de les nommer, car aucun élément neuf n'était intervenu depuis novembre dernier qui pourrait modifier son jugement. Le ministre flamand concluant : « J'espère que le bon sens l'emportera dans les trois communes concernées ».
Un « préalable » à la réforme
Le « bon sens » au FDF n'a fait qu'un tour. Olivier Maingain tranche aussitôt : dans ces conditions, le ministre flamand « referme le débat institutionnel » ! Il ajoute : « Ce n'est pas très grave, nous ne sommes pas demandeurs d'un tel débat ». Et insiste : le président du MR est sur la même ligne. Ce que l'on nous confirme chez Didier Reynders. Sa porte-parole au gouvernement, Sophie Van Malleghem, dit : « Il ne fait pas de commentaire, mais il assume complètement les propos d'Olivier Maingain », et renvoie aux positions antérieures du libéral, notamment dans Le Soir-Mag la semaine dernière : « J'ai toujours dit que nous ne rentrerions pas dans une discussion institutionnelle approfondie sans cette triple nomination ». Un « préalable » à toute réforme de l'Etat exprimé aujourd'hui en d'autres termes, les libéraux réformateurs n'hésitant pas à décréter que Marino Keulen « referme le débat institutionnel »…
Le communautaire est partout ? Il était aussi à la Chambre mardi après-midi, où Didier Reynders, toujours lui, ici en qualité de ministre des Finances, excédé, s'est fait malmener par les partis flamands de la majorité (VLD et CD&V) à propos de la TVA des terrains à bâtir. Encore un signe de détente Nord-Sud, et entre partenaires gouvernementaux.
Avant que le carrousel communautaire dans la périphérie bruxelloise ne tourne à la crise, le PS sollicite une réunion des partis francophones « pour parler d'une voix », tandis que le CDH, lui aussi, apporte son soutien aux bourgmestres.

Union flamande contre Reynders et la nouvelle TVA

Ce n’est (déjà) plus l’entente cordiale au sein de la majorité. La preuve par cette interruption de la commission des Finances de la Chambre… Imposée par le VLD et le CD&V, au grand mécontentement de Didier Reynders. Enjeu du litige ? A l’ordre du jour, la loi-programme (le budget), dont l’un des articles prévoit que l’acquisition de terrains adjoints à un bâtiment neuf – comme pour les maisons vendues clé sur porte – sera dès le 1er juillet frappée d’une TVA de 21 %. Alors que, jusqu’ici, elle était soumise aux droits d’enregistrement. Une disposition introduite par le gouvernement fédéral pour se mettre en conformité avec un arrêt de la Cour européenne de justice. La Cour estime que le régime actuel, qui soumet le bâtiment neuf à la TVA et le terrain adjoint à des droits d’enregistrement, ne peut être maintenu et qu’il convient d’uniformiser l’imposition. Dans les travaux budgétaires, le gouvernement a donc tranché : ce sera la TVA… Un choix qui n’est budgétairement pas neutre, les droits d’enregistrement filant dans les caisses régionales, alors que la TVA gonfle les recettes fédérales.
Les Régions ont fait leurs comptes… Pour la Flandre, la perte s’élève à 27,6 millions d’euros, contre 15 pour Bruxelles et 8,4 pour la Wallonie. La mesure ne passe pas au Nord… D’où la demande des partis flamands de reporter le vote de ces articles. Et la colère du ministre des Finances, qui précise que la décision, approuvée par la majorité, a été évoquée au comité de concertation Etat/Régions.
Tant Didier Reynders que Jean-Claude Marcourt ont par ailleurs démenti la rumeur, circulant à la Chambre, selon laquelle cette disposition ferait partie d’un accord conclu sous Verhofstadt III, bénéficiant à Mittal. L’idée ? Permettre au sidérurgiste de récupérer la TVA via l’assainissement des sols. Cela compenserait les droits d’émission CO2… Mais à ce stade, tout le monde dément pareil deal.

Lire aussi : Les trois bourgmestres affûtent leurs arguments.

08 avril 2008

Demotte ouvert à un débat institutionnel serein

Les Francophones sont ouverts aux débats institutionnels, pour autant qu’ils soient dépassionnés, a prévenu mardi le nouveau ministre-président de la Communauté française, dans la Déclaration de politique de l’équipe gouvernementale remaniée.

Devant le parlement communautaire, Rudy Demotte a toutefois appelé la Flandre à revoir ses politiques lorsqu’elles interpellent les institutions internationales et l’a avertie de l’intangibilité de la solidarité Wallonie-Bruxelles.
Le renforcement de la collaboration entre Communauté française, Région wallonne et Région bruxelloise au profit d’une meilleure gouvernance francophone a constitué le fil rouge de la Déclaration du chef de file de la Communauté française et de la Région wallonne devant un hémicycle loin d’avoir fait salle comble.
Désormais, les compétences de la Communauté devront être mobilisées pour soutenir le développement des deux Régions et amplifier tant le plan Marshall en Wallonie que le Contrat pour l’emploi et l’économie à Bruxelles, a expliqué M. Demotte, annonçant des gouvernements conjoints avec la Région wallonne et la Cocof à Bruxelles à intervalles réguliers, dès le 18 avril. Tout cela augure d’un schéma qui pourrait s’imposer à l’avenir, a-t-il dit, faisant aussi référence aux travaux du Groupe Wallonie-Bruxelles.
Le ministre-président s’est dit heureux du débat institutionnel qui s’ouvre, mais en avoir « assez » des attitudes frileuses : les Francopones sont prêts au débat rationnel et respectueux mais dans l’intérêt de tous, a-t-il souligné. Il a demandé à la Flandre de revoir dans un esprit d’ouverture certaines décisions, critiquées par les institutions internationales, plutôt que dans une attitude de repli sur soi. Rudy Demotte a aussi averti : Bruxelles doit être renforcé et si les Francophones étaient seuls dans ce combat, « chacun devrait alors réfléchir à ce qui est vraiment sa capitale ».
Abordant les dossiers concrets, il a parlé des réalisations de Marie Arena mais aussi des chantiers qui doivent être achevés ; c’est ainsi qu’il a confirmé que son équipe déterminera un dispositif « alternatif » permettant d’éviter les files lors des inscriptions dans les écoles secondaires.
En matière de culture aussi, des chantiers sont ouverts, pour mieux coordonner les initiatives de l’Etat fédéral, des Communautés et Régions en faveur du cinéma notamment. Il a également évoqué les 6 millions que le gouvernement consacrera à l’équipement des écoles techniques et marqué sa volonté de voir le gouvernement approuver d’ici un mois le projet de décret permettant de lancer le partenariat public-privé au profit des bâtiments scolaires.
L’opposition MR et Ecolo a fortement insisté sur le manque de représentation bruxelloise au sein du nouvel éxécutif. Au nom des réformateurs, Françoise Bertieaux a aussi largement décrié l’action de Marie Arena, à laquelle succède M. Demotte, et incité le nouveau ministre de l’Enseignement Christian Dupont à redresser la barre.
Pour Ecolo, Marcel Cheron a souhaité que le gouvernement retrouve la confiance du monde de l’enseignement.

Manque de représentativité pour l’opposition bruxelloise
L’opposition MR et Écolo a fortement insisté sur le manque de représentation bruxelloise au sein du nouvel exécutif de la Communauté française.
Au nom des réformateurs, Françoise Bertieaux a qualifié la « double casquette » de M. Demotte de « tuyau supplémentaire » reliant la Communauté à la Région wallonne. Mais elle souhaite un « pipeline » pour joindre Bruxelles et la Communauté et regrette l’isolement bruxellois au sein du gouvernement de la Communauté.
La chef de file réformatrice a appelé MM. Demotte et Dupont, ces « deux Anciens sérieux » à siffler la fin de la récréation, pour un gouvernement qui riait bien trop sous l’ère Arena.
Continuant à brosser un tableau particulièrement noir de l’ex-ministre présidente, Mme Bertieaux a réclamé une énième fois l’abrogation du décret « Inscriptions », mettant en garde Christian Dupont sur l’erreur qui consisterait à rajouter une couche aux deux décrets précédents, comme on le ferait pour confectionner un Mille-feuilles.
Elle veut aussi que le ministre-président amène le ministre du Budget Michel Daerden à se pencher sur le désendettement de la Communauté et à voir ce qu’il a fait du fonds Ecureuil « par amour pour Fadila ».
Poursuivant dans l’ironie, Mme Bertieaux a encore proposé son aide au CDH qui, au sein de la majorité, devra supporter le poids renforcé du PS.
Pour Écolo, Marcel Cheron a préféré parler de « Bruxelles et Wallonie », plutôt que de Communauté française ; fonder une Communauté sur une langue ne correspond pas à la réalité, estime-t-il.
Il a qualifié la double désignation de M. Demotte de « coup de tonnerre » qui s’est abattu sur la langueur hivernale des travaux du Groupe Wallonie-Bruxelles. « Didier voulait le faire en 2009 mais Elio l’a fait avant », s’est exclamé le député Écolo. Mais pour lui, l’oeuvre présidentielle est inachevée car la ministre Fadila Laanan ne possède pas le talent de dédoublement de la personnalité que l’on a lorsqu’on siège dans deux gouvernements.
Il a aussi souhaité que le gouvernement retrouve la confiance du monde de l’enseignement.
Sur les bancs de la majorité, Léon Walry a souligné que 80 % des mesures du Contrat pour l’école de Marie Arena avaient été mises en oeuvre. Cet hommage rendu à l’ex-ministre-président ne l’empêche pas d’accueillir « avec enthousiasme » son successeur à l’Enseignement, Christian Dupont.
La composition du nouveau gouvernement emporte son soutien total : « ne sommes-nous pas déjà avec cette nouvelle architecture dans la voie la plus sage ? », a-t-il demandé.
Un langage « défaitiste et caricatural »
Au CDH, Anne-Marie Corbisier a épinglé un langage « défaitiste et caricatural » qui n’a jamais rien arrangé, même quand on se dit prêt à collaborer avec la majorité. A titre personnel, elle a souhaité que l’on profite du moment pour aller « plus loin dans la représentation des Régions et pas seulement la Wallonie ». Ce serait un retour au gouvernement d’il y a 5 ans, un système que la majorité précédente a patiemment détricoté, a-t-elle dit.
Caroline Persoons (MR-FDF) a fait remarquer que le rapprochement politique et institutionnel Wallonie-Bruxelles avait servi régulièrement d’effet d’annonce aux précédents gouvernements de la Communauté. Willy Borsus (MR) a demandé, sans obtenir de réponse, si bientôt, outre un nouveau ministre « double casquette » bruxellois, il n’y aurait pas aussi une nouvelle double casquette wallonne.