08 avril 2008

Le CIO envisage d'arrêter la flamme

Jacques Rogge, le président du Comité international olympique, a annoncé que le CIO va examiner un éventuel arrêt du relais international de la flamme pour les Jeux de Pékin après les vagues de protestation qui ont émaillé son passage à Londres et Paris. La flamme est à San Francisco, où son parcours a déjà été raccourci.

"Nous allons bien sûr discuter du parcours de la flamme olympique. Ne pas le faire serait incompréhensible", a déclaré à Pékin le président du Comité international olympique (CIO) Jacques Rogge. "Donc nous en discuterons et nous verrons ce que nous faisons maintenant que nous en sommes déjà à la sixième ou septième étape", a-t-il ajouté.

Auparavant, la vice-présidente du CIO, Gunilla Lindberg, avait annoncé que le CIO pourrait décider cette semaine d'arrêter le parcours mondial de la flamme pour les JO de Pékin. Le sujet sera abordé lors de la réunion de la commission exécutive du CIO, qui s'ouvre mercredi dans la capitale chinoise pour trois jours.
La flamme est arrivée ce mardi à San Francisco pour une sixième étape qui s'annonce mouvementée. L'itinéraire de la flamme mercredi a déjà été raccourci dans la métropole californienne et la ville s'apprête à déployer des mesures de sécurité inédites par crainte d'une réédition des incidents de Londres et Paris. Le passage de la flamme à Londres et Paris, dimanche et lundi, a été perturbé par des manifestants pour les droits de l'Homme, la liberté d'expression et le Tibet. Peut-être des ajustements
Un peu plus tôt mardi, l'un des membres de la commission exécutive du CIO avait indiqué que l'avenir du parcours mondial, après les Jeux de Pékin, serait débattu cette semaine. Cependant, avait ajouté Kevan Gosper, pour l'instant rien ne permet de dire que le parcours pour les JO de Pékin sera annulé. "Je pense que le parcours de la flamme va continuer", avait-il dit, ajoutant néanmoins: "Il se peut qu'il y ait des ajustements".
Le parcours actuellement retenu est le plus ambitieux de l'histoire des JO avec un périple de 137.000 kilomètres parcourant 19 pays plus la Chine. Craig Reedie, membre du Comité olympique britannique, a également indiqué que la commission exécutive du CIO discuterait de cette question. "La Grande-Bretagne va attendre de savoir ce que le CIO a à dire là-dessus", a-t-il indiqué. Londres accueillera en 2012 les prochains Jeux olympiques.

Mardi, après le passage à Paris, qui a tourné au fiasco en raison notamment des manifestants pro-tibétains, des membres du CIO ont fait bloc avec les organisateurs des Jeux de Pékin contre ceux à l'étranger qui perturbent le parcours de la flamme par "haine" de la Chine. "Ils expriment juste leur haine quel que soit le sujet à l'ordre du jour, et la haine contre le pays hôte retombe sur notre torche", a estimé M. Gosper, qualifiant les manifestants de "perturbateurs professionnels". "Enormément d'efforts"
Les organisateurs des JO "ont fait énormément d'efforts pour se préparer à organiser l'une des plus grandes éditions des jeux de tous les temps", a-t-il dit. "Et ces perturbateurs, ces perturbateurs professionnels, ne font pas attention à ça. Ils sont juste animés par la haine et le ressentiment", a estimé ce haut responsable du CIO. "Ces manifestations organisées sont un abus contre la torche olympique, qui est le symbole de la bonne volonté, de la paix, de la compréhension et de l'excellence dans le sport", a-t-il dit.
Le Comité d'organisation des JO de Pékin (Bocog) a affirmé pour sa part qu'"aucune force" ne pourra arrêter la flamme olympique malgré les incidents de Paris et de Londres.
A San Francisco, des militants avaient placé lundi des banderoles pro-Tibet sur le célèbre pont de la ville, le Golden Gate, avant d'être arrêtés par la police deux heures plus tard.
Les autorités de Buenos Aires ont également décidé de renforcer le dispositif de sécurité mis en place pour accueillir vendredi la flamme.
Sarkozy : "un spectacle un peu triste"Les incidents de lundi autour de la flamme olympique à Paris ont donné lieu "à un spectacle un peu triste", même s'il est "tout à fait normal dans une démocratie" que les gens manifestent, a estimé ce mardi le président français Nicolas Sarkozy. "Je crains que pour la flamme il y ait des mouvements de cette nature partout où elle va passer", a-t-il dit.Malgré une très forte présence policière, les manifestants pro-Tibétains ont harcelé les porteurs de la flamme olympique à Paris, obligeant finalement les organisateurs à interrompre le relais avant son terme et transformant la cérémonie en véritable fiasco.Les manifestations lundi à Paris "compliquent la tâche" du président Nicolas Sarkozy qui a réclamé un dialogue entre la Chine et le dalaï lama, a indiqué le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. "Hier, la solution s'est éloignée, notre solution à nous, et nous, Français faisons ce que nous pouvons, c'est la reprise du dialogue entre les Chinois et le dalaï-lama", a dit M. Kouchner. M. Sarkozy n'a pas exclu un boycott de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin. Le 25 mars, il avait déclaré: "je veux que le dialogue commence et je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises".

Justice – Exécution des peines et surpopulation des prisons

Le nouveau ministre de la Justice, Jo Vandeurzen a présenté lundi les priorités de son département : l'exécution des peines et la lutte contre la surpopulation des prisons arrivent en tête de ses préoccupations.
Le ministre de la Justice veut recruter deux fois plus de personnel que l'an dernier. Ce qui veut dire que cette année, la Justice engagerait 626 gardiens de prison.

Les prisons sont surpeuplées. 8358 places pour 9689 détenus. Dès lors que faire ? Pour Jo Vandeurzen, il faudra donc rénover certaines prisons et en construire d'autres.

Il y la possibilité de rouvrir des ailes désaffectées de certaines prisons ou encore de créer de nouvelles cellules dans des prisons actuelles. Mais pour ce dernier point c'est le gouvernement qui devra décider. C'est donc encore très vague.

Pour lutter contre la surpopulation, le ministre veut aussi améliorer la mise en œuvre de la surveillance électronique. Pour tout cela, il faudra de l'argent. Le budget 2008 augmente de 4,7% par rapport à 2007. Il sera discuté à partir de ce mardi. Jo Vandeurzen compte aussi sur une meilleure perception des amendes.

Du côté syndical, la CGSP évoque de nouvelles fausses promesses, du réchauffé.

Les trois bourgmestres défient la Flandre

Les trois bourgmestres déchus de Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem feront savoir officiellement cette semaine à leur ministre de tutelle, Marino Keulen, responsable des Affaires intérieures au gouvernement flamand, qu’ils restent candidats au mayorat dans leurs communes.
e carrousel communautaire dans la périphérie bruxelloise tourne rond : on nous signale que les trois bourgmestres déchus de Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem, Damien Thiéry (MR-FDF), Arnold d’Oreye (MR-FDF) et François van Hoobrouck (MR), feront savoir officiellement cette semaine à leur ministre de tutelle, Marino Keulen, responsable des Affaires intérieures au gouvernement flamand, qu’ils restent candidats au mayorat dans leurs communes. Marino Keulen avait décidé officiellement en novembre dernier d’invalider leur élection (aux communales d’octobre 2006), leur reprochant d’avoir envoyé les convocations électorales en français pour une part, une entorse aux circulaires flamandes exigeant l’emploi du néerlandais dans tous les cas.
Inflexible, Marino Keulen n’avait pas cédé devant les protestations unanimes des partis politiques francophones, pas davantage qu’il ne s’était laissé impressionner par les démarches entreprises en décembre 2007 par les conseils communaux des trois communes à facilités, lorsque les élus locaux francophones avaient réclamé la réhabilitation de leurs bourgmestres, cela dans une ambiance tendue, sous les lazzis des extrémistes flamands du Voorpost et du Vlaams Belang.
Tout cela survenant, on s’en souvient, dans le maelström de la longue crise politico-communautaire de 2007. Une séquence infernale à laquelle l’avènement du Leterme Ier, récemment, a mis terme, provisoirement. Mais le nœud dans la périphérie reste entier. Celui de Bruxelles-Hal-Vilvorde, comme celui ayant trait à la nomination des bourgmestres… dont Didier Reynders, président du MR, et Olivier Maingain, du FDF, ont tous deux affirmé avec netteté, à plusieurs reprises ces dernières semaines, qu’elle représentait un « préalable » à toute discussion institutionnelle approfondie au sein de la majorité gouvernementale.
Menace
La démarche des mayeurs était attendue, leurs trois conseils communaux leur avaient réitéré leur confiance entre-temps, mais il subsistait un doute sur leur attitude en définitive. Notamment parce qu’en cas de nouvelle annulation de la part du ministre flamand de l’Intérieur, celui-ci, selon les termes d’un décret réglant le fonctionnement de ses municipalités, aurait alors la possibilité (en théorie, en tout cas) d’imposer un bourgmestre de son choix, qui pourrait être même un « extérieur », non-membre du conseil communal. Une menace. Le fait que les mayeurs francophones franchissent le pas malgré tout, et qu’ils se déclarent ensemble auprès de Marino Keulen est un fait politique : cela relance le « carrousel » communautaire, et met le gouvernement Leterme à l’épreuve.


La Flandre veut séduire la France
La Flandre entend développer ses relations économiques et culturelles avec la France, traditionnellement tournée vers la Wallonie ou Bruxelles, a indiqué ce lundi à Paris le ministre flamand de la Politique extérieure Geert.
Au moment où la Belgique connaît de multiples tensions entre communautés linguistiques, M. Bourgeois a tenté d'atténuer les critiques contre des mesures présentées comme discriminatoires envers les francophones. « Les Flamands sont un un peuple tolérant et ouvert sur le monde », mais « comme partout il y a des problèmes d'intégration », a-t-il affirmé.
M. Bourgeois a présenté à la presse une « note stratégique » élaborée par le gouvernement flamand pour développer les relations avec la France, la troisième du genre après des documents concernant les relations avec les Pays-Bas et l'Allemagne.
L'exécutif flamand identifie quatre pistes de travail. Il veut renforcer la position de la Flandre comme carrefour en matière de transports et de logistique attractif pour la France, augmenter les exportations de la Flandre vers la France et les investissements français en Flandre.
Il propose aussi d'intensifier les relations culturelles, en soutenant notamment l'apprentissage du néerlandais en France, en particulier dans le nord et de développer les coopérations transfrontalières.
Le document reconnaît le déficit de notoriété qui touche la Flandre, qui jouit de larges prérogatives, y compris internationales, dans le cadre des institutions fédérales.
A part la population de la région Nord-Pas-de-Calais « qui connaît bien la Flandre », une « majorité des Français ignore que la Flandre fait partie de la Belgique, où l'on parle le néerlandais », relève le rapport. « Si la Flandre veut montrer à la France une image positive de ses atouts, de ses produits et de sa culture, il faudra encore réaliser des progrès », est-il encore écrit.

07 avril 2008

Milquet poursuivra comme échevine en coulisses

La vice-première ministre et ministre de l’Emploi Joëlle Milquet compte poursuivre, en coulisses, son travail à la Ville de Bruxelles, a-t-elle indiqué, à l’occasion de la prise en charge officielle de ses fonctions d’échevin de la Culture et de l’Emploi à la Ville de Bruxelles par Hamza Fassi-Firhi, chef du groupe CDH au conseil communal.

Le Collège des assesseurs désigné
Le bureau du CDH a désigné lundi les membres du Collège des assesseurs qui présidera à l’élection du nouveau président du parti. Celle-ci devrait avoir lieu dans le courant du mois de septembre. D’ici là, Joëlle Milquet, également ministre, restera à la tête du CDH.
Ce collège sera présidé par le conseiller provincial liégeois Dominique Drion et sera composé de la députée Clotilde Nyssens, du conseiller communal hutois Joseph George, du bourgmestre de Charleroi Jean Jacques Viseur et de l’ancienne sénatrice Michèle Bribosia.
Il reviendra à ce collège de déterminer pour le 21 juillet la date d’ouverture de la procédure et la date finale de l’élection. La procédure s’ouvrira au plus tôt le 15 août.
Celui-ci conservera l’équipe qui a entouré la Première échevine CDH depuis son entrée en fonction au niveau local en décembre 2006.
« Je continuerai à suivre et à participer à la décision relative aux dossiers de la Ville, à assurer la coordination des actions de nos différents mandataires et à participer aux réunions de préparation avec les échevins », a affirmé Joëlle Milquet, dressant le bilan de 16 mois « trop courts mais suffisamment longs pour poser les jalons de nos engagements électoraux ».

En attendant le dauphin, pas d'intérim
Le CDH opte pour une transmission de présidence en douceur : Milquet cédera le témoin à l'été prochain, Lutgen fourbit ses armes. Vanessa Matz sera sénatrice.
Musique. La partition du jeu des chaises musicales (version orange) a été peaufinée et écrite lundi matin lors du Bureau politique du CDH. La procédure visant à trouver un successeur a la présidente Joëlle Milquet, désormais vice-Première en charge de l'Emploi au sein de l'équipe Leterme, est à présent connue de tous : un "collège des assesseurs" composé de cinq juristes (le Liégeois Dominique Drion, la députée Clotilde Nyssens, le bourgmestre de Charleroi Jean-Jacques Viseur, le Hutois Joseph George et l'ex-sénatrice Michèle Bribosia) est chargé de la mener à bien.
Ce collège doit formuler une proposition pour le 21 juillet prochain, date à partir de laquelle les candidats à la présidence pourront se faire connaître. L'élection présidentielle interviendra, sauf contretemps majeur, en septembre.
Contretemps majeur ? Par exemple, une embardée de l'équipe Leterme sur la réforme de l'Etat : "Si ça foire et que le gouvernement tombe , résume un membre du Bureau politique, on aura l'air malin avec Joëlle Milquet en ministre sans Emploi..." Mais d'autres mandataires orange auraient vu d'un bon oeil une procédure accélérée - avec, entre autres, la désignation immédiate d'un président ad interim pour succéder à Milquet. C'est cette solution que le CD&V, parti frère au nord du pays, a privilégié pour pallier la montée au Fédéral de Jo Vandeurzen. Mais la voie rapide a été écartée par le CDH, notamment parce que le dauphin de la présidente, le Luxembourgeois Benoît Lutgen, compte mettre les deux mois qui arrivent à profit pour rallier un maximum de soutiens autour de son nom à l'intérieur du parti.
André Antoine, le vice-Premier wallon, n'a pas encore (totalement) exclu de se présenter à la présidence du CDH - mais ce suspense est tout relatif.
Matz débarque au Sénat
Pour le reste, l'entrée du CDH au Fédéral entraîne une cascade d'effets secondaires. Ainsi Vanessa Matz, échevine à Aywaille, sera-t-elle sénatrice cooptée pour les humanistes. Matz, qui fut bras droit de la présidente Milquet, participant notamment aux réunions des sherpas dans la dernière ligne droite avant l'accord gouvernemental, monte donc d'un échelon. Elle remplace Christian Brotcorne, désigné chef de file des députés humanistes à la Chambre. Le Hennuyer succède, lui, à Melchior Wathelet désormais secrétaire d'Etat en charge du Budget et de la Famille. A la Ville de Bruxelles, enfin, Joëlle Milquet a quitté, lundi, son poste de première échevine. Elle a transmis le relais à l'ex-président des Jeunes CDH, Hamza Fassi-Firhi.

L’éclosion difficile du printemps de Magnette

C’est le 15 avril que sera lancé officiellement le « Printemps de l’environnement » par le Premier ministre Yves Leterme. Qu’est-ce donc là ? Un colloque de plus sur le développement durable ? Que nenni. Inspiré du Grenelle de l’environnement soutenu par Nicolas Sarkozy en France, ce vaste débat participatif associera pendant deux mois pouvoirs publics, partenaires sociaux et société civile dans un schéma inédit en Belgique.
Réchauffement climatique, énergies renouvelables, ressources naturelles, environnement-santé, modes de production et de consommation et transports : ces six thèmes formeront l’ossature de débats initiés par le ministre de l’Environnement et de l’Energie, Paul Magnette (PS). Tout est cependant loin d’être réglé puisque ni le calendrier ni le contenu des débats ne sont arrêtés à ce stade. Et le ministre régional wallon de l’Environnement Benoît Lutgen (CDH) n’a jamais caché son irritation face à un processus jugé trop vague. Ce lundi, justement, Benoît Lutgen rencontrera Paul Magnette sur la question.
Questionné ce dimanche sur l’état d’avancement du dossier, le ministre Paul Magnette veut rassurer toutes les parties : « L’implication des Régions est fondamentale dans ces matières. Je crois en un fédéralisme constructif. Je soumettrai moi-même lors du Printemps une série de propositions de décisions en matière de biodiversité et de climat que j’aurais pu adopter seul. Ma volonté, c’est que ce processus politique soit le plus collégial possible et tire les débats vers le haut. »
Entre autres écueils, le ministre Paul Magnette devra encore convaincre certaines ONG comme Inter-Environnement de monter dans ce bateau. Les environnementalistes ne veulent en effet pas jouer un rôle de faire-valoir pour avaliser, en bout de course, la création de groupes de travail… « J’ai rencontré les ONG et je leur ai garanti que l’idée est bien d’arrêter pour chaque thème une série restreinte de mesures concrètes, précise Paul Magnette. Tous les partenaires ont reçu un éventail de mesures possibles. La liste élargie à débattre et le calendrier des ateliers seront finalisés cette semaine. »

L'environnement inquiète les francophones

La dégradation de la qualité de l'environnement inquiète une majorité de francophones, loin devant le communautaire. A peine 34 % parient sur une amélioration.
Un baromètre exclusif et six jours d'enquête dans Le Soir.
L'édito : "De l'hiver communautaire au printemps vert"

Une courte majorité de francophones est favorable à l’idée de systématiser une fois par semaine la journée sans voitures.
De ce lundi jusqu'au samedi 12 avril, Le Soir livrera les principaux résultats de ce baromètre environnemental réalisé, en partenariat avec la RTBF, par Dedicated Research. Il a été conduit sur un échantillon de 1.205 personnes (502 Bruxellois et 703 Wallons) entre le 20 et le 31 mars. Ce sondage sera répété chaque année afin d'évaluer l'évolution des attentes et des comportements en matière d'environnement.
SIX JOURS D'ENQUÊTE
A l'approche du « Printemps de l'environnement » lancé par le gouvernement fédéral, six thèmes jalonneront cette semaine. Chaque jour, Le Soir passera en outre au scanner l'impact d'un objet du quotidien sur la planète.
Mardi, l'énergie. Les francophones souhaitent-ils prolonger le nucléaire ?
Mercredi, l'argent. Les Belges placent-ils leurs avoirs dans des fonds verts ?
Jeudi, la mobilité. Jusqu'à quelle limite êtes-vous prêt à rouler en voiture ?
Vendredi, la santé. Quel impact l'environnement exerce-t-il sur notre santé ?
Samedi, l'empreinte écologique. Quels gestes êtes-vous prêts à accomplir ?
Loin, très loin devant l'acuité des débats communautaires, la qualité de vie et la perception de sa dégradation sont au cœur des préoccupations de la population francophone. C'est un des enseignements majeurs que nous livre le nouveau baromètre annuel, commandé par Le Soir et la RTBF, sur les opinions des Bruxellois et des Wallons en matière environnementale. Réalisée entre le 20 et le 31 mars, cette étude conduite par Dedicated Research a bénéficié d'un taux de réponse de 68 % : « Un chiffre impressionnant qui témoigne s'il en est de l'intérêt de la population pour ce thème, précise Marc Dumoulin, directeur de l'institut de sondage. Et, fait frappant par rapport à d'autres thématiques, on retrouve désormais une grande homogénéité entre les catégories sociales quant à la sensibilité aux problèmes environnementaux. La seule différence demeure sans doute la plus grande préoccupation des femmes sur ces sujets. »
1 Une préoccupation majeure des francophones. Les sujets de préoccupation de la population vont majoritairement à des thèmes liés à la qualité de la vie. La question de la santé (72 %) précède de peu celle de la pollution (69 %). Et sur quatorze thèmes évoqués, cinq priorités liées à des politiques de bien-être et d'environnement figurent parmi les six premiers classés. Il convient à cet égard de noter que les Wallons manifestent de manière générale une plus grande préoccupation (de 5 à 20 %) sur tous ces thèmes que les Bruxellois.
2 Une mauvaise qualité de l'environnement. Fait édifiant, le baromètre laisse apparaître une très mauvaise perception par la population de la qualité de l'environnement (air, eau et sols). Pas un Wallon n'estime vivre actuellement dans un environnement de « très bonne qualité » et à peine 13 % jugent bonne la qualité de l'air, des sols ou de l'eau. Si cette perception est légèrement meilleure à Bruxelles, la qualité de l'environnement y est néanmoins perçue à 44 % comme « mauvaise ou très mauvaise » ! A peine 1 % des citoyens estiment vivre dans un environnement de « très bonne qualité ». L'avenir ? Il n'est pas très vert, si l'on en juge par les craintes formulées dans les deux tableaux publiés ci-contre. Quelque 44 % de la population pensent que la qualité de l'environnement va se dégrader dans les vingt ans. Et à peine 5 % considèrent que celle-ci sera fortement améliorée. « La notion de dangerosité, notamment en matière de pics de pollution, est acquise, précise Marc Dumoulin. D'ordinaire, le Belge a tendance à considérer que les choses vont s'arranger. Ici, le doute profond semble installé durablement. »
3 Une perception mitigée du réchauffement. « Il n'y a plus de saisons, madame ! » L'adage est connu mais il figure ici comme la première perception (35 %) spontanée des manifestations du réchauffement climatique. Globalement, les conséquences des changements climatiques (fonte de la calotte glacière, hausse du niveau de la mer, canicules) sont bien identifiées par la population. Bémol : les risques liés aux impacts humains du réchauffement (nouvelles maladies, migrations environnementales dans les pays pauvres voire extinction massive des espèces) n'ont pas encore franchi la rampe dans l'opinion. Du côté des causes, les connaissances demeurent mitigées. A côté de l'industrie, les transports routiers sont désormais pointés en deuxième place par les francophones. Mais la population minimise toujours l'impact des activités domestiques (chauffage, alimentation…), agricoles, voire de la déforestation sur le réchauffement.
4 Une attente vis-à-vis des pouvoirs publics. Pour 70 % de la population, le réchauffement est un « vrai problème qui risque de s'aggraver et dont il faut se préoccuper ». Comment ? Une majorité des francophones (72 %) considèrent que les pouvoirs publics doivent mener des actions autant au niveau des entreprises, de l'industrie, des pouvoirs publics eux-mêmes que des citoyens. Bref, chaque acteur doit être impliqué dans la bataille même si la population estime en faire encore trop peu à ce niveau. « Le Belge veut bien agir, mais pas tout seul, concède Marc Dumoulin. L'effort doit être collectif pour accepter des mesures au-delà des petits gestes qui atteignent leur limite en termes d'impact. »
5 Une incarnation faible du combat écologique. Aucune personnalité ne se dégage vraiment, côté francophone, pour incarner le combat environnemental sur la place publique. Lorsqu'elle évoque spontanément les personnalités associées à la cause écologique, la population pointe prioritairement une majorité d'élus écologistes. Mais ceux-ci ne dépassent guère 10 % du taux de réponses et la première personnalité de la société civile, Alain Hubert, est citée par à peine 9 % de personnes. Est-ce à dire qu'une place est à prendre, à l'instar de la France, où Nicolas Hulot personnifie ce combat ? Commentaire de Marc Dumoulin : « La personnalisation n'aide pas forcément à l'adhésion des valeurs. »

Les francophones disent « oui » au nucléaire
La question posée pour Le Soir aux Wallons et aux Bruxellois à l'occasion de la Semaine verte était claire : « Pensez-vous que l'énergie produite par les centrales nucléaires est une alternative acceptable pour lutter contre le réchauffement climatique ? » Surprise : à 61 %, les personnes interrogées répondent par l'affirmative.
Soixante et un pour cent. Coïncidence frappante, proportion identique, résultat opposé… Alors que, dans un sondage européen (Eurobaromètre de la Commission européenne) publié en mars, 61 % des citoyens du Vieux Continent « estiment que la part du nucléaire dans l'approvisionnement en énergie devrait être réduite en raison des problèmes liés aux déchets nucléaires et des risques d'accident », la consultation réalisée par Le Soir et la RTBF livre une issue inverse : 61 % des personnes interrogées en Wallonie et à Bruxelles répondent positivement à la question « Pensez-vous que l'énergie produite par les centrales nucléaires est une alternative acceptable pour lutter contre le réchauffement climatique ? ». Entre l'exercice continental et le sondage de la francophonie belge, les formulations diffèrent. Mais tendances et directions indiquées par les citoyens transparaissent clairement. Et s'opposent. La mise en exergue des déchets et des risques d'accident dans le premier, la dimension environnementale (la production d'électricité par fission atomique n'émet pas de CO2) ont-elles orienté les réponses ? Possible.
Ce sondage marque néanmoins une rupture par rapport aux nombreux exercices du genre : traditionnellement, le nucléaire est plutôt majoritairement décrié. Bémol : la plupart des consultations embrassaient l'ensemble du royaume.
L'absence des citoyens flamands explique-t-elle ce revirement ? Pas exclu – théoriquement, les déchets nucléaires seront stockés en Flandre…
Ces précautions n'enlèvent rien au résultat : les Bruxellois et les Wallons consultés se prononcent clairement en faveur d'une solution nucléaire à la problématique climatique. Un « plébiscite » qui pèsera dans l'orientation de la politique énergétique du royaume ?
Le débat est actuellement plus qu'ouvert. Si, en janvier 2003, le Parlement a voté une loi qui prévoit l'extinction progressive (entre 2015 et 2025) des sept réacteurs atomiques belges (trois à Tihange, quatre à Doel) qui représentent environ 60 % de la production électrique nationale, ce texte n'a cessé d'être contesté, remis en question, voire présenté comme inapplicable par de nombreux acteurs politiques ou économiques. Aussi, le gouvernement actuel a-t-il également décidé de commander la énième étude sur la question.
Ni les sociaux-chrétiens ni les libéraux (des deux côtés de la frontière linguistique) ne cachent leurs velléités de prolonger la durée de vie des deux centrales nucléaires belges. Un coup double : primo, cela soulagerait l'épineux problème d'approvisionnement qui se profile en cas de fermeture, secundo, ça permettrait de doper le budget (la prolongation serait monnayée).
Côté socialiste, la porte s'est entrouverte récemment au sud, mais reste fermée au nord.
Chez les écologistes, c'est « niet ». Au nord et au sud.
Reste que le gouvernement est une « orange bleue sanguine » (francophone). Autrement dit, plutôt nucléariste. Le résultat actuel apportera de l'eau à son moulin.

Climat : « il est urgent d'agir »
« Il est urgent d'agir », a déclaré ce lundi le ministre du Climat et de l'Energie, Paul Magnette, lors d'un colloque sur les effets des changements climatiques sur la santé, organisé à Bruxelles à l'occasion de la Journée mondiale de la santé.

Pour les différents intervenants issus du monde scientifique, il est indéniable que le dérèglement climatique a des conséquences sur la santé. Selon eux, il n'est pas trop tard pour réagir. Même si l'on ne peut encore identifier et prévoir toutes les incidences des changements climatiques sur la santé, les vagues de chaleur, les catastrophes naturelles et la pollution atmosphérique sont autant d'éléments qui menacent le bien-être de l'homme.
Selon M. Magnette, la problématique est déjà prise en compte en Belgique, au sein des différents plans fédéraux. Ainsi, le plan d'action national Environnement/Santé 2008-2013 devra inclure un projet « Climat et Santé » en 2009 et 2010, a précisé le ministre. Ce plan d'action comprend notamment la création d'un monitoring afin de mesurer les effets des changements climatiques sur la santé des Belges, tout en intégrant les facteurs sociaux.
« Par ailleurs, les causes structurelles de la pollution de l'air seront traitées dans le cadre du plan air fédéral 2008-2011 », que M. Magnette compte soumettre au gouvernement cette année. Ces différents sujets seront en outre abordés lors des ateliers du Printemps de l'Environnement, un vaste processus de concertation qui démarre la semaine prochaine.
Le ministre a également plaidé pour une politique drastique, structurelle et à long terme, de réduction des gaz à effet de serre. Mais peu de mesures efficaces peuvent selon lui être prises dans un cadre national, plébiscitant dès lors une action coordonnée avec les pays voisins et l'Europe.
Pour le Dr Philippe Marbaix, de l'UCL, « arrêter de détruire les forêts pourrait contribuer à faire diminuer les émissions ». Si l'on veut empêcher le phénomène de s'amplifier, il est nécessaire de diminuer les émissions de moitié au niveau mondial, au plus tard en 2050, a-t-il dit. Sous nos latitudes et sur le pourtour méditerranéen, les conséquences de ce réchauffement climatique sont doubles : une hausse des précipitations en hiver et une sécheresse en été, a-t-il expliqué.
Les maladies infectieuses, qui sont notamment transmises par des insectes dont l'existence dépend de l'environnement, peuvent par ailleurs s'étendre dans des parties du globe qui sont encore pour le moment épargnées. D'après les projections réalisées à l'heure actuelle, il s'agit toutefois d'une redistribution des zones affectées : on ne comptera donc pas plus de malades globalement, a indiqué le Prof Eric Lambin, du département de géographie de l'UCL.
Le Prof Herman Van Oyen, de l'Institut scientifique de Santé publique, a rappelé pour sa part que la canicule de 2003 avait fait de 1.250 à 1.300 tués en Belgique, principalement des jeunes enfants et des personnes âgées. En France, le nombre de décès dus à la vague de chaleur s'est élevé à 15.000. Depuis 2005, notre pays dispose d'un système de suivi et de surveillance permettant de prévoir ce type d'événement en vue de prévenir les populations à risque.
Le colloque, mis sur pied par le SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, en collaboration avec la Politique scientifique fédérale, avait pour but de mettre en lumière les effets possibles du changement climatique sur la santé, thème central de l'année du 60e anniversaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Plusieurs associations environnementales, comme Inter-Environnement Wallonie (IEW) pour le sud du pays et 11.11.11, active en Flandre, y étaient associées. « Il est important d'agir maintenant », a réaffirmé la représentante d'IEW. « Il n'est pas trop tard », a-t-elle ajouté en indiquant qu'on pouvait peut-être encore limiter cette hausse des températures.
Certaines mesures prises aujourd'hui en faveur de l'environnement ont des effets directs sur la santé, comme l'isolation des bâtiments offrant une meilleure qualité de l'air intérieur ou la limitation de l'usage de la voiture, qui peut apporter une solution à l'obésité en favorisant les déplacements à pied ou à vélo, a-t-elle conclu.

Les pouvoirs publics doivent intervenir face à la crise économique

Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a estimé que, face à l'aggravation de la crise économique, "le besoin d'une intervention des pouvoirs publics devenait plus évident", dans un entretien publié lundi par le Financial Times.
Les pouvoirs publics constituent "la troisième ligne de défense" pour empêcher l'économie mondiale de tomber dans la récession, après la politique monétaire et budgétaire, a argumenté M. Strauss-Kahn. "Un effort doit être fait sur la restructuration des prêts" à problème."En ce qui concerne les banques, si leur matelas de fonds propres ne peut être restauré suffisamment rapidement par le secteur privé, l'usage d'argent public peut être envisagé", a indiqué M. Strauss-Kahn. Il s'est déjà dit favorable à la mise en place de structures de defaisance pour les actifs à problèmes des banques, comme celle qui avait permis au Crédit Lyonnais de tourner une page sombre de son histoire.L'ancien ministre socialiste français, qui a aussi déjà appelé à plusieurs reprises les gouvernements à préparer des plans de relance "au cas où", a souligné que la crise n'était plus limitée aux seuls Etats-Unis. "La crise est mondiale. La prétendue théorie du découplage (le dynamisme des économies émergentes permettant de compenser en partie la crise américaine) est totalement fallacieuse.Des pays en développement comme la Chine et l'Inde pourraient être affectés", a fait valoir le responsable du FMI. L'institution multilatérale tient ses réunions de printemps le week-end prochain à Washington.

Le dossier Gavroy-Laloux chez le PG

Le parquet de Dinant envoie son dossier "cartes essence" au parquet général de Liège.
L'arroseur arrosé ? On sait que le conseiller communal namurois Arnaud Gavroy (Ecolo) fut mis en cause pour utilisation abusive d'une carte d'essence par Frédéric Laloux (PS), avant que celui-ci subisse une accusation similaire. L'affaire pourrait rebondir encore...
Samedi, "La Dernière Heure" indiquait qu'une délibération du collège du 14 janvier 2003 attestait que, à l'initiative de l'ex-échevin de la Logistique (soit M. Laloux), il avait été décidé que trois véhicules avec chauffeur étaient mis à disposition du collège (donc aussi de M. Laloux). Par ailleurs, le journal rapportait des dépassements de prise de carburant (en théorie limitée à 2 000 litres/an). Les explications servies par M. Laloux ("extrêmement choqué" d'avoir au passage été traité de menteur) quant à sa carte essence en sortent donc brouillées.
Eh bien, le nouveau secrétaire d'Etat fédéral à la Pauvreté va pouvoir s'expliquer. Car le procureur du Roi de Dinant, Bernard Claude, avait ouvert un dossier pour M. Gavroy avant d'en faire autant pour M. Laloux. C'est que le parquet doit poursuivre les faits éventuellement délictueux (faux, détournement) portés à sa connaissance, comme nous l'a confirmé samedi le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé. Qui précise que la qualité ministérielle de M. Laloux fait que le dossier vient tout juste d'être transmis par Dinant à la cour d'appel de Liège.
"Les secrétaires d'Etat sont, au plan judiciaire, assimilés aux ministres", nous dit M. Visart, qui explique qu'il fallait "d'autant plus suivre les deux pans du dossier que le second avait d'abord été l'accusateur du premier". Vers un procès en cour d'appel ? C'est trop tôt pour le dire : "Il faut voir le dossier, mener enquête et décider s'il est opportun de poursuivre, car ce n'est pas obligatoire".

Les effets du diesel sur la santé... et le portefeuillle

En Belgique, 8 voitures neuves sur 10 sont des voitures diesel, contre seulement 3 sur 10 aux Pays-Bas.Une personne sur quatre roule en diesel. Une conséquence de la politique des pouvoirs publics qui encouragent l'achat de véhicules diesel pour lutter contre le réchauffement climatique en se concentrant uniquement sur les émissions de CO2. Ils négligent cependant un important problème de santé publique.
Opter pour une voiture qui roule au diesel n'est donc pas forcément un bon calcul selon le VAB, le club automobile belge. L'organisation qui se base sur des rapports scientifiques, cite tout d'abord des arguments économiques. En dessous de 10.000 kilomètres par an, par exemple, les économies réalisées à la pompe ne peuvent amortir le surcoût lié à l'achat d'un modèle diesel et les frais d'entretien. D'un point de vue sanitaire enfin, le club automobile souligne que les rejets des voitures roulant au diesel sont très nocifs, notamment en raison d'importantes émissions de particules fines et d'oxydes d'azote.

Les locaux de la N-VA vandalisés

Le siège de la Nieuw-Vlaamse Alliantie a reçu la visite de malandrins qui ont endommagé des ordinateurs et remplacé le drapeau flamand par un drapeau belge. Un porte-parole du parti nationaliste attribue les actes commis à des belgicains.

Le siège de Nieuw-Vlaamse Alliantie a reçu la visite de vandales, samedi matin, rapporte le quotidien flamand Het Nieuwsblad. Sur foi de propos du porte-parole du parti nationaliste, le quotidien a attribué les actes commis à des belgicains.
D’après le porte-parole, cité par le journal, les auteurs se sont introduits dans les locaux, via un mur donnant accès à une fenêtre située au premier étage du bâtiment situé rue de la Charité, à Bruxelles.
Ils ont endommagé plusieurs ordinateurs, jeté une chaise par la fenêtre, et remplacé le drapeau du lion des Flandres par un drapeau belge.
La N-VA a déposé plainte. Selon son porte-parole, un passant a filmé les vandales. Les images ont été transmises à la police.

Hervé Hasquin fait sa « révolution » à l'Académie

Hervé Hasquin nous annonce un successeur au Centre Jean Gol et une « révolution » à l'Académie royale de Belgique.

à la rue Ducale, au premier étage du Palais des Académies, le Secrétaire perpétuel livre son plan de relance de l’institution créée en 1772. Il veut notamment créer un Collège Belgique, sur le modèle
Hervé Hasquin rompt le cordon qui le reliait encore à la vie politique active : après trois années à la direction du bureau d'études du Mouvement réformateur, le Centre Jean Gol (sa création en 2005), il cédera le témoin dans quelques jours à Arthur Baudson, recteur honoraire de l'Université de Liège, pour se consacrer pleinement à sa nouvelle mission de Secrétaire perpétuel de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. « Au fond, j'ai toujours été un académique qui faisait de la politique », se rassure l'historien (à l'ULB), ex-ministre et figure de premier plan de la famille libérale francophone, 65 ans en décembre. Qui prend d'assaut le Palais des académies comme on part en campagne, ou comme on imprime sa marque à un gouvernement : « Je vais entreprendre une vraie révolution », nous explique-t-il. Secouer la prestigieuse institution née en 1772 sous l'impératrice Marie-Thérèse (« Avant la Belgique, et je ferai en sorte qu'elle lui survive ! »), implantée rue Ducale avec vue imprenable sur le Palais royal, le Parc de Bruxelles, la rue de la Loi, employant une trentaine de personnes et accueillant 150 académiciens, scientifiques, savants, professeurs, artistes…
Au premier étage, le Secrétaire perpétuel (« Vous ne trouvez pas que je devrais changer le nom ? ») nous dévoile son plan de bataille : « Je veux une Académie citoyenne, mieux en phase avec les structures politiques régionales de notre pays, en prise avec les réalités de notre temps, qui crée des liens avec le monde économique, social. »
Sa « révolution » passera par la création d'une quatrième « classe » à l'Académie, qui s'ajoutera aux sections « Sciences », « Lettres, Sciences morales et politiques », et « Beaux-Arts » qui la composent historiquement. « Je lancerai une classe dévolue aux technologies, à la recherche et développement », qui aura un rôle d'« évaluation » des politiques mises en œuvre aux différents niveaux de pouvoir (« J'en ai parlé aux ministres ») et conçue par ailleurs pour explorer les sujets d'avant-garde, comme celui du développement durable. « Il y aura des ingénieurs, des philosophes, des spécialistes en sciences humaines, il faut mélanger, travailler ensemble. »
Acte II : créer un « Collège Belgique ». Sur le modèle du Collège de France. Avec un cycle de cours et de conférences dans toutes les disciplines, grandes ouvertes au public. « Cela se passera au Palais des Académies, mais également sur les campus universitaires en Wallonie et à Bruxelles. Le Collège Belgique devrait aussi combler un vide : celui des écoles doctorales des universités. Je peux vous annoncer que le président du Collège sera Jean-Marie André, un grand chimiste, professeur à l'Université de Namur. »
Troisièmement : le nouveau Secrétaire perpétuel lancera un « Collège des alumnis », rassemblant les pupilles de l'Académie, artistes, scientifiques et savants « de moins de 40 ans, les plus talentueux ». Ce sera, dit Hasquin, « une façon encore d'assurer un avenir à notre Académie, de travailler tout spécialement avec les générations montantes ». Avec une cure de rajeunissement à la clé : pour rejoindre « confrères » et « consœurs » (le nom des élus à l'Académie), il faudra avoir moins de 60 ans à l'avenir.
Quatre : l'Académie s'est adjoint les services des « meilleurs sur le marché » pour confectionner son site internet : « Nous avons une telle richesse en documents et livres anciens ici, tout sera mis à disposition. »
Cinq : il faut plus de « décorum ». « L'Académie a délaissé les cérémonies, les réceptions, les manifestations publiques. Cela va changer. Nous programmons une grande soirée d'ouverture le 24 avril, avec Giscard d'Estaing, qui livrera un grand discours sur le thème : ''Serons-nous un jour des citoyens européens ?''. »
Le 16 mai, Hasquin réunira toutes les « classes » pour une soirée interdisciplinaire : « Des artistes s'exprimeront devant les scientifiques et inversement. Il faut communiquer. » Soyons « modernes ». Le décorum en plus : « Je veux réhabiliter le port de la toge à l'Académie ! »
Il veut aller vite. Sa « révolution » sera exécutée en quelques mois, avant 2009. Entre-temps, il aura laissé les clés du Centre Jean Gol, avenue de la Toison d'Or, à Arthur Baudson, qui hérite d'un bureau d'études ressuscité il y a 3 ans (le Centre Pol Hymans avait rendu l'âme depuis longtemps), foyer d'une nouvelle production intellectuelle autour de la famille libérale, une clé de la réussite en politique, ce dont le MR semble s'être convaincu.

Leterme Ier sans le sou

Marges budgétaires réduites, rentrées fiscales très insuffisantes, pouvoir d'achat attaqué, index en question. La rentrée sera placée sous le signe de l'économique pour le gouvernement Leterme Ier.
Son devoir institutionnel toujours intact (la fameuse « seconde phase » de la réforme de l'Etat), le gouvernement Leterme Ier, constitué à la veille de Pâques, effectue ce lundi sa rentrée tout imprégné d'une autre tâche : soutenir le pouvoir d'achat. Mission délicate pour un exécutif qui dispose de marges budgétaires extrafines (320 millions en tout, pour la hausse des pensions, des allocations familiales, le relèvement de la quotité exemptée d'impôt, la réduction de la facture énergie des ménages), qui plus est sous la menace de prévisions pessimistes en termes de taux de croissance économique : 1,6 % ou 1,7 %, au lieu du 1,9 % prévu. Différence : 250 à 500 millions d'euros. Circonstance aggravante, les recettes fiscales sont mauvaises, plus que d'habitude en début d'année : moins 2,64 % en janvier-février par rapport à 2007. Ajoutez le taux d'inflation. Le contrôle budgétaire de juin sera « problématique ».
Quadrature du cercle : composé de cinq partis, Leterme Ier est menacé de céder au saupoudrage de ses maigres deniers. Dans le Standaard de samedi, Bart Somers, président du VLD, résumait : « Si le gouvernement ne se prononce pas sur un projet, il sera un navire à la dérive. Notre accord de gouvernement est un catalogue Ikea où nous devons choisir quelle chambre à coucher, quel salon, quelle cuisine nous voulons. Il faudra trancher. »
Derrière, le souci pour le pouvoir d'achat grandit, générateur de tensions. En témoignent les échanges ce week-end autour de l'index après que Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque centrale européenne, eut critiqué le mécanisme en vigueur chez nous et au Luxembourg.
Elio Di Rupo (PS) a dénoncé la « vision ultralibérale » de l'économie. Didier Reynders (MR) a relativisé en rappelant que les produits pétroliers, le tabac et l'alcool n'entrent pas dans l'indice santé. Enfin, Guy Quaden, gouverneur de la Banque nationale, auquel on avait reproché son propos : « 2008 sera l'année de la vérité pour l'index », nous a précisé : « Je ne mets pas en cause notre index. M. Trichet parle de l'indexation générale des salaires, mais chez nous, le système a été réformé : on utilise l'indice santé, duquel on a retiré la plupart des produits pétroliers importés, sauf le mazout de chauffage. De plus, l'indexation est couplée à la norme de compétitivité, négociée tous les deux ans par les patrons et les syndicats. Notre système a bien contenu les prix et les coûts ces quinze dernières années. Voyons quels effets il aura en 2008 dans un contexte plus difficile. Mais je fais confiance aux partenaires sociaux, et je continue à défendre notre système. »

La flamme olympique sent le soufre

Un barnum pour des manifs qualifiées d'« incidents »

LA FLAMME olympique, qui passera par Paris ce lundi après-midi, sera protégée « comme pour Bush ». Les manifestants se sentent traités comme des « criminels ».

La flamme sent le soufre. Pour sa parade parisienne, ce lundi après-midi, la torche VIP bénéficie d'un dispositif « un peu comme celui que l'on consacre à George Bush », selon la préfecture de police. Cela se traduit dans les faits par 3.000 policiers, dont 500 dédiés à sa protection, trois brigades fluviales et un hélicoptère. Quant aux 80 porteurs qui vont se relayer sur 28 kilomètres, de la tour Eiffel au stade Charléty, ils auront 32 véhicules de CRS collés à leurs baskets, des pompiers joggeurs, des policiers à rollers et des gardes républicains à cheval. Tandis qu'une quinzaine de motards vont ouvrir et fermer la voie, suivis par deux colonnes de huit véhicules de police. La préfecture parle d'une « bulle étanche » de 200 mètres de long autour du porteur.
Ce barnum sécuritaire est destiné à éviter tout « incident », un terme qui semble reléguer les manifestations de soutien au Tibet et autres marques de dénonciation du bafouement des droits de l'homme par la Chine au rang d'actes subversifs. Reporter sans frontières (RSF) s'étonne de la mise en place d'un tel cordon sécuritaire : « C'est le monde à l'envers. Nous sommes traités comme des criminels », a réagi Vincent Bossel, responsable du bureau Asie-Pacifique, dans le Journal du dimanche.
Côté manifs, RSF donne rendez-vous sous la tour Eiffel pour mener des actions, mais dans le respect des JO et des porteurs de la flamme. « On avait prévu d'intervenir sur le parcours, mais on ne le fera pas. On ne veut pas qu'un geste puisse être mal interprété et que l'on puisse dire que la violence est de notre côté », explique Robert Ménard, secrétaire général de RSF. Les associations France-Tibet et Solidarité Tibet proposent un rassemblement au Trocadéro, sur le parvis des Droits de l'Homme, en présence de personnalités, dont Jane Birkin. Et les 143 parlementaires du groupe d'études sur le Tibet ont appelé les politiques à sortir l'écharpe tricolore pour le passage de la flamme devant l'Assemblée nationale, en soutien au peuple tibétain.
Extincteurs à Londres
Quant au gouvernement, il s'exprime de façon dissonante : la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade, est revenue sur ses propos dans Le Monde de ce week-end, où elle déclarait que la présence de Nicolas Sarkozy à Pékin pour l'ouverture des JO était soumise à trois « conditions », dont la fin des violences et le dialogue avec le dalaï-lama. Elle a ensuite démenti avoir parlé de « conditions », et expliqué qu'il s'agissait de « souhaits ». « Le président a gardé les options ouvertes », déclare Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie, dans le JDD.
La flamme est arrivée à Roissy dimanche soir, après avoir eu chaud à Londres : deux personnes ont notamment été interpellées pour avoir tenté de l'éteindre au moyen d'extincteurs. Au total, 35 protestataires étaient déjà arrêtés en milieu d'après-midi par Scotland Yard, qui avait mobilisé 2.000 policiers.
En Belgique, le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a déclaré dimanche, sur RTL-TVI : « Je suis totalement convaincu que si maintenant, on boycottait les JO de Pékin, ça ne contribuerait pas du tout à la protection des droits de l'homme, bien au contraire (…). Je pense qu'il faut essayer d'influencer les Chinois, d'avoir des pourparlers avec eux. »

Les priorités du nouveau patron de l'Enseignement

Le nouveau ministre de l'Enseignement obligatoire de la Communauté française, Christian Dupont (PS), détaille samedi dans La Libre Belgique ses quatre priorités pour les douze prochains mois."On a un effort à faire en matière d'apprentissages de base -et singulièrement de la lecture (...). C'est la compétence-mère de toutes les matières", déclare M. Dupont. "On doit mettre le paquet sur les formations continuées à la lecture. Mme Arena (son prédécesseur) a commencé, je veux aller plus loin", ajoute-t-il.PasserellesUne autre de ses priorités est l'inter-réseaux. "Tout ce qui peux faciliter les passerelles entre les réseaux est essentiel. Il y a des choses à faire", note-t-il. "On a déjà commencé avec les socles de compétences (communs à tous les réseaux). Il y aussi le décret inspection, qui permet aux inspecteurs d'aller dans tous les réseaux: cela permettra de dégager une vision -pas un contrôle- commune. On doit articuler leur travail avec celui des animateurs pédagogiques. La formation continuée est une autre manière (de favoriser l'inter-réseaux). Les évaluations externes sont aussi un moyen d'avoir une idée réelle de l'état de notre enseignement".EncadrementUne troisième priorité est l'encadrement différencié pour les élèves faibles. "Nous avons besoin de jeunes gens qualifiés et non pas en retard scolaire profond. (...) Il faut faire beaucoup plus que ce qu'on a fait jusqu'ici, si l'on veut inverser la tendance, qui n'a aucun caractère d'une fatalité", assure M. Dupont. Sa dernière priorité est l'apprentissage, par tous les petits Européens, d'une langue de communication autre que la leur. A cette fin, il veut, avec l'aide de l'Union européenne, créer des outils adaptés aux enfants. Le ministre annonce aussi une autre piste pour les inscriptions et réfléchit à de nouvelles modalités pour les fins de carrière des professeurs.

05 avril 2008

Les titres-services plus chers dès le 1er mai

Les titres-services coûteront 30 centimes d'euro de plus à partir du 1er mai 2008, et leur prix net passera de 4,69 à 4,90 euros après déduction fiscale, rapporte samedi Het Laatste Nieuws.
Cette augmentation résulte d'une décision antérieure du gouvernement de faire passer le prix du titre-service, qui est utilisé par quelque 600.000 Belges pour disposer d'une aide à domicile, de 6,70 à 7 euros. Selon Het Laatste Nieuws, elle entrera en vigueur le 1er mai prochain, mais l'arrêté royal doit encore recevoir l'approbation du conseil d'Etat.Par ailleurs, à partir du 1er juin, un utilisateur ne pourra plus acheter plus de 750 titres-services par an, dont 350 seront fiscalement déductibles.

Lire aussi: Dérives dans les chèques-services
Lire aussi: Milquet veut mieux contrôler les titres-services

Les titres-services plus chers dès le 1er mai

Les titres-services coûteront 30 centimes d'euro de plus à partir du 1er mai 2008, et leur prix net passera de 4,69 à 4,90 euros après déduction fiscale, rapporte samedi Het Laatste Nieuws.
Cette augmentation résulte d'une décision antérieure du gouvernement de faire passer le prix du titre-service, qui est utilisé par quelque 600.000 Belges pour disposer d'une aide à domicile, de 6,70 à 7 euros. Selon Het Laatste Nieuws, elle entrera en vigueur le 1er mai prochain, mais l'arrêté royal doit encore recevoir l'approbation du conseil d'Etat.Par ailleurs, à partir du 1er juin, un utilisateur ne pourra plus acheter plus de 750 titres-services par an, dont 350 seront fiscalement déductibles.

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Nouvelles affaires à Charleroi?

Les enquêteurs de la police judiciaire fédérale ont mené une série deperquisitions à l'hôtel de ville de Gilly, où se trouve le siège de l'ASBLMarcinelle-en-montagne, le centre de vacances dont la ville de Charleroi est propriétaire en Savoie. Tous les dossiers de travaux réalisés dans les différents chalets du centre savoyard ont été saisis. Les enquêteurs contrôleront notamment la régularité des marchés et des commandes de matériaux sous l'ère de l'ex-échevin Claude Despiegeleer. Le comptable de l'ASBL a également été entendu.

Reynders répond à Trichet

L'indice santé est utilisé notamment pour calculer les indexations des salaires.
Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, avait réitéré vendredi son opposition au mécanisme d'indexation automatique, en marge d'une réunion informelle des grands argentiers des 27 en Slovénie. Un tel système est à ses yeux inacceptable dans une union monétaire telle que la zone euro. M. Trichet s'est également référé à la gestion du choc pétrolier de 1973 et 1974, où les salaires ont été augmentés pour compenser l'inflation, provoquant selon lui une perte de compétitivité des entreprises et une hausse du chômage.
Le ministre belge des Finances plaide plutôt pour l'intégration de l'indexation des salaires dans les accords interprofessionnels "All-In". "Les travailleurs sont avant tout intéressés par leurs revenus réels", estime M. Reynders. Les ministres des Finances des Vingt-sept sont par ailleurs convenus à Brdo de discuter en mai prochain d'un rapport de la Commission européenne sur la relation entre entre dépenses sociales et politique fiscale dans les différents Etats membres. "Cela nous donnera une vision plus claire sur l'efficacité sociale des Etats membres", espère M. Reynders.

Ce rapport se veut une réponse au défi du vieillissement et explore la manière dont des marges budgétaires pourront être dégagées pour y faire face. Interrogé enfin samedi sur la polémique autour des rémunérations des grands patrons, M. Reynders a estimé que cette question revenait en premier lieu aux actionnaires des entreprises concernées. Il s'est toutefois montré plus circonspect sur la pratique de joindre à ces gros salaires une substantielle prime de départ, appelée "parachute doré".

Reynders veut aider les faibles revenus
Le ministre des Finances, Didier Reynders, a plaidé vendredi à Brdo (Slovénie) pour un aménagement de la politique budgétaire européenne, en sorte de permettre aux gouvernements de compenser les pertes de pouvoir d'achat des personnes les plus démunies."La négociation interprofessionnelle de 2008 sera pour la Belgique un rendez-vous extrêmement important", a-t-il assuré. A l'instar de ses collègues européens, M. Reynders a exclu d'assouplir la lutte contre l'inflation, mais il entend néanmoins agir pour rendre du pouvoir d'achat aux ménages à faibles revenus, notamment parce qu'une baisse des prix des matières premières et de l'énergie est peu probable à court terme, a-t-il dit.Pour le ministre des Finances, la ponction de l'Etat sur les plus bas salaires doit être réduite afin d'augmenter le salaire net. Les entreprises devraient également bénéficier de cette réduction du coût salarial, en sorte de doper leur compétitivité.M. Reynders a précisé ne pas plaider pour un affaiblissement de la discipline budgétaire en Europe. "Je vise le moyen-terme. Il y a là besoin d'une politique responsable", a-t-il dit. Il a néanmoins continué de réclamer un meilleur équilibre entre lutte contre l'inflation et politique budgétaire, qui doit permettre d'éviter selon lui l'émergence d'une période de stag-flation.

Laloux se dit choqué des accusations de mensonge

Le nouveau secrétaire d'Etat fédéral à la Pauvreté et conseiller communal de l'opposition PS à Namur, Frédéric Laloux, s'est dit "extrêmement choqué qu'on l'accuse d'avoir menti" à propos de son recours au système d'utilisation de carburants de mise à Namur. Il a annoncé qu'il ferait publier un droit de réponse.
La défense de l'actuel secrétaire d'Etat qui affirmait n'avoir pas utilisé de manière abusive le système carburant de la ville de Namur lorsqu'il était échevin sous l'ancienne législature, n'est pas conforme à la vérité, a affirmé samedi La Dernière Heure. Selon le quotidien, M. Laloux a affirmé, dans un communiqué, que, n'ayant pas la faculté d'utiliser des véhicules de la ville pour ses déplacements dans Namur, il utilisait son véhicule privé. Or, dixit le journal, une délibération du collège du 14 janvier 2003 atteste qu'à l'initiative de l'échevin de la Logistique (à savoir M. Laloux), il a été décidé que trois véhicules avec chauffeur seraient mis à disposition du collège. Selon le secrétaire d'Etat, le collège avait décidé de lui accorder un débit maximal de 2.000 litres par an au moyen de sa carte d'essence. Pourtant, relève La DH, des documents du collège montrent qu'il a dépassé ce débit maximal par deux fois, en 2002 et en 2005, sans rembourser ces dépassements.
De plus, certains pleins ont été effectués avec la même carte d'essence à quelques heures d'écart seulement, voire à une demi-heure d'intervalle. "C'est avec stupéfaction que j'ai découvert l'article qui prétend de manière éhontée que j'aurais menti quant à l'utilisation de voitures de la ville de Namur. Je suis choqué et blessé par ces propos et je demanderai la publication d'un droit de réponse pour que mon honneur soit rétabli", a souligné Frédéric Laloux, samedi après-midi.
Selon lui, la réponse qu'il a apportée en début de semaine à des premières informations "inexactes" parues dans la presse "ne laissait plus planer aucun doute quant à mon honnêteté et ne permettait aucun amalgame avec l'affaire Gavroy (utilisation de la carte d'essence de la ville par l'épouse de ce dernier à des fins privés). "En ce qui concerne le nombre de litres de carburant, une demande de relevé exact pour les 6 années a été faite mardi à la ville. Je ne l'ai toujours pas reçu... Je m'étonne dès lors qu'on puisse m'attaquer avec tant de virulence sur des documents que la ville ne m'a pas transmis. Je vous propose d'analyser la situation pour chaque année de mon mandat et non pas d'isoler 2 exercices.
Signalant qu'aucun remboursement ne lui a jamais été demandé par le receveur communal, auquel cas il y aurait procédé, Frédéric Laloux s'est "étonné sincèrement qu'on puisse me traiter de 'menteur' sans même prendre la peine de vérifier auprès de moi ce qui apparaît comme des rumeurs colportées par des personnes désireuses de nuire à mon honneur. ...Je suis surtout connu pour ma capacité de proximité et d'écoute. J'ai certainement des défauts. Mais je suis un homme honnête et je m'étonne que mon intégrité soit attaquée sans nuance et vérification sur base de rumeurs mensongères", a-t-il encore tenu à préciser.

Frédéric Laloux a menti

Voitures de fonction : la défense du secrétaire d'État n'est pas conforme à la vérité

Frédéric Laloux, qui a attaqué l'échevin Écolo Arnaud Gavroy à propos de ses consommations d'essence, a-t-il utilisé de manière abusive le système carburant de la ville de Namur, lorsqu'il était échevin sous l'ancienne législature ? L'actuel secrétaire d'État à la Pauvreté et conseiller communal de l'opposition PS à Namur, s'en défendait il y a quelques jours via un communiqué. "Les conditions d'utilisation de véhicules étaient différentes sous l'ancien collège que celles en vigueur actuellement. Ainsi, je n'avais pas la faculté d'utiliser de véhicules de la ville pour mes déplacements dans Namur. C'est mon véhicule privé qui était utilisé." Or, une délibération du collège du 14 janvier 2003 atteste qu'à l'initiative de l'échevin de la Logistique (autrement dit Frédéric Laloux), il est décidé que trois véhicules - une Opel Zaphira, une Nissan Primera et une Audi A6 - seront mis à disposition du collège, avec chauffeur. Comment l'ex-échevin de la Logistique, responsable de la flotte des véhicules communaux, peut-il avoir oublié ce fait ? À moins qu'il ne s'agisse d'un pieux mensonge ? Et ce n'est pas tout. "Pour dédommager ces déplacements avec mon véhicule privé, la décision du collège était que je dispose d'une carte essence. La décision du collège était d'autoriser un débit maximal de 2.000 litres par an", assurait encore le conseiller.
Or, il est avéré par des documents du collège que M. Laloux a dépassé ce débit maximal par deux fois en 2002 (2.239 litres) et en 2005 (2.154) sans rembourser ces dépassements. "Cette carte était valide pour tous types de carburants. Pourquoi tous les carburants ? Tout simplement parce que cette carte servait à effectuer les déplacements dans le cadre des activités de la ville, quel que soit le véhicule : un deux-roues, une voiture ou un utilitaire. J'ai bien entendu en six ans utilisé des véhicules différents." Sauf que des pleins sont faits avec la même carte d'essence à quelques heures d'écart seulement, des pleins diesel et essence à un jour d'intervalle. Sans parler de pleins réalisés à une demi-heure d'intervalle avec la même carte d'essence.
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas Bernard Claude, le procureur du Roi de Namur, qui est compétent dans ce dossier. En effet, comme il l'explique d'ailleurs, l'éventuelle suite judiciaire de cette affaire va dépendre du procureur général de Liège étant donné que Frédéric Laloux est désormais secrétaire d'État. C'est dès lors en toute logique que Bernard Claude a fait parvenir au procureur général les pièces en sa possession relatives à Frédéric Laloux. Au procureur général de décider vers quelle voie se diriger.

Charleroi : 13 prétendants pour BSCA

De grands groupes veulent racheter les 27,65 pc que la Région détient dans la société. Parmi eux figurent ABN Amro, le holding communal, Ackermans & van Haren, Abertis et Hainan Airlines. André Antoine espère faire son choix pour septembre.
Contrairement au pessimisme de certains membres de la majorité régionale, l'appel à candidature du gouvernement wallon en vue de trouver un partenaire privé pour l'aéroport de Charleroi est un succès. Selon nos informations, à la clôture de la première étape de la procédure le 25 mars, pas moins de treize candidats ont répondu à la quarantaine de lettres envoyées les 28 et 29 février derniers aux investisseurs potentiels.
Parmi eux figurent de grands groupes belges (Ackermans & van Haren, Belgian Sky Shops/CNP d'Albert Frère, Holding Communal, Inframan), franco-luxembourgeois (Cube/Natixis, Galaxy Management Services) et britanniques (ABN-Amro Infrastructure Capital Management, GE Capital Corporation). Le groupe chinois Hainan Airlines Airport a aussi marqué son intérêt, de même que l'Espagnol Abertis (via sa filiale TBI), l'Italien Save. "On ne peut que se réjouir de ces marques d'intérêt qui proviennent de grands groupes qu'on peut classer en trois catégories : financiers, fournisseurs de process et gestionnaires d'aéroport. C'est une belle reconnaissance sur le plan international de la politique aéroportuaire que nous menons depuis près de quatre ans", nous a confié le ministre wallon André Antoine (CDH), en charge notamment de la politique aéroportuaire.
Deux groupes recalés
Le groupe turc Celebi et l'Indien GVK (aéroport de Mumbaï) ont également concouru, mais leurs candidatures n'ont pas été retenues, car elles ont été déposées hors délai. Mais ils ne sont pas pour autant totalement écartés de la procédure, car rien n'exclut que les candidats retenus se rapprochent d'eux pour une éventuelle association pour la suite de la procédure. Pour rappel, c'est le 14 février que le gouvernement wallon a marqué son accord pour la cession des 27,65 pc que détient la Sogepa (son bras financier) dans BSCA, la société gestionnaire de l'aéroport de Charleroi.
Le gouvernement wallon devrait approuver ce jeudi 10 avril la liste des candidats retenus durant cette présélection. L'étape suivante concernera la signature d'un accord de confidentialité avec ces derniers et la remise d'un mémorandum. Le document leur fournira toutes les données chiffrées (recettes, personnel, etc.) ainsi que les projets de développement (allongement de la piste, etc.) et les opportunités d'investissements. Ils rentreront ensuite une offre non contraignante que le gouvernement wallon étudiera avec l'aide d'une banque d'affaires et arrêtera une "short list" avec dépôt d'offres liantes. La fin de cette deuxième phase est fixée à fin mai-début juin. Suivra ensuite une troisième phase à l'issue de laquelle l'heureux élu à entrer dans le capital de BSCA sera désigné. "J'espère annoncer le choix du partenaire privé pour BSCA en septembre. Notre objectif n'est pas purement financier, nous voulons trouver un partenaire solide capable d'assurer le développement industriel de la plateforme de Charleroi qui est aujourd'hui le deuxième aéroport national", souligne le vice-président wallon.
Neuf banques sollicitées
L'exécutif wallon a sollicité neuf banques d'affaires qui ont remis une offre concernant leurs services dont Fortis, ABN-Amro, BNP Paribas, Degroof, ING, Dexia et Petercam. Cette procédure a été clôturée hier et il semble que c'est Petercam qui a fait la meilleure proposition.

Huy : vrais tracts, faux rapport

Le PS de Huy a escamoté un rapport sur l'affaire des tracts électoraux distribués pendant les heures de service. Trop compromettant pour le clan Lizin ? Au ministre Courard d'apprécier. Ou de transmettre à la justice.
Aujourd'hui, le ministre Courard doit établir la part du vrai et du faux. Joli capharnaüm ! A Huy, Lizin a été désavouée par d'autres mandataires socialistes, et des médiateurs du parti peinent à colmater les brèches. L'allié libéral se tait malgré les mâles appels du président Didier Reynders, qui prétend « mettre fin à la gestion calamiteuse d'Anne-Marie Lizin ». Quant à l'opposition Ensemble (CDH - au pouvoir avec le PS à la Région wallonne -, Ecolo et indépendants), elle met de l'huile sur le feu en évoquant la manipulation et le maquillage des faits.
Tous, majorité et opposition confondues, ont été réunis au sein d'une « commission spéciale » créée par le conseil communal de Huy, voici deux mois. Objectif : aider Courard. Le lundi 25 février, les uns et les autres (4 PS, 1 MR et 3 Ensemble) se retrouvent une sixième fois pour peaufiner un texte dense, alignant des faits et des déclarations. Entre les lignes de ce document que nous avons pu lire, portant la griffe du secrétaire communal Michel Borlée (étiqueté PS), les constatations sont sévères. Sur les tableaux de présence, des agents communaux se sont contredits de manière flagrante. Ils indiquent avoir travaillé... à l'heure où ils distribuaient des tracts entre le 4 et le 8 juin 2007. Pour les mêmes heures prestées, des feuilles de récupération sont aussi évoquées, alors qu'on n'en trouve aucune trace matérielle.
Le rapport en question était-il trop dangereux pour l' équipe » Lizin ? Trop compromettants, les passages laissant entendre que le secrétariat personnel de la bourgmestre battait le rappel des troupes ? En quelques heures, le mardi 26 février, le PS change alors de version. L'entourage de Lizin recycle en solo un autre texte, accepté du bout des lèvres par le commissaire MR... brillant par son absence le jour de l'ultime réunion de conciliation. Cette version d'inspiration socialiste est plutôt édulcorée : « La commission ( sic ) ne constate aucune volonté manifeste d'irrégularités dans quelque service que ce soit. » Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes...
Entre les deux copies, le ministre Courard jugera. Il peut sanctionner Lizin : une suspension allant jusqu'à trois mois, voire la déchéance de son mandat de mayeur, « si une inconduite notoire ou une négligence grave peut être démontrée » ; mais cela paraît excessif. A l'inverse, il peut s'en laver les mains, au risque d'apparaître complaisant. Ou... transmettre le brûlot à la justice. Parmi les pièces d'un dossier qui s'étoffe figure ce SMS d'un agent communal, apeuré, à son patron : « Dois-je dire la vérité ? » Philippe Engels
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Intérêts notionnels: les socialistes n'y ont vu que du feu !

Décrié aujourd'hui par la gauche, le cadeau fiscal si cher à Didier Reynders n'avait pourtant pas éveillé, en son temps, de soupçons chez ses partenaires socialistes. Non, les intérêts notionnels n'ont pas toujours été un sujet qui fâche. Cet avantage fiscal accordé aux entreprises a même fait le bonheur de la droite comme de... la gauche installées alors au pouvoir. Lorsque, à l'été 2005, les intérêts notionnels acquièrent force de loi sous le gouvernement Verhofstadt II, les libéraux sont enthousiastes. Les socialistes de la coalition violette, eux, se montrent sereins, jusqu'à manifester un certain entrain. Dans la majorité, on ne s'alarme guère de possibles dérapages budgétaires.
On ne redoute pas non plus un usage abusif des intérêts notionnels : le mécanisme permettra aux entreprises de déduire de leur base imposable un intérêt « notionnel » (fictif) sur le capital à risque si les investissements dans l'entreprise même sont alimentés par leurs fonds propres. Ni les grincements de dents du PS, ni les attaques virulentes du SP.A que l'on connaît aujourd'hui n'étaient donc à l'ordre du jour. Didier Reynders, inspirateur de la mesure, marchait sur du velours. A la demande du ministre des Finances, l'affaire sera rondement menée. Adopté, au début de mai, en Conseil des ministres, le projet de loi sera voté par la Chambre le 2 juin, sans que le Sénat use de son droit d'évocation. Moins d'un mois plus tard, le texte fut publié au Moniteur, et entra en vigueur le 1er janvier 2006.

Les silences du député SP.A Van der Maelen
La commission parlementaire des Finances a consacré trois réunions à la question. A la lecture des débats, on constate que les députés socialistes s'y sont montrés peu diserts. A aucun moment, ils ne font part de leur crainte de voir ce cadeau fiscal détourné des objectifs mis en avant. On ne relève aucune allusion à l'application de la mesure par les entreprises publiques et la Banque nationale. Une pratique qui fait aujourd'hui tant jaser. Tout au plus Alain Mathot (PS) rappelle-t-il l'importance que le groupe socialiste attache à la compensation budgétaire du mécanisme fiscal (évaluée à 566 millions d'euros) et à ses effets sur la création d'emplois. En séance plénière, Eric Massin (PS) résume sobrement la pensée du PS, à l'heure d'apporter son soutien sans réserve aux intérêts notionnels : « Lucidité et loyauté » envers l'accord gouvernemental. Sans naïveté, toutefois... « Cette mesure n'est pas sans risques. Mais quelle mesure ne comporte pas sa part d'espoir légitime, mais aussi son lot de déconvenues potentielles ? » Au sein du cartel SP.A-Spirit, l'adhésion l'emporte franchement. Seule à s'exprimer, la députée Spirit Annemie Roppe faisait un aveu qui ne manque pas de piquant au vu de l'offensive actuelle des socialistes flamands : « En commission des Finances, je me suis limitée à deux phrases, pour dire que le SP.A-Spirit se félicite de ce projet. Il reflète le bon sens. C'est l'esprit tranquille que nous le soutenons. » Quant au député Dirk Van der Maelen, aujourd'hui si acharné à crucifier les notionnels, il brillait par son absence au débat. On brûle vite ce qu'on a cru pouvoir adorer une fois qu'on est passé dans l'opposition.

ABX a-t-elle été sous-évaluée?

Jeudi matin dans le journal économique flamand "de Tijd", Herman de Croo pour le VLD proposait de créer une commission d'enquête sur la gestion d'ABX, l'ancienne filiale transport par route de la SNCB. Les mauvais résultats chroniques d'ABX et puis sa revente en 2006 à un prix plancher on défrayé la chronique. Problème : c'est Etienne Schouppe, actuel secrétaire d'Etat à la Mobilité, qui était aux commandes lors de la constitution d'ABX. ….


Comment planter une banderille de plus dans le dos du CD&V ? Herman de Croo a trouvé : fouiller dans les dossiers gérer il y a 8 ans lorsque le CVP était au pouvoir au fédéral. Une banderille qui vise cette fois Etienne Schouppe alors patron de la SNCB entre 91 et 98 et qui a personnellement piloté le dossier ABX.

Petit rappel, Etienne Schouppe veut faire de la SNCB un acteur multimodal et international. Il constitue donc une filiale active dans le transport routier. Quand il quitte la SNCB, ABX est déficitaire, les actions sont revendues en 2006 au groupe britannique 3i pour 10 millions d'euro. Le groupe injecte 80 millions d'euros d'argent frais. Au total, ABX aura fait perdre quelque 1,5 milliard d'euros à la SNCB selon les propres chiffre de l'entreprise publique.

L'histoire est donc ancienne et aucun élément neuf n'est vraiment venu s'ajouter à un tableau déjà très sombre. Sauf que le groupe 3i parle de revendre ABX pour près de 600 millions d'euros...soit une plus value gigantesque...Du coup la question se pose : ABX n'a t'elle pas été vendue au rabais? Pour y répondre Herman de Croo propose une commission d'enquête parlementaire.

Il faut une majorité pour la créer, sur le papier elle à donc peu de chance d'aboutir.Mais Herman de Croo profite surtout de l'occasion pour retourner le couteau dans la plaie d'Etienne Schouppe devenu il y a deux semaine, secrétaire d'Etat en charge de la mobilité et donc de la SNCB...

Charleroi: la vérité sur les affaires

Qui va être condamné ? A quand les procès ? La justice carolo poursuit un double objectif. Mettre hors d'état de nuire quiconque voudrait saboter la ville. Et pincer Jean-Claude Van Cauwenberghe, l'ami d'affairistes pris la main dans le sac. Une course contre la montre.
A propos de Jean-Claude Van Cauwenberghe , ancien patron du PS carolo, deux questions restent en suspens. Un : pourquoi a-t-il laissé faire Olivier Chastel, en septembre 2005 ? Le député libéral s'apprêtait à dévoiler le scandale de La Carolorégienne, cette société de logements sociaux exploitée par des échevins socialistes sans envergure. Chastel en a averti l'un d'eux, Claude Despiegeleer, franc-maçon comme lui, trois jours avant la sortie de son pétard médiatique. Le clan Van Cau n'a pas bronché.
Deux : pourquoi Van Cauwenberghe a-t-il démissionné de son poste de ministre-président de la Région wallonne, le 30 septembre 2005 ? « Un geste disproportionné et, donc, inexplicable », souffle-t-on aujourd'hui dans les milieux judiciaires. Van Cau pensait-il que Despiegeleer, son élève, arrêté le même jour, allait tout « balancer » ? Imaginait-il que la justice était plus avancée dans ses investigations ?
Ces questions et d'autres incitent les enquêteurs à poursuivre leur travail de sape. Des petites frappes (comme Despiegeleer) sont tombées. Un bourgmestre (Jacques Van Gompel) a fait un séjour derrière les barreaux. Des délinquants financiers sont passés aux aveux. Le fonctionnement politique d'une ville corrompue à tous les étages a été disséqué sur la place publique. Près de 50 acteurs de cette mauvaise pièce ont été inculpés. Un total de 80 dossiers sont ouverts. Mais la principale énigme reste entière : le « patron » s'est-il également enrichi ?
A lui seul, le cas des fonds de pension de la ville et de l'intercommunale qui gère tous les hôpitaux de la région (l'ISPPC) illustre les doutes actuels. Des sommes colossales d'argent public ont été jouées en Bourse, en 2000. Ce choix politique discutable s'est opéré sans la transparence requise, à l'époque où Van Cau exerçait un contrôle direct sur les opérations. Recommandée et contactée par le chef de cabinet de Van Cau à la Région wallonne, une petite société de conseil en placements - l'IFCA - s'est greffée de manière surprenante aux montages financiers.
Cet IFCA s'est fait payer doublement pour une mission très limitée : des rémunérations classiques prévues par contrat et des commissions occultes empochées dans des paradis fiscaux, par l'intermédiaire d'une société-écran enregistrée aux Bahamas et nommée « Grand Mandarin ». Au total, les deux associés de l'IFCA se sont joliment sucrés.
Quelque 3 millions d'euros de commissions secrètes ont déjà été exhumés par les enquêteurs de Charleroi. C'est beaucoup pour deux hommes ! Ceux-là ont sévi ailleurs qu'à Charleroi. En Région wallonne, en Communauté française et dans divers parastataux, telle la Société wallonne du logement, où ils avaient leurs entrées. Ils ont été inculpés pour corruption, en février dernier. Mais jusqu'où pousser l'enquête ? Deux hommes dotés d'appuis politiques ont-ils roulé tout le monde dans la farine ? Au contraire, servaient-ils de couverture ?
La ville a été spoliée par des seconds couteaux
Au pied des terrils, pendant plus de dix ans, de tels affairistes ont cohabité avec des gagne-petit . Ces derniers jouaient dans la catégorie inférieure. Il est probable qu'ils n'ont pas saisi tout ce qui se tramait dans les hautes sphères. L'ex-échevin Claude Despiegeleer incarne le mieux ces seconds couteaux, qui se sont servis de temps en temps sur la bête. La plupart sont poursuivis pour des abus de biens sociaux. « Une bande d'incultes pour qui le champagne et le homard constituent le sommet de la gastronomie », lâche un connaisseur.
Des profils assez simples : partis de rien, ces gens se sont élevés grâce à la politique, au clientélisme, à Van Cau. Pas vraiment des lampistes, toutefois, qui auraient gonflé quelques notes de restaurant. Additionnés, les « cadeaux » que les échevins socialistes s'octroyaient à La Carolo, sur le dos des petites gens, atteignent une centaine de milliers d'euros.
Plus grave, ces élus du peuple ont contribué à leur échelle à miner le fonctionnement démocratique de la première ville de Wallonie. Ces soudards ont goûté au pouvoir et en ont redemandé. Le dossier « ville » ouvert par la juge d'instruction France Baeckeland illustre à lui seul toute la folie de quelques hommes. Faux en écriture, marchés publics truqués, estompement généralisé de la norme : Charleroi a été littéralement spoliée. Et l'ancien maïeur Jacques Van Gompel a fermé les yeux. Pis ! L'homme du renouveau, tombé de son piédestal en octobre 2006, quelques jours après les élections communales, a voulu effacer certains agissements de Despiegeleer... après l'arrestation de ce dernier.
A travers lui, c'est le procès de la ville qui se tiendra prochainement. « L'état sinistré de Charleroi découle de ces déviances du pouvoir absolu, de choix politiques catastrophiques, d'un désinvestissement chronique dans l'enseignement, par exemple », commente un magistrat, stigmatisant la manière dont l'argent a été détourné du budget éducation vers celui du sport de haut niveau. Sans que la Région wallonne s'en émeuve réellement : pourquoi, donc, le pouvoir de tutelle n'a-t-il jamais décrété un audit complet de la ville ? Auditer puis aider, investir : voilà qui atténuerait l'impression d'abandon qu'on perçoit sur les bords de la Sambre.
Il est difficile de savoir quand tout a commencé. A coup sûr avant Jacques Van Gompel, qui, en 1995, a succédé à Jean-Claude Van Cauwenberghe, son ancien mentor. L'enquête judiciaire révèle des comportements pervers remontant à l'ère Van Cau, l'homme qui a installé ses soldats à tous les postes de commandement, qui a quadrillé la ville et tissé ses réseaux. Tout porte à croire que la justice ne creusera pas aussi profond, craignant la prescription et l'enlisement. En revanche, elle met les bouchées doubles sur la période contemporaine. L'objectif ? Limiter les sabotages, empêcher quiconque de nuire aux dirigeants actuels. L'an dernier, les patrons de l'administration, une kyrielle de hauts fonctionnaires et tous les échevins de l'ancienne majorité absolue socialiste ont été inculpés. Ce n'est pas fini.
Au sommet de la pyramide : une caste d'affairistes bien informés
Dans les rangs des véritables affairistes , on recense moins de victimes. On en convient au parquet de Charleroi : certains favoris du pouvoir, entrepreneurs privilégiés, cerveaux financiers et rouages intermédiaires courent encore les rues. « C'était prévisible, dit-on. Nous sommes confrontés, ici, à des champions de la dissimulation. Rien à voir avec les seconds couteaux. » Des enquêteurs sont allés à Paris, à Monaco, en Suisse ou sur la verte île de Man, un paradis fiscal perdu dans les brumes de la mer d'Irlande. Sur la trace de gros poissons, suspectés de blanchiment, d'escroquerie ou de corruption.
Les coups de sonde effectués dans ces milieux affairistes confirment la thèse initiale : ces gens-là ont profité de leur pouvoir et des informations qu'ils détenaient à des postes clés afin de réaliser des affaires entre eux, brasser des sommes énormes et décourager toute forme de concurrence loyale. Des proches de Jean-Claude Van Cauwenberghe, à chaque fois. Les associés de l'IFCA ont été invités sur les terrains de chasse de Charleroi grâce aux relations nouées, avant ça, avec l'homme-orchestre carolo, à l'époque ministre wallon du Budget.
L'ancien géant du transport Robert Wagner, également inculpé pour corruption, s'est reconverti dans le secteur immobilier grâce aux nombreux coups de pouce de Van Cau, qui reconnaît avoir « bousculé l'administration » pour soulager son ami. Ce Wagner qu'il fallait aider « pour le bien de Charleroi » se serait ensuite enrichi en détournant des fonds à son propre bénéfice, via un ou plusieurs faux en écriture établis par le fisc et la justice. Quant à l'ex-réviseur d'entreprises Daniel Lebrun, conseiller financier de Van Cauwenberghe pour plusieurs dossiers délicats réglés à Charleroi, il se serait imposé dans le contrat Immo Congo (investissement public à Kinshasa) grâce à ses appuis politiques. De manière légale ?
A intervalles réguliers, on annonce de nouveaux rebondissements dans cette affaire un peu vite pliée au parlement wallon. Enfin, l'entrepreneur Michel Vandezande vient d'être perquisitionné dans le cadre d'une autre affaire immobilière, à Jumet. Lui aussi bénéficie de la présomption d'innocence. Au même titre que Wagner, Vandezande fait partie de ces opérateurs toujours prompts sur la balle, sous l'ère Van Cau, avant même qu'un projet ne se dessine...
Des enquêteurs parlent d'un système d'occupation du pouvoir aux multiples ramifications. D'autres évoquent une toile d'araignée tissée avec une patience étonnante. Il a aussi été question d'une organisation criminelle, difficile à établir. Mais comment tracer l'argent découvert sur des comptes à l'étranger ? Comment défaire pareil écheveau ? Les grandes affaires politico-financières démarrent en général sur un détail, une distraction, une maladresse. Ici, la justice procède à l'envers. Elle tire sur tous les fils d'une énorme pelote en espérant, un jour, toucher au but. Elle cherche tous azimuts après que la cible (Van Cau) a été aisément remarquée. Le temps d'effacer toute preuve ?
Dans les milieux judiciaires, on avoue que, plus les mois passent, plus il faudra bétonner son argumentation avant de coincer Van Cau. Après le politique, ébranlé par la cascade d'affaires, c'est la justice qui se discréditerait en cas d'approximation.

04 avril 2008

Ecolo inquiet pour les CPAS wallons

Par la voix de son député wallon Bernard Wesphael et du conseiller communal liégeois Guy Krettels, Ecolo a affirmé sa solidarité avec le président de la Fédération des Centres publics d'action sociale Claude Emonts (PS) pour demander le refus de l'avant-projet de décret adopté par le gouvernement wallon le 14 mars dernier concernant le financement des CPAS. Cet avant-projet, approuvé en première lecture, prévoit le découplage du Fonds spécial de l'aide sociale (FSAS) du Fonds des communes dont profitent les CPAS. De plus, il prévoit pour le FSAS une simple indexation annuelle, sans le pourcent annuel d'augmentation supplémentaire dont bénéficiera pour sa part le Fonds des Communes.

03 avril 2008

Le salaire des patrons en débat

Les rémunérations des grands patrons belges et les augmentations enregistrées par la plupart d'entre elles en 2007 suscitent le débat, et un début de polémique. Faut-il légiférer ? Vincent Van Quickenborne (VLD), le ministre des Entreprises, n'y est pas favorable et renvoie la balle dans le camp des actionnaires.

La hausse du salaire des patrons de grandes sociétés fait du remous, alors que l'on prône la modération salariale chez Monsieur Tout le monde, et que les actionnaires ne sont pas réjouis par certaines performances. Aux États-Unis, un mouvement, soutenu par le parti démocrate et baptisé « say on pay » demande que les actionnaires puissent au moins être consultés lors de l'assemblée générale sur les paquets salariaux donnés aux managers. Comme c'est déjà le cas en Grande-Bretagne.
Et chez nous ? L'augmentation de la paie du patron de Belgacom, Didier Bellens (2,7 millions d'euros, +42 %), ou celle de 15 % de Jean-Paul Votron, de Fortis, (qui a augmenté de 75 % la part fixe de son salaire, et dont le chèque total frôle les 4 millions d'euros) fait débat. « La forte progression du salaire fixe de Jean-Paul Votron est déplacée, voire choquante, dit Pierre Nothomb (du cabinet de défense des actionnaires Déminor), après une année où l'action Fortis a perdu la moitié de sa valeur (après le rachat d'un tiers des actifs d'ABN Amro, NDLR). Si le management croit réellement que cette opération est créatrice de valeur à long terme, il doit lier l'ensemble de la revalorisation de son salaire à la réalisation de cet objectif. »
Vincent Van Quickenborne, le nouveau ministre (VLD) des Entreprises, est particulièrement sensible au sujet. En tant que sénateur, il avait déjà tenté de légiférer au début des années 2000 pour que les patrons des sociétés cotées dévoilent leur fiche de paie. La loi n'était pas passée, mais les entreprises s'étaient autorégulées en adoptant le code Lippens qui recommande de divulguer les salaires du management. Aujourd'hui, le ministre VLD veut faire une distinction. « Sur le plan technique, la norme salariale (qui canalise le degré d'augmentation des salaires, NDLR) ne s'applique pas aux hauts cadres. Elle ne vaut que pour les employés liés par une convention collective. » Mais il ajoute : « Sur le plan moral, c'est autre chose, mais ce n'est pas au politique à fixer un plafond. C'est l'actionnaire qui est propriétaire de l'entreprise. C'est à lui à se manifester. Je suis en faveur d'un actionnariat activiste. Il y a des cas où les actionnaires ont dit aux managers : vous allez trop loin. »
Belgacom comme dans le privé
Même quand l'Etat détient la moitié de Belgacom ? « Pour les entreprises publiques comme la Poste ou la SNCB, c'est autre chose : le salaire ne doit pas être seulement lié aux résultats financiers. Pour Belgacom, c'est une entreprise hybride. Elle a une mission de service universel, mais est plongée dans un marché très concurrentiel. Je comprends que le salaire de son patron évolue comme dans une entreprise privée. »
Des actionnaires activistes donc. Mais disposent-ils d'armes ad hoc ? « L'actionnaire n'a pas grand-chose à dire, sinon à refuser en assemblée la décharge aux administrateurs (ce qui signifie rendre les administrateurs personnellement responsables d'une gestion qu'on estime irrégulière, NDLR). Mais cela, c'est de la dynamite », affirme Pierre Nothomb.

Quatre millions pour Votron

À LA TÊTE DE FORTIS, son salaire a gonflé de 15 % en un an. Dans le Bel 20, seul Bellens (Belgacom) progresse plus.
Ce n’est pas le mieux payé des patrons des grands groupes belges (ou partiellement belges). Mais c’est l’un de ceux qui a vu sa rémunération le plus progresser au titre de 2007, à en juger par les chiffres ci-dessus, issus des rapports annuels déjà publiés des sociétés membres de l’indice BEL 20 (*). Avec la publication lundi du rapport annuel de Fortis, le salaire global brut de Jean-Paul Votron, président du comité de direction, est en effet passé dans le domaine public. Une base de 750.000 euros, un bonus annuel de 2,5 millions et 660.800 euros en postes divers (plan de pension…) : la somme donne 3,9 millions, en hausse de 15 % par rapport à 2006. Le « package » 2007 comprend aussi 49.655 options sur actions Fortis et 41.775 actions Fortis.
Le rapport explique la hauteur du bonus par « la prestation exemplaire en matière de leadership de M. Votron au cours d’une année qui a véritablement marqué un tournant dans l’histoire de Fortis ». Le tournant, c’est bien sûr l’acquisition d’un tiers d’ABN Amro pour 24,2 milliards d’euros, au terme d’une des plus grosses sagas juridico-financières des dernières années. Sous cet angle, 2007 fut bien une année particulièrement dense pour Jean-Paul Votron et ses équipes.
L’intéressé percevra en outre un million d’euros en fonction d’un plan d’intéressement à long terme couvrant la durée de son mandat initial de quatre ans, arrivé à échéance (la reconduction de Jean-Paul Votron pour trois ans sera proposée en assemblée générale, fin avril) et lié à la performance boursière de Fortis.
Le rapport annuel précise encore que le comité de direction dans son ensemble a perçu 10,9 millions en 2007 (10,3 millions en 2006), dont 6,3 millions de bonus annuels. Ceux-ci sont basés sur l’évaluation d’objectifs communs et individuels, dont les cotes ne sont pas connues mais, vu le montant total et les éléments connus du mode de calcul, elles doivent avoir été bonnes.
Le président du conseil d’administration de Fortis, Maurice Lippens, perçoit pour sa part 400.000 euros au titre de 2007, contre 335.000 en 2006. A partir de cette année, son chèque annuel passe à 700.000 euros.

(*) Au stade actuel de la publication des rapports annuels, seul Didier Bellens (Belgacom) voit ses avantages gonfler davantage, en particulier du côté de la pension complémentaire.
Des options partent en fumée
Chez Fortis, les options attribuées en 2002 arrivent à échéance à la fin de ce mois. Octroyées chaque année dans le double but de fidéliser et de motiver leurs bénéficiaires, les options donnent le droit d’acheter des actions à un prix et jusqu’à une date fixés au préalable. En l’occurrence, elles permettent d’acquérir des titres Fortis au prix de 26,98 euros et ce jusqu’au 28 avril au plus tard.
Seulement voilà : comme ce fut le cas en 2007 avec les options attribuées en 2001, le prix d’exercice du lot 2002 est nettement supérieur au cours de Bourse actuel de l’action Fortis (qui a clôturé ce lundi à 15,96 euros). Sauf à imaginer que le titre s’adjuge plus de 10 euros en moins d’un mois, l’effet de levier espéré passera donc sous le nez des détenteurs de ces options. Le numéro un de Fortis, Jean-Paul Votron, n’est pas lui-même concerné (logiquement puisqu’il a pris les rênes du groupe fin 2004) mais plusieurs membres de son comité de direction le sont : le numéro deux Herman Verwilst, le numéro trois Gilbert Mittler, etc.

Christian Jourquin
Solvay
1,7 million d’euros (+2 %)
Didier Bellens
Belgacom
2,7 millions d’euros (+42 %)
Albert Frère
Groupe Bruxelles Lambert
3,9 millions d’euros (–29%)
Carlos Brito
Inbev
4,25 millions d’euros en 2007 (+9%)
Roch Doliveux
UCB
3,5 millions d’euros (+9 %)
Gérard Mestrallet
Suez
2,75 millions d’euros en 2007 (+1 %)


Les actionnaires de Philips privent leurs managers de bonus en cas de performances médiocres

Le débat sur les rémunérations exorbitantes des grands patrons est entré dans le vif du sujet aux Pays-Bas. En écho aux mesures annoncées par le gouvernement pour mettre le holà à ces dérives (Le Soir du 13 mars), les actionnaires de Philips viennent de rejeter à une forte majorité une proposition visant à accorder des stock-options aux dirigeants même en cas de prestations médiocres de l’entreprise. Une première aux Pays-Bas qui a toutes chances de faire tache d’huile.
Une majorité (57 %) des actionnaires de Philips ont voté contre car la proposition prévoyait que les administrateurs pourraient recevoir des stock-options même si l’entreprise ne réalise pas un bon résultat. « Les propositions de Philips sont très éloignées du débat de société sur les rémunérations excessives », s’est indigné le représentant des fonds de pension néerlandais ABP et PGGM lors de l’assemblée générale de Philips. Une remarque qui a enfoncé le clou après les objections émises auparavant par l’influent cabinet international de conseils aux actionnaires RiskMetrics (ex-ISS).
« C’est une avancée importante. J’espère que cela va devenir la tendance générale », s’est félicité le ministre des finances, Wouter Bos, qui avait annoncé mi-mars une batterie de mesures pour alourdir la fiscalité frappant les rémunérations des grands patrons. Après avoir plusieurs fois tergiversé, La Haye s’était finalement décidée à passer à l’action après la mise en place d’un code de bonne gouvernance resté lettre morte au sein des entreprises depuis son adoption en 2004.
Ce pavé dans la mare intervient dans un contexte général dénonçant les rémunérations excessives des grands patrons. Comme celui de l’ancien président d’ABN Amro. Alors qu’il n’a jamais atteint les objectifs qu’il s’était fixés, Rijkman Groenink, vient de partir avec quelque 32 millions d’euros en poche après avoir vendu son établissement au trio Fortis-Royal Bank of Scotland-Santander. Sous le feu des critiques aussi, le salaire du président d’Unilever, en hausse de 1,1 million d’euros en un an, alors que la croissance du groupe est à la traîne et que son bénéfice net a chuté de 18 % l’an dernier. Prévue en mai prochain, l’assemblée générale d’Unilever fera figure de nouveau test sur la détermination des actionnaires néerlandais à brider l’escalade généralisée des salaires des grands patrons.

Le PS reparle d'un observatoire de la gouvernance

La publication des salaires de nos grands patrons fera-t-elle rebondir le Parlement sur le sujet dans les prochaines semaines ? Oui. La sénatrice PS Joëlle Kapompolé, membre de la Commission des Finances et des Affaires économiques, nous a précisé ce mercredi qu'elle déposerait la semaine prochaine une proposition de résolution sur « l'observation et l'évaluation des principes et recommandations de bonne gouvernance d'entreprise ».
Le texte, émanation d'une ancienne proposition de loi jamais aboutie, est déjà connu à la Chambre où il a été déposé en mars 2007 par le PS, rejoint par le SP.A-Spirit. Il y est question de mettre en place un observatoire de la gouvernance d'entreprise, regroupant des représentants des partenaires sociaux, de la CBFA (gendarme des marchés financiers), des investisseurs, de la Bourse Euronext… Dans quel but ? « Pour objectiver les pratiques et en tirer des recommandations pour ensuite, notamment, encadrer les rémunérations et éviter les abus que nous constatons », situe Joëlle Kapompolé.
À la Chambre, l'idée avait fini aux oubliettes. Passera-t-elle mieux au Sénat ? Vu les propos (ci-dessus) du ministre pour l'Entreprise Vincent Van Quickenborne (Open VLD), difficile d'imaginer que la nouvelle majorité portera le projet comme un seul homme. Dans tous les cas, on est loin de mesures annoncées fin mars par le gouvernement néerlandais, dont la plus spectaculaire est la taxation à 30 % des bonus de plus de 500.000 euros.

La valeur d'ABX sous-estimée?

Le député Herman De Croo (Open Vld) veut que le parlement crée une commission d'enquête sur le fonctionnement d'ABX, ancienne filiale colis de la SNCB aujourd'hui détenue par le groupe britannique 3i, écrit jeudi De Tijd. M. De Croo se demande si la valeur d'ABX Logistics n'a pas été sous-estimée.
Vendue en 2006 par la SNCB pour 80 millions, ABX Logistics, que 3i veut vendre, vaudrait aujourd'hui 600 millions d'euros. M. De Croo souligne que le contribuable a pendant des années financé, à hauteur de 1,5 milliard d'euros, "l'aventure ABX". Il reconnaît que son initiative peut être politiquement sensible. ABX a été dirigée en 2001 et 2002 par Etienne Schouppe (CD&V), actuel secrétaire d'Etat à la Mobilité dans le gouvernement Leterme.

Patron de la SNCB, M. Schouppe avait initié en 1998 une politique ambitieuse de reprise afin que la SNCB devienne un acteur majeur au niveau mondial dans la logistique, l'expédition et le transport par route. Les ambitions de M. Schouppe avait été contrecarrées par des pertes récurrentes en Allemagne et en France. M. De Croo compte sur le soutien de la Lijst Dedecker. Jeudi, la LDD a déclaré qu'elle avait déjà déposé une résolution au parlement pour la création d'une telle commission parlementaire. En mars, Jean-Marie Dedecker avait interrogé le ministre compétent au parlement, rappelle LDD.

Dehaene s'oppose aussi à Blair à la tête de l'UE

Karel De Gucht n'est pas le seul à estimer que Tony Blair ne serait pas la personne la plus adaptée pour le poste de futur président de l'Union européenne. Jean-Luc Dehaene est du même avis. Pour l'ancien Premier ministre, les ambitions de M. Blair ne correspondent pas aux limitations de la fonction, écrit jeudi De Morgen.M. Dehaene ne veut pas personnaliser le débat. Mais il a un certain poids. Il a été vice-président de la Convention pour l'avenir de l'Europe, chargée de rédiger une Constitution. Il avait déterminé les limites de la présidence, rappelle le quotidien flamand. M. De Gucht avait dit, qu'à son avis, la personne qui devait être désignée pour la future présidence de l'Union européenne "ne devrait pas venir d'un Etat membre qui bénéficie d'exemption (opt-out) envers plusieurs politiques centrales européennes, comme l'espace Schengen, l'Euro ou la Charte des Droits fondamentaux", sans citer M. Blair. Le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, pouvait également se sentir visé. "Il y a des Etats membres qui pensent comme M. De Gucht", dit l'ancien commissaire européen Karel Van Miert. "Mais ils n'osent pas dire ce que De Gucht a dit. Il a tout à fait raison. Tony Blair est l'homme des beaux discours mais dans la pratique, il n'a pas raproché la Grande-Bretagne de l'Europe", ajoute-t-il.

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Dexia demande 22,5 euros pour remplacer un lecteur de cartes

Le million de clients de Dexia qui effectuent des opérations bancaires sur le net via un lecteur de carte devront débourser au moins 22,5 euros pour un nouvel appareil si les piles de leur ancien rendent l'âme après deux ans, a indiqué la banque au journal Het Laatste Nieuws.

Le Card Reader est pourtant offert gratuitement lors de la première utilisation, et la durée des piles est normalement de cinq ans, ce qui devrait offrir au client une "garantie" de cinq ans et non de deux. Le client Dexia qui voudrait éviter des coûts supplémentaires et qui chercherait à se procurer lui-même des nouvelles piles en magasin ne serait pas bien inspiré. "Dans ce cas, on n'a plus accès à ses données", indique-t-on chez Vasco Data, le fournisseur de Card Reader. "Dans le lecteur de carte, il y a une espèce d'horloge qui est réglée avec l'horloge d'un appareil Vasco lui-même relié au serveur de la banque. Cette synchronisation des horloges implique que les données doivent être traitées en même temps. Si les piles rendent l'âme, les deux horloges ne fonctionnent plus simultanément et le client ne reçoit alors pas le bon mot de passe." Chez les banques KBC et Fortis, le remplacement des lecteurs de cartes pour les opérations via internet est gratuit.

La Belgique, leader dans le domaine des divorces

Pour 100 mariages en Belgique, il y a 71 divorces, ce qui fait de notre pays le leader incontesté du nombre de divorces en Europe, révèle une enquête menée dans les 27 Etats membres de l'Union européenne et reprise mardi par Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen.En 2005, la Belgique a célébré 43.182 mariages et enregistré 30.844 divorces, soit 71 divorces pour 100 mariages. La moyenne européenne est de 43,5 divorces pour 100 mariages.L'enquête internationale menée par l'Institut espagnol de la Famille montre en outre que le nombre d'avortements pratiques en dix ans, entre 1993 et 2004, en Belgique a augmenté de 50%. La Belgique se classe deuxième, derrière l'Espagne (+75%) et devant les Pays-Bas (+45%).

Les femmes qui flirtent sont trop subtiles pour les hommes
Chaque femme connaît un certain nombre de techniques discrètes de flirt afin d'attirer l'attention d'un homme, d'un regard sensuel lancé au-dessus de l'épaule à un léger frôlement. Mais, selon le Sunday Telegraph, c'est une perte de temps. En effet, la plupart des hommes sont tout simplement aveugles à de tels signes, trop subtils.L'homme ne comprendra le message que lorsqu'une femme l'exprimera de manière extrêmement claire, révèle une enquête menée par l'université d'Indiana et dont les résultats seront publiés le mois prochain dans le magazine Psychological Science.Les chercheurs ont interrogé 300 étudiants des deux sexes afin d'étudier si les hommes étaient sensibles aux signaux. Ils ont montré des photos de femmes, que les hommes devaient placer dans des catégories "amicale", "intéressée sexuellement" ou "pas intéressée".Il est apparu que les étudiants masculins enregistraient un score beaucoup plus mauvais que les femmes et que ceux-ci avaient des difficultés pour faire une différence entre un signe "amical" et "amoureux".Ils voient en effet souvent un signal sexuel comme un signe d'amitié, et dans un signe amical une technique de séduction. Les chercheurs ont conclu que les hommes ont tendance à se "perdre" dans un monde de signaux subtils qu'ils ne sont pas capable de déchiffrer.