03 avril 2008

Pour une réforme de l’assurance-dépendance

Vandenbroucke livre sa vision de l’autonomie flamande, et sa conception de l’assurance-dépendance

Vice-président du gouvernement flamand, où il détient le portefeuille du travail, de l’éducation et de la formation, Frank Vandenbroucke (SP.A) revendique tout à la fois une réforme de l’assurance-dépendance et une conception forte de l’autonomie flamande…


Pas démontés par l’arrêt de la Cour européenne de justice relatif au régime d’assurance-dépendance (Le Soir de mercredi), les politiques flamands se réjouissent que leur compétence dans cette matière – l’aide aux personnes – soit confirmée au passage. Vice-président (SP.A) du gouvernement flamand, où il détient le portefeuille du travail, de l’éducation et de la formation, Frank Vandenbroucke revendique tout à la fois une réforme de l’assurance-dépendance et une conception forte de l’autonomie flamande…
L’arrêt de la Cour, quelle importance ?
Il n’est pas très significatif. Il dit qu’il faut adapter notre système aux règles européennes, ce que l’on pressentait. Plus intéressant : le fait que la compétence du gouvernement flamand dans ce domaine soit confirmée. Il n’y a plus de doute. Même si je considère que notre système d’assurance-dépendance, mis au point en 2001, n’est pas bon, et qu’il doit être réformé. Pauvres et riches paient la même cotisation, on ne tient pas compte des besoins réels des gens, etc. Je presse pour modifier les choses. Moi, quant à l’aide aux personnes, je suis favorable au mécanisme du « maximum à facturer » en soins de santé, que j’avais promu lorsque j’étais ministre des Affaires sociales au fédéral, et auquel ont travaillé ensuite mes successeurs, Rudy Demotte, Laurette Onkelinx. Je vais mettre cela sur la table du gouvernement flamand.
L’assurance-dépendance fut créée avant tout parce que cela avait une valeur symbolique pour la Flandre, son autonomie ?
Oui. On voulait un régime identifiable en tant que tel, avec sa propre cotisation, etc. Je vous ai dit ce que j’en pense, et le besoin de réformer tout cela. J’en profite pour dire qu’il faut arrêter avec ces options « symboliques » mais difficiles à appliquer, au Nord comme au Sud du pays. Et ne pas aborder les négociations pour la réforme de l’État dans cet esprit.
Dans quel esprit alors ?
Celui d’une réforme de l’État pour plus d’efficacité, une réforme « sociale », dirais-je, dont l’objet principal doit être de consolider les capacités de financement de l’État fédéral afin qu’il puisse mieux assumer ses tâches, pour les pensions, les soins de santé, les allocations familiales, comme dans les domaines de la Justice, de l’Intérieur, etc. Pour le reste, il est nécessaire de responsabiliser davantage les Régions et les Communautés dans leurs politiques d’emploi. Enfin, laissons-leur la possibilité de développer leurs propres outils pour faire face aux réalités nouvelles de nos sociétés et de nos économies. L’assurance-dépendance est un exemple.
Vous n’imaginez donc pas de
refédéraliser ce système.
Non. La compétence est bien à sa place. En plus, le fédéral n’a pas les moyens aujourd’hui d’organiser seul une nouvelle branche de la sécurité sociale.
Votre vision de la réforme de l’État n’est pas forcément celle qui domine dans le monde politique flamand…
Car le discours sur la réforme de l’État a été porté par la droite flamande. La gauche a délaissé le sujet. Alors que l’avenir de l’État, son organisation, cela la regarde, typiquement.
Au titre de l’enseignement, vous êtes en charge notamment de la périphérie bruxelloise, où vous poursuivez une entreprise de flamandisation mal perçue du côté francophone…
Flamandisation » !, c’est un terme ethnique, qui ne correspond pas du tout à mes vues. Moi, je veux une Flandre ouverte et généreuse. Mais la défense de notre langue est importante. Protéger et promouvoir sa langue sur son territoire, c’est une entreprise légitime, et des philosophes comme Van Parys du côté francophone abondent. On ne peut former une société que si l’on peut communiquer. En plus, le néerlandais n’est pas diffusé dans le monde, et doit donc faire l’objet d’une grande attention. Cela dit, il faut décrisper les rapports en périphérie, et on n ’y arrivera pas tant qu’on n’aura pas réglé politiquement le problème BHV, une priorité.

Pour les thèses et analyses du ministre flamand : www.vandenbroucke.com

Si tu veux être ministre, ne sois pas parlementaire !

Leçon de Van Cau et morale de l'histoire
Jean-Claude Van Cauwenberghe s'émeut de la désignation surprise de Julie Fernandez Fernandez et Frédéric Laloux dans le gouvernement Leterme Ier. Et dénonce la nomination de non-parlementaires dans les exécutifs.

Pour comprendre : Jean-Claude Van Cauwenberghe ne rate pas une occasion pour quereller Elio Di Rupo, jugé responsable de son départ précipité de l'Elysette à la fin 2005, dans la tourmente carolo. Le récent remaniement ministériel dans les rangs socialistes pour la formation de Leterme Ier, opéré par son président de parti, lui a ouvert une opportunité. La désignation surprise aux secrétariats d'Etat à la personne handicapée et à la lutte contre la pauvreté de deux trentenaires « inconnus », Julie Fernandez Fernandez et Frédéric Laloux (échevine à Liège, et ex-échevin à Namur, tout de même, donc élus dans leur ville) a provoqué quelques grognements dans le groupe parlementaire fédéral (« Quelle expérience politique ont-ils ? Et nous dans tout ça ? »), et les débuts chahutés du second (séquence télévisée sur la vraie-fausse attribution d'un cabinet à son nom, polémiques sur l'utilisation de sa carte de carburant de la Ville) ont achevé de faire des gorges chaudes.
Tradition
Voilà pour le contexte dans lequel Van Cau a signé, avec le député liégeois Charles Janssens, jeudi dans Le Soir, une carte blanche mi-doctrine mi-vitriol qui dénonce ce qu'il désigne comme une tendance lourde à hisser dans les exécutifs des non-parlementaires, parfois des non-élus, sans légitimité électorale, et intitulée : « Si tu veux être ministre, camarade, ne sois pas parlementaire ! ».
Ecorchant son président de parti et sa bête noire désormais, Paul Magnette, le très remarqué politologue de l'ULB propulsé l'an dernier au gouvernement wallon, puis au fédéral, après avoir éteint le feu carolo comme envoyé express du Boulevard de l'Empereur, l'ex-grand patron de la métropole wallonne s'interroge sur le sort de nos démocraties représentatives.
Vincent de Coorebyter (directeur du Crisp) recadre le débat : « N'oublions pas qu'un gouvernement n'est pas un parlement. J'attire l'attention sur la distinction en démocratie entre l'exécutif et le législatif, qui lui seul est composé d'élus, et dont l'objet est notamment de contrôler l'exécutif, ouvert à tous. Cela étant, il est vrai que la tradition chez nous veut que des parlementaires deviennent ministres, et Van Cau a raison de noter qu'elle a été égratignée ces dernières année. » Quoique très relativement, à ce stade. Côté non élus, Paul Magnette et, en 2001, Marie Arena, ont surgi au PS ; Jean-Claude Marcourt aussi (il était chef de cabinet). La nomination à Namur de Philippe Courard avait fait sensation en 2004, mais lui était mayeur, à Hotton. Bref, le phénomène est limité. La grande majorité des ministres sont issus d'assemblées parlementaires, les exceptions émanant, évidemment, de tous les partis. On pense, entre autres, à Marie-Dominique Simonet, Catherine Fonck, Benoît Lutgen, Josly Piette (CDH), Sabine Laruelle (MR), Kris Peeters (CD&V), Inge Vervotte (VLD)…
« Attention, en France, ils ont promu des Kouchner, Laporte, Tapie, Amara… On est donc allé chercher des non-élus parfois pour leur expertise, certes, mais encore pour leur côté symbolique, pour frapper l'opinion. Ce n'est pas le cas en Belgique. On prend des « vedettes » sur les listes électorales, pas dans les exécutifs, où les compétences importent en priorité ». Ou, parfois, la jeunesse. La nouveauté. Pour de mauvaises ou de bonnes raisons : créer l'événement médiatiquement, court-circuiter les structures internes, provoquer épisodiquement un renouvellement des cadres et des élites.
Fondé partiellement seulement, fleurant fort la polémique interne, l'appel de Van Cau à une reparlementarisation de la fonction ministérielle a donc surtout le mérite de bien signaler ceci, à propos de notre démocratie représentative : quelque chose ne tourne pas rond.

Gravir les échelons du parti ? Le contre-exemple carolo

Il fut un temps où le cursus normal d’un homme ou d’une femme politique impliquait un solide enracinement dans le terreau militant et un passage par l’école de la démocratie locale », écrivaient jeudi dans nos colonnes Charles Janssens et Jean-Claude Van Cauwenberghe. Le tandem socialiste voyait dans ce modèle l’incarnation de « l’éthique socialiste du mérite », à des années-lumière des pratiques de leur président Pygmalion.
On serait tenté d’applaudir, s’il n’y avait… l’exemple carolo. À Charleroi, le fonctionnement de l’USC sous Jean-Claude Van Cauwenberghe n’est pas étranger aux « affaires » qui ont secoué la Ville, depuis 2005. Le PS comptait presque autant de sections (16) qu’il y avait d’anciennes communes (15) et de postes au sein du collège (11 et la présidence du CPAS). En majorité absolue, celui qui voulait briguer un échevinat – l’échevin sortant ou le « leader de section » (nom donné au principal conseiller communal socialiste d’une section ne disposant pas d’un échevinat) – se devait de maîtriser troupes et débats au sein de sa section. Un découpage géographique inspiré par une volonté de proximité mais qui a vite tourné à la féodalité : aucun dossier ne pouvait se concrétiser sans l’aval de l’homme fort du coin. De même, le patron d’une section se devait d’écarter les trublions susceptibles de contester son autorité. On imagine volontiers le sort réservé à un Magnette ou à une Arena s’ils avaient dû effectuer ce cursus honorum du parti avant d’émerger…
Cette logique de pouvoir, appliquée à l’échelon supérieur (contrôler une majorité de section pour contrôler l’USC) a conduit le PS carolo, sous l’ère Van Cau, à privilégier la fidélité à la compétence, chacun bâtissant sa popularité électorale au départ de sa visibilité politique et sociale. Certains camarades ont ainsi pu accéder à des fonctions parce que, maître dans leur fief et dévoué à leur leader, ils s’étaient rendus incontournables. Au point de se croire tout permis.

Jean-Claude Van Cauwenberghe attaque Di Rupo : une nouvelle règle s’impose au PS pour devenir ministre : n’être ni député fédéral ou régional, ni sénateur.
De renouvellement de gouvernement en renouvellement de gouvernement, au niveau fédéral comme au niveau des entités fédérées, une nouvelle règle s’impose au PS pour devenir ministre : n’être ni député fédéral ou régional, ni sénateur.
Il fut un temps où le cursus normal d’un homme ou d’une femme politique impliquait un solide enracinement dans le terreau militant et un passage par l’école de la démocratie locale. Fort de combats électoraux remportés et d’une expérience de gestionnaire communal ou provincial, il se présentait alors aux élections régionales ou fédérales. S’il était élu député ou sénateur et confirmait cette légitimité populaire par des capacités politiques, il devenait alors naturellement ministrable.
Quoi de plus logique et rationnel que de confier les responsabilités exécutives du niveau supérieur à des élus du peuple que leur travail, leurs compétences, leur popularité avaient distingué aux yeux du président du parti. C’est en effet à ce dernier que la tradition confie la charge de constituer « ses » équipes ministérielles sur la base d’équilibres subtils entre fédérations, sexe et expérience.
Ne soyons pas hypocrites, ce type de désignation « discrétionnaire » a toujours entraîné son lot de désillusions, de frustrations voire de rancœurs chez les parlementaires oubliés par « le fait du Prince », mais cela sans pour autant pousser à remettre en cause la légitimité de telles désignations.
Il pouvait même y avoir exceptionnellement – ce que la loi permet – la désignation d’un extraparlementaire, « oiseau rare » que des compétences particulières et une expérience reconnue pouvaient appeler à une responsabilité ministérielle « spécialisée ». Là aussi, derrière les déceptions humainement compréhensibles, personne n’y a jamais trouvé à redire.
Aujourd’hui, ce qui était l’exception tend à devenir la règle. Au point qu’il ne fait pas bon être parlementaire si l’on nourrit la légitime ambition de devenir un jour ministre.
Croire que cette pratique présidentielle est appréciée par les militants serait se bercer d’illusions. Ne parlons même pas du petit monde des parlementaires qui n’a pas de mots assez durs pour critiquer, publiquement parfois, en sourdine souvent, cette dérive qui néglige ces « harkis » qui assument les combats électoraux.
Questionné sur ce phénomène nouveau qui fait adouber un futur ministre par le seul président du parti sans passer par la légitimation préalable de l’électeur, Paul Magnette, spécialiste de cette question en sa double qualité de politologue et de bénéficiaire du système, déclarait que « cela donnait un peu d’air… et apportait un regard nouveau à la fonction ministérielle ». Les parlementaires apprécieront, qui sentent le renfermé des couloirs d’assemblée et dont le regard est fermé par les coups reçus sur le ring des combats électoraux qu’ils ont dû assumer pour leurs idées et leur parti.
Cela étant, il convient encore d’établir une distinction ténue entre un mandataire local désigné ministre et celui qui n’a jamais vu un électeur ni de près ni de loin. Sur l’échelle de Richter de « l’illégitimité », la fracture politique n’est pas de même amplitude.
Pourquoi cette mode nouvelle et critiquable est-elle devenue la règle, s’interrogent nombre de militants et de mandataires socialistes, ne faisant en cela qu’amplifier une interrogation citoyenne ? Quelles en sont les motivations ? Plusieurs explications peuvent être avancées séparément ou cumulativement.
D’abord, probablement la volonté d’un président d’apparaître comme celui qui décide seul, sans contrainte, c’est-à-dire sans devoir s’embarrasser des succès électoraux des candidats ministrables.
Sans doute aussi cette obsession médiatique permanente qui conduit à vouloir toujours étonner et à réserver systématiquement aux médias ce que la presse qualifie de « surprise du chef ».
Certainement aussi cette arrière-pensée selon laquelle, pour bien tenir ses troupes parlementaires en main, il n’est pas inutile de leur démontrer par l’absurde que ce ne sont pas eux qui peuvent s’imposer au président, mais bien l’inverse. Sans parler du lien de dépendance qui se crée immanquablement entre le ministre privilégié et « son » président-créateur !
L’effet pervers immédiat de ce « système » est que les ministres non parlementaires n’auront plus de repos tant qu’ils ne le seront pas devenus. Ils n’auront plus qu’une obsession, compréhensible, celle de conquérir la légitimité électorale qui leur fait défaut.
Très bien… si ce n’est qu’ils le feront sur un pied d’inégalité médiatique avec leurs collègues/concurrents parlementaires restés dans le rang de leur fédération et dont – c’est le comble – on raillera la propension à serrer des mains et à fréquenter assidûment les manifestations « boudin-compote ».
Sans porter de jugement de valeur sur les personnes concernées, la question que l’on peut légitimement se poser est de savoir si cette option correspond bien à l’éthique socialiste du mérite, à la nécessaire transparence, au concept du travail politique récompensé ou, plus fondamentalement, aux exigences citoyennes de notre temps. Qu’on ne vienne surtout pas répondre par une dialectique fallacieuse que les sondages cautionnent ce type de méthode… Ce serait un peu vite oublier que, parfois, les électeurs ne se privent pas de la rejeter avec fracas… !
Au-delà de ces péripéties, la surenchère partisane étant ce qu’elle est, lorsque des règles communes ne sont pas imposées à tous, ne faut-il pas, aujourd’hui, s’interroger sur la nécessité de légiférer en la matière ?
En effet, dans le cadre actuel poussé à son paroxysme, on pourrait imaginer un gouvernement sans parlementaire, ce qui confirmerait, dans le meilleur des cas, une approche purement médiatico-technocratique et, dans le pire, une sélection exclusivement basée sur le « copinage ».
Face à ce qu’il faut bien appeler une dérive, on entend de plus en plus évoquer l’idée selon laquelle la Constitution, la loi ou le décret devrait exiger qu’on soit parlementaire pour devenir ministre ou, de façon moins radicale, que soit limitée la proportion d’extraparlementaires dans les gouvernements. On évoque également la nécessité d’imposer à un candidat à une élection parlementaire de siéger obligatoirement dans l’assemblée pour laquelle il a sollicité et reçu la confiance de l’électeur. Dans la foulée, on pourrait lui imposer de ne pouvoir siéger qu’au gouvernement issu de ce niveau de pouvoir. Plus besoin alors de disserter à l’envi sur les mérites respectifs du couplage et du découplage des élections fédérales et régionales : si chacun de ces deux niveaux essentiels dispose de son personnel politique « spécialisé », les « jeux de chaises musicales » ne sont plus à craindre, sans pour autant sacrifier l’intérêt de scrutins distincts, centrés sur les différentes problématiques.
Faire confiance à un homme ou une femme politique et lui conférer un « mandat » pour qu’il nous représente dans telle assemblée ne doit pas exposer l’électeur à découvrir, après coup, les résultats parfois étonnants de sa transhumance politique.
Plus les règles et les pratiques d’une démocratie représentative seront saines, logiques, compréhensibles et transparentes, plus le citoyen pourra adhérer sans retenue ni réserve aux institutions politiques, qu’elles soient fédérales et régionales. Moins elles le seront et plus le fossé entre l’opinion publique et la classe politique continuera à se creuser.
Un retour à des principes sains et normaux quant au choix des ministres est inscrit dans les astres. Inéluctable car allant dans le sens de l’objectivité et de la rationalité qui sont désormais réclamées du politique et qui sont de ces nouvelles exigences citoyennes marquées souvent au coin du bon sens.

Flahaut et le PS placent Leterme sous surveillance

UN « CABINET FANTÔME » au PS passera au scanner notre politique étrangère et de Défense. Premier acte : le sommet de l'Otan qui démarre ce mercredi… Et ceci n'est pas un poisson d'avril.
Entretien avec André Flahaut /
L'EDITO : "Ne pas confondre stratégie de sortie et issue de secours"


A peine né, le « shadow cabinet » du PS, comme nous le décrit André Flahaut, administre à Yves Leterme une sévère piqûre de rappel, à l'avant-veille de la première grande apparition du nouveau chef du gouvernement sur la scène internationale, au Sommet de l'Otan, à Bucarest, ces 3 et 4 avril.
C'est que, explique André Flahaut, « sous Leterme Ier, et déjà sous le gouvernement intérimaire, les relations extérieures et les départements d'autorités sont des fonctions toutes aux mains des néerlandophones et/ou des libéraux ». Ce qui pose problème. Même si, au fond, cela n'a rien de bien scandaleux ou de très étonnant puisque, de l'aveu même de l'ex-ministre de la Défense… « même quand j'étais au gouvernement, l'international n'était pas la première préoccupation de mon parti ».
D'ailleurs, qui, au PS, est à fois élu et compétent à l'international ? Philippe Mahoux, Patrick Moriau, André Flahaut, et c'est tout juste si le boulevard de l'Empereur ose prononcer une évidence : Anne-Marie Lizin.
Un « cabinet fantôme » se rassemblera désormais tous les jeudis matin – en coordination avec le SP.A flamand et le PSE européen. On y passera au scanner les décisions gouvernementales dans les domaines des Affaires étrangères, européennes, de la Coopération, de la Défense. A la manœuvre : André Flahaut, en concertation avec la vice-première Laurette Onkelinx. Au passage, il n'échappera à personne que l'idée même (typiquement d'opposition) de mettre sur pied un cabinet fantôme de la part d'un parti membre de la majorité est un délice.
En l'occurrence, la piqûre de rappel administrée ici à Yves Leterme renvoie à la note relative au Sommet Otan de Bucarest, et remise le 20 mars au Conseil des ministres.
Au chapitre « Afghanistan », pas une seule fois n'est mentionné dans cette note le concept de « stratégie de sortie », pourtant plébiscité le 7 février en commission mixte Chambre-Sénat de la Défense par les parlementaires de tous les partis démocratiques. Le 13 février, quelques jours après un sommet Otan informel à Vilnius, l'importance du concept avait à nouveau été rappelée à M. De Crem, ministre de la Défense, par le parlement. Aucune franche correction de cap n'est visible dans la note du 20 mars, avec laquelle MM. Leterme et De Crem se rendent au sommet de l'Otan : seule la stratégie globale Otan est mentionnée.
Quelle sera la ligne belge à Bucarest ? Le PS craint, dit André Flahaut, une poussée atlantiste, hors sentiers parlementaires et budgétaires.

02 avril 2008

Albert Frère va exploiter le gaz des mines du Benelux

Transcor, une filiale de la Compagnie nationale à portefeuille (CNP) de l’homme d’affaires Albert Frère, s’est engagée dans une joint-venture avec l’entreprise gazière australienne European Gas Limited (EGL), notamment pour l’exploitation du gaz naturel des anciennes mines de charbon du Benelux.

Transcor et EGL prennent chacune la moitié de la nouvelle coentreprise, qui portera le nom de Benelux JV. Elle se focalisera sur l’extraction et le traitement du gaz des couches carbonifères qui n’ont pas encore été exploitées et des mines qui ont été fermées. Benelux JV va également traiter et commercialiser du pétrole et du gaz.

La CNP cherche depuis le début de l’année des possibilités dans ce domaine, mais n’était concernée jusqu’à présent que par les mines françaises.

Au début de l’année, la CNP avait investi 36,4 millions d’euros dans EGL, via sa filiale Transcor, ce qui avait permis à EGL de reprendre le groupe français Gazonor, spécialisé dans le gaz minier. Il était déjà question à ce moment d’une joint-venture entre Transcor et EGL.

Le Country Hall, rêve devenu cauchemar

Le vaisseau amiral du spectacle liégeois revient de loin. Sauvé des eaux en 2007, il devrait bientôt être géré par une nouvelle équipe. L'appel d'offres est bouclé ce lundi. Retour sur une incroyable saga.

ENQUÊTE
Le pouvoir a une brique dans le ventre. Une vertu que François Mitterrand avait cultivée en bâtissant la Grande Bibliothèque de France, la Grande Arche de la Défense ou la pyramide du Louvre. Plus végétarien, Jacques Chirac avait opté pour le musée du quai Branly et ses cascades de verdure. Quelle que soit sa marotte, tout ego d'un puissant se cristallise autour de cet impérieux besoin d'ériger un Panthéon. À sa mémoire.
Plus proche de nous, cette ambition foisonne avec la même intensité. Mais à moindre échelle. Quand il s'agit de laisser une trace de leur passage, nos éminences ne peuvent enfoncer leurs pas dans l'histoire d'une même pointure que les pharaons hexagonaux…
Ici, une gare. Là, un circuit. Plus loin, une piscine ou un centre culturel. Voire un simple bouton de bretelle d'autoroute. Le tout surmonté d'une plaque commémorative authentifiant la signature du commanditaire, cisaillant fièrement le cordon de sa pérennité.
L'histoire du Country Hall de Liège illustre à merveille ce cocktail improbable où s'agitent tant de passions aux arômes contradictoires. Comme la responsabilité, l'ambition, la mégalomanie, l'impatience, l'amateurisme, l'aveuglement… Avec ce parfum tenace qui domine l'ensemble, la recherche inassouvie de reconnaissance, remède universel contre l'oubli.
Au terme d'une saga invraisemblable, le vaisseau amiral du spectacle liégeois revient de loin. À deux doigts de la faillite en 2007, il semble une nouvelle fois sauvé. Et en passe d'être bientôt géré par une nouvelle équipe de professionnels. Ce lundi, l'appel à manifestation d'intérêt lancé pour dégoter cette perle rare, capable d'exploiter un Country Hall budgétivore, sera bouclé. Des candidats se sont manifestés.
Retour sur la conquête d'un rêve politique qui a vite tourné au cauchemar.
Le rêve de Bavière
« Au Sportpaleis d'Anvers, il y a combien de places ? »
« 12.000, Monsieur le ministre. »
« Eh bien, on en fera 12.000 aussi ! »
Nous sommes à la fin 2001. La scène est rapportée par le témoin d'une réunion entre le ministre Daerden (PS) et une poignée d'acteurs locaux. Penchés sur le site en jachère de l'ancien hôpital de Bavière, ces derniers examinent la faisabilité du projet de construction d'une grande salle polyvalente qui viendrait couronner ce statut de métropole européenne tant convoité par la Cité ardente. Entourée de logements, la Cité des sports pour laquelle on ira jusqu'à prévoir… 14.000 places se doterait d'une patinoire, d'une piscine et d'une marina. La facture serait à la hauteur : 45 millions d'euros.
Après avoir approché plusieurs barons socialistes, Pascal Seret, lobbyman liégeois servant les intérêts du groupe français Bouygues, s'empare du projet. « Beau parleur, il ne lui a pas fallu longtemps pour convaincre les édiles », se souvient un observateur. « L'idée consistait à doter Liège d'un outil ayant la capacité de Paris-Bercy. Mais sans avoir la manne de spectateurs potentiels de la capitale française ! »
Les premiers à sonner l'heure du retour au sol sont d'autres socialistes liégeois : « Ils consultaient en groupe restreint autour de Pascal Seret qui avait déjà laissé quelques ardoises ailleurs, se souvient ce mandataire PS. Dans leurs réunions, pas un spécialiste du spectacle n'a été consulté ! »
Un autre ajoute : « 14.000 spectateurs ! Seuls trois chanteurs français peuvent en attirer autant. Ils allaient faire comment ? »
« Cet investissement n'était pas opportun. Je l'avais expliqué à Michel Daerden », confirme l'ancien ministre Jean-Pierre Grafé (CDH). « Plusieurs professionnels du spectacle m'avaient prévenu. Les outils polyvalents ne fonctionnent jamais. Et Liège ne pourra pas rivaliser avec Bruxelles ou Anvers ».
Le doute s'installe. Le bourgmestre Demeyer (PS) quitte le navire. Son échevin de l'urbanisme aussi. Le ministre José Darras (Écolo) évoque au gouvernement wallon les problèmes de mobilité causés par un tel mastodonte au cœur de la ville. Début 2003, le projet est abandonné. Pascal Seret remballe ses plans. Un proche conclut : « Il a encore causé quelques déboires (dont le déclenchement d'une enquête judiciaire sur l'attribution du marché au groupe Bouygues pour la construction du stade Luc Varenne à Tournai, NDLR) avant de s'installer à Cannes. »
Le hasard du Standard
L'échec de Bavière n'altère en rien la volonté inoxydable de Michel Daerden. D'autant que le virtuose de la calculette avait déjà réuni la somme de 9 millions d'euros de subsides via son portefeuille régional des Infrastructures sportives. « Comme Grafé avait réalisé le tunnel de Cointe, il voulait aussi laisser un grand témoignage », se souvient cette éminence.
Très vite, le ministre s'intéresse au Sart Tilman (sur les hauteurs de Liège), où subsistent les 30 hectares du site du bois Saint-Jean et ses installations sportives fanées par le temps. Certains lui opposent leurs réticences : « Guy Mathot avait tenté de l'en dissuader mais avait abandonné pour lutter contre la maladie, nous confie un témoin. D'autres ont essayé. En vain. »
Le bois Saint-Jean avait été acquis en 1967 par le Standard pour y installer son club de basket dans une salle pyramidale dessinée par l'architecte liégeois Charles Vandenhove, associé à l'époque au bureau Greisch (nous y reviendrons). En 1994, le Standard rencontre des difficultés financières. Il vend le domaine à la Communauté française pour y développer ses activités sportives (Adeps). En 2003, lorsque Daerden lève son regard gourmand vers le Sart Tilman, ces infrastructures sportives se trouvent dans un état de semi-abandon. L'équipe de Basket Liège (ex-Fléron), qui a remplacé le Standard, occupe la salle depuis son accès en division 1. Et commence à refuser du monde à l'entrée.
Parallèlement, une autre idée émerge dans l'enfer de Sclessin : la création d'un centre de formation top-niveau pour les jeunes footballeurs. Ami inconditionnel de Luciano D'Onofrio, vice-président du Standard, Daerden était prêt à l'accueillir sur sa commune. Mais cette fois, il dispose de tous les leviers pour réaliser un échafaudage comme il en raffole.
Le grand accord
Au sommet du montage financier, la puissante intercommunale SLF (Société de leasing et de financement) deviendra le réceptacle des subsides publics tout en servant de banque prêteuse et de coordinatrice du projet. Les grandes manœuvres peuvent alors être lancées sous l'égide du ministre multicasquettes.
En mai 2004, la Communauté française signe un bail emphytéotique avec la SLF qui obtient les 30 hectares du bois Saint-Jean. Trois cinquièmes du site sont réservés au futur centre de formation du Standard. Pour une raison que la logique ne peut expliquer, le club ne s'acquittera que du tiers du loyer annuel, à savoir 50.000 euros. Le solde, qui comprend la salle existante, appelée Country Hall, et quelques installations annexes, sera transformé en salle polyvalente, inspirée par le défunt projet Bavière. Solidement revu à la baisse.
La SLF finance les 15 millions d'euros nécessaires au centre de formation du Standard et, dans l'élan, avance 5 millions pour réchauffer le terrain de Sclessin. Et 20 autres millions sont réservés à l'aménagement de la grande salle. Pour parfaire son tour de table, Michel Daerden recherche des partenaires. Il les trouvera… en Croatie.
En juin 2004, la presse liégeoise participe aux « Olympiades des journalistes », un événement où les édiles locaux aiment s'inviter, dont le gouverneur Paul Bolland (PS) et quelques députés permanents. « Daerden a créé la surprise en déboulant parmi nous, rappelle un participant. Dans l'ambiance décontractée, il a présenté son idée aux représentants de la Province. »
Bingo ! Le ministre revient à Liège avec cette promesse. La Province financera le projet à raison de 750.000 euros par an durant vingt ans. En contrepartie, Paul Bolland, proche de la pension, reçoit la direction bénévole de la société de gestion de la future salle. À côté de Liège Basket, principal locataire, la société assurera le remplissage du Country-Hall en accueillant d'autres événements. Pour les y aider, deux comités d'accompagnement de professionnels du spectacle et du sport sont annoncés. Ils ne verront jamais le jour. Erreur magistrale !
Un marché
contesté
Le chantier peut commencer. Légitimée dans ce rôle par les neuf millions de subsides régionaux, la SLF devient maître de l'ouvrage. Tout s'accélère. Le permis unique est accordé en mai 2005, à la fin de la saison de basket. Et il faudra terminer le chantier pour le mois d'octobre, moment où le Country-Hall accueillera la Coupe du monde de tennis de table avant la reprise de la saison de basket.
Coordinateur général de la SLF, mayeur socialiste de Flémalle et présent dans une kyrielle d'organismes publics, Gilbert Van Bouchaute coiffe son nouveau casque de chantier. Il sera secondé par Sabine Maquet, directrice de la SLF. « Tous deux sont proches de Daerden. Le premier est comptable de formation, la seconde puéricultrice, relève cet administrateur de la SLF. Ils n'avaient pas vraiment toutes les dispositions requises pour mener un tel projet à bien. » Un autre ajoute : « Nous avons dû leur faire confiance. À chacune de nos questions, Gilbert nous répondait : “Tout va bien.” Avec Daerden et sa bande, c'est toujours pareil. Ils se réunissent dans une cabine téléphonique pour tout décider. »
Pour déterminer le nombre final de places au sein du Country-Hall, Gilbert Van Bouchaute nous explique sa méthode : « La taille critique s'est concrétisée au moment du marché, à savoir de 5.500 à 7.500 places, selon la configuration. Pour établir le cahier de charges, nous nous sommes fait aider par des bureaux d'ingénieurs. » Une méthode qui suscite aussitôt l'ire de Charles Vandenhove, l'architecte initial du bâtiment à transformer. En avril 2005, il défend sa thèse devant la justice liégeoise. « La SLF avait truqué le marché, tempête-t-il encore. Greisch, le bureau chargé de l'étude de faisabilité, ne pouvait pas participer au concours européen. Or, c'est lui-même qui est sorti du chapeau. Comme par hasard, les conditions du marché ont été calquées sur le projet présélectionné du bureau Greisch. » L'architecte prétend encore que la SLF a tenté de racheter son silence « en lui proposant de cosigner le projet Greisch, ce que j'ai refusé ! »
Dans le camp Daerden, la réplique est cinglante : « Vandenhove invente toutes sortes de considérations. Il refusait que l'on puisse toucher à son œuvre, le tribunal l'a logiquement débouté. » Quant au bureau Greisch, pépinière d'ingénieurs et d'architectes ayant coréalisé le viaduc de Millau en France, nos appels successifs sont restés sans réponse.
Daerden voit rouge
Précipitation, amateurisme, imprévoyance ? Plusieurs bourdes seront à l'évidence commises durant les travaux. Et se payeront cash. L'étude de faisabilité ayant été vite expédiée, les ajouts se sont accumulés. Un deuxième hall omnisports a dû être construit pour que Liège Basket libère la grande salle en cas d'événement (3,4 millions d'euros). En plus d'un bassin d'orage, il a fallu installer des parkings, non budgétisés (2,3 millions). Sans parler de l'éclairage extérieur (500.000 euros), des plantations (125.000 euros), des bâtiments administratifs à rafraîchir (364.000 euros)… Après quelques mois d'utilisation du Country-Hall, il faudra de surcroît remplacer la tribune mobile qui impose trois jours de démontage pour passer de la configuration sportive à la configuration spectacle (270.000 euros). Avec autant de jours de rentabilité perdus. « À l'automne 2006, Gilbert Van Bouchaute est venu nous présenter un papier manuscrit au conseil d'administration, se souvient un témoin de la scène. On était passé de 20 à 35 millions d'euros. Mais comme toujours, ça allait s'arranger… Nos interpellations n'étaient pas retranscrites dans le compte rendu du conseil. »
Après les bravos dus à la prouesse technique et à l'inauguration réussie du 18 octobre 2006, l'heure du bilan sonne le glas de l'enthousiasme général. En décembre, la société de gestion devait signer la convention de remboursement qui la lierait à la SLF, après une année de lancement durant laquelle elle avait confié au gestionnaire du Forum (la salle de spectacles mythique de Liège) le soin de remplir le Country-Hall. Soit trois spectacles par an (Bigard, Julien Clerc, Aznavour…).
Les 750.000 euros annuels de la Province, auxquels s'ajoute le parrainage de 200.000 euros d'Ethias, couvrent les frais de fonctionnement. Mais ne permettent pas de rembourser l'emprunt. Une nouvelle fois, Daerden est appelé à la rescousse. « Qu'ils gèrent leur merde ! », lâche-t-il d'abord, exaspéré. Sa colère passée, il se ressaisit. Ce projet existera ! Il en rêve.
Jouant les commis voyageurs, le ministre fait la navette entre les différents acteurs pour dégager une solution. Mais ces derniers commencent à se cacher sous la table. « Notre contrat de sponsoring était résiliable annuellement », explique Jean-Pierre Grafé, ex-président d'Ethias. « Après un an, nous avons hésité à tout arrêter. Notre visibilité n'était pas suffisante, le contrat n'avait pas été respecté. Le Country-Hall Ethias de Liège était une grande déception. » Quant à la Province, elle refuse de voir sa dotation augmenter d'un kopek. Michel Daerden se retrouve dans l'impasse.
Jamais à court d'idées, il se tourne alors vers Claude Eerdekens (PS), ministre des Sports, pour éponger son passif. « Je ne voulais pas que la Communauté française mette le doigt puis le corps dans ce bazar, nous souffle le mayeur d'Andenne. Mon idée était de créer un centre sportif de haut niveau au Sart Tilman. On aurait cassé le bail initial et remboursé l'investissement sur 20 ans à la SLF. »
L'idée n'aura pas le temps de faire son chemin. Après les élections de juin 2007, Elio Di Rupo dégomme Eerdekens et confie les Sports à… Daerden. « J'ai aussitôt compris que le Country-Hall était sauvé, s'amuse ce baron libéral. Et de fait, il n'a pas fallu attendre pour voir poindre la solution. »
La solution
Le 16 octobre 2007, Michel Daerden, soulagé, annonce la couleur. Il a conclu un grand accord avec lui-même (n'est-il pas ministre des Sports, ministre du Budget, ministre des infrastructures sportives ?). Pendant 25 ans, la Communauté française payera un million d'euros annuels. En contrepartie, elle bénéficiera de la petite salle omnisports et des bureaux adjacents pour l'Adeps, avant de récupérer l'ensemble du site au terme de cette location.
« En clair, la Communauté française, plutôt désargentée, réglera la facture à la SLF, une société anonyme de droit privé », raillent des mandataires libéraux et écologistes.
D'autant qu'il subsiste un important souci : l'amélioration du taux d'occupation du Country-Hall et la viabilité financière du projet. Interrogé sur ce point, Paul Bolland, président sortant de la société de gestion, nous accorde 43 secondes d'explications agacées : « J'ai assumé mon rôle de mise en route de l'outil. La gestion a été compliquée car on partait de rien. Le compte d'exploitation 2006 dégage un bénéfice de 200.000 euros (sans remboursement du prêt, NDLR). L'outil est rentable et nécessaire. Pour la suite, voyez avec mes successeurs. »
Ceux-ci sont désignés fin 2007 sur la base de la clé D'Hondt en usage à la Communauté française (trois PS, deux MR, un CDH auxquels s'ajoutent un représentant de la SLF, un autre de la Province). Conscient de l'enjeu, Daerden se rend lui-même à l'installation des membres avec ce seul mot d'ordre : « Ils devront éviter l'amateurisme de leurs prédécesseurs. »
En odeur de disgrâce depuis ces dernières « performances », Gilbert Van Bouchaute est écarté. Il a d'ailleurs, quelques semaines plus tard, dû quitter la SLF. Secrétaire communal d'Ans, ami inconditionnel de Daerden, Walter Herben assume désormais la présidence de la société de gestion et a été chargé de lancer l'appel d'offres européen pour trouver un gestionnaire de la grande salle : « Il devra assurer des activités sportives (75 %) et culturelles grand public », explique-t-il.
L'examen des candidatures est fixé au 17 avril, les intéressés présentant expérience et assise financière suffisante se verront ensuite recevoir le cahier des charges.
La perle rare devrait prendre dès le 1er septembre prochain – et pour une concession de trois ans renouvelable – les rênes du Country-Hall, ce paquebot infernal pour les finances publiques.
Dont le spectacle le plus décoiffant restera sans nul doute ce vaudeville invraisemblable : « Papa danse avec les sous. »

Country Hall : la controverse

LIÈGE. LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE DÉBLOQUE 25 MILLIONS D'EUROS. OFFUSQUÉS, sceptiques ou plutôt réjouis, les politiques liégeois apprécient diversement la solution Daerden pour le Country Hall.

C’est l’accueil de la Coupe du monde de tennis de table qui a motivé l’investissement de 34,3 millions d’euros dans l’extension du Country Hall au Sart Tilman. Photo PhotoNews.
Sauvée du gouffre financier par celui qui l'avait placée dans cette situation, la salle événementielle du Country Hall (5.000 places) au Sart Tilman est, en principe, repartie sur des bases financières saines (Le Soir du 17 octobre).
Le prix ? Un investissement massif consenti par la Communauté française (1 million d'euros par an pendant 25 ans) qui servira à rembourser l'emprunt effectué en 2004 par la Société de leasing et de financement (SLF). Un choix effectué par celui qui à la fois tient les cordons de la bourse à la Communauté et est ministre des Sports : le socialiste Michel Daerden. Quant à la gestion de la salle, elle devrait être confiée à celui qui en est l'occupant principal pour le moment : Jean Joly, le président de Liège Basket.
Si la décision risque d'enterrer le projet de centre sportif de haut niveau imaginé à Liège-Seraing et Mons (coût : 25 millions d'euros) par le précédent ministre des Sports de la Communauté française, Claude Eerdekens (PS), elle suscite des réactions très divergentes au sein du monde politique liégeois.
Christine Defraigne, sénatrice de communauté (MR). « La Communauté française, déjà exsangue, bouche les trous d'une infrastructure qui a été mal gérée. Est-ce bien là son rôle ? Et si elle le fait, quels sont les projets qui sont sacrifiés et les artifices budgétaires imaginés par le ministre des Sports et du Budget ? Pour moi, il ne s'agit que d'une rustine sur une vieille chambre à air. À l'époque, le Country Hall est sorti comme un champignon sans qu'une étude de marché ait été réalisée au niveau de la viabilité d'une telle salle de spectacles et d'événements sportifs. Résultat : la salle n'a jamais été rentable. La solution sortie du chapeau de Michel Daerden ne donne pas à nouveau l'assurance d'une rentabilité dans le futur, en particulier en ce qui concerne l'accueil de concerts qui n'ont jamais attiré la grande foule ».
Willy Demeyer, bourgmestre de Liège (PS). « Il était devenu urgent de trouver une solution pour stabiliser la gestion de la salle du Country Hall. Je suis heureux qu'elle ait été rencontrée et ce, avec des moyens supra communaux. Il est tout à fait logique que la Communauté française intervienne puisqu'elle a dans ses attributions le sport et la culture. La Ville de Liège apportera quant à elle ses effectifs policiers lors des grands événements ». Quant à savoir si la décision de libérer 25 millions d'euros pour le Country Hall hypothèque le centre sportif de haut niveau projeté sur les communes de Liège et Seraing : « On verra ».
Bernard Wesphael, député wallon (Écolo). « Je suis offusqué. C'est Michel Daerden qui a lui-même conduit la gestion du Country Hall à la faillite en ne prévoyant pas de structure de gestion suffisamment professionnelle. Aujourd'hui, avec ses multiples casquettes, il trouve une solution qui hypothèque les finances de la Communauté française. Que vont devenir les budgets alloués à l'Adeps, aux petites organisations culturelles et sportives ? OK, il fallait sauver le Country Hall. Mais pourquoi ne pas avoir mis des professionnels du spectacle et des événements autour de la table quitte à nouer un partenariat public-privé. L'erreur est là : la gestion de la salle a été trop politique alors qu'il aurait fallu trouver un opérateur privé après avoir lancé un appel d'offres ».
Alain Mathot, bourgmestre de Seraing. « La décision de Michel Daerden n'hypothèque pas pour l'instant la création d'un centre sportif de haut niveau à Liège et Seraing. Nous n'avons donc pas de souci par rapport à cela ».

Le Country Hall en débat
Liège La solution Daerden contestée au parlement de la Communauté française
Le MR et Ecolo fustigent l’erreur de gestion à l’origine du trou financier et le nouvel engagement de la Communauté française.
Bernard Wesphael (Écolo) et Christine Defraigne (MR) ont interpellé ce mardi le ministre Michel Daerden au parlement de la Communauté française au sujet du refinancement du Country Hall. Pour rappel, le ministre, qui s’est vu récemment ajouter les Sports parmi ses attributions, vient d’engager la Communauté française à garantir la bonne fin de l’emprunt concédé à la Société de Leasing et de Financement (SLF) pour la construction de ce méga-projet. La Communauté française payera une « location » de 1 million d’euros par an pendant 25 ans et bénéficiera de l’utilisation du hall omnisports et des bureaux ainsi que des terrains de tennis. La grande salle lui sera réservée 5 jours par an.
« À l’heure où la Communauté se plaint régulièrement qu’elle n’a pas d’argent pour ses sportifs, est-ce bien raisonnable ?, a demandé la libérale. Pourquoi ne pas avoir adopté la solution présentée par votre prédécesseur Claude Eerdekens, d’un coût équivalent mais plus avantageuse pour la Communauté ? » Enfin, Christine Defraigne a regretté, en s’adressant au ministre, la « colossale erreur de gestion à l’origine de tous vos problèmes ».
Même teneur pour l’Écolo, qui a déclaré voir « apparaître le nom de Daerden à tous les coins du dossier. Le refus d’Eerdekens d’intervenir comme Daerden le voulait lui a coûté son poste ministériel. Avec son remaniement, Elio Di Rupo s’est érigé en premier responsable de ce qui se passe aujourd’hui ». Le ministre a répondu qu’une note de son prédécesseur prévoyait l’implantation de disciplines sportives au Bois Saint Jean dans le cadre du projet de « centre sportif de haut niveau ». « Ce loyer n’affecte pas le sport de haut niveau car il concrétise une 1re phase en mobilisant un million sur les 2,6 prévus au budget », a-t-il précisé avant de rappeler qu’il était prévu, lors du « premier projet grande salle » de Bavière, de dépenser 45 millions d’euros pour l’implanter.
Non satisfait de la réponse, le groupe MR a, après le vote d’ajustement budgétaire 2007 de la Communauté, déploré « les mauvaises pratiques du ministre Daerden alors qu’il pérore en commission sur l’absolue nécessité d’un budget sain en Communauté française ». L’abcès n’est pas percé…

Un appel d’offres européen pour désigner le futur gestionnaire
Dans son interpellation au Parlement, Christine Defraigne s’interrogeait aussi sur la gestion future du Country Hall. « La grande salle et les VIP, activités susceptibles d’être rentables, seraient confiées à un partenaire privé et Jean Joly, contacté par vos soins, ne cache pas son intérêt », a-t-elle fait remarquer en intitulant « Mauvais comptes et bons amis » un communiqué sur le sujet. De fait, maintenant que les 25 millions sont injectés, comment le Country Hall va-t-il être géré ?
« Il n’y a aucune faille à ce dossier. Sur chaque point qui m’a été reproché, il y a une réponse », déclare le ministre Daerden en guise de préface. « La Communauté n’est pas perdante en investissant 1 million d’euros par an, c’est équilibré : elle aura la salle omnisports et l’Adeps peut transférer ses locaux dans les bureaux annexes. Enfin, elle retrouvera son bien après 25 ans et non 50 comme le prévoyait le bail emphytéotique ».
La Communauté Française se verra rétrocéder l’essentiel des parts de la société de gestion (613 des 615 parts). Le nouveau conseil d’administration de la société de gestion sera, d’après le ministre, mis en place à la mi-novembre sur base de l’application de la Clé D’Hondt. Il devrait être composé par huit nouveaux administrateurs, dont un de la SLF et un de la Province (qui conservent chacune une des 615 parts). Ce nouveau CA désignera celui chargé de « faire tourner » la grande salle et ses VIP.
Sur ce point, Michel Daerden avait cité Jean Joly, président du « Liège Basket ». Il est moins catégorique aujourd’hui : « J’interviendrai personnellement pour qu’il y ait un appel d’offres public, voire européen pour que la gestion soit optimale et que la salle positionne Liège au niveau européen. Jean Joly peut soumissionner comme les autres s’il répond au cahier de charges ». Le futur pilote de la grande salle payera un loyer de 75.000 euros par an. Mais devra garder à l’esprit que, au vu des importants subsides Infrasport concédés pour la construction des lieux, ces derniers devront être à 75 % dévolus au sport.

Van Bouchaute quitte la SLF

Le holding public liégeois change de direction
L’ex-mayeur de Flémalle a démissionné. Il a été poussé vers la sortie par une majorité d’administrateurs MR et PS.
Coup de tonnerre, mercredi soir, au bureau exécutif puis au conseil d’administration de la Société de Leasing et de Financement (SLF) : le socialiste Gilbert Van Bouchaute a tiré sa révérence. Il a annoncé qu’il « réorientait ses fonctions » et lâchait son poste de coordinateur général de cette intercommunale, bras financier de nombreux grands projets publics liégeois. Le changement sera effectif dès que Gilbert Van Bouchaute endossera ses nouvelles fonctions, non précisées, en mars. Il est remplacé par Sylviane Portugaels, financière à l’imposant CV (lire ci-contre). Le poste de directeur financier, vacant, est quant à lui confié à Bertrand Demonceau, jusqu’ici receveur communal à Visé.
« On ne pouvait plus continuer comme ça », conclut un mandataire MR, les libéraux détenant la vice-présidence de l’intercommunale. Le manque de transparence dans la gestion de ce holding public était régulièrement pointé du doigt par ses administrateurs. « Le climat de travail était intenable : chaque question posée à Gilbert sur un dossier lui paraissait suspecte, on n’osait plus dire un mot », confie un administrateur. En 2000, Gilbert Van Bouchaute avait accédé à la présidence de la SLF grâce à Michel Daerden. Cinq ans après, Daerden s’est, à son tour, hissé à la présidence. Vu l’incompatibilité légale avec sa fonction ministérielle il y tenait le rôle de « président empêché » remplacé par un échevin ansois aux missions plus que limitées. Un poste de coordinateur général avait alors été taillé sur mesure pour recueillir Gilbert Van Bouchaute.
Malgré la supervision ministérielle, le « dauphin » flémallois avait cumulé quelques boulettes dont la gestion du dossier du Country Hall, pour lequel la SLF était maître d’ouvrage et créancière. Le sauvetage financier de la SLF sur ce chantier, qui aura coûté 30 millions au lieu des 17 estimés, avait donné des sueurs froides au ministre Daerden, qui avait fini il y a quelques mois par ouvrir le portefeuille de la Communauté Française pour boucher les trous. Plus récemment, deux maisons de repos construites à Seraing et Flémalle sans financement solide ont aussi dû être sauvées du naufrage.
Opacité
Le holding, dont la structure et les missions avaient été imaginées par André Cools à la fin des années 80, fonctionne via des capitaux de financiers (Dexia, Ethias) et des fonds de pension d’autres intercommunales liégeoises. Il se veut « levier économique » afin d’aider les pouvoirs publics à trouver des solutions financières sur mesure quand des banques se montrent frileuses ou que la Région n’allonge pas de fonds. Les débiteurs remboursent leur créance soit avec un taux d’intérêts réduit, soit en délivrant à la SLF des participations dans l’institution. Parmi les projets financés par le holding figurent également les rachats et isolations des maisons autour de Bierset, des « coups de pouce » à différentes institutions hospitalières ou les expropriations autour de la gare Calatrava.
La SLF fut rapidement assimilée à un efficace outil de pouvoir. Il y a une dizaine d’années, Michel Daerden y voyait la structure idéale pour concrétiser la communauté urbaine dont on parlait, déjà depuis longtemps L’opacité régnant au pilotage de l’outil, regrettée par ses administrateurs de tous partis confondus, a fait fuir les communes, tuant le concept dans l’œuf. Puis a poussé Gilbert Van Bouchaute, pas soutenu par le MR et lâché par une partie de ses pairs socialistes, vers une discrète porte de sortie.
L’arrivée de la nouvelle coordinatrice et du directeur financier sonne comme la fin de la récréation. Mais aussi comme le début d’un nouvel enjeu : il faut raviver l’outil et lui conférer, enfin, une véritable image d’efficacité.

Fin de parcours à la Société de Leasing et de Financement pour Gilbert Van Bouchaute qui cède le relais à Sylviane Portugaels.
Sylviane Portugaels, une véritable financière
Taille fine et chevelure couleur paille, Sylviane Portugaels n’affiche pas les 46 ans qu’annonce sa carte d’identité. Et son CV chargé donne une vraie leçon aux amateurs de blagues sur les blondes…
Embauchée au cabinet Daerden en 2005, la financière ne se retrouve pas à la tête de la SLF en arborant sa carte du parti : elle a terminé première aux examens d’embauche. « Elle, c’est une vraie financière », commente-t-on au MR.
Son diplôme d’administration des affaires sous le bras, Sylviane Portugaels a débuté sa carrière chez Unisys, aux Hauts-Sarts, où elle a terminé comme responsable de la comptabilité générale et analytique. En 1989, elle entrait chez Degrémont, filiale du groupe Suez, comme directrice financière. Elle en était devenue la directrice générale quand, en 2005, elle a pris la tête de la Cellule d’information financière de la Communauté Française et de la Région.
« À la SLF, je vais combiner l’expérience du privé et celle du public, et participer directement à la mise en œuvre des projets, explique-t-elle. C’est un challenge exceptionnel ».

Les élites sportives du sud attendront…
Publié le Mercredi 17 octobre 2007 (No 242) dans Le Soir, page 31, édition Namur/Luxembourg. Politique sportive Michel Daerden sort du bois
Le country Hall va être renfloué par la Communauté française. Qui, du coup, modifie ses priorités.
C’est le premier acte posé par Michel Daerden en tant que ministre des Sports de la Communauté française : le Country Hall, complexe comportant une salle de 7.500 places en configuration « spectacles » et de 2.000 de moins en configuration sportive implanté au Sart-Tilman (Liège), va bénéficier d’un « loyer » d’un million d’euros par an pendant 25 ans de la part de la Communauté, soit 25 millions d’euros qui tombent à point pour le sortir du gouffre financier dans lequel il était plongé. Pour ce prix-là, la Communauté française utilisera pendant 25 ans la salle omnisports (750 places) annexe à la « grande salle » et cinq terrains de tennis.
Le dossier « Country Hall » remonte à 2004. Liège se disait qu’elle se doterait bien d’une infrastructure à l’instar de Forest National ou du Spiroudôme de Charleroi. La construction du site était évaluée à 16 millions d’euros HTVA à l’époque. « Petits » ajouts aidants, la note est passée à près de… 35 millions d’euros, moins 9,2 de subsides de la Région. L’aide des partenaires, à savoir la Province, et Ethias, ne suffisait pas pour rembourser l’emprunt face au « trou » de près de 20 millions d’euros.
Cette arrivée d’argent frais en provenance de la Communauté française (qui n’en a pas des masses) pousse à s’interroger sur le devenir du dossier « centre sportif de haut niveau » initié par le prédécesseur de Michel Daerden aux Sports à la Communauté, Claude Eerdekens. Il s’agissait de développer, via un financement de… 25 millions d’euros, des infrastructures sportives et d’hébergement pour les élites de la Communauté à Liège et Mons. A l’époque, le Country Hall n’avait pas été repris sur la liste des sites sur lesquels la Communauté Française voulait investir, Claude Eerdekens redoutant la tournure que prenait son financement.
« L’idée de Claude était bonne, mais c’est une idée, rien n’est encore budgétisé. Le Country Hall, c’est plus qu’une idée : c’est un vrai projet », répond Michel Daerden. Déclarant « poser le premier geste pour la concrétisation du centre d’élites sportives », le ministre fait donc marcher la planche à billets pour le Country Hall en évoquant le fait qu’il est « proche des autres infrastructures liégeoises liées au projet ». Et promet de « laisser mûrir » le reste de « l’idée » de son prédécesseur.
Le budget 2008 de la Communauté ne prévoit rien pour le centre d’élites sportives, ni à Mons ni à Liège. « Le Gouvernement a pris acte de cette réflexion intéressante, qui a le mérite d’exister et qu’on ne met pas à la poubelle. Mais, au mieux, les premières inscriptions budgétaires liées à ce dossier pourraient apparaître en 2009 », ajoute Christian Pétry, directeur de cabinet adjoint du ministre Daerden.
Et le centre d’élites sportives de prendre des airs bien moins concrets qu’au temps de Claude Eerdekens. Changement de ministre, changement de style. Et de priorités.


Une montée au jeu sans haie d’honneur

Après trois mois de mise au vert, Michel Daerden, bombardé ministre du Sport de la Communauté française en juillet, est enfin monté sur le terrain, ce mardi. Il lui fallait, il est vrai, du temps, ne fût-ce que pour ne pas se tromper de casquette, lui qui les collectionne avec une application rarement démentie.
Dire que cette première sortie a convaincu serait exagéré. On peut même carrément parler de faux départ. Car les sportifs de haut niveau de la Communauté française ne lui feront sans doute pas une haie d’honneur à l’annonce de la reprise par la Communauté française du Country Hall du Pays de Liège. Cet « éléphant blanc » dans lequel les millions que l’on va engloutir, après les autres que l’on a jetés aux quatre vents lors de sa (re)construction, réduiront forcément les moyens qui auraient pu être déployés, comme souhaité par son prédécesseur, dans un centre pour élites enfin digne de ce nom. S’ils ne les annulent pas.
Tous ceux qui se sont investis pour que ce centre voie le jour, toutes ces villes et communes qui avaient posé leur candidature pour l’accueillir, tous les experts qui ont étudié les dossiers, toutes les fédérations qui avaient retrouvé des raisons d’espérer à l’annonce du choix des sites de Liège et de Mons, tous les architectes qui en avaient esquissé les plans apprécieront par ailleurs la manière avec laquelle Michel Daerden a renvoyé leur « idée » dans les cordes au bénéfice de son « projet ». Le sport francophone, déjà bien peu vaillant, avait besoin de tout, sauf de cette insulte.

Le Country Hall mise sur deux têtes
Publié le Samedi 31 mars 2007 (No 77) dans Le Soir, page 9, édition Hainaut.

Liège Huit millions d'euros publics en pertes et profits ?
Le dossier du Country Hall vire au feuilleton mensuel. Fin décembre, le conseil d'administration découvrait le budget 2007 avec effroi. La salle avait coûté non pas 17 mais 30 millions d'euros et la société chargée de la gestion allait droit vers la faillite si elle devait rembourser à la Société de leasing et de financement (SLF, maître d'oeuvre). Fin janvier, le CA refusait de signer le plan financier pour quatre ans ébauché par la SLF.
Un mois plus tard, le ministre Daerden (Infrastructures sportives), qui avait subsidié le projet (8 millions d'euros), mais aussi en tant que président empêché de la SLF, promettait une solution rapide. On imaginait une participation de l'asbl Avenir du Pays de Liège, une location par l'Adeps, un renfort de stars liégeoises pour remplir la salle.
L'Avenir du pays de Liège a été condamné à la peine capitale lors des récentes négociations socialo-socialistes, l'Adeps a refusé la proposition de Daerden, et les vedettes locales sont restées chez elles. Dernière solution préconisée : revendre la salle à la Communauté française, propriétaire du site mais sous emphytéose avec la SLF pour 48 ans encore. Une réunion s'est tenue ce 30 mars, date-butoir pour la confection du budget 2007, et la situation a été présentée par Gilbert Van Bouchaute, coordinateur général de la SLF. La société de gestion du Bois Saint Jean ne payait pas de « location-remboursement » en 2006, année de lancement ? La solution présentée vendredi lui permettra de ne rien payer comme location en 2007 non plus. Grâce à l'apport de 750.000 euros par an de la Province, les comptes 2007 seront donc en positif. Mais toujours pas, à l'horizon, de remboursement des 21,5 millions d'euros avancés par la SLF pour ériger le Country Hall.
Des tractations sont en cours pour que la Communauté française rachète le Country Hall, un notaire ayant été dépêché par la SLF pour en estimer la valeur. Ce sera sans doute bien moins que les 30 millions d'euros que l'ensemble aura coûté. Dès lors, les 8 millions de subsides régionaux pourraient partir dans la rubrique pertes et profits de la Région.
Nul doute que le ministre régional du Budget présentera l'achat du site comme une « bonne affaire » au ministre du Budget de la Communauté française, faisant l'impasse sur la perte de fonds publics que cela aura engendré.
Il sera d'autant plus facile à convaincre que ces deux protagonistes sont incarnés par le très bicéphale Michel Daerden.
Pour tenter d'en sortir, il faudra que le ministre du Budget mette la main au panier.

Country Hall : Ecolo opposé, CDH divisé
Publié le Samedi 27 octobre 2007 (No 251) dans Le Soir, page 10, édition Hainaut.

L’ordre du jour du conseil provincial comportait, outre le budget, un point sur lequel on s’attendait à quelques joutes verbales : les modifications apportées à la société de gestion du Country Hall. Mais, à changement de majorité, changement d’opinions… A la majorité tant à la Province qu’à la Communauté et à la Région (toutes trois impliquées dans le dossier du Country Hall), le PS a forcément émis un vote favorable. Le MR, très incisif en Communauté française sur ce dossier où il est dans l’opposition, est du côté de la majorité à la Province et a voté pour. Ecolo, dans l’opposition des deux côtés, a gardé le cap en s’opposant.
Le CDH, majoritaire à la Communauté mais relégué dans l’opposition à la province, était quant à lui divisé : le chef de groupe Dominique Drion a exprimé le vote favorable de son parti, mais quatre des quinze députés provinciaux ont pris la poudre d’escampette au moment du vote, tandis qu’un d’eux brillait par son absence.
Jeanine Wathelet, Isabelle Stommen, Jean-Paul Bastin, Johan Haas et Serge Ernst ont ainsi montré leur désapprobation même si, sur ce point, il ne s’agissait pas d’un vote nominatif. Alors que Dominique Drion souhaitait « Bon vent au Country Hall » dans la salle, ses quatre collègues faisaient le pied de grue derrière la porte. « Il y a eu une discussion en interne, c’est la position du groupe qui prédomine, explique Serge Ernst. Mais on se pose des questions par rapport aux montants investis par la province dans ce dossier, on craint qu’il n’y ait plus assez pour les petits clubs. »
Les attaques en direct n’ont donc été « autorisées » qu’à Ecolo, sous la voix de Lydia Blaise qui n’a pas mâché ses mots : « En 2004, l’absence de plan financier et la nature même de société de gestion sous forme de société anonyme nous faisaient craindre de voir la Province privée d’exercer sa tutelle légitime en toute transparence. Aujourd’hui, la province cède 300 de ses 301 parts gratuitement et conserve un administrateur au conseil d’administration ? Quelle faveur ! Elle voit ses jours d’occupation passer de 10 à 15 ? Magnifique ! Elle n’en n’a utilisé que deux cette année, tant il est difficile de trouver des activités adaptées à la taille du complexe ! »
Les verts ont aussi regretté, en évoquant la situation difficile du basket-club de Pepinster ou le manque de piscine fonctionnelle à Liège, que la moitié de l’enveloppe provinciale dévolue à la promotion du sport passe dans le montage financier du Country Hall.

Une nouvelle équipe pour le Country Hall
Publié le Mercredi 28 novembre 2007 (No 277) dans Le Soir, page 12, édition Hainaut.

L’Ansois Walter Herben président
Tous les anciens ont été démissionnés. Sauf deux. Michel Daerden ne veut plus de vagues.
Vendredi, la Communauté Française a approuvé la composition d’un nouveau conseil d’administration pour la société chargée de gérer le Country Hall. Concrétisation de son engagement d’octobre de financer le remboursement de cette infrastructure sportivo-culturelle à raison d’un million d’euros par an pendant 25 ans. Et d’en devenir alors propriétaire. Elle utilisera cependant dès le 1er janvier la salle omnisports et les bureaux dans lesquels l’Adeps va prendre ses quartiers.
La nouvelle équipe se limitera donc à superviser l’utilisation de la grande salle (dont la gestion sera confiée à un professionnel), la réception des subsides, le payement des factures et, enfin, la bonne cohabitation entre la Communauté Française, l’exploitant et le Liège Basket.
La société actuelle, composée principalement de membres de la défunte ASBL « L’Avenir du pays de Liège » et de représentants de la Province et de la SLF (Société de Leasing et de Financement), ne reflétait donc plus les acteurs du projet qui a coûté 35 millions d’euros… Josly Piette, Jean-Pierre Grafé, Georges Pire, Gilbert Van Bouchaute et une dizaine d’autres membres ont été « démissionnés » hier matin. Même l’ancien gouverneur Paul Bolland, qui avait assuré la présidence bénévole de la société. Mais pas Walter Herben et André Stein.
Le conseil d’administration nouvelle mouture a été mis en place dans l’élan, sous la « supervision » du ministre Daerden. Il comprend (clé D’Hondt) trois PS, deux MR et un CDH. Il abrite également un représentant de la SLF (Fabrice Mairlot, MR) et un de la Province (Christian Pétry). Le MR a aussi désigné Stéphane Lefebvre (cellule Finances chez Reynders) et André Stein, président de la fédération francophone de tennis (qui devient aussi vice-président). Prudent, le CDH a placé un juriste (Benoît Bogaert), tandis que le PS a joué la carte du bon voisinage avec le directeur général adjoint de l’Adeps Alain Leta et le directeur du centre du Blanc Gravier Christian Peters.
Le troisième PS est Walter Herben, secrétaire communal d’Ans, qui s’est vu désigner à l’unanimité pour reprendre la présidence de la société. Il se dit qu’il a pour mission de veiller à ce que l’appel d’offres européen pour gérer la grande salle se fasse au plus vite. Et qu’il s’en fera le relais auprès de Michel Daerden, qui ne veut plus aucune contre-publicité sur le sujet. L’outil est (re)financé, il doit maintenant tourner…
Un show de tennis a récemment rempli la salle. Ça tombe bien, André Stein, président de la fédération francophone de tennis, en devient vice-président.

Une salle qui coûte très cher
Publié le Jeudi 18 octobre 2007 (No 243) dans Le Soir, page 8, édition Namur/Luxembourg.
Liège 35 millions d’euros pour un Country Hall peu fréquenté
Le ministre des Sports, Michel Daerden, fait intervenir la Communauté pour sauver son « bébé ».
J’ai toujours refusé toute solution peu économe des deniers publics. » C’est ainsi que Claude Eerdekens, ancien ministre PS des Sports à la Communauté française, explique son refus d’adopter la solution que vient par contre de mettre en pratique son successeur, Michel Daerden. Ce dernier a en effet décidé d’engager la Communauté pendant 25 ans pour la location d’une partie des infrastructures du Country Hall de Liège (Le Soir de ce mercredi). La facture se monte, pour la Communauté, à 25 millions d’euros. De quoi combler le trou (le gouffre, osera-t-on dire…) causé par ce méga-projet, dont la construction a coûté plus du double de ce qui avait été estimé.
Pour rappel, le Country Hall, vaste complexe destiné à accueillir des manifestations majeures, sportives ou culturelles, a été érigé en 2005, à la hâte, pour accueillir la coupe du monde de tennis de table. Sa construction avait été estimée à 16 millions d’euros hors TVA et devait être remboursée à l’intercommunale SLF (Société de Leasing et de Financement) via une participation annuelle de la Province de Liège et d’Ethias, partenaires du projet. La précipitation – inévitable eu égard aux courtes échéances – et les suppléments aidants, le Country Hall a finalement coûté 34,3 millions d’euros, allégés de 9,2 millions d’euros de subsides de la Région. Au vu de la facture et du manque de succès de la salle en configuration spectacles, le remboursement de l’emprunt à la SLF n’a pas encore débuté.
Le « bébé » de Michel Daerden, initiateur du projet via une ASBL de développement local, via sa casquette de ministre des Infrastructures sportives à la Région wallonne et via sa présidence « empêchée » de la SLF, ne pouvait partir avec l’eau du bain (ou plutôt du bouillon). Ce dernier avait alors été trouver Claude Eerdekens pour demander à la Communauté française de lui tendre la main.
« La Communauté possède le terrain sur lequel a été érigé ce complexe et a signé un bail emphytéotique avec la société de gestion du Country Hall qui court encore sur 47 ans, explique Claude Eerdekens. Six semaines avant d’avoir été débarqué, j’ai proposé à Michel Daerden que la Communauté reprenne l’ensemble immédiatement en payant la plus-value apportée à son terrain, car les différentes salles pouvaient être très utiles si elles étaient gérées par l’Adeps et le site aurait fait partie intégrante du Centre sportif de haut niveau. Nous aurions payé 1 million d’euros pendant 25 ans, soit la somme nécessaire pour le remboursement, mais nous aurions été propriétaires. »
La solution de son successeur et ancien interlocuteur dans ce dossier est tout autre : la Communauté payera le même million d’euros chaque année, mais ne disposera en échange de la grande salle du country Hall que… 5 jours par an. Elle ne bénéficiera que de l’utilisation de la petite salle omnisports et des bureaux adjacents, ainsi que de 5 terrains de tennis. La gestion de la grande salle passera au privé, très probablement du côté du président du Liège Basket, occupant régulier des lieux.
L’importante dépense concédée par la Communauté pour sauver la face de ce grand projet daerdenien laisse à craindre qu’il ne lui restera plus beaucoup de deniers pour financer le projet de centre sportif de haut niveau initié par Claude Eerdekens. « Ce n’était qu’une idée, rien n’a encore été budgétisé », répond Michel Daerden. Et son prédécesseur de réagir : « Tout était budgétisé ! Nous allions concéder 5 millions d’euros de notre budget infrastructures chaque année pendant quatre ans pour concrétiser la création de ce centre d’élites dont la Communauté a bien besoin. Les premiers investissements étaient prévus pour 2008 et 2009 à Mons (basket et tennis) et à Liège pour les deux années suivantes. »
Le centre sportif de haut niveau n’est, selon les dires du directeur de cabinet-adjoint de Michel Daerden, « pas mis à la poubelle ». Mais, au mieux, les premières inscriptions budgétaires liées à ce dossier apparaîtront en 2009. « Je suis bourgmestre depuis 37 ans, je suis un bâtisseur. Je ne compte peut-être pas aussi bien que Michel, mais mes comptes ont toujours été en positif », conclut, non sans amertume, Claude Eerdekens.
Construit dans la précipitation, le Country Hall peine, aujourd’hui, à trouver sa place dans l’univers du spectacle.

Country Hall : Michel dira… Michel Daerden (ministre wallon du budget) était bien d’accord avec Michel
Publié le Lundi 23 juillet 2007 (No 169) dans Le Soir, page 7, édition Hainaut.

Country Hall : Michel dira…
Michel Daerden (ministre wallon du budget) était bien d’accord avec Michel Daerden (ministre du budget de la Communauté), ainsi qu’avec Michel Daerden (président, en congé ministériel, de l’intercommunale financière SLF qui avait avancé les sous) : le seul moyen de sortir le Country Hall du rouge de la honte budgétaire, c’était que l’Adeps en reprenne la charge. Faut dire que Michel Daerden, alors président de l’ASBL du Pays de Liège, avait fait de la transformation de la salle du club de basket liégeois en salle polyvalente de 5.000 places un fleuron de ce redéploiement que Daerden Michel (ancien/futur homme fort du PS liégeois) appelle de ses vœux depuis belle lurette.
… merci à Elio ?
Mais voilà que Claude Eerdekens, un faux liégeois d’Andenne, alors ministre des Sports et tutelle de l’Adeps, empêchait de « Countryser » sous prétexte qu’il n’entendait pas plomber son département avec un gouffre financier pour lequel il fallait « inventer des manifestations pour combler un trou ». Mais voici un remaniement ministériel. Et que depuis vendredi, la tutelle de l’Adeps a été transférée à… Michel Daerden. Voilà donc certainement une personne de plus qui s’attellera à renflouer le projet. Merci qui ? Merci Elio. Un président du PS qui pourra ainsi montrer qu’il n’y a pas que dans le Hainaut qu’on trouve d’étranges proximités d’intérêt(s).

Classification: infrastructure sportive, perte financière, sport, organisation sportive, conseil d'administration, autorité régionale, finances publiques, crise

Des voitures de société plus vertes

Depuis ce mardi, une nouvelle législation est en vigueur pour rendre les flottes de voitures de société plus vertes. La déductibilité fiscale des frais ne sera plus forfaitaire mais variera en fonction des émissions CO2 du véhicule.

La Belgique est connue pour son régime fiscal plutôt accommodant pour les voitures de société. C’est cependant de moins en moins vrai pour les véhicules polluants. Depuis ce mardi, une nouvelle législation est entrée en vigueur visant à rendre les flottes plus vertes. La déductibilité fiscale des frais ne sera plus forfaitaire (75 %) mais variera en fonction des émissions CO2 du véhicule. Cette déductibilité pourra grimper jusqu’à 90 % pour les véhicules les moins polluants et tomber à 60 % dans le cas inverse.
La mesure ne fait pas sourire les entreprises car elle signifie une augmentation de leurs coûts. On estime que 73 % des véhicules de sociétés vont glisser dans un régime fiscal plus défavorable. Les autres connaîtront un statu quo tandis qu’une infime partie (1 à 2 %) des véhicules bénéficiera d’un régime plus avantageux.
Faut-il s’attendre dans les semaines à venir à un bouleversement dans la composition des flottes de véhicules ? Non. Tout d’abord parce que les entreprises n’ont pas les mains libres. Elles ont signé des contrats avec les sociétés de leasing (pour 3 – 4 ans) et les résilier coûte de l’argent. Elles devront attendre le terme des contrats pour porter leur choix sur des modèles moins polluants. A noter qu’une société de leasing, ING Car Lease, a proposé à ses clients de résilier anticipativement gratuitement ses contrats pour des voitures tombant dans la catégorie de déductibilité 60 ou 70 %.
Ensuite, les entreprises ont eu largement le temps d’anticiper cette mesure. « Les sociétés ont depuis quelques années déjà des bonnes raisons de faire attention aux coûts liés aux émissions CO2, explique Stéphane Verwilghen, patron de Arval. Il y a bien sûr en tant que tel le coût du carburant qui n’a cessé d’augmenter mais aussi la taxe CO2 entrée en vigueur il y a trois ans. L’impact de la nouvelle mesure fiscale n’est pas très important par rapport à ce qui existait déjà. »
Un problème d’offre
Selon Werner Franck, directeur marketing de KBC Autolease, les nouvelles règles de déductibilité feront augmenter le coût d’une flotte moyenne de 1 à 4 %. Les entreprises s’adaptent. Il confirme que depuis plusieurs mois, elles sont à la recherche de véhicules qui leur coûteront moins cher en termes de fiscalité. « Il y a une tendance au “downsizing”. Les entreprises optent pour des motorisations plus petites et compensent en offrant aux employés plus d’options. Mais le downsizing concerne uniquement les motorisations, pas les modèles ». Toucher au modèle, c’est trop sensible vis-à-vis de l’employé.
Autre tendance : porter son choix sur des voitures bénéficiant des dernières technologies vertes. « Mais à ce niveau, il y a un gros problème d’offre, continue Werner Frank. Actuellement, moins d’un pour cent des modèles disponibles sur le marché peuvent bénéficier de la déductibilité à 90 %. Les constructeurs automobiles font des efforts mais cela prendra des mois et des mois avant qu’il n’y ait une offre suffisamment importante de véhicules moins polluants. »

Frédéric Laloux bien dans ses « pompes »

Le secrétaire d’État fait parler de lui. A Namur, on s’interroge sur l’utilisation de la carte de carburant de la Ville par un ex-échevin.

Quand on grimpe à une échelle, on vérifie que l’on n’a pas de trou au pantalon. Il semblerait que le chef de l’opposition namuroise et secrétaire d’État, Frédéric Laloux (PS), aurait mieux fait de suivre cet adage avant de s’interroger sur la manière dont le premier échevin de Namur, Arnaud Gavroy (Écolo), utilisait sa carte essence « Ville ».
Premier constat, Laloux aurait consommé 2.154 litres en 2005 – il était échevin – alors qu’il n’avait droit qu’à 2.000 litres. Autre constat, il aurait, lui aussi, le « don d’ubiquité ». Comme Arnaud Gavroy, il aurait utilisé sa carte essence alors qu’il siégeait au collège, indiquait Vers l’Avenir dans son édition de mardi. Mieux, il lui est aussi arrivé de faire deux pleins le même jour avec deux carburants (!) différents.
Actuellement en formation intensive en néerlandais, Frédéric Laloux a fait savoir que « contrairement à ce qui a été constaté pour M. Gavroy, jamais mon épouse ou un proche n’a effectué des pleins sur le compte de la Ville pour des déplacements familiaux ou privés ». Et d’expliquer que les pleins relevés pendant des collèges étaient « effectués par un collaborateur ».
Pourquoi différents types de carburant ? « En 6 ans, j’ai bien entendu utilisé des véhicules différents dans le cadre des missions pour la Ville ». Quant au dépassement de 154 litres constaté en 2005, Frédéric Laloux a demandé un rapport complet sur sa consommation sur les 6 années de législature (2000-2006).
Le secrétaire d’Etat ajoute : « La question qui s’est posée par rapport à M. Gavroy n’est pas qu’il ait bénéficié d’une carte essence ou d’un véhicule de fonction, ce qui, je le rappelle, n’était pas mon cas à l’époque. Ce qui lui a été reproché et qu’il a d’ailleurs admis, c’est d’avoir fait bénéficier des tiers de la carte d’essence de la ville ». Ce qui a valu à ce dernier l’ouverture d’une enquête administrative et d’une information judiciaire.
Laloux va-t-il subir le même sort ? « C’est à la Ville de Namur de juger s’il y a préjudice ou pas et de décider ou non d’introduire un recours », dit-on au cabinet de Philippe Courard (PS). Démarche que Jacques Etienne (CDH), député-bourgmestre, « n’envisage pas ». Reste à voir quelle sera l’attitude du Parquet.

L’assurance dépendance flamande viole le droit européen

Le zorgverzekering , l'"assurance dépendance" flamande, est une entrave à la libre circulation des travailleurs. C'est la position des juges de la Cour européenne, qui ont rendu un arrêt ce mardi, sur question de la Cour constitutionnelle belge. C'est une première victoire, pour la Communauté française et la Région wallonne, qui ont entamé une bataille juridique contre cette disposition….

Le zorgverzekering, c'est l'octroi d'une somme d'argent, forfaitaire, aux personnes âgées, pour les aider à payer les aides et les services que la vieillesse rend nécessaires. Pour en bénéficier, il faut remplir deux conditions, travailler en région néerlandophone, et résider sur le sol flamand ou bruxellois. Un ouvrier d'une brasserie de Hoegarden, par exemple, domicilié à quelques kilomètres de l'usine à Jodoigne, de l'autre côté de la frontière linguistique, en serait exclu.

La Communauté française, et le gouvernement wallon, lors du vote de ce décret, ont introduit un recours en annulation, pour cause de discrimination, devant la Cour constitutionnelle, qui a alors posé des "questions préjudicielles" à la Cour européenne. Selon l'arrêt, rendu ce mardi, le zorgverzekering constitue une entrave à l'un des principes de base de l'Union européenne, la libre circulation des personnes, puisqu'un étranger qui voudrait immigrer vers le territoire belge, serait traité différemment selon la localisation de son employeur, un étranger qui viendrait travailler en région flamande serait effectivement entravé dans le choix du lieu où il habite.

Il faut cependant nuancer: les magistrats luxembourgeois ne se prononcent pas sur le cas, éventuel, d'un employé francophone qui n'aurait jamais travaillé que dans la Région wallonne, c'est là un problème de droit interne dans lequel les juges supranationaux ne veulent pas s'immiscer.

Avec cet avis, qu'elle ne peut que suivre, la Cour constitutionnelle doit maintenant prendre une décision sur le fond. Il reste une marge de manoeuvre, mais elle est vraiment très étroite, pour qu'elle ne prononce pas l'annulation.

La Flandre condamnée, pas du tout ébranlée

LE RÉGIME d’assurance-dépendance jugé discriminatoire eu égard à la libre circulation des travailleurs. Oui, mais…

La Flandre épinglée, réprimandée, c’est vrai. La Flandre « condamnée », c’est une autre histoire. Question de point de vue. Celui des francophones. Pas celui des Flamands. C’est le cas cette fois encore, à propos du régime flamand d’assurance-dépendance et de l’arrêt de la Cour de justice européenne. Un vrai casse-tête. Si ça vous dit…
Après les récriminations du Conseil de l’Europe sur le sort des minorités en périphérie bruxelloise, ou encore celles des Nations unies à propos du « Wooncode » et des restrictions à l’octroi de logements sociaux au Nord (voir la liste non exhaustive en page 3), voici en effet les considérations de la Cour européenne de justice de Luxembourg au sujet du régime de « zorgverzekering » en vigueur en Flandre depuis plusieurs années.
En l’occurrence, l’assurance-dépendance s’impose aux résidants flamands – et de manière facultative aux Bruxellois – qui ont un emploi en Flandre, et permet, contre le versement d’une somme forfaitaire de 10 ou 25 euros, selon les cas, de couvrir des prestations d’aides et de services non médicaux à des personnes incapables d’accomplir leurs tâches quotidiennes élémentaires, essentiellement les personnes âgées.
Cette législation flamande a fait l’objet d’un recours en annulation introduit, en 2001, par les gouvernements wallon et de la Communauté française, estimant que ces services incombaient à la sécurité sociale fédérale, que leur application est discriminatoire dans son principe pour les Wallons et les Bruxellois francophones (prenez le Liégeois qui travaille à Anvers, et qui n’émarge pas au régime de l’assurance-dépendance), et contraire au droit communautaire. Appelée à se prononcer, notre Cour constitutionnelle (ex-Cour d’arbitrage) avait posé, pour avis, une question préjudicielle à la Cour européenne de justice. Qui s’est prononcée hier.
Dans son arrêt rendu à Luxembourg, celle-ci juge que le régime flamand d’assurance-dépendance, par les conditions de territorialité qu’il impose, est « de nature à produire des effets restrictifs » par rapport aux règles européennes en matière de libre circulation des travailleurs. Le raisonnement de la Cour : « Les travailleurs migrants exerçant ou envisageant d’exercer une activité salariée ou non salariée à Bruxelles ou en Wallonie pourraient être dissuadés de faire usage de leur liberté de circuler et de quitter leur Etat membre d’origine pour séjourner en Belgique, du fait que leur installation dans certaines parties du territoire belge (Bruxelles et la Wallonie, Ndlr) comporterait la perte de la possibilité de bénéficier de prestations auxquelles, autrement (en Flandre, Ndlr) ils auraient pu prétendre »…
Liée par ces conclusions déposées à la suite de sa question préjudicielle, notre Cour constitutionnelle se prononcera dans quelques semaines, et devrait elle aussi dénoncer les biais du régime mis en place par le gouvernement flamand. Mais sur la gravité des faits, à ce stade, francophones et Flamands divergent.
Les premiers – Demotte, Milquet, Maingain, Nollet… –, se réjouissent que la Cour pointe une entrave à l’exercice de la libre circulation des travailleurs, et se disent confortés dans leur démarche visant à l’annulation de la « zorgverzekering ». Les mêmes poussent l’avantage jusqu’à réclamer que l’assurance-dépendance devienne une compétence fédérale (c’est la Sécu, en plus cela simplifierait les choses), en tout cas que tout ceci donne lieu à un débat au fédéral sur les problématiques liées au vieillissement de la population ; pourquoi pas dès juillet, lors de la négociation de la réforme de l’Etat.
Pas du tout le raisonnement des seconds. Les Flamands pavoiseraient, presque. Non seulement, disent-ils, la Cour ne conteste pas que la Flandre puisse exercer ses prérogatives dans le domaine de l’aide aux personnes, mais elle ne suit pas la thèse francophone selon laquelle le régime est discriminatoire pour l’ensemble des Wallons et pour une part des Bruxellois (lire en page 3 l’interview du ministre Steven Vanackere).
A cet égard, à la fin de son arrêt, la Cour condamne toute « réglementation d’une entité d’un Etat membre limitant l’affiliation à un régime de sécurité sociale et le bénéfice des prestations prévues par celui-ci aux seules personnes résidant sur le territoire de cette entité, dans la mesure où une telle limitation affecte des ressortissants d’autres Etats membres exerçant une activité professionnelle sur le territoire de ladite entité, ou des ressortissants nationaux ayant fait usage de leur droit de libre circulation à l’intérieur de la Communauté européenne ». Pour les partis du nord du pays, faire usage de la « libre circulation », cela implique d’avoir (demandé à) franchi(r) les frontières d’Etat au sein de l’Union européenne. Le Wallon travaillant au Nord n’est pas concerné.
Notre Cour constitutionnelle dira bientôt le fin mot de l’affaire. Croit-on.

L'EDITO : "Flandre-Wallonie : c'est toujours 0-0"

Biocarburant ou nourriture : la nouvelle bataille des champs

Les biocarburants pourraient devenir l'or vert de certains grands pays agricoles. Au point de concurrencer les cultures alimentaires. Mauvaise nouvelle pour l'environnement ?
Ici, en Malaisie, on brûle les forêts et l'on chasse les derniers orangs-outans pour planter des palmiers, dont l'huile sert à produire, notamment, du biodiesel. Là, au Brésil, de grands propriétaires, soucieux de développer leurs exploitations de canne à sucre destinée à la fabrication d'éthanol, ont mordu sur les cultures de haricots rouges, l'un des piliers de la nourriture brésilienne. Ailleurs, aux Etats-Unis, les surfaces consacrées au maïs pour approvisionner les usines d'éthanol ont augmenté de 15 % en un an, au très net détriment des champs de coton et de soja.
Les biocarburants - bien à l'abri derrière leur image d'énergie propre et écolo - commencent à dessiner les contours d'un nouveau monde agricole. La bataille entre deux agricultures, l'une purement alimentaire et l'autre centrée sur la satisfaction des besoins énergétiques, sera l'un des enjeux majeurs des vingt prochaines années. « Le mélange nourriture et pétrole est toujours explosif », note Jean Ziegler, rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation et auteur de L'Empire de la honte (Fayard, 2005).
Curieusement, ce débat de fond n'a émergé que très récemment. Ainsi, We Feed the World. Le marché de la faim, le film coup de poing sur la production alimentaire industrielle, ne comporte qu'une maigre allusion aux biocarburants. De fait, quand Erwin Wagenhofer l'a réalisé, il y a deux ans, l'Union européenne n'avait pas encore forcé les feux en décidant de porter à 10 % le volume de carburants verts qui devront être utilisés dans les transports en 2020. Et le président Bush venait à peine, dans le cadre d'un nouveau Clean Air Act, de fixer un objectif de 5 %, en 2012, pour la part de l'essence agricole dans la consommation routière américaine.
Ce qui s'est passé, depuis, aux Etats-Unis est exemplaire. La course à l'éthanol, soutenue par des subventions de l'ordre de 6 milliards de dollars par an, s'est traduite par une augmentation massive des surfaces de maïs et le détournement des exportations vers les usines de production. Conséquence sur le marché international : les cours ont bondi de 74 % en un an. La première victime de cette situation - qui a fait, fait et fera le bonheur des agriculteurs américains et des grandes compagnies de négoce - a été le Mexique, gros importateur de maïs américain. Les Mexicains ont ainsi vu flamber le prix de la farine indispensable à la fabrication des tortillas, l'aliment de base des plus pauvres d'entre eux.
« La hausse des prix est la conséquence la plus visible du développement des biocarburants », commente, à Washington, Antoine Bouët, chercheur associé à l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri). Alors que les cours des produits agricoles n'avaient pas cessé de baisser, en valeur, depuis 1960, leur contenu énergétique les a directement branchés sur les évolutions du baril de brut. L'OCDE a ainsi clairement identifié des évolutions parallèles entre le pétrole et le sucre, qui a repris de la vigueur après sa grande déprime du début des années 2000. Les céréales, elles, ont augmenté de 34 % en un an, même si le boom du prix du baril n'explique pas toute leur progression.
Manger ou conduire ?
Bien sûr, les optimistes expliquent que cette hausse bénéficiera aux paysans des régions les plus pauvres. A condition qu'elle soit pérenne. Rien n'est moins sûr. Au contraire, tous les experts prédisent une très grande volatilité des tarifs, au gré des arbitrages, selon que la meilleure valorisation sera alimentaire ou énergétique. Les grands perdants seront les plus démunis, obligés, eux, d'importer des céréales, comme le Kenya, l'Ethiopie, le Soudan, les Philippines ou le Pérou.
Alors, manger ou conduire ? A la fin de mars, Fidel Castro en a fait son thème de convalescence. Se défendant d'avoir voulu attaquer son ami Lula, le président du Brésil, qui, le 9 mars, a conclu avec George W. Bush un partenariat pour développer l'éthanol, le Lider maximo affirmait que la conversion d'aliments en combustibles menaçait de « provoquer des famines en réduisant les terres cultivables ». Au-delà des postures politiques, la concurrence entre cultures alimentaires et énergétiques pourrait se révéler dramatique. Selon la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, les niveaux de production espérés pour 2015 nécessiteraient l'affectation de 110 millions d'hectares. « A terme, il y aura, vraisemblablement, des problèmes de surfaces », souligne un spécialiste. Le monde est confronté à un immense défi : nourrir 3 milliards d'hommes de plus en 2050. Or les seules réserves de terres arables vraiment exploitables se trouvent en Amérique latine et en Afrique. A condition de raser l'Amazonie et les forêts du Congo !
En Belgique
En Belgique, et particulièrement dans le sud du pays, la production de biocarburants risque de remodeler les campagnes. Celle de biodiesel, essentiellement à partir du colza, est actuellement marginale. Mais le groupe allemand Südzucker, qui contrôle la Raffinerie tirlemontoise, fait construire une usine géante, à Wanze, appelée à produire près de 300 000 mètres cubes de bioéthanol par an à partir de betteraves et de céréales.
Un autre projet industriel est en cours à Gand, en Flandre. Selon les pétroliers, les importations sont inévitables. A l'affût, l'insatiable Lula a déjà demandé à Bruxelles de lui ouvrir son marché. Georges Dupuy

01 avril 2008

Max Mosley pas le bienvenu à Barheïn?

Suite au scandale sexuel aux relents nazis dont il est "victime", Max Mosley ne serait pas le bienvenu à Barheïn. Bernie Ecclestone, le patron de la Formule 1 lui a demandé mardi de ne pas se rendre au prochain Grand Prix.

Répondant à une interview du Times, Bernie Ecclestone a déclaré "Il ne devrait pas y aller, vous ne pensez pas?" Il a ajouté "La famille royale bahreïnie "serait réticente" à accueillir le président de la FIA.
Depuis dimanche le dirigeant anglais est pris dans la tourmente des révélations du News of the World affirmant qu'il avait participé à une partie fine aux relents nazis en compagnie de prostituées.
Max Mosley ne s'est pas encore exprimé, il consulte toujours ses avocats pour savoir quelle suite donner à l'affaire.
Lire aussiMax Mosley dans de sales draps

Finlande: Un nouveau ministre suite à un scandale sexuel

L'eurodéputé conservateur finlandais Alexander Stubb a été désigné mardi au poste de ministre des Affaires étrangères de son pays. Sa nomination fait suite à la démission de son prédécesseur M.Kanerva soupçonné dans un scandale sexuel.
Ancien diplomate et conseiller de Romano Prodi lorsqu'il était président de la Commission européenne, M. Stubb était membre du Parlement européen depuis 2004. Nommé ministre le jour même de ses quarante ans, le nouveau chef de la diplomatie finlandaise prendra officiellement ses fonctions ce 4 avril à Helsinki.
Sa nomination fait suite à un scandale sexuel qui vise son prédécesseur Ikka Kanerva. En effet, le chef de la diplomatie finlandaise a été contraint de démissionner. Il aurait bombardé de SMS à caractère sexuel une stripteaseuse. Après avoir réfuté les déclarations publiées dans un journal, le ministre conservateur était finalement passé aux aveux le 10 mars en marge d'un conseil européen, à Bruxelles.
SMS sexuel
Selon Johanna Tukiainen, une effeuilleuse de 29 ans vivant aux Etats-Unis, M. Kanerva, 60 ans, lui a envoyé entre 150 et 200 messages depuis leur rencontre fin janvier. Le magazine people "Hymy" a publié mardi 24 de ces sms au contenu suggestif.
M. Kanerva n'en est pas à son coup d'essai. Il y a trois ans, ce père de famille avait déjà eu les honneurs de la presse pour des textos univoques envoyés à de jeunes top-modèles. Ce serait la première fois qu'un ministre des Affaires étrangères démissionne en Finlande en raison d'un scandale personnel.

Une banderole anti-Ch'tis

Une banderole stigmatisant les habitants du Nord et déployée samedi au Stade de France en finale de la Coupe de la Ligue PSG-Lens (2-1) a soulevé une vague d'indignations dimanche, qui se traduira notamment par les plaintes de la Ligue et du député-maire de Lens Guy Delcourt. La banderole proclamait: "Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Cht'is", en référence au film à succès de Dany Boon.
Plainte contre X"Je porte plainte contre X au Tribunal de grande instance de Béthune comme maire de Lens et au Tribunal de grande instance de Paris comme député", a dit M. Delcourt en précisant qu'il allait aussi saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). L'élu PS a assuré que le président de la République Nicolas Sarkozy, présent en tribune officielle, avait "réagi très vite" et "exigé que la banderole soit retirée". M. Delcourt a d'ailleurs demandé la citation comme témoins du chef de l'Etat, de la ministre de la Justice Rachida Dati et du secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte.Agissements imbécilesLe maire de Paris, Bertrand Delanoë, a souhaité que "la lumière soit faite sans délai sur ces agissements imbéciles afin que leurs auteurs soient sanctionnés comme il se doit". La Ligue de football professionnel (LFP) a également annoncé son intention de porter plainte, dès lundi, pour "incitation à la haine et à la violence", plainte à laquelle "s'associeront" les deux clubs finalistes.Fait isoléImplicitement visés, les supporteurs parisiens de la tribune Boulogne ont "condamné les propos des banderoles" et se sont "désolidarisés de ce fait isolé de quelques individus", a indiqué le porte-parole de cette tribune sulfureuse du Parc des Princes, Philippe Pereira.Interdiction de stadeLe président du PSG avait présenté en milieu de journée sur France 2 ses "excuses officielles" aux Lensois. "Cette banderole ignoble hier soir m'a personnellement gâché mon lendemain de victoire", a aussi déclaré Alain Cayzac. Bernard Laporte a, lui, condamné "les agissements inadmissibles de quelques supporters" et a demandé "la plus grande fermeté", tout en insistant sur le "dispositif d'interdiction administrative de stade encore insuffisamment appliqué en France".Sanction sévère nécessaireDès l'issue du match, l'entraîneur nordiste Jean-Pierre Papin avait estimé qu'il fallait "juger Paris sévèrement", puisqu'"on a jugé Metz sévèrement" (un point retiré, un match à huis clos) dans l'affaire Ouaddou, du nom du capitaine marocain de Valenciennes qui avait essuyé des insultes racistes à Metz le 16 février de la part d'un supporteur lorrain.Rejouer le matchSur le plan sportif, M. Delcourt voudrait "faire rejouer le match car il s'agit d'une Coupe", rejoint en ce sens par le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, qui estime que "l'élégance de ce geste viendrait laver l'honneur du PSG bafoué par cette minorité". Le règlement de la LFP ne prévoit cependant pas l'hypothèse de rejouer un match qui s'est achevé, quel que soit le litige. Il reviendra à la commission de discipline de la Ligue, qui s'est saisie de l'affaire, d'infliger d'éventuelles sanctions.Fait de sociétéFrédéric Thiriez, le président de la LFP, a en tout cas souligné que "la sévérité dont a su faire preuve la Ligue dans ce domaine vaudra pour tout le monde", en référence aux sanctions prises contre Metz. Les acteurs du football restent toutefois réservés sur les sanctions sportives, à l'image de Jean-Michel Aulas, président de Lyon: "Nous ne sommes pas responsables des faits de la société. C'est un problème politique". Le Parisien Jérôme Rothen va dans le même sens: "Une sanction financière pour le club, je suis d'accord, mais il ne faut pas aller au-delà, ne pas tomber dans l'exagération, a-t-il estimé. J'espère qu'on va trouver une solution, mais sanctionner sportivement un club ne sert à rien."Arroseur arroséLa question porte désormais aussi sur d'autres responsabilités éventuelles. M. Aulas a d'ailleurs relevé que "l'organisateur est la Ligue. Elle va être très embêtée car comme la Fédération met la responsabilité sur l'organisateur, c'est un peu l'arroseur arrosé".Auteurs identifiés via la vidéoLes présidents lensois et parisiens ont ensemble misé sur le vidéo-surveillance pour confondre les auteurs des banderoles. Selon une source proche du dossier, un millier de supporteurs parisiens ont provoqué des échauffourées avec les forces de l'ordre quelques minutes avant le début du match afin de faire diversion et de permettre ainsi le passage de la banderole et des fumigènes. (afp/7sur7)
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