31 décembre 2006

Le 31 décembre ils diront "Non à 2007" à Nantes et à Genève

Le 31 décembre ils diront "Non à 2007" à Nantes et à Genève

Le collectif "Fonacon", qui organise le 31 décembre à Nantes une manifestation pour dire "Non à 2007", a fait des émules en Suisse avec un rassemblement similaire organisé à Genève, capitale de l'horlogerie. Une "pétition au parlement" pour dire "Non au changement de calendrier et au passage à l'an 2007" a été lancée par le comité genevois qui a rallié le Fonacon. Le mouvement insolite du Front d'opposition à la nouvelle année ("Fona" et "con" pour "comité d'organisation national") se veut un pied de nez au temps qui passe, une façon de "fêter autrement le réveillon qu'en dansant la chenille", explique l'un des organisateurs, un chef d'entreprise vendéen qui désire garder l'anonymat. Le Fonacon a comptabilisé en six semaines plus de 50.000 connexions sur son site internet "fonacon.net". Pour son "premier coup" le 31 décembre 2005, le Fonacon avait attiré 300 personnes à Chauché, un village vendéen. A Genève, le comité a donné rendez-vous dimanche à 22h00 sur la Place du Bourg-de-Four. "Montrez que 2006 c'était mieux, ne donnez pas envie aux autres de passer à 2007!", clament les organisateurs suisses. La manifestation nantaise commence à 21h00 place du Bouffay, avec notamment un autodafé des symboles du temps qui passe (montres, réveil, crèmes anti-rides) dans une "benne à remonter le temps". Les organisateurs espèrent réunir quelque 3.000 personnes.

Des SMS par millions

Cette année encore, les voeux envoyés par SMS durant la soirée et la nuit du réveillon ont eu la cote. Proximus a ainsi envoyé 23 millions de SMS entre 20 heures le 31 décembre et 8 heures le premier janvier, contre 8,8 millions pour l'opérateur Base et 14,4 millions pour Mobistar.
Les clients de l'opérateur Proximus ont envoyé 23 millions de SMS, parmi lesquels 6 millions d'accusés de réception de SMS envoyés. Cela représente une augmentation de l'ordre de 35 % par rapport à l'année passée, a indiqué lundi matin Proximus. Lors du réveillon de l'an dernier, les clients Proximus avaient échangé 17,2 millions de SMS, accusés de réception compris.
Afin d'éviter toute surcharge du réseau, Proximus avait installé une cinquième centrale SMS. Comme chaque année, le trafic a été fort chargé aux alentours de minuit, ce qui a nécessité "parfois un peu de patience, mais il n'y a pas eu de problème", a indiqué la porte-parole de l'opérateur, Frédérique Verbiest. Proximus avait par ailleurs lancé une opération de parrainage avec les Responsible Young Drivers (RYD). L'opérateur a versé la recette du premier million de SMS envoyés entre 20H et 21H le 31 décembre aux RYD, ce qui représente 100.000 euros.

Du côté de l'opérateur Base, on indique lundi matin avoir traité, entre 20H le 31 décembre et 08H le premier janvier, 8.893.200 SMS, ce qui représente une augmentation de l'ordre de 47 % par rapport au réveillon de l'an dernier, lors duquel un peu plus de 6 millions de SMS avaient été envoyés. Base avait également procédé à des adaptations techniques sur son réseau en 2006 afin d'augmenter sa capacité et grâce à cela, seul un très léger retard a été constaté dans la livraison des SMS, mais dans l'ensemble tout s'est bien déroulé, indique l'opérateur.
Chez Mobistar, 14,4 millions de SMS ont été envoyés, contre 8,7 l'an dernier, ce qui représente une augmentation de l'ordre de 69 %. "Mais si l'on regarde sur une période de 24H, soit pour toute la journée du 31 décembre, on constate que 19,7 millions de SMS ont été envoyés, alors que l'an dernier, sur les journées du 31 décembre et du 1er janvier, soit 48H, on était arrivé à 20,9 millions de SMS. On a donc presque doublé nos chiffres", a indiqué Aline Julia, porte-parole de Mobistar. Quelques retards ont été constatés durant les heures les plus chargées, mais aucun problème n'a été signalé. Selon Mme Julia, les envois se sont davantage étalés dans le temps sur les journées de dimanche et lundi.
Nouveau record aux Pays-Bas
Les Néerlandais se sont également montrés très friands de voeux envoyés par SMS pour le réveillon de la nouvelle année, en envoyant un nombre record de SMS. Vodafone et KPN ont enregistré de fortes augmentations. Entre 22h00 et 04h00, 17,5 millions de SMS ont été envoyés par Vodafone, soit un peu plus de 7 millions de plus que l'an passé. Chez l'opérateur KPN, durant cette même période près de 10 millions de SMS ont été envoyés, soit près de 30 % de plus que l'an dernier. Les clients de l'opérateur Telfort ont envoyé entre 22h00 et02h00 près d'1,5 millions de voeux par SMS, contre un peu plus d'1, millions l'an passé.
(avec Belga)

Noctambus bat son record en Wallonie

L'opération Noctambus a connu une augmentation de fréquentation de 1,79 % en 2006, ce qui permet aux Tec de franchir le cap historique des 50.000 passagers transportés lors de la nuit du réveillon. Tous les chiffres ne sont pas encore rentrés mais nous en sommes d'ores et déjà à plus de 51.300. C'est le meilleur résultat jamais obtenu en 19 ans d'opération Noctambus , s'est félicité Stéphane Thiery, directeur de la communication de la Société Régionale Wallonne des Transports (SRWT). En Flandre, la société De Lijn a transporté quant à elle quelque 149.500 personnes au cours de la nuit de la St-Sylvestre, soit une légère baisse par rapport au record de 150.500 passagers établi en 2005.

Le monde a basculé en 2007

Des millions de personnes sont descendues dans les rues des grandes villes d'Europe et de la côte est des Etats-Unis qui ont rejoint avec plusieurs heures de décalage l'Asie pour fêter l'arrivée de 2007 dans la bonne humeur, par des températures souvent presque printanières.
A Times Square, au coeur de New York, jusqu'à un million de personnes se sont retrouvées, comme pour chaque Nouvel An, sur la célèbre place où les mesures de sécurité avaient été nettement renforcées dans la crainte d'attentats terroristes, au lendemain de l'exécution par pendaison de l'ex-président irakien Saddam Hussein. Les fêtards ont profité de températures inhabituellement clémentes pour se retrouver entassés sur le "carrefour du monde" et assister au décompte des 60 dernières secondes de l'année, avec le plongeon dans les airs de la célèbre boule de New York.
Quelques heures plus tôt, l'Europe a salué l'entrée en 2007 par des concerts géants, des feux d'artifices éblouissants. Des dizaines de milliers de Roumains ont ainsi célébré dimanche à minuit dans les rues de Bucarest l'entrée de leur pays dans l'Union européenne, animés par l'espoir d'une vie meilleure dans le "club des riches". Par dizaines de milliers, les Bulgares ont également célébré à Sofia leur entrée dans l'UE par un gigantesque spectacle de sons et lumières. De son côté, la Slovénie a accueilli son passage à l'euro, devenant le premier ex-pays communiste à entrer dans le cercle encore restreint de ceux ayant adopté la monnaie unique européenne parmi les 27 de l'UE.

A Paris, plusieurs centaines de milliers de personnes, 400.000 selon la police, ont célébré sans débordements l'avènement de 2007 sur les Champs-Elysées. En Allemagne, des centaines de milliers de personnes, d'après la police, plus d'un million, selon les organisateurs, ont fêté par des températures plutôt clémentes (+ 5 degrés) la nuit de la Saint-Sylvestre à Berlin, rassemblées au coeur historique de la capitale allemande, la Porte de Brandebourg, pour un feu d'artifice géant.
Au Royaume-Uni, feux d'artifice, concerts et festivités prévus en extérieur ont été annulés dans plusieurs villes du nord-ouest du pays par mesure de sécurité à la suite d'avis de violentes tempêtes, décevant des dizaines de milliers de fêtards, mais le traditionnel feu d'artifice a éclaté à minuit dans le centre de Londres, illuminant Big Ben depuis le London Eye, la plus imposante Grande roue du monde.
A Madrid, un spectacle son et lumière a été supprimé à la dernière minute à cause de l'attentat commis la veille à l'aéroport de la capitale, et revendiqué par l'organisation séparastiste basque ETA. Des dizaines de milliers de Madrilènes n'ont toutefois pas manqué le rendez-vous traditionnel Puerta del Sol. A Vienne, 550.000 personnes, selon les organisateurs, ont participé dans la nuit de dimanche à lundi au "Silvesterpfad", un parcours de la Saint-Sylvestre à travers le centre historique de la ville agrémenté de concerts et de stands gastronomiques.
En Tchétchénie, le Premier ministre pro-russe Ramzan Kadyrov a revêtu le costume du Père Noël, prenant la tête des plus importantes célébrations dans la province russe depuis l'ère soviétique, a constaté un journaliste l'AFP.
Les célébrations du Nouvel An coïncidaient avec la fête musulmane du Sacrifice Aïd al-Adha. En Turquie, des centaines de sacrificateurs maladroits se sont rués dimanche dans les hôpitaux pour des coupures au couteau plus ou moins graves qu'ils se sont infligées en égorgeant des moutons afin de commémorer le sacrifice d'Abraham.
L'Australie avait donné le coup d'envoi des réjouissances avec un immense feu d'artifice dans la baie de Sydney, autour du célèbre opéra qui s'est illuminé à minuit (13H00 GMT) en présence d'un million de personnes, mais les festivités en Asie ont été entachées par des attentats qui ont fait trois morts et 37 blessés, dont neuf étrangers, dans l'explosion de huit bombes dimanche à Bangkok.
(avec AFP)

29 décembre 2006

Phénomène Daerden


Daerden pour les fêtes à la RTBF


Il sera l'invité du bêtisier le 29 décembre où les animateurs se livreront à un concours d'imitations du ministre wallon

Depuis sa prestation éthylique lors de la soirée électorale du 8 octobre, Michel Daerden est devenu incontournable sur le petit écran. Au point que la RTBF a décidé d'en faire l'une des vedettes des fêtes de fin d'année ! Le ministre wallon sera ainsi l'invité du numéro spécial bêtisier de Ma télé bien-aimée le vendredi 29 décembre sur La Une, aux côtés de Jean-Louis Lahaye et de Malvira. On reverra sans doute quelques-unes de ses prestations les plus mémorables, mais ce n'est pas tout ! Les animateurs et les journalistes de la RTBF se livreront à un concours d'imitations de Michel Daerden. Et c'est le ministre lui-même qui décernera le prix au gagnant. Bien sûr, on peut se demander jusqu'où un ministre peut se donner ainsi en spectacle. Les réactions dans notre Courrier des lecteurs prouvent que tout le monde n'apprécie pas ses excès. Mais tant que l'audience suivra (et on peut parier que ce sera le cas le 29 décembre), on risque encore d'avoir droit à du Daerden à toutes les sauces...



Encombrant Daerden

Michel Daerden, le très raffiné ministre wallon du Budget (PS), ne laisse pas de surprendre. Au cours de la réception organisée à la résidence de l'ambassadeur belge à Paris, le vendredi 17 novembre, pour clôturer la journée de promotion des talents wallons, il a encore fait des siennes. Il n'a, en effet, rien trouvé de mieux que d'inviter ses sulfureux amis Bernard Tapie et Luciano D'Onofrio (l'agent de joueurs qui vient de se faire condamner en première instance dans le cadre des transferts suspects de l'OM) à se joindre à la fête. Elio Di Rupo se trouvait près de l'entrée. Il a serré la pince des invités de Daerden. Un photographe a immortalisé le moment. Di Rupo s'est fâché tout rouge lorsqu'il a réalisé le côté gênant de la situation. Daerden ne s'est pas départi de son sourire goguenard… I.P.
21 novembre 2006

RTL- Reporters - Vendredi 24 novembre à 19h45



Comment expliquer ce qu'il faut désormais appeler le « phénomène Daerden » ? On ne compte plus les sites internet consacrés au personnage politique et les téléchargements de ses apparitions au lendemain des élections communales ont fait de lui une star incontestée du web.
Le Ministre wallon du budget Michel Daerden a accepté d'être suivi par les caméras du magazine Reporters pendant plusieurs semaines. Ministre atypique, Michel Daerden est-il le même homme en public qu'en privé ?

Un verre d'eau à la main : Le 5 novembre dernier, Michel Daerden assistait au match Standard / Anderlecht dans sa loge au stade Sclessin. Il en profite pour nous éclairer sur ses investissements dans le secteur sportif, tout en enchainant les verres...d'eau.

Michel Daerden grand supporter du Standard : Michel Daerden grand supporter du Standard. Fidèle à lui-même, Michel Daerden va à la rencontre des supporters du Standard. Visiblement, il est populaire ! La proximité, c'est aussi cela sa force. A l'aise partout, Monsieur le Ministre retrouve ensuite le joueur de foot Sergio Conceicao.

Les compliments de Franck Dubosc : Les compliments de Franck DuboscLors de l'enregistrement de l'émission d'humour « ça vous fait rire » sur RTL TVI, Monsieur Daerden fait la connaissance de Franck Dubosc. Les deux hommes sont les invités de l'émission. Même l'humoriste Franck Dubosc a vu les fameuses vidéos du ministre disponible sur internet.

Sa rencontre avec Joe Starr : Deux mondes que tout oppose : le rap et la politique. Et contre toute attente, qui est le plus cool ?

Alors qu’il était invité sur le plateau de la nouvelle émission d’humour de la chaîne RTL-TVi présentée par Sandrine Cooreman,
le ministre wallon du Budget et bourgmestre de la commune d’Ans, la star Michel Daerden, a encore une fois brillé dans son art de déclencher les rires. D’une façon plus passive cependant cette fois, puisque le ministre a en fait été victime d’une raillerie de l’humoriste français Franck Dubosc, également présent sur le tournage.Alors que Daerden venait d’avancer fièrement qu’il avait "un taux de pénétration de 52% et que c'était une très belle réussite", le comique-séducteur a démarré au quart de tour et lui a répliqué sans hésitation "Monsieur Daerden, vous êtes le Rocco Siffredi de la politique belge!" (jouant évidemment sur le terme "taux de pénétration"). Hilarité générale sur le plateau.La nouvelle émission humoristique de RTL, Ca vous fait rire?, sera diffusée le 14 novembre. Des extraits du passage du ministre-chanteur devraient sans doute apparaître ensuite sur le net.
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Dirk Van Mechelen, ministre flamand du budget.

Le gouvernement flamand termine 2006 avec un surplus de 500 millions

Le gouvernement flamand a terminé l'année 2006 avec un surplus budgétaire de quelque 500 millions d'euros, a indiqué vendredi le ministre flamand du Budget, Dirk Van Mechelen. Selon ce dernier, grâce à ce bonus, la Flandre se trouve en pole position au cas où une nouvelle discussion sur la réforme de l'Etat interviendrait après les élections fédérales du printemps 2007.

Traditionnellement, le ministre du Budget présente à la fin de l'année le décompte final des efforts budgétaires. Pour un chiffre précis, il faudra encore attendre quelques mois. Mais selon M. Van Mechelen, la Flandre peut d'ores et déjà tabler sur un excédent budgétaire de quelque 500 millions d'euros.
La région fait à nouveau mieux que l'objectif fixé par le Conseil Supérieur des Finances (419,3 millions d'euros), dépassant ainsi pour la neuvième fois consécutive la norme du CSF.Le budget flamand a pu profiter de dotations fédérales correctement reversées (15,61 milliards d'euros). Les impôts régionaux propres sont restés légèrement inférieurs aux attentes (3,95 milliards d'euros), mais par rapport à 2005, ils ont augmenté de 7,6 % ou 279 millions d'euros. (belga)

26 décembre 2006

Le Prince Laurent aurait été aidé frauduleusement par l'armée

Laurent invité à rembourser
METDEPENNINGEN,MARC
mardi 26 décembre 2006


En trois phrases, le Roi tance son cadet, bénéficiaire, même involontaire, des fonds détournés à la Marine. Lire le discours du roi
A l'entame de son discours de Noël et Nouvel An, le roi Albert II s'est brièvement, mais fermement, attardé sur les soupçons de fraude au détriment de la Marine qui auraient bénéficié au prince Laurent lors de l'aménagement de sa villa de Tervuren. Sans citer nommément son fils cadet, le Roi, le visage grave, a d'abord fait sienne les déclarations récentes du gouvernement : « Personne n'est au-dessus de la loi » et « la Justice doit faire son travail en toute indépendance ». Avant de lancer ce pavé dans la mare : « Lorsque la justice établit des détournements, il me semble équitable que la réparation concerne tous ceux qui en ont tiré avantage ».
En clair : Laurent devra rembourser ce qu'il a indûment reçu grâce à l'intervention de son ex-conseiller, le capitaine de vaisseau (colonel) Noël Vaessen. Cet officier, qui sera jugé le 8 janvier à Hasselt aux côtés d'autres gradés de la Marine et d'entrepreneurs limbourgeois complices de détournements (2,2 millions), affirme que 175.000 euros ont été reçus en fournitures (décoration, matériel électroménager, etc.) par le prince Laurent et sa Fondation pour le bien-être animal.

Le « brouillon » de Verhofstadt
Jusqu'à présent, le Palais s'était réfugié derrière « l'enquête judiciaire en cours », se refusant à tout commentaire. Sans attendre le procès, le Roi est spectaculairement sorti de cette réserve.
Pour trois raisons.
1. Les accusations du colonel Vaessen, qui fut le conseiller de Laurent de 1993 à 1999, sont loin d'être vides de contenu. Un expert judiciaire, mandaté par le juge d'instruction de Hasselt, a dressé l'inventaire à la villa Clémentine des prestations dont a bénéficié le prince. Des inculpés estiment que les sommes concernées s'élèveraient non pas à 175.000 mais bien à 400.000 euros.
2. La constitution de partie civile de la Défense, annoncée par le ministre André Flahaut et sa volonté de mener une nouvelle enquête, voire de poursuivre au civil ceux qui auraient bénéficié des fonds détournés à la Marine, risquaient d'éclabousser encore plus le prince Laurent. Le Premier ministre, lui-même, avait indiqué le 12 décembre dernier que l'Etat entendait récupérer « les éventuels préjudices auprès de tous les bénéficiaires de la fraude ». Y compris donc Laurent, même s'il n'est pas poursuivi au pénal à Hasselt. Guy Verhofstadt avait ainsi « écrit le brouillon » du discours royal.
3. Selon l'adage, « mieux vaut un bon accord qu'un mauvais procès ». En invitant implicitement son fils à rembourser l'indûment perçu (qu'il ait ou non été au courant des détournements), le Roi contraint le risque d'un éventuel et humiliant procès civil, source de nouveaux déballages.


Le roi évoque les ''soucis'' de Laurent dans son discours (24/12/2006)

Le prince a été mis en cause par les allégations dans la presse de son ancien conseiller

Le roi Albert II a évoqué dimanche dans son discours de Noël et de Nouvel An, mais sans le citer, le dossier judiciaire qui touche indirectement son fils, le prince Laurent. Répétant ce qu'avait déjà indiqué le gouvernement, le souverain a affirmé qu'il lui semblait équitable, lorsque la justice établit des détournements, que la réparation concerne "tous ceux qui en ont tiré avantage". "Il est souvent question ces temps-ci d'abus de biens sociaux et de ressources publiques", affirme le roi au début de son discours, dans une allusion non dissimulée aux affaires politico-judiciaires qui agitent la Wallonie ces derniers mois, mais également au dossier judiciaire qui touche indirectement son fils cadet, le prince Laurent. "Aucune personne n'est au-dessus de la loi et la Justice doit pouvoir faire son travail en toute indépendance", a souligné le roi, paraphrasant ce qu'avait déjà affirmé le gouvernement au sujet de cette affaire princière. Albert II a ajouté que "lorsque la justice établit des détournements, il me semble équitable que la réparation concerne tous ceux qui en ont tiré avantage". Le prince Laurent a été mis en cause ces dernières semaines par les allégations dans la presse de son ancien conseiller, le capitaine de vaisseau (colonel) en retraite Noël Vaessen, inculpé dans un dossier de fraude concernant de l'argent de la Marine. Noël Vaessen accuse notamment le prince d'avoir utilisé de l'argent qu'il savait détourné pour des travaux d'embellissement de la Villa Clémentine à Tervuren. Ces allégations ont relancé le débat en Belgique sur la monarchie et la dotation royale. Le procès sur le détournement de 2,1 millions d'euros au détriment de la Marine doit débuter la deuxième semaine de janvier à Hasselt. Le prince Laurent n'y est pas inculpé. Le parquet d'Hasselt a dénoncé dernièrement une stratégie de défense dans le chef de Noël Vaessen afin de dissimuler sa propre escroquerie. Par ailleurs, dans son discours de Noël, le roi partage avec les travailleurs de Volkswagen Forest et ceux des firmes sous-traitantes leur profonde déception à la suite de la restructuration de l'usine bruxelloise. "Je sais que les autorités font tout pour trouver des solutions", dit-il. L'essentiel du discours du souverain est consacré à l'action internationale de la Belgique en faveur de la paix. Le roi insiste sur le travail créatif de la diplomatie belge, sur la présidence finissante de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et sur l'accession du royaume, ces deux prochaines années, au Conseil de sécurité des Nations Unies en tant que membre non-permanent. "C'est un beau défi pour nous", a souligné le roi. Les opérations militaires belges dans les Balkans, au Liban, en République démocratique du Congo (RDC) et en Afghanistan, ainsi que la coopération belge au développement figurent également au centre du discours royal.

Le Prince Laurent aurait bel et bien une immunité

Dans la foulée du déchainement de révélations, il est question que le Prince Laurent soit embarqué dans le procès pour escroquerie où est inculpé son ancien conseiller. Peut-être comme témoin. Pour le reste, contrairement à ce qu'a annoncé le premier ministre par communiqué hier, le Prince Laurent, sénateur de droit, disposerait bel et bien d'une immunité.
Effectivement, à partir du moment où le prince prête serment au Sénat, il est considéré comme n'importe quel autre parlementaires. Selon les juristes du Sénat, le prince dispose d'une immunité qui fonctionne jusqu'à ce qu'un dossier éventuel se retrouve envoyé devant un tribunal par la Chambre du conseil. Tout cela ne l'empêche pas de témoigner. A cette occasion-là, s'il dévoilait des éléments contribuant à sa propre incrimination, il ne pourrait, de toutes façons, pas être poursuivi sur base de ces révélations-là, suivant le principe que nul ne peut contribuer à sa propre incrimination. Le prince Laurent pourrait même être inculpé sans que son immunité ne soit levée.
Malgré les déballages dans la presse, son ancien conseiller, le colonel Vaessen, ne compte pas actuellement le faire témoigner à Hasselt en janvier. S'il est finalement appeler comme témoin, le Prince Laurent sera obligé de se présenter au tribunal.


Vaessen, la balance

Noël Vaessen a 54 ans. Membre de la très catholique Commission de la sauvegarde de la Création, ancien conseiller personnel de Laurent entre 1993 et 1999, il est, selon l'ancien chef d'état-major, l'amiral à la retraite Willy Herteleer qui pendant de longues années a été son chef, « un officier très capable et loyal qui travaillait à la Marine ».
Au cabinet du ministre de la Défense, on prétend ne pas en savoir plus sur la carrière de cet officier supérieur. Même réponse au service « alumni » (anciens élèves) de l'Ecole royale militaire...
A croire que le capitaine de vaisseau Noël Vaessen n'a jamais existé. Pourtant, même s'il n'a, à la connaissance des plus anciens à la Marine, jamais navigué, ni eu la moindre fonction à la base de Zeebruges, Vaessen a bien été officier de la Marine. Et maître d'enseignement à l'Université libre de Bruxelles, à la faculté des sciences sociales, politiques et économiques. De 1989 à 2004, il y donnait des cours sur les principes de gestion des projets télématiques.
Inculpé aujourd'hui par le juge d'instruction de Hasselt de faux en écriture, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, escroquerie et corruption, Vaessen était, depuis fin 1998, patron du service d'achats de la Défense, section Marine, le SDAZ. Le conseiller du Prince y gérait l'ensemble de l'important budget des gros achats (navires, missiles...) et l'octroi des contrats pour la Marine.
Ce serait par le truchement du service SDAZ que Laurent aurait, à son insu ou non, profité de certaines largesses (chiffrées à 175.00 euros) de la Marine : le SDAZ avait carte blanche sur l'emploi des budgets toujours disponibles fin novembre de chaque année, et qui normalement devaient retourner à la caisse d'Etat en cas de non-utilisation. Secret de Polichinelle : des programmes de substitution étaient inventés pour employer ces fonds. Comme dans tous les ministères.


Le prince Laurent taxé de tous les maux
L'accusateur se lâche. Mais ses affirmations semblent fragiles.
Restent les fausses factures de la Marine.

L e capitaine de vaisseau (lieutenant-colonel) Noël Vaessen se positionne à l'offensive, un mois avant l'ouverture, le 8 janvier, devant le tribunal correctionnel de Hasselt du procès à charge de 14 entrepreneurs limbourgeois et officiers de la Marine (dont lui-même) accusés d'avoir détourné des caisses de la Défense deux millions d'euros, dont 175.000 alloués au prince Laurent et à sa Fondation.
Vaessen (Le Soir des 4-5 décembre) soutient que le Prince était au courant de ces pratiques illégales ; qu'il les a encouragées pour se faire livrer des meubles, du matériel électroménager et informatique à la villa Clémentine, propriété de la Donation royale qu'il occupe à Tervuren. Il dit avoir agi pour le « bien de la Belgique et de la Royauté », niant tout enrichissement personnel même si l'enquête a révélé que de fausses factures payées par la Marine auraient servi à dissimuler des travaux exécutés dans sa seconde résidence, en Ardenne.

Dans un entretien accordé hier au Laatste Nieuws (seul média auquel il se confie), Noël Vaessen, conseiller de Laurent de 1993 à 1999, réitère ses proclamations d'innocence. Il regrette que la Justice n'ait pas voulu aller au bout du dossier en s'interdisant d'interroger le fils cadet du Roi et, a fortiori, de l'attraire devant le tribunal, ce que la seule immunité réservée au Roi aurait permis, en théorie, d'envisager.
Vaessen se livre surtout à une philippique acérée contre son ancien protégé, le qualifiant « d'obsédé par l'argent », décrivant une incommensurable âpreté au gain et lui prêtant l'ambition de se trouver un jour à la tête d'une fortune de deux milliards de dollars ainsi qu'il l'aurait confié lors d'un dîner chez les Solvay, magnats de l'industrie chimique.
Ces « propos rapportés » sont, par nature invérifiables. Et le Prince, ainsi que l'a confirmé le Palais, se refuse à répliquer ou à commenter les déclarations de son ancien mentor. Vaessen livre toutefois des informations factuelles. Que nous avons vérifiées.
1 Trois Ferrari en un jour ? Noël Vaessen prétend qu'en 1999, Laurent entre en possession de 15 millions de francs, solde du salaire d'un million de francs brut mensuel (comme l'a confirmé le Palais) que lui accordait l'Institut royal pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des technologies propres (IGRT, qu'il préside) dont le versement était retardé par des incertitudes fiscales. Ce salaire a été annulé en 2001 lorsqu'il bénéficia d'une dotation publique. Vaessen prétend qu'à la réception de cette somme, Laurent s'est précipité dans un garage Ferrari, y achetant d'un seul coup « trois voitures, dont une décapotable ». A cette époque, Laurent a bel et bien acheté au garage « Francorchamps », sis à Woluwe, une Ferrari 355. Mais dix jours plus tard, il décide de l'échanger contre un modèle 512, ce que le garage accepte. Aucune trace donc, chez Ferrari, d'un achat de trois véhicules au cours d'une même journée.
2 Les turbines russes ? Vaessen prétend que Laurent, apprenant qu'un de ses anciens professeurs de l'Ecole royale militaire a mis au point une turbine à gaz à faible consommation, a tenté de mettre sur pied une société commerciale vouée à la vente de cette invention en Russie, où 300 centrales recourent à ce type de turbine. Il aurait réuni au château de Fenffe (Ciergnon) des investisseurs potentiels, s'engageant lui-même à investir 15 millions de francs. L'inventeur de cette turbine « écologique », le professeur Boris Kalitventzeff (ULg et ERM), dément que le Prince ait été associé à quelque commercialisation de son invention. « Le Prince voulait que je lui donne des cours de chimie. Je lui ai donné quelques leçons sur les sujets qui l'intéressaient ». Une société, impliquant Electrabel, fut montée autour de l'invention du scientifique. Elle ne dura pas. « Un prototype fut monté à Verviers. Un jour, le Prince vint en voir le fonctionnement, assure Boris Kalitventzeff. C'était pour voir comment ça marche. » Vaessen prétend aussi que Laurent a voulu placer l'une de ces turbines sur des navires de la Marine. « Aucune trace, nous assure-t-on à bonnes sources, ne figure
dans nos dossiers d'achat ou d'étude ».
De même, les allégations de Vaessen quant à l'octroi d'un subside de la Région wallonne de 70 millions de francs à ces projets princiers n'ont laissé aucune trace à Namur, ni dans les demandes de subsides ni dans leur octroi. Sous le sceau de l'anonymat, un observateur wallon nous déclare cependant : « Je me souviens avoir assisté à une réunion, il y a une dizaine d'années, où le Prince tentait de convaincre un ministre wallon du bien-fondé d'un projet similaire. La réponse a été non sur toute la ligne, vu le veto opposé par l'inspection des Finances et l'administration. La Région wallonne n'a pas injecté un franc dans ce projet. »
Noël Vaessen décrit encore un prince en quête permanente d'argent et lâché par sa famille. Il prétend que le gouvernement serait intervenu pour l'aménagement de la villa Clémentine, ce qui est étonnant, la villa ayant été construite sur fonds propre par la Donation royale qui l'a également équipée de quelques meubles.

Son Institut royal, c'est la niche de Laurent

L'Institut royal pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des technologies propres (IRGT), que préside le prince Laurent, est une ASBL qui existe depuis 1994.
Jusqu'à l'octroi d'une dotation publique au prince Laurent en 2001 (environ 300.000 euros), celui-ci bénéficiait d'un salaire « d'expert » d'un million de francs par mois, ainsi que l'a confimé le Palais. Depuis lors, le prince Laurent, qui ne peut plus excercer « d'activités commerciales », bénéficie d'un remboursement des frais engagés dans le cadre de ses prestations pour compte de l'IGRT. « Ce ne sont pas des frais forfaitaires, mais bien le remboursement de frais réels, nous précise l'administrateur-délégué de l'IRGT, M. Jacques Wiertgen. Le prince effectue 60 à 70 visites par an, il travaille beaucoup. »

Le rôle de l'Institut, selon M. Wiertgen, est d'être une « plate-forme transrégionale » vouée à l'environnement et au développement durable. Son budget annuel est de 737.000 euros, apportés par le sponsoring privé (BNB et Dexia notamment), mais surtout (411.000 euros) par les trois Régions : 178.000 euros par la Flandre, 160.000 par la Wallonie et 73.000 par la Région bruxelloise. L'IRGT fait exécuter des études et mène des campagnes de sensibilisation.
« Je n'ai jamais rien suspecté quant à de possibles malversations liées à l'usage des fonds, explique cet ancien membre du conseil d'administration. Les ordres du jour étaient peu encombrés, et les projets soumis au conseil d'administration étaient formulés par un conseil scientifique compétent. » A propos du fonctionnement actuel de l'IRGT : « Ses conseils d'administration sont très austères. C'est sandwichs mous et limonade, concède ce membre du conseil d'administration délégué par un pouvoir politique régional. Une fois par an, on a droit à un restaurant italien, parce que le prince Laurent ne mange que des spaghettis bolognaise abreuvés de coca ! »

L'électron libre, le Palais et le gros dos

F ace à une couverture médiatique d'un genre nouveau - il est exceptionnel, en Belgique, qu'un journal donne libre cours aux propos à charge d'un ancien conseiller royal ou princier, si l'on excepte le précédent d'Herman Liebaers, ex-grand maréchal de la Cour, qui avait contesté en interview la capacité à régner de Philippe - le Palais fait le gros dos. Ni démenti, ni commentaire, ni consultation d'avocat.
« Pas de commentaire avant le procès », relaie le porte-parole Michel Malherbe. Mot d'ordre : « N'interférer en aucune manière avec la justice. » Pas de réaction, donc, au « témoignage par voie de presse d'une personne mise en cause par la justice ».

Un principe, par contre, que tout prince ou roi est censé respecter : le statut de membre de la famille royale ne peut être utilisé pour amasser des gains privés. Ce n'est pas une règle juridique formelle, mais une coutume à laquelle chacun est censé veiller, gouvernement compris, pour éviter tout conflit d'intérêt.
Laurent, l'électron libre du Palais, a-t-il trahi cette coutume ? La justice le dira. Pour l'heure, une chose est sûre : le Palais ne contrôle pas Laurent - peut-être même y a-t-il renoncé. Ainsi, le Prince ne fait-il guère appel au service de presse du Palais, sauf pour la convocation des médias lors de la naissance de ses enfants. Sinon, il organise lui-même sa communication, que ce soit quand il est mis en cause pour le choix d'un parrain ou pour la publication de photos de ses jumeaux. Au Palais, l'entourage du Prince se limite d'ailleurs à deux personnes : son conseiller Georges Vanlherbergen (successeur de Vaessen) et un secrétaire.
Se plaignant depuis des années de gêne financière, Laurent ne manque pas de choquer une partie du public. La reconnaissance par le Palais qu'il percevait bien, durant les années 90, un million de francs par mois n'améliorera pas les choses.
Surtout si l'on ajoute que, outre sa dotation, ses dépenses relevant de la liste civile (frais de chauffage, électricité, gaz, eau, téléphone, essence, voitures...) sont exonérées d'impôts et de taxes (essentiellement la TVA). Ce qui rend leur consommation ou usage largement plus abordable que pour le commun des mortels...

L'argent du Prince

Depuis le 1 er juillet 2001, le prince Laurent bénéficie d'une dotation annuelle, indexée et nette d'impôts. Elle se monte à 300.000 euros et découle d'une loi votée par le Parlement. A cette date, le Prince a renoncé aux traitements qu'il percevait de sa Fondation et de l'IGRT (le palais confirme que « le chiffre d'un million (francs belges par mois) est correct »). Officiellement, le prince ne bénéficie plus d'aucun autre revenu désormais que sa dotation.
Mais Laurent est logé avec sa famille à la villa Clémentine, à Tervuren, qui est la propriété de la Donation royale, c'est-à-dire de l'Etat. Il s'y retrouve dans la situation classique du locataire vis-à-vis de son propriétaire. « Tous les gros travaux, explique Michel Malherbe, porte-parole du Palais, sont à charge de la Donation et l'entretien courant est supporté par le prince. »


Les Ferrari, les montres suisses, évoquées dans la presse flamande ? « Ces achats éventuels pourraient avoir été financés par de l'argent provenant de traitements perçus par le prince avant 2001 », répond le Palais.
Les séances de photo soi-disant monnayées et organisées pour la presse people ? « Le service de presse du Palais organise des séances photos en pool, pour tous les médias. Nous n'avons pas d'autre commentaire », répond Michel Malherbe.
D'autres membres de la famille royale bénéficient d'une dotation, selon le même principe. La reine Fabiola reçoit 1.388.000 euros, le prince Philippe 888.000 euros et la princesse Astrid 312.000 euros (base 2005). Le Roi, lui, est doté d'une liste civile, inscrite dans la Constitution et fixée par la loi pour la durée du règne. Cette liste (8.195.000 euros en 2005) reprend la totalité des moyens que la Nation met à sa disposition comme chef de l'Etat pour lui permettre d'exercer sa fonction royale « en toute indépendance morale et matérielle ».
Parmi ces moyens, une dotation couvre ses dépenses de personnel (67 %), ses frais d'entretien des domaines (12 %), ses frais de ménage (1,7 %), son parc automobile (4,4 %), etc. Le Roi habite, aux frais de l'Etat, le palais de Bruxelles et le château de Laeken, où sont exposés les objets d'art de la Collection royale.
Le Belvédère, le Stuyvenberg, les châteaux de Ciergnon et de Fenffe sont mis à disposition par la Donation royale. Les biens personnels du Roi, dont la résidence Les Romarins, dans le Sud de la France, et son yacht, sont gérés comme il l'entend - et imposés.
En 2003, des sénateurs CDH ont déposé une proposition de loi posant un cadre légal à l'attribution de dotations à l'héritier présomptif au trône et à son premier successible, âgés de 18 ans minimum. Pour leur conférer « dignité et neutralité ».
A l'inverse, des députés et sénateurs du Vlaams Belang ont déposé d'autres propositions de loi abrogeant la loi de 1993, fixant la liste civile et les dotations de toute la famille royale. Motif ? Le Roi disposerait, à l'étranger, d'une « considérable » fortune personnelle, acquise « de manière scandaleuse » durant l'époque coloniale au Congo.

L'armée escroquée, le gouvernement réagit

Le gouvernement belge s'est constitué partie civile par le biais du ministre de la Défense et a introduit une action en vue de récupérer les éventuels préjudices que l'Etat a subis vis-à-vis de tous les bénéficiaires de la fraude.

e dossier concerne des militaires et des entrepreneurs qui auraient escroqué l'armée. Le prince Laurent n'est pas cité à comparaître mais il aurait profité du montage frauduleux mis en place pour la réalisation de travaux dans sa villa.
Ce mardi, le quotidien "Het Laatste Nieuws" a commencé la publication d'articles tirés d'un entretien que lui a accordé un ancien conseiller du prince, le colonel Noël Vassen. Selon l'officier de marine, le prince a participé à la fraude.
L'officier Vassen est l'un des suspects dans cette affaire de fraude dans laquelle des militaires et des hommes d'affaires sont cités. Ils auraient agi au préjudice de l'armée. Le prince Laurent aurait été l'un des bénéficiaires.
"Le prince a participé à la fraude. Il le savait vraiment. La justice ne veut pas contrôler cela en profondeur. Je veux témoigner ouvertement car je crains que tout cela soit étouffé", affirme le militaire.
Le colonel Vassen s'exprimera durant trois jours dans les colonnes du journal flamand sur un livre concernant les "années folles" du fils cadet du roi Albert II
Dans son communiqué, le premier ministre a précisé une nouvelle fois que le prince ne bénéficiait d'aucune immunité. Elle ne s'applique qu'au roi et non aux membres de la famille royale.
(D'après Belga)

Il appartient à la justice de déterminer si des fautes ont été commises, a souligné mardi le président du sp.a Johan Vande Lanotte à propos du procès qui s'ouvrira le 8 janvier à Hasselt. Si tel était le cas, celles-ci devront être corrigées et il faudra indemniser, a-t-il ajouté, interrogé au cours de l'émission Ter Zake (Canvas).
Aux yeux du président des socialistes flamands, ce serait encore plus grave s'il apparaissait que l'on avait voulu étouffer certaines affaires. Tout le monde, même le prince, doit être placé devant ses responsabilités si des fautes ont été commises, a-t-il encore dit. Pour le reste, M. Vande Lanotte a souscrit au communiqué diffusé en fin d'après-midi par le premier ministre.

Un colonel mouille le prince Laurent

La marine s'est montrée très généreuse avec son lieutenant-colonel. Jusqu'à l'abus ? Un procès en janvier.

L e Prince était demandeur. Il savait que nous arrangions les choses. » L'homme qui s'exprime ainsi s'appelle Noël Vaessen. Colonel à la Marine, il fut le conseiller du prince Laurent. Il est impliqué, avec une quinzaine d'autres officiers et d'entrepreneurs limbourgeois, dans une affaire de fausses factures. Dans ses explications, relayées par son avocat, il mouille le fils cadet du Roi : « Il n'a jamais reçu d'argent. Mais en tant qu'officier supérieur de la Marine, il ne touchait aucun salaire et trouvait normal que nous lui trouvions une rémunération alternative. »

Un procès s'ouvrira en janvier à Hasselt. Il y sera question de faux, de détournements et de corruption. Les inculpés utilisaient des excédents budgétaires de la Marine pour offrir des « cadeaux » au Prince : travaux, mobilier, électroménager... Il y en aurait pour 175.000 euros.
Le colonel Vaessen figure en bonne place parmi les inculpés. Laurent, lui, n'a pas été inquiété. Et pourtant, selon son ex-conseiller, il était parfaitement au courant de l'origine des fonds dont il bénéficiait. L'avocat de l'officier ne compte donc pas en rester là : « Nous envisageons de faire citer le Prince comme témoin lors du procès », affirme-t-il.


Laurent "instrumentalisé" malgré lui ?



Une affaire de détournements de fonds publics concerne aussi des marchandises et des services pour la villa du prince Laurent. Le Palais est muet pour ne pas influencer le procès. Et le Prince en a même perdu son sourire.




Participant vendredi matin au Sénat - voir ci-dessous - à une séance solennelle à l'occasion des 20 ans de la loi sur la protection animale, Laurent de Belgique n'avait guère le coeur à la fête. C'est que le Prince se retrouve malgré lui dans une affaire de détournements de fonds dans lesquels il est question de marchandises et de services offerts pour aménager dans les années 90 la Villa Clémentine à Tervuren où il s'est installé à cette époque.
C'est le "Laatste Nieuws" qui a révélé qu'un procès concernant ce dossier s'ouvrira le 8 janvier 2007 devant le tribunal correctionnel d'Hasselt. Erwin Steyls, porte-parole du parquet de la capitale du Limbourg a confirmé l'information. De fait, quinze suspects dont des entrepreneurs limbourgeois mais aussi des officiers de marine doivent répondre de faux en écriture, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, escroquerie et corruption. Que vient faire la Villa Clémentine dans cette affaire ? Des entreprises toutes limbourgeoises ont livré des marchandises et des services pour des travaux d'aménagement à la résidence du fils cadet du Roi et de la Reine. Selon le parquet d'Hasselt, il faut préciser que rien n'indique dans le dossier que l'occupant des lieux aurait été au courant de ces actes illégaux. Ce n'est cependant pas l'avis de l'ancien conseiller du Prince, le colonel Noël Vaessen, partie prenante dans le dossier. A nos confrères du "Laatste Nieuws", celui qui encadrait le Prince après l'accession au trône d'Albert II a en effet affirmé que si la Donation royale avait bien offert et construit une résidence pour Laurent, celle-ci était loin de bénéficier du confort attendu.
Même pas de casseroles !
Non seulement, il y avait des problèmes d'infiltration d'eau dans les caves mais elle n'était nullement aménagée, manquant même de tables, de chaises voire d'un lit ! En fait, selon le colonel, le Prince n'était guère aidé financièrement par ses parents, ce qui l'aurait amené à s'en ouvrir à ses amis de la Marine ! Ces derniers auraient donc donné un coup de pouce à celui qu'ils considéraient des leurs, sorte de mascotte moderne en lui offrant une machine à laver, un four à micro-ondes, des tapis et même une batterie de cuisine... Dans la foulée, la Marine aurait également aidé la Fondation du Prince pour le bien-être animal en participant à la création de dispensaires pour soigner les animaux des plus démunis.
175 000 euros
Des membres du service logistique de la Marine auraient notamment utilisé en fin d'exercice les budgets qui lui étaient destinés afin de ne pas devoir les rendre à l'Etat et surtout pour ne pas voir les budgets se restreindre aux exercices suivants. Globalement il est question de 175 000 euros qui auraient été écoulés via un système de fausses factures et cela de toute évidence au détriment de l'Etat.
Le colonel Vaessen est lui-même accusé d'avoir détourné une partie de ces fonds. Ce qui ne l'a cependant pas empêché de préciser dans le "Laatste Nieuws" qu'il ne s'est certainement pas enrichi personnellement et qu'il n'avait pas vu malice à ce que l'on aide de la sorte le prince Laurent. Et de parler d'"une manière créative" d'aider celui-ci...
Le Prince à la barre ?
On comprend que ces détails embarrassent fort le Palais royal et l'armée qui se taisaient vendredi dans toutes les langues nationales. Un "no comment" néanmoins justifié par le fait que toute intervention dans un sens ou dans un autre pourrait influencer le procès.
Le prince Laurent n'est pas, rappelons-le, encore une fois, mis en cause mais cela n'empêcherait pas le tribunal de l'appeler à la barre comme témoin. En effet, selon l'article 88 de la Constitution, seul le Roi bénéficie de l'immunité de juridiction. C'est ce qui fait qu'il n'était pas intervenu dans le procès contre Jean Nicolas, dans la foulée de l'affaire Dutroux. Par contre, les autres membres de la famille royale peuvent très bien être cités mais on n'en est, évidemment, pas encore là ! D'autant plus qu'au tribunal d'Hasselt, on nous a bien précisé que le colonel Vaessen est impliqué dans le dossier et qu'il ne faut pas l'oublier lorsque l'on entend sa version des faits...
© La Libre Belgique 2006





Le Prince Laurent aurait été aidé frauduleusement par l'armée


Le Prince Laurent a bénéficié à la fin des années nonante d'une aide financière de la Marine belge via des pratiques suspectées frauduleuses. C'est ce qui ressort d'une action introduite récemment devant le tribunal correctionnel de Hasselt.
Plusieurs entreprises limbourgeoises ont livré des marchandises et des services à la Villa Clémentine à Tervuren, où le prince habite, et à la Fondation Prince Laurent, qui dispose de dispensaires à Bruxelles et à Liège. Ces sociétés ont fait payer par la Marine des prestations pour quelque 7 millions de francs, soit environ 175.000 euros, probablement via un système de fausses factures, au détriment de l'Etat, selon le parquet.
Quinze suspects, dont des officiers de la marine et des chefs d'entreprise doivent à présent répondre de faux en écriture, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, escroquerie et corruption. Le Prince Laurent lui-même n'est pas mis en cause. "Le sommet de l'armée belge était au courant d'un 'système' visant à soutenir le Prince Laurent via la marine. Le prince lui-même était demandeur pour obtenir de l'aide lors de l'installation et de l'entretien de sa villa et l'aménagement de cliniques pour animaux. Il n'avait pas assez d'argent pour tout payer lui-même", affirme son ancien conseiller, le colonne Noël Vaessen. L'affaire sera examinée les 8 et 12 janvier par le tribunal correctionnel de Hasselt.
Une information du journal “Het Laatste Nieuws”.

Le roi de la musique soul

Le roi de la musique soul, le chanteur américain James Brown, mort ce 25 décembre à l'âge de 73 ans à Atlanta, a accumulé au cours d'une carrière longue et mouvementée disques au succès planétaire, cures de désintoxication et séjours en prison.

Cireur de chaussures
Peu après la venue au monde de James Brown, sa famille, pauvre, déménage à Augusta (Georgie) et le jeune James survit en ramassant du coton chez les riches propriétaires ou en cirant des chaussures dans le centre-ville.
Suivront un séjour en prison, puis un autre en maison de redressement.

Prison
C'est en prison qu'il rencontre Bobby Byrd et entre dans son groupe de gospel avant de rejoindre en 1952 les Starlighters qui changent alors de nom pour devenir James Brown and the Famous Flames.
Le groupe fait deux albums, Please, Please, Please en 1956, etTry Me en 1958, tout en délaissant quelque peu le gospel pour un rhythm and blues bien plus nerveux.

En 1962, James Brown fait enregistrer un album live à l'Apollo de New York. C'est un succès colossal.Sex MachineEn 1964, le chanteur officie en solo et connaît ses premiers grands succès en tant que tel: l'album Out Of Sight contient les tubes Papa's Got A Brand New Bag et I Got You (I Feel Good) devenus depuis des grands classiques. En 1970, c'est l'apothéose avec Sex Machine, peut-être le point d'orgue de la carrière de celui que l'on surnomme The Godfather Of Soul ("Le Parrain de la Soul").Too FunkyDans les années 70, la vague disco arrive et submerge presque James Brown et son funk endiablé. Il continue de tourner avec un nouveau groupe, les Pacesetters. Il renoue avec le succès grâce à It's Too Funky Here en 1978.

Cinéma
Les Blues Brothers lui rendent hommage à l'aube des années 80 en lui confiant un rôle de prêtre dans ce film devenu lui aussi culte. Et c'est vraiment le cinéma qui le relance puisque le film Rocky IV, en 1986, lui permet de triompher avec Living In America.PneumonieDepuis cette période, James Brown a enchaîné séjours en prison, cures de désintoxication et disques de qualités diverses.
Après une vie faite d'excès en tous genres, James Brown apprend qu'il est atteint d'un cancer de la prostate à la fin de l'année 2004. "J'ai surmonté beaucoup de choses dans ma vie. Je surmonterai cela également", avait déclaré le "Parrain de la Soul" début décembre en apprenant qu'il devait subir une intervention chirurgicale.
D'après des médias américains, il serait mort d'une pneumonie dans un hôpital d'Atlanta où il aurait été admis dimanche soir.
(afp)

LE docu-fiction : des chiffres

Plus de 60.000 signatures de soutien à la RTBF en une semaine

La pétition de soutien à la RTBF, mise en ligne sur le web au lendemain du docu-fiction diffusé le 13 décembre, avait récolté jeudi midi, soit en une semaine, 60.206 signatures. L'objectif de la pétition de soutien à la RTBF (www.petitiononline.com/rtbf1312/petition.html
) est de marquer son opposition à une quelconque sanction de la ministre chargée de l'audiovisuel à l'encontre de la chaîne publique. Pour les signataires, qui veulent encourager la RTBF à poursuivre sa démarche pour conscientiser le public, une sanction serait synonyme de censure gouvernementale sur les libertés rédactionnelles.Malgré l'électrochoc provoqué par le docu-fiction de la RTBF, la réalité audiovisuelle penche toujours nettement en faveur de RTL-TVi. Tout juste une semaine après la diffusion du documentaire mettant en scène la scission de la Belgique et la déclaration d'indépendance de la Flandre, la chaîne privée annonce avoir battu mercredi soir des scores d'audience en termes de parts de marché, raflant 51,3 % de parts de marché, soit son meilleur score de l'année, contre 30,9 % pour la RTBF. Mercredi soir, 827.800téléspectateurs ont regardé le journal télévisé de la chaîne privée tandis que celui de la Cité Reyers n'en a attiré que 523.900.

070 et 3320 payants (15/12/2006)


Ce qui a également interpellé les téléspectateurs lors du faux JT, c'est la mise en place d'un centre d'appel d'urgence accessible via le 070.22.20.22. Les 070 sont les moins surtaxés des numéros spéciaux mais ils coûtent un peu plus cher qu'un appel normal soit 0,17 euro la minute. La Une a reçu 31.368 coups de fil.
Le 3320 utilisé pour recueillir les SMS a aussi bien fonctionné. À un demi-euro le message, le décompte est très vite établi quand on sait que 21.338 SMS ont été envoyés. De faibles rentrées dans l'absolu, certes, mais dont la RTBF aurait pu se priver quand on sait que les appelants, ébranlés peu ou prou, étaient en quête de confirmations fiables suite à l'incroyable nouvelle.

Lire aussi Lendemain de panique

Gerald Ford, 38e président des Etats-Unis, est mort

L'ancien président américain Gerald Ford, propulsé à la Maison blanche en août 1974 dans le sillage du scandale du Watergate, est décédé à l'âge de 93 ans, a annoncé mardi sa veuve, Betty.
Il était le seul président de l'histoire des Etats-Unis à n'avoir jamais été élu à la Maison blanche.
Ancien élu du Michigan pendant 26 ans, il était devenu le 38e président le 9 août 1974 après la démission du républicain Richard Nixon, dont il était vice-président, à la suite du scandale du Watergate.
L'actuel occupant de la Maison blanche, George W. Bush, a salué "(...) un grand Américain qui, pendant de nombreuses années, a dédié sa vie au service de notre pays. (...) Avec une intégrité tranquille, du bon sens et de la gentillesse, le président Ford a contribué à guérir notre pays et à rétablir la confiance des Américains dans la présidence".
Le président a ajouté: "Le peuple américain admirera toujours le sens du devoir de Gerald Ford, sa personnalité et le comportement honorable de son administration".
"Ma famille se joint à moi pour annoncer la douloureuse nouvelle de la disparition, à l'âge de 93 ans, de notre époux, père, grand-père et arrière grand-père bien-aimé", a déclaré Betty Ford dans un communiqué publié par le Centre médical Einsenhower de Rancho Mirage (Californie) où Gerald Ford était soigné.
"Il a consacré sa vie à l'amour de Dieu, de sa famille et de son pays", a-t-elle ajouté.
BATTU PAR JIMMY CARTER EN 1976
"Le long cauchemar de notre Nation est terminé", avait pour sa part affirmé Gerald Ford en prêtant serment. Il avait amnistié son prédécesseur en septembre 1974.
Gerald Ford n'avait aussi jamais été élu à la vice-présidence, un poste auquel il avait accédé en 1973 après la démission du vice-président de Richard Nixon, Spiro Agnew, menacé de poursuites judiciaires pour corruption.
Gerald Ford avait été battu par le démocrate Jimmy Carter à la présidentielle de 1976.
En novembre, il était devenu le doyen des présidents des Etats-Unis, dépassant Ronald Reagan, décédé en juin 2004.
Il était malade et ne paraissait plus en public depuis plusieurs années déjà.
Il était né le 14 juillet 1913 dans le Nebraska et vivait avant sa disparition avec son épouse, Betty, dans le sud de la Californie.
Gerald Ford avait été hospitalisé à quatre reprises cette année pour divers problèmes de santé.
Doté d'un caractère radieux et d'une réputation de gentillesse, Gerald Ford avait du subir les critiques de ses détracteurs qui se moquaient de ses gaffes.
Ils disaient notamment de lui qu'"il ne pouvait pas marcher et mâcher du chewing-gum en même temps".
Son épouse Betty avait acquis pour sa part une stature nationale en raison de son combat contre la drogue et l'alcoolisme.

Des nouvelles de nos justiciables ...

MAJ 26/12/2006

La Ville de Charleroi se porte partie civile
La Ville de Charleroi veut obtenir des dédommagements après la gabegie de certains élus. Les affaires se sont accumulées et Charleroi veut laver son linge sale.
L'échevin du Budget et des Finances de Charleroi, Jean-Jacques Viseur, le promet: aucune clémence ne sera accordée à une éventuelle implication d'un nouvel élu.
La Ville de Charleroi va porter plainte contre X et se constituer partie civile entre les mains de la juge d'instruction Baeckeland. C'est ce qui a été décidé lors de la dernière réunion de son conseil communal à propos des différentes dossiers dans lesquels la Ville pourrait avoir subi un préjudice.Récupérer le préjudiceIl s'agit des dossiers relatifs aux marchés publics, à l'ICDI, à "La Carolorégienne", à l'ISPPC (Intercommunale de Santé et de Salubrité publique de Charleroi), au chauffage installé chez l'ex-échevin Despiegeleer à Carcassonne, mais aussi du récent dossier de la location-achat de photocopieuses Xerox. Il s'agit, explique-t-on à Charleroi, de prendre par cette mesure toutes les dispositions conservatoire utiles, qui permettront à la Ville de récupérer les préjudices qu'elle aurait pu subir dans ces différents dossiers et ce, quels que soient les auteurs reconnus des différentes infractions, qu'il s'agisse de politiques ou d'administratifs.
Pacte de majorité
L'échevin du Budget et des Finances de Charleroi, Jean-Jacques Viseur, rappelle que, s'il devait s'avérer qu'un élu sortant de l'ancienne majorité devait être impliqué dans un de ces dossiers, le pacte de majorité prévoit qu'il aurait aussitôt à démissionner de ses fonctions. Une rencontre doit également avoir lieu sous peu entre les autorités communales et le procureur du roi de Charleroi Christian De Valkeneer, afin d'organiser la transmission vers le parquet de Charleroi des informations qui seraient recueillies au sein de l'administration communale. Une circulaire informant les fonctionnaires communaux de leurs obligations à ce propos leur a été récemment transmise, explique encore M. Viseur.
Suspendre les marchés
Une cellule a été mise en place au sein du département communal des Finances afin d'identifier les éventuelles irrégularités qui auraient été commises à l'occasion de la passation de différents marchés publics. Le but, pour la Ville de Charleroi, va maintenant consister à suspendre les marchés en cours avant qu'ils soient exécutés, s'ils présentent des irrégularités; ou encore à en suspendre le paiement, s'ils ont déjà été exécutés.Passation des marchésLes documents relatifs à ces différents marchés seront ensuite transmis au tribunal civil qui, au vu des éléments fournis par la Ville, aura à dire s'il s'agit ou non de marchés irréguliers, et s'ils peuvent être exécutés et/ou payés aux fournisseurs, compte tenu des conditions dans lesquels ils ont été passés. Enfin, explique encore l'échevin Jean-Jacques Viseur, une nouvelle procédure de passation des marchés va être transmise via une circulaire aux fonctionnaires communaux, afin qu'ils s'y tiennent de manière stricte et que les irrégularités constatées ne puissent plus se reproduire, ou qu'on ne puisse plus, en tout cas, invoquer la méconnaissance des législations en la matière. (belga)
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L'affaire du Village n°1 en correctionnelle

La chambre du conseil de Nivelles a rendu une ordonnance renvoyant les six inculpés, dont Jean Wauters, du dossier du Village n°1 Reine Fabiola en correctionnelle. L'instruction de ce dossier de détournement de fonds au préjudice de cette institution pour personnes handicapées située à Braine-l'Alleud, avait débuté en 1996.
Au fil de l'instruction menée par le juge nivellois Marc Cruysmans, six personnes,toutes proches du Village n°1, ont été inculpées: Jean Wauters, ancien président du Village n°1 et par ailleurs président d'honneur du Standard de Liège, son épouse Hélène Schollaert, les anciens directeurs du Village n°1 Maurice Cabo et Ali Baudot, l'ancien comptable de l'institution, Freddy Bronckart ainsi que François Jamotte alias Montagne, chroniqueur culinaire et ancien organisateur des tombola CAPSA au profit des handicapés.
Un système de détournement de fonds aurait été mis en place au détriment de l'institution. Certains héritages destinés aux handicapés ainsi que des sommes issues des tombolas organisées par l'asbl CAPSA au profit du Village n°1 auraient été détournées.

Ces sommes auraient transitées par un compte géré par Jean Wauters, le compte 29, avant d'être, selon les éléments d'enquête, reversés seulement en partie au Village n°1. Certaines personnalités, dont des hommes politiques, pourraient avoir bénéficié de faveurs à partir de ce compte.
Jean Wauters a toujours affirmé avoir agi pour le bien des handicapés sans enrichissement personnel. Les six inculpés n'étaient pas présents lundi pour prendre connaissance de cette ordonnance de renvoi. Le préjudice pour le Village n°1 est estimé à 20 millions d'euros, à quoi s'ajoute 11 millions d'euros réclamé par l'administration fiscale à l'asbl CAPSA en liquidation.

L'affaire Sotegec-Gavroy reportée à la semaine prochaine

Le tribunal civil de Namur a reporté l'affaire opposant le bureau d'études Sotegec au nouvel échevin Ecolo Arnaud Gavroy. L'affaire a été fixée au 19 décembre prochain à midi, afin de laisser le temps aux deux parties de répondre à leurs conclusions respectives sur la recevabilité de l'action.
L'échevin Ecolo est accusé de propos diffamatoires à l'égard de la Sotegec. Me Dermagne, conseil d'Arnaud Gavroy, prétend cependant que la citation n'est pas valable dans ce procès d'exception qui touche à la liberté d'expression.

Le receveur communal de Charleroi à nouveau entendu par la police

Le receveur communal de Charleroi, Pierre Oversteyns, est entendu une nouvelle fois depuis ce matin par les services de la Police fédérale judiciaire de Charleroi, dans le cadre du dossier des marchés publics.
Il n'est entendu par les enquêteurs financiers que sur un aspect de ce dossier et il n'est actuellement pas prévu qu'il soit entendu par la juge d'instruction France Baeckeland. En revanche, il n'est pas prévu que le secrétaire communal Eric Lecomte soit entendu aujourd'hui.
Pierre Oversteyns avait déjà été entendu par la police judiciaire fédérale et par la juge Baeckeland, le 20 octobre dernier, le jour où le bourgmestre de Charleroi, Jacques Van Gompel, avait finalement été inculpé et incarcéré à la prison de Jamioulx. Le secrétaire communal Eric Lecomte a déjà, lui aussi fait l'objet d'une précédente audition par la même juge d'instruction.


Claude Despiegeleer: 22.266 euros pour ses voyages

Les frais de mission à l'étranger de l'ancien échevin de Charleroi, Claude Despiegeleer, ont coûté, en 2005, 22.266 euros à la Ville. En ajoutant les 13.982 euros dépensés par son plus proche collaborateur, le budget total prévu dépasse celui de la Ville de Liège. Selon le chef de Protocole de cette dernière, Jean-Christophe Péterkenne, Liège disposerait d'un budget de 34.722 euros pour couvrir les frais de déplacement et de représentation à l'étranger.

Dossier Demaret: neuf inculpés renvoyés en correctionnelle
vendredi 8 décembre 2006 il y a 2 j.
(Belga) Le parquet de Bruxelles a confirmé vendredi, en début d'après-midi, que, sur les onze inculpés encore à la cause dans le dossier Demaret, neuf devront comparaître devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.
© BELGA
L'affaire concernait, au premier chef, Michel Demaret, décédé le 8 novembre 2000, peu après avoir été inculpé de corruption passive, d'abus de confiance, de faux et de blanchiment. Les faits sont relatifs à des chantiers dans le quartier européen de Bruxelles. Des fausses factures seraient apparues, au début des années 90, dans la comptabilité d'une entreprise de construction générale afin de couvrir des paiements illicites dont aurait bénéficié, en bout de course, Michel Demaret (PSC, à l'époque), ancien député bruxellois, mais surtout ex-échevin des Travaux publics puis bourgmestre de la Ville de Bruxelles. Il avait toujours nié. Trois de ses proches ont été néanmoins renvoyés également devant le tribunal correctionnel. Ils devront y répondre du blanchiment de sommes d'argent, ainsi que d'autres -pour plusieurs centaines de milliers d'euros- qui auraient été détectées dans leur patrimoine. (NLE)


Déclaration de culpabilité contre Moriau

Le parquet a requis une simple déclaration de culpabilité contre le député-bourgmestre socialiste Patrick Moriau, poursuivi devant le tribunal correctionnel de Liège pour des faits de faux, d'usage de faux et de blanchiment d'argent. Les faits qui lui sont reprochés concernent "le trésor de guerre", provenant des fonds issus de la corruption du marché public Dassault, placés au Luxembourg et non déclarés dans la compatabilité du PS.

Tous des fraudeurs, clamait Happart du haut de sa tribune.

Un "audit assassin" pour l'ICDI et Lucien Cariat

Un audit réalisé par une société de consultance sur l'ICDI (Intercommunale de Collecte et de Destruction des Immondices) "révèle que l'argent coulait à flots pour arroser les petits copains", affirme le journal 'La Dernière Heure' dans son édition dominicale, mettant en cause l'ex-échevin de Charleroi Lucien Cariat.
Cet argent servait aussi à "financer des voyages à l'utilité douteuse ou diverses associations sportives, à première vue sans grand rapport avec le traitement des déchets", ajoute le quotidien.
Il met en cause M. Cariat, affirmant qu'il "l'a su, approuvé et couvert dans la plus grande opacité administrative puisque la plupart des documents n'étaient pas remplis ou alors tout bonnement falsifiés".
L'audit, réalisé par la société Comase Management Consulting et dont 'La Dernière Heure' a pu prendre connaissance, affirme que "Lucien Cariat a confondu l'objet social de l'ICDI avec son action politique".
"Ces conflits d'intérêt étaient aussi le fait des membres du comité de direction. L'autocratie et le népotisme étaient de mise. Pour beaucoup de cadres, il y avait une incompétence avérée", ajoute le rapport d'audit qui épingle plusieurs exemples d'apparente mauvaise gestion.

Lucien Cariat et les "fantaisistes"R.P.

Il dément tout trésor et toute saisie (titres et argent), mais non sans se contredire...
Du flou dans la communication ? C'est ce que laissent penser les déclarations consécutives à l'annonce, dans "La Libre" du 23/11, du fait qu'une somme supérieure à deux millions d'euros a été saisie (titres et numéraire) dans un coffre utilisé par Lucien Cariat, l'ancien président directeur gérant de l'ICDI (Charleroi). Dans un communiqué transmis vendredi par son défenseur, Me Roland Hougardy, Lucien Cariat fait état à ce sujet de "rumeurs insensées", d'"informations fantaisistes" "la chambre des mises en accusation", rien de moins. Pas de pactole, dit en substance l'intéressé : "Aucun trésor n'a été découvert par qui que ce soit, où que ce soit". Pure "affabulation", donc.
Affabulation ? Comment expliquer alors que, jeudi, Me Hougardy nous disait que la saisie avait été levée (ce qui n'était exact que pour une partie mineure) ? Car enfin, on ne peut lever une saisie qui n'existe pas !
Me Hougardy - qui n'avait initialement pas démenti l'existence de la chose - nous avait du reste déclaré, jeudi aussi, qu'il s'agissait d'un problème "privé", l'expliquant vendredi auprès de nos confrères du "Soir" comme provenant en partie d'un héritage de l'épouse de M. Cariat. Vrai ? La justice le dira (au prime abord, elle a en tout cas cru devoir saisir). Mais comment diable un pactole qui "n'existe pas" peut-il éventuellement être privé ?
Enfin, si l'avocat annonce désormais une plainte de son client pour violation du secret de l'instruction, c'est quand même qu'ils savent bien qu'une instruction concerne ce sujet...
Alors, qui est fantaisiste ?
© La Libre Belgique 2006

Christiane Vienne fait le ménage à l'AWIPH

La ministre wallonne de l'Action Sociale, Christiane Vienne, a annoncé aujourd'hui qu'elle allait réclamer la démission de plusieurs personnes au sein de l'AWIPH (Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées) et de son comité de gestion. Quatre dossiers, en plus de celui de Georges Rovillard, ont été communiqués au parquet, a en outre précisé la ministre, qui a clairement déclaré vouloir "mettre de l'ordre à l'AWIPH".
La ministre demande au gouvernement wallon un mandat pour lui permettre de "faire le nettoyage" et "pouvoir mener un audit sur les procédures afin d'aller au cœur des modes de fonctionnement de l'institution pour pouvoir les modifier". Suite à un audit budgétaire réalisé sur l'agence depuis janvier par le comité financier en vue de la signature d'un nouveau contrat de gestion, la ministre a constaté de nouveaux dysfonctionnements dans le mode de gestion de l'AWIPH. "S'il ne s'agit pas toujours d'infractions judiciaires, ils n'en sont pas moins graves", a expliqué la ministre, citant des voyages (par exemple trois semaines à Nice en juillet), l'utilisation abusive de voitures de fonction, le détournement de matériel informatique à des fins privées, etc. Quatre dossiers, outre celui de l'administrateur-délégué suspendu, Georges Rovillard, ont été transmis au parquet. Des démissions vont suivre, a annoncé la ministre. "La majorité des travailleurs de l'AWIPH sont honnêtes et je ne viserai pas tout le monde. Mais là où les faits sont avérés, je demanderai des démissions. Les dysfonctionnements au sein de l'AWIPH ne relèvent pas du seul chef de son administrateur-général, Georges Rovillard et ne sont pas neufs. Ils sont aussi la conséquence du système. C'est l'héritage d'un mode de fonctionnement « à la papa », qui fonctionnait en ronronnant", a commenté Mme Vienne.
L'audit budgétaire, commandé avant l'interpellation de Georges Rovillard, relève 31 "problèmes" et avance 36 recommandations. Celles-ci seront transmises au comité de gestion. Pour la ministre, les principales sont l'informatisation de l'outil, pour éviter que quelques personnes ne disposent seules de tous les éléments et la révision des procédures de contrôle pour les déplacements à l'étranger. "Ce poste ne représente que 0,1 pc du budget de l'AWIPH. Mais vu la situation, il est capital", a souligné la ministre.
L'audit a révélé de grosses lacunes dans les moyens de contrôle. "L'administration avait trop d'autonomie. Un des enjeux du contrat de gestion, qui est une des conséquences de l'audit, est qu'il faut diminuer cette autonomie et revoir à la hausse les moyens de contrôle", a remarqué Christiane Vienne, précisant que "l'époque Rovillard fait partie du passé". "M. Rovillard, suspendu, ne sera pas candidat à un nouveau mandat. Il quittera donc l'agence. D'autres dossiers ont été transmis au parquet et je vais réclamer des démissions. Il est temps maintenant de passer à quelque chose de nouveau, avec de nouvelles personnes", a conclu la ministre.


AWIPH : le Gouvernement wallon pas pressé de savoir

Le Gouvernement wallon avait annoncé la semaine passée que le salaire de Georges Rovillard, l'administrateur général de l'AWIPH, l'Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées était suspendu. En réalité, il ne l’est pas réellement et le Gouvernement wallon ne semble pas très pressé de voir clair dans le dossier.

Le gouvernement wallon semble ne se hâter que lentement dans le dossier "Georges Rovillard", du nom de l'administrateur général de l'Agence wallonne des personnes handicapées. Celui-ci a été inculpé à la mi-octobre pour détournement par fonctionnaire public, incarcéré d'ailleurs durant quatre semaines à la prison de Jamioulx.

En cause de multiples frais et de nombreux voyages (en Grèce, à Chypre, au Cap vert, au Chili). Des voyages aux liens peu évidents avec les fonctions de Georges Rovillard, par ailleurs bourgmestre sortant de Fontaine l'Evêque. La semaine dernière, le Gouvernement wallon, sans exiger la démission de Georges Rovillard, avait annoncé l'avoir suspendu pour six mois, salaire compris.

Un salaire mensuel à l'AWIPH de l'ordre de 5.000 euros brut. Mais voilà : la Ministre Christiane Vienne reconnaît aujourd'hui que George Rovillard touche en réalité encore plus de 80 % de son salaire, le Code de la Fonction Publique empêchant, dit-elle, une retenue complète. Elle confirme par ailleurs une nouvelle enquête administrative, qui va se pencher sur la pertinence des voyages du patron de l'AWIPH.

Mais le Gouvernement n'entend pas jouer l'urgence, les résultats de l'enquête ne sont attendus que pour février 2007. En outre, la Ministre confirme que la Région wallonne ne s'est pas portée partie civile, comme la possibilité en avait été évoquée, dans le dossier judiciaire. Résultat : la Région n'aura pas accès au dossier. Un peu comme si le Gouvernement préférait ne pas tout savoir...

Lewalle condamné à 4 ans avec sursis


A l'issue de l'audience, le condamné a répété: "je n'ai jamais rien volé. Je n'ai jamais rien détourné".
La cour d'appel de Bruxelles a condamné mardi matin Léon Lewalle à quatre ans de prison avec un sursis pour ce qui excéde la détention préventive déjà accomplie.
L'ancien patron de la Smap (aujourd'hui Ethias) a été acquitté pour un détournement de quelques 25 millions d'euros mais reste coupable pour de nombreux détournements ou dissipations pour un montant équivalent également à quelque 25 millions d'euros.
L'amende est dérisoire, soit 9.915 euros, mais Lewalle se voit confisquer plus de 11 millions d'euros sur son patrimoine personnel.
A l'issue de l'audience, le condamné a répété: "je n'ai jamais rien volé. Je n'ai jamais rien détourné". Son avocat, Me Adrien Masset n'exclut pas un nouveau pourvoi en cassation.


ICDI : phrases assassines (27/11/2006)
Système Cariat : pouvoir absolu, collection d'art de 226.467 €

L'audit contient quelques perles qui ne sont pas en faveur du patron de l'ICDI :
Des rémunérations difficilement explicables ont été attribuées à des personnes dont on ne peut, a posteriori, valider la valeur ajoutée réelle pour l'ICDI. Il y a eu de vraies confusions d'intérêts.
En 2001, un document évoque les délégations qui confirment les pouvoirs, à lui seul attribués, du président et, nouveauté importante : "Monsieur Lucien Cariat est habilité à signer seul les actes bancaires tels que paiement des salaires et traitements" . Ce document n'est, lui, pas signé par les autres membres du comité de direction.
Il faut aussi constater que la longévité de la même personne à la tête de l'intercommunale a sans doute beaucoup contribué à l'estompement progressif de la norme.
Cariat a confondu l'objet social de l'ICDI avec son action politique. Ces conflits d'intérêts étaient aussi le fait des membres du comité de direction.
L'ICDI a acquis au fil des ans une importante collection d'art : peintures, sculptures, tapisseries, statues... pour une somme de 226.467,03 €.
L'audit pointe la vétusté du matériel : une dizaine de camions en réparation, la moitié des conteneurs de stock déclassés... Un nombre important de personnes malades ou blessées : plus de 10 %.
. "De plus, de janvier 2003 à mai 2006, de très nombreux voyages d'une à quatre ou cinq personnes ont eu lieu à Pescara, Pise, Gerone, Belgrade, Turin, Portugal, Irlande... À cela, il faut ajouter un voyage de 10 jours pour 3 personnes en Italie en août ou un voyage à Pescara avec Charleroi-Danse. En Russie, c'est pour un match d'Action 21 que le président est parti avec quatre employés de l'ICDI."
Plus grosse dépense nominale ? Hôtel et souper pour un groupe de personnes (principalement des administrateurs en voyage d'étude en France) pour 6.694,39 euros.
Pour Action 21 et GDL Châtelet, 6 joueurs de football en salle ont été employés temporairement par l'ASBL ADICHAR. Cette aide indirecte peut être chiffrée à 65.032 euros pour 2 ans.
Assurance groupe qui couvre la pension des dirigeants de l'intercommunale. Une seule personne était concernée par ce groupe. L'ancien président. Le contrat a été versé le 1-11-2000 soit 223.104,17 euros.
Certains placements sont au Luxembourg et ne font pas l'objet de retenue de précompte mobilier. Ils ne sont pas déclarés.
V. Li.
© La Dernière Heure 2006



Les millions (saisis) de Lucien Cariat

Lors de perquisitions à l'ICDI, les enquêteurs ont ouvert le coffre du "patron".Il contenait du numéraire et des titres pour au moins 2 millions d'euros, peut-être 2,5.Tout a été saisi. La défense, qui parle de "problème privé", veut lever les saisies.
BELGA
L'instruction de "l'affaire ICDI" a réservé un certain nombre de surprises aux enquêteurs. L'une d'elles, vient-on d'apprendre, découlait de son patrimoine, a priori étonnamment élevé.
Ainsi, un coffre-fort utilisé par Lucien Cariat, dans les locaux de l'intercommunale de traitement des déchets, contenait du numéraire et des titres - qui ont été saisis - pour une valeur importante, avaient découvert ces enquêteurs en perquisition. Avec d'autres éléments patrimoniaux, dont des comptes bancaires (de moindre importance et bloqués), le montant global suspect dépasse assurément les 2 millions d'euros, avons-nous appris de plusieurs sources, et approcherait même plutôt les 2,5 millions.
Plusieurs saisies
Un pactole dont la justice pense qu'il était réservé au seul Cariat et pas du tout à l'ICDI, ce que l'attitude de l'intéressé confirme, comme on va le voir.
Cette découverte a bien entendu suscité plusieurs questions. Dont la principale est : d'où vient cette somme qui, à l'aune de l'enquête indiciaire, ne semble pas avoir pu être proméritée par le seul labeur de M. Cariat, que ce soit à l'intercommunale (laquelle s'est par ailleurs constituée partie civile contre "X", en octobre), à la Ville ou ailleurs ?
Une interrogation qu'il faut sans doute rapprocher des déclarations faites en mai dernier par le procureur du Roi de Charleroi, Christian De Valkeneer. Il avait précisé, peu après la vague de perquisitions, que l'instruction qui venait de s'ouvrir l'était pour abus de bien sociaux, faux et usage ainsi que détournement.
Précisément, peut-on constituer un magot de 2 à 2,5 millions d'euros (pour les seuls biens saisis) sur un salaire de directeur-gérant d'intercommunale, fut-il également président comme M. Cariat l'était avant sa démission de fin mai ?
C'est toute la question, que nous avons d'ailleurs posée mercredi, en lui demandant son opinion sur les saisies et sur la provenance de l'argent, au défenseur de l'intéressé, Me Roland Hougardy.
Il ne souhaitait d'abord "pas s'exprimer là-dessus car ce sont des problèmes tout à fait privés et cela participe du secret de l'instruction". Mais, en réponse à la remarque que l'existence même des saisies tend à montrer qu'il peut s'agir d'argent frauduleux - issu de détournements ? - et indique qu'il existe à tout le moins un gros doute judiciaire à ce sujet, il nous a répondu que "la chambre des mises en accusation a déjà levé les saisies en disant qu'il n'y a aucune raison de saisir même partiellement les biens de M. Cariat".
Ce qui est exact pour les comptes bancaires, de moindre importance disions-nous, mais pas pour les titres et le numéraire (qui sont l'objet de saisies directes ou par équivalence).
Que deviendront-ils ? Pour Me Hougardy, l'affaire est entendue : "Ce n'est qu'une question de temps, car la requête en levée de saisie ne s'est pas faite en même temps". Mais une autre analyse existe. Si Me Hougardy a raison de signaler qu'une demande de libération des titres a été introduite, son sort reste au contraire incertain.
Certes, on observe que les confiscations sont, d'une façon générale mais aussi à Charleroi et Mons, traitées avec moins de frilosité par les tribunaux de première instance (et les chambres du conseil) que par les cours d'appel (et les chambres des mises en accusation).
On le comprend par exemple à lire "La Cellule de traitement des informations financières" (éd. Bruylant, 2003, 326 pp), un livre consacré à cette "Ctif" par son ancien président, Jean Spreutels, et par le vice-président, Philippe de Mûelenaere. Ils y discutent notamment le déficit entre ce que demande la loi, pour les confiscations, et les décisions prises au final - donc par les cours d'appel. Mais les faits montrent en revanche que les confiscations paraissent impératives pour M. Cariat, à Charleroi. Alors, qui aura raison ? On attend de voir ce qu'en dira la cour d'appel.
Mais on attend tout autant que des explications tombent quant à la genèse de ces somptueuses "économies"...
Lire aussi La gestion de l'ICDI : un flou artistique total

25 décembre 2006

Lapin renifleur d'étiquettes

La société Violet, créatrice du lapin Wifi 'Nabaztag', sort la deuxième génération de lapins : le Nabaztag/tag, capable de renifler des étiquettes RFID !

Le Nabaztag est un objet technologique (NDLR: Nabaztag signifiant lapin en arménien) à poser sur sa table de chevet ou son bureau et capable de réagir à des informations glânée sur le réseau WiFi, de manière visuelle (lumière ou position des oreilles), voire auditive puisque ce lapin est dotée de la parole et peut notamment lire vos mails ou l'actualité d'un fil RSS ! Si la première génération de Nabaztag était très bavarde, elle n'en était pas moins sourde car l'interactivité n'était pas particulièrement au rendez-vous.
C'est pourquoi, cette nouvelle génération de lapin (le lapin/pin) a été dotée d'un nombril contenant un petit microphone, lui permettant de reconnaître les ordres de son maître. Le lapin a eu initialement une formation dans un centre d'éducation pour lapins, lui permettant de reconnaître un certain nombre de commandes de base telles que "Météo", "CAC40" ou encore "Couché" pour qu'il s'endorme. Il saura également faire office de secrétaire en retranscrivant vos paroles sous forme de mail. Enfin, malin comme un lapin-pin, le Nabaztag/tag peut également deviner si une personne est présente dans la pièce, selon le volume sonore.

La lapin/pin devient social puisqu'il est en mesure d'être en relation avec toute la communauté de lapins-pins et de leurs maîtres respectifs pour échanger de l'information ou tout simplement synchroniser la position de ses oreilles avec un de ses semblables, mais depuis peu il communique également avec les objets ! En effet, le lapin/pin est désormais capable de lire des étiquettes RFID, ces petites vignettes autocollantes prévues pour identifier les produits dans la grande distribution. Si la fonctionnalité ne sera pas activée dans un premier temps, elle ouvre la voie à de nouveaux usages, dont la première limite sera l'imagination des utilisateurs. On peut d'ores et déjà imaginer le fait de coller une étiquette dans sa chaussure, une autre sur le téléphone portalbe et une dernière sur les clés afin que le lapin nous avertisse si l'on oublie d'emmener l'un des trois :-) Loi de l'évolution naturelle oblige, le lapin-pin sait donc faire tout ce que fait son illustre aîné : il sait parler, lire à haute voix n’importe quel texte, jouer n’importe quelle musique.
Il bouge les oreilles et son corps palpite de milliers de couleurs. Avec cette palette d’expressions, il sait rendre les mêmes services que Nabaztag, à savoir : * Informations : Nabaztag vous donne l’état du trafic sur le périphérique, la météo, la tendance à la bourse, l’état de la pollution; il peut vous lire le journal, vos blogs de référence, n’importe quel contenu écrit etc. * Alertes : quand vous recevez un mail important Nabaztag vous prévient ; il vous dit que vos amis sont en ligne ; il vous rappelle de payer la cantine ; et surtout, il vous réveille le matin. *

Communication : recevez des messages de vos amis à travers votre Lapin : emails ou SMS lus, messages musicaux, textes en synthèse vocale, cartes postales sonores. Inventez de nouveaux modes de communication en dialoguant par échanges de mouvements d’oreilles, etc. * Développement personnel : laissez Nabaztag donner libre cours à ses humeurs ; autorisez-le à se détendre en pratiquant ses exercices de Taï Shi ; et s’il vous donne l’heure différemment toutes les heures, c’est qu’il ne sait pas forcément rester constant … * Divertissement : plongez dans le monde des Nabcasts ces canaux de contenus produits par la communauté des possesseurs de Lapins, les Nabaznautes : jeux, information, poésie, bruitages, humour ou musique, un Lapin c’est éclectique. * Ouverture : Nabaztag est ouvert sur le monde, il ne demande qu’à apprendre de nouveaux trucs. Si vous êtes développeur, laissez libre cours à votre imagination, créez de nouvelles applications pour Nabaztag ou liez le Lapin à vos services existants. « Inutile donc strictement indispensable », la date de sortie de cette nouvelle espèce est prévue pour le 12 décembre 2006.

Source: nabaztag.com

Liège et Mons sont gâtés

Les deux villes se partageront le centre pour sportifs de haut niveau

N'y voyez surtout aucune volonté de partage politique. Non, allez, juré. C'est pur hasard si le fameux centre de formation pour sportifs de haut niveau qu'ambitionne d'(enfin) ouvrir la Communauté française sera finalement séparé en deux. Et que ce sont Liège et Mons qui ont été choisis, ce vendredi, pour l'héberger.
Plusieurs candidatures émanaient du Hainaut, du Luxembourg et de Liège. Une étude juridique a donc été commandée. On a aussi tenu compte des aspects environnementaux. Et c'est le centre du Blanc Gravier, à Liège, et celui de la Sapinette, au Grand Large, à Mons, qui ont passé les tests haut la main.
Vendredi, le gouvernement de la Communauté française a validé ces choix. Le ministre des Sports, Claude Eerdekens (PS), explique qu'il aurait "préféré un seul site". Mais que ce n'était "financièrement pas possible". De surcroît, Liège et Mons ont semblé être "complémentaires".
Le projet doit aboutir dans les deux ans. Il nécessitera 25 millions d'euros, répartis entre la Communauté française, la Région wallonne ainsi que les promoteurs du projet.
Qui ? À Liège, le dossier a été rentré par les villes de Liège et de Seraing, l'université et la province. À Mons, c'est la ville et l'intercommunale hennuyère de développement.
Les centres disposeront chacun d'une capacité de 100 lits. À terme - soit en 2012 -, elle aura été portée à 250 lits de chaque côté. En janvier, le ministre des Sports consultera les fédérations sportives, leur demandant si elles adhèrent au projet. Elles auront la possibilité de s'installer sur le site de leur choix.
L'Association interfédérale du sport francophone (AIFS) installera également son siège social sur l'un des sites. Les infrastructures existantes seront utilisées. Ainsi, le Cref (football) et le centre de tennis de table de Blégny seront intégrés dans le centre. Le tennis restera à la Sapinette. D'autres fédérations, comme la gym, l'escrime ou encore le basket-ball, ont manifesté leur intérêt pour le projet. Qui semble donc bien parti pour doter la Communauté d'un outil efficace de formation.
Christian Carpentier
© La Dernière Heure 2006

FUN

24 décembre 2006

Organismes d'intérêts public

MAJ 24/12/06


L'aéroport de Charleroi paralysé par le brouillard (24/12/2006)

Les passagers qui ont vu leur vol annulé seront soit remboursés, soit reportés sur un vol du 26 décembre...puisque l'aéroport est fermé ce lundi
CHARLEROI Aucun vol n'a pu décoller ou atterrir dimanche à l'aéroport de Charleroi (BSCA) en raison du brouillard qui s'est abattu sur la région depuis samedi soir, paralysant entièrement les infrastructures. L'aéroport est, comme d'habitude, fermé lundi jour de Noël.Aucun des quatorze vols prévus ce dimanche n'a pu avoir lieu, l'essentiel de ceux-ci étant normalement assurés par Ryanair. Il s'agissait des vols à destination de Rome, Pise, Gérone, Venise, Bergame, Nîmes, Dublin, Salzbourg, Valence.Un vol de la compagnie Blue Air vers Bucarest et un vol assuré par Jet4you vers Casablanca ont été effectués au départ de Bruxelles.Des avions ont pris le départ de Liège, à vide, pour assurer le retour de passagers qui auraient dû à l'origine être ramenés à Charleroi: ils ont été débarqués à Liège, puis acheminés par car. Un problème s'est cependant aussi posé pour les retours de Carcassonne, l'aéroport français connaissant également des problèmes de brouillard qui ont empêché l'avion du retour de s'y poser. Les voyageurs y sont donc restés bloqués.Les responsables de l'aéroport avaient un moment imaginé de prolonger au-delà de 19H00 l'horaire d'ouverture de l'aéroport dimanche. Mais en fin d'après-midi, Pierre Fernémont, le porte-parole du BSCA n'avait plus aucun espoir de voir la situation se rétablir, le brouillard paraissant au contraire encore s'épaissir sur l'aéroport carolorégien.Pierre Fernémont justifie également le peu d'information dont se sont plaints les voyageurs par le fait que, jusqu'aux environs de 11H00, on avait pu espérer que les vols pourraient avoir lieu: on affichait dès lors uniquement leurs retards et ce n'est qu'en fin de matinée qu'il a été décidé de les supprimer l'un après l'autre. Quelque 2.500 passagers ont été touchés.Les voyageurs ont dès lors été invités à se faire rembourser leur billet d'avion, ou à en reporter l'utilisation au mardi 26 décembre. L'aéroport est fermé ce lundi 25 car Ryanair respecte le jour de Noël férié, depuis qu'il a installé une de ses bases à Charleroi.L'aéroport de Charleroi se trouve actuellement en "catégorie 1", ce qui lui interdit de fonctionner lorsque le brouillard atteint une telle densité. Il devrait passer en "catégorie 3" d'ici deux ou trois ans, une fois le nouveau terminal opérationnel, et au prix d'importants investissements qui permettraient alors son bon fonctionnement même en cas de brouillard intense.

La grève ne décollera pas (21/12/2006)


La menace des agents du Met de bloquer l'aéroport de Charleroi est levée: tous les vols sont maintenus
GOSSELIES L'ambiance avait quelque chose de surréaliste hier à l'aéroport de Charleroi (BSCA). De fait, alors que le hall d'attente était plein à craquer de passagers restés au sol pour cause de brouillard (plusieurs vols ont été annulés, certains atterrissages détournés vers Liège ou Bruxelles), dans les coulisses de l'aéroport le personnel n'y voyait pas plus clair sur le mot d'ordre de grève lancé par la CSC.
Les organisations syndicales tenaient en effet à démontrer leur mécontentement quant à l'annonce du ministre Philippe Courard de restructurer en profondeur l'administration wallonne, et notamment la possibilité d'y intégrer les services du Met. Un mouvement de grogne des fonctionnaires qui menaçait ni plus ni moins de paralyser la Wallonie. À Charleroi par exemple, le blocage aurait pu concerner jusqu'à l'aéroport régional : la quarantaine d'agents du Met qui y travaillent ont des missions aussi importantes que la sûreté ou la gestion de l'infrastructure... Autant dire que sans ces agents le BSCA ne décolle pas !
Aussi, hier en fin de matinée, le flou le plus complet planait sur ce risque. Une discussion avec le personnel concerné laissait perplexe : "nous ne savons toujours pas s'il y aura grève ou pas. La CGSP semble avoir fait marche arrière... La CSC maintien le mot d'ordre. Mais à vrai dire, nous n'avons même pas été informés par les permanents sur la note du ministre", expliquaient des agents du Met. Dans ces conditions, on imaginait tout de même mal que ces fonctionnaires prennent en otage les plus de 5.000 passagers qui transitent ici chaque jour ! Le soulagement est finalement intervenu en milieu de journée : la grève était levée, l'ensemble des vols pourront donc décoller ce jeudi
V.D.
© La Dernière Heure 2006

Les vacanciers wallons pris en otages jeudi

Les aéroports wallons de Charleroi et de Bierset et les voies navigables seront complètement bloqués ce jeudi par des agents de la fonction publique wallonne. Une opération escargot sur les routes est probable. Le ministre wallon des Transports, André Antoine, qualifie l'action de "prise d'otage".

Les agents des deux ministères wallones (Ministère de la Région wallonne et Ministère de l'Equipement et du Transport) contestent le plan de restructuration de la fonction publique wallonne proposé par le ministre régional de la Fonction publique, Courard.
Les fonctionnaires régionaux n'envisagent par contre pas, au stade actuel, de bloquer les routes et autoroutes. "Les véhicules sortiront des régies pour rejoindre Namur. Les camions d'épandages bloqueront les quatre ronds-points de Namur vers 10 heures et vers 11 heures ils se rendront à l'Elysette pour la fin de la réunion du gouvernement wallon", a indiqué Jean-François Magotte, permanent à la CSC.
Du côté de la CGSP, on confirme le maintien de cette action pour ce jeudi. "Il y aura peut-être une opération escargot sur les routes mais ce ne sera pas l'essentiel", a précisé Hervé Hillewaere, secrétaire fédéral à la CGSP. Les syndicats prévoient toutefois un service minimum pour les aéroports.
Au niveau des revendications, les syndicats réclament, en plus du retrait de la réforme par le gouvernement, une augmentation de 600 euros de la partie fixe de la prime de fin d'année.
Ils réclament également des mesures radicales pour assurer la priorité de l'emploi statutaire, une déclaration de vacance des emplois disponibles, des mesures qui favorisent la statutarisation des contractuels, le retrait des dispositions favorisant le travail intérimaire et la sous-traitance, une définition et protection des missions de service public, une négociation globale sur la politique des ressources humaines, l'application des règlements d'ordre intérieur permettant l'application de l'Arrêté de 2001 sur les prestations irrégulières et allocations diverses.
Après les fêtes de fin d'année, les syndicats redéposeront leurs propositions au gouvernement. Faute de réponse, ils menacent d'ores et déjà de durcir le mouvement en bloquant par exemple les autoroutes.
Une prise d'otage
Le ministre wallon des Transports, André Antoine a réagi à la grève du jeudi 21 décembre. Le ministre Antoine, en colère, parle d'une prise d'otage.
"La date est choisie. Il s'agit d'une prise d'otage de nos concitoyens travailleurs qui prennent légitimement des vacances", explique le ministre. "Je partage le point de vue de Ryanair. Cela montre l'absolue nécessité d'avoir un service minimum dans les avions comme dans les bus. Si nous ne pouvons l'obtenir par négociation, il faudra un dispositif législatif. Je vais sensibiliser mon collègue du fédéral" a encore ajouté le ministre.
La compagnie à bas prix Ryanair dénonce également le mouvement prévu jeudi. "Cette action honteuse des employés du MET cause des annulations de vols touchant plus de 5.000 passagers qui risquent d'avoir leur fête de Noël ruinée", s'insurge la compagnie dans un communiqué.
(D'après Belga)

Christiane Vienne a gardé le silence
vendredi 22.12.2006, 17:55La ministre des Affaires sociales, Christiane Vienne, a gardé le silence en séance plénière du parlement wallon malgré les mises en cause, parfois virulentes, de l'opposition pour sa gestion du dossier de l'Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH). Les députés ont examiné le rapport intermédiaire des travaux de la Commission des affaires sociales du parlement. Le texte fait la synthèse des auditions auxquelles elle a procédé à propos du fonctionnement de l'AWIPH. Les commissaires des différents groupes se sont succédé à la tribune pour livrer leur analyse du dossier à ce stade. L'audition de Mme Vienne, le 15 décembre, était au centre de beaucoup d'interventions.

Di Rupo au secours de Vienne
Le question de la confiance en la ministre wallonne des Affaires sociales, Christiane Vienne, bousculée au parlement wallon pour sa gestion de l'AWIPH, ne se pose pas, a expliqué ce mardi le ministre-président Elio Di Rupo.
Cette question ne s'est pas posée et donc n'existe pas, a souligné mardi M. Di Rupo, interrogé dans le couloirs du parlement wallon. M. Di Rupo n'a pas non plus remis en cause la gestion du dossier par Mme Vienne. Chaque ministre gère ses dossiers avec la connaissance qu'il en a et selon ses sensibilités, a-t-il dit, rappelant que ce n'était pas la ministre qui avait créé les difficultés survenues à l'Agence wallonne pour l'intégration de la personne handicapée (AWIPH).
Le ministre-président a par ailleurs montré une certaine incompréhension à l'égard des travaux actuels du parlement dans les dossiers ImmoCongo et de l'AWIPH. "Il y a des débats au sein du parlement mais, manifestement, on ne sait pas toujours ce que l'on cherche et où l'on veut aboutir. J'ai constaté que tantôt c'était Mme Simonet (ministre des Relations internationales, ndlr) qui était très longuement auditionnée, comme si on voulait la mettre en porte-à-faux dans ce dossier, que tantôt, c'était Mme Vienne comme si c'était elle qui était la cause des difficultés, a-t-il expliqué.


S'il y a des fautes, elles doivent être sanctionnées, reconnaît le ministre-président, mais il regrette l'image écornée que l'on donne de la Wallonie et il appelle le parlement à se pencher sur des projets qui concernent l'avenir des Wallons. Il faut donner de la place aussi à des choses positives. Il ne faut pas sous-estimer les éléments négatifs mais la place qui leur est donnée est parfois très importante", a-t-il ajouté.
Quant à l'AWIPH proprement dite, la question qui se pose d'après lui est celle de son fonctionnement sans l'ancien administrateur-général Georges Rovillard à sa tête.
Vendredi, lors de son audition devant la Commission des Affaires sociales, Mme Vienne a été sérieusement bousculée, notamment après l'intervention de l'un des vice-présidents du comité de gestion de l'AWIPH, Daniel Vanderzeypen, qu'elle a révoqué le 6 décembre sans même l'avoir entendu. Le malaise dans la majorité était perceptible et des rumeurs de démission ont même circulé, rapidement démenties toutefois au siège du PS.
Lundi, la question a également été évoquée au cours d'une réunion du gouvernement wallon et certains ministres ont fait part de leur lassitude face aux errements de leur collègue dans ce dossier.
(D'après Belga)

La Commission AWIPH reporte ses travaux
La Commission des Affaires sociales relatifs à l'Agence pour l'Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH), programmée lundi soir, n'a finalement jamais débuté la lecture du rapport. Après une séance de plus de 3H30, elle a décidé de reporter les travaux.
Plusieurs éléments de procédure ont émaillé la soirée et, de propositions avortées en suspensions de séance, les parlementaires ont finalement décidé à l'unanimité de ne pas clôturer les travaux dans le courant de cette semaine mais bien de déplacer les conclusions ultimes du débat en janvier.
Dès le début de la séance de ce lundi soir, le MR a demandé, par la voix de Willy Borsus, que les travaux ne soient pas bouclés dans la précipitation. Il en a appelé à de la "sagesse" dans l'intérêt des personnes dont s'occupe l'AWIPH. "Je tiens à ce que les travaux sient une plus-value au bénéfice des personnes handicapées", a-t-il souligné, se disant déjà prêt à formuler des propositions de fond "toutes les demi-heures".


Pour les Réformateurs, il était inacceptable que le dossier soit traité dans l'urgence, "uniquement parce que le PS voulait que les travaux soient terminés cette semaine". D'autre part, le MR s'est également déclaré de l'impossibilité de se prononcer sur un rapport épais de près de 300 pages, rendu disponible lundi midi, sans l'avoir lu entièrement.
Une première proposition d'étalement de la fin de travaux a été refusée majorité (cdH/PS) contre opposition (MR) à 22H40 après que le parlementaire cdH, Dimitri Fourny ait demandé une suspension de séance afin de formuler une proposition alternative. A l'issue de cette interruption, le PS avait simplement annoncé que les débats se poursuivaient, annulant ainsi toute proposition de son partenaire dans la majorité.
La parlementaire Ecolo de langue allemande a pour sa part créé un incident en demandant que le rapport, épais de près de 300 pages, soit traduit en langue allemande. Lors du réglement de la procédure, elle a finalement retiré l'urgence de sa demande.
Le MR a réclamé la réaudition de la ministre Vienne. La majorité a stipulé que la ministre serait présente en séance plénière et pourrait dès lors intervenir si elle le souhaitait.
Finalement, après plus de 3H30 de discussion, entrecoupées de suspensions, les parlementaires ont décidé de débattre des premières conclusions jeudi dès 9H30. Il sera soumis à la séance plénière vendredi. Deux séances de commission seront de nouveau programmées en janvier et le rapport final devrait être approuvé fin janvier.
(D'après Belga

La commission "AWIPH" en nocturne
lundi 18.12.2006, 19:19Les travaux de la Commission des Affaires sociales relatifs à l'Agence pour l'Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH) recommencent ce lundi soir. La soirée doit en effet être consacrée à la lecture du rapport. Du côté de l'opposition, on regrette la manière dont se déroule la fin des travaux et on souhaite que ceux-ci ne soient pas effectués dans la précipitation. Le président du PS Elio Di Rupo a en effet demandé que le dossier soit clos avant Noël. Or, si la séance plénière du parlement wallon doit approuver le rapport vendredi après-midi, le délai impose que les travaux soient terminés pour mardi après-midi.

Ecolo réclame la démission de Christiane Vienne
Les travaux de la Commission des Affaires sociales relatifs à l'Agence pour l'Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH) se poursuivent ce lundi soir dans un climat tendu. Ecolo souligne les insuffisances de la ministre des Affaires sociales et réclame sa démission.
La réunion de la Commission des Affaires sociales relatifs à l'Agence pour l'Intégration des Personnes Handicapées s'est ouverte ce lundi soir sous tension. L'opposition regrette la manière dont se déroule la fin des travaux et souhaite que ceux-ci ne soient pas effectués dans la précipitation.
Le président du PS Elio Di Rupo a en effet demandé que le dossier soit clos avant Noël. Or, si la séance plénière du parlement wallon doit approuver le rapport vendredi après-midi, le délai impose que les travaux soient terminés pour mardi après-midi. La commission a duré une semaine et la dernière journée d'audition a duré plus de 18 heures. Et on veut clôturer tout vite fait. C'est inacceptable, a remarqué le rapporteur MR, Willy Borsus, avant le début de la séance de ce lundi soir.

Le MR souhaite encore réclamer certains éclaircissements, comme par exemple la question de la révocation des trois administrateurs de l'AWIPH. La révocation a-t-elle ou non été notifiée aux intéressés? Les réponses varient selon les auditions. Que dois-je noter dans mon rapport? , a encore remarqué M. Borsus, laissent sous-entendre que les discussions risquaient d'être longues.
Par ailleurs, dans un communiqué diffusé avant la séance, Ecolo a réclamé la démission de la ministre wallonne des Affaires sociales, Christiane Vienne. "La ministre n'est plus en état de conduire valablement la charge qui lui a été confiée", ont remarqué les Ecolos, estimant que les auditions avaient "révélé l'ampleur des insuffisances de Madame Vienne et de son entourage dans la gestion de la politique des personnes handicapées".
"Quand une ministre fait état d'une telle incompétence après plus de deux ans d'exercice de sa fonction au point qu'il n'y ait plus d'espoir que la situation puisse s'améliorer, et choisit délibérément de mettre en scène une fiction aux relents sulfureux aux seules fins de servir sa cause, n'hésitant pas pour ce faire à bafouer publiquement l'honneur et la dignité de personnes qu'elle sait par ailleurs moins puissantes qu'elle-même, cette ministre n'a plus sa place au sein d'un exécutif", ont conclu les Ecolos.
(D'après Belga)

Ad... Vienne que pourra ! (16/12/2006)


Awiph : après 6 h d'audition et un groupe PS silencieux, la ministre est au bord du gouffre et son cabinet en grand danger
NAMUR Sur le coup de 21 h, le cabinet du ministre-président de la Région wallonne a souligné que "Christiane Vienne gardait la confiance totale du gouvernement".
"Pour combien de temps ?", a demandé l'opposition. Des propos tenus avant l'ultime audition de la ministre prévue au bout de la soirée et après 6 h d'une audition très très difficile pour la ministre. "J'ai dit tout ce que j'avais à dire ."
Tout a commencé dès 9 h 30 du matin sur la date du 30 novembre où le comité de gestion a voté une motion confidentielle. Ses membres dénonçaient l'absence d'information interne, compte tenu de la gravité des événements révélés. Ils demandaient à la ministre de prendre des mesures d'urgence. "Nulle part il n'est question d'une demande de démission des 3 personnes. Parmi les gens qui ont approuvé le texte, figurent d'ailleurs les mandataires révoqués" , dit le député, MR, Fontaine.
Procureur et Fourny, CDH, Dethier, Écolo, Borsus, MR, ont alors posé des questions qu'elle ne négociait pas au mieux, comme la question du voyage à Nice. "On ne sait toujours pas qui est parti à Nice ?" , lance un député. La ministre se tait. Enfin, elle confirme : "Tout ce que j'ai dit en la matière est vrai".
Seul Colicis, PS, tentait de maintenir la ministre dans les débats. "Vienne n'est pas une demi-Antoine." Tentant d'inverser les débats, la ministre se lâchait : "Je ne suis ni la concierge de l'immeuble ni l'inspecteur Gadget. Ce sont les commissaires du gouvernement qui ont déposé les pièces au parquet et pas moi".
Les députés Bayenet et Collignon, PS, rejoignaient l'assemblée. Mais, plus loin, elle invoquait son ignorance d'une série de documents, alors que, d'après le MR, elle était censée en avoir connaissance. "J'ai ici la liste des rapports intermédiaires ! Avez-vous le sentiment d'avoir piloté ce dossier ?", lance Borsus. "Qui dans cette assemblée a-t-il la conviction ?" Le silence régnait.
Vienne défendait ses positions : "Les jugements n'engagent que celui qui les porte. Je n'ai pas à rougir de la politique que j'ai menée; j'en suis fière. Que vous n'ayez pas confiance en moi ne me pose aucun problème".
Et l'avenir de la personne handicapée ? Elle ne fut pas toujours au centre des débats... Celui de la ministre ? Il ne tiendrait qu'à un fil.
Peut-elle survivre ? Oui, mais les hautes sphères de son cabinet devront connaître quelques évolutions plus que souhaitables ! Reste à choisir la façon d'éteindre l'incendie...
V. Li.
© La Dernière Heure 2006


Awiph : valses décisives ! (15/12/2006)


Vienne en danger : Fourny, CDH, et Borsus, MR, Dethier, Écolo, invitent la ministre et son cabinet pour une longue audition
NAMUR La journée d'hier devait se concentrer sur les actes du précédent gouvernement au sujet du dossier de l'Awiph. Pourtant, le débat a eu lieu ailleurs entre le PS et le CDH ! La cause ? Christiane Vienne semblait ne pas pouvoir venir à 9 h 30 ce vendredi à l'audition.
"La ministre doit venir ", dit le député Fourny CDH. "A-t-elle encore sa place dans le gouvernement ? ", lance le député, MR, Fontaine. "Que cache-t-elle" , note Borsus, MR. La députée Écolo, Dethier, ajoute : "Le Parlement est pris en otage par le gouvernement. Si elle veut passer un bon week-end, elle peut démissionner. "
Entre hésitations et tensions, le CDH tenait tête au PS. La ministre devait être entendue. Un retour à l'envoyeur après l'audition marathon de la ministre Simonet, CDH, dans la commission Immo Congo.
Mais toujours pas de ministre. Finalement, un fax salvateur confirmait sa présence. Ce moment attendu sera difficile pour la ministre Vienne et son cabinet. "Elle doit rendre des comptes sur ses actes et paroles notamment à propos de Rovillard" dit-on au MR, chez Écolo et au CDH.
Et l'actu ? L'ex-président du comité de gestion, Philippe Laurent, a reconnu le problème posé par les absences de l'administrateur général, Rovillard. "Il avait 29 mandats."
L'ex-vice-président, Jean-Marie Bogaert, a, lui, regretté "la politisation de l'Agence, des recrutements de personnel sans examen ou encore les influences politiques extérieures".
Thierry Detienne, l'ancien ministre, a mis en avant les absences de Rovillard en raison de voyages à l'étranger, le plus souvent pour d'autres instances. "Lorsqu'il s'est agi de renouveler le mandat, je me suis montré réticent."
Et les abus ? "Si je m'étais immiscé en Sherlock Holmes permanent, je serais sorti de mon rôle."
V. Li.

Une commission Awiph, ou Vienne ?- 09/12/2006

Les trois révocations à la tête du comité de gestion de l'Agence pourraient faire des dégâts politiques.Au soupçon d'injustice s'en ajoute un de manipulation.
Donc, la commission de l'Action sociale du Parlement wallon (pas une commission spéciale, ni d'enquête) va entamer dès lundi une série d'auditions sur l'Agence wallonne pour l'intégration des personnes handicapées. On peut déjà se demander s'il ne s'agira pas autant de la gestion du dossier par la ministre (PS) Christiane Vienne et de son cabinet, que des frasques présumées de l'administrateur général suspendu de l'Agence, Georges Rovillard, qui ne se limitent pas à sa seule personne. Sans parler du fonctionnement plus général du gros pararégional.
Mercredi, pour rappel, le gouvernement wallon a révoqué sur le champ le président (CDH) et les deux vice-présidents (PS) du comité de gestion de l'Awiph, MM. Poullain, Vanderzeypen et Hanon. Motif invoqué par la ministre : "Défaillance dans la mission de surveillance de la gestion quotidienne". Comprenons : ils n'ont pas vu, ou ont tu, les voyages et absences de M. Rovillard.
D'emblée, tandis que Mme Vienne essuyait des charges exceptionnellement lourdes au Parlement, il se dit, dans les milieux CDH notamment, que la mesure devait être injuste, à comparer ces limogeages à la seule suspension (avec maintien de 80 pc de son salaire) de M. Rovillard (la ministre certifie qu'elle ne peut pas faire davantage); mais aussi au maintien en fonctions de représentants du gouvernement qui, eux, sont en place depuis plus longtemps et seraient plus naturellement investis de ladite mission de surveillance.
On songe en particulier d'une part au commissaire du gouvernement, d'autre part au président de la commission financière et de la cellule de gestion de l'Agence. Or, il se trouve que ceux-ci sont respectivement chef de cabinet et chef de cabinet adjoint de Mme Vienne. Or aussi, c'est à eux, notamment, qu'a été confiée l'enquête administrative interne - et prolongée - sur les dysfonctionnements de l'Agence.
Manipulation ?
Certes, à notre connaissance, pour deux des trois révoqués, ils ne sont pas étrangers à quelque irrégularité. C'est Jean-Marc Poullain qui a bénéficié du préfinancement par l'Agence de son véhicule privé - sur proposition d'ailleurs de M. Rovillard. Quant à Daniel Vanderzeypen (aussi bourgmestre sortant et premier échevin des Bons-Villers), il a été accusé par M. Rovillard (aussi bourgmestre déchu, et sous inculpation, de Fontaine-l'Evêque) d'avoir effectué un voyage privé avec un véhicule de fonctionnement de l'Awiph. M. Vanderzeypen l'a admis (c'était une mission communale en Allemagne, en septembre), en reconnaissant l'absence de liens avec l'Awiph, mais assure que ce déplacement n'a entraîné aucun frais pour l'Agence. Surtout, il dément avoir séjourné trois semaines à Nice en juillet aux frais de l'Agence.
Cette anomalie-ci avait été révélée devant la presse par Mme Vienne, le 23 novembre, sans alors officiellement identifier un fautif. Désormais, on est en droit de se demander si cette virée niçoise est bien véridique. En tout cas, mercredi à la RTBF-Radio, Mme Vienne n'a pas voulu publiquement la confirmer... Le cas échéant, au soupçon de deux poids deux mesures s'ajouterait un autre, plus lourd, de manipulation. Malaise... Vendredi, Mme Vienne a renvoyé toute explication aux travaux parlementaires.

AWIPH : un dossier manipulé par le gouvernement ?
Que se passe-t-il à l'AWHIP, l'Agence wallonne pour l'intégration des personnes handicapées ? le gouvernement wallon a-t-il cherché à manipuler les médias ? A-t-il tenté de mouiller ceux qui sont aujourd'hui éjectés du Comité de gestion, soit le président et les deux vice-présidents, trois hommes qui ne seraient alors que des boucs émissaires payant pour les légèretés du patron George Rovillard?

8 déc 2006
AUDIOInvite Matin Premiere 8/12/2006-Jean-Michel Javeau
VIDEO• La suite du dossier AWIPH
Le 23 novembre, conférence de presse de la ministre Christiane Vienne. D'intolérables dysfonctionnements ont été constatés à l'Awiph, martèle la ministre de la Santé et de l'Action sociale. Et elle insiste lourdement sur un voyage de trois semaines à Nice, "d'un membre du comité de gestion" dit-elle, en plein juillet, avec un véhicule de l'Agence. L'affaire n’est relayée que partiellement la presse. A l'Awiph, on s'interroge, on cherche, sans trouver trace de "détournement de véhicule". La personne visée, son nom a été fourni ensuite à la presse carolo, est un des trois licenciés par le gouvernement, Daniel Vanderzeypen, par ailleurs bourgmestre socialiste des Bons-Villers, « on me reproche un voyage de trois semaines à Nice au mois de juillet, c’est aberrant » dit Daniel Vanderzeypen, « à cette époque, j’étais dans ma commune pour préparer les activités de plaine de jeux notamment »

Le mardi 28 novembre, une réunion réunit la ministre Christiane Vienne, des membres de son cabinet et quatre personnes de l'Awiph. Et là, concernant ce voyage à Nice, coup de théâtre. C'est Jean-Marc Poullain, président du comité de gestion évincé, qui s'en souvient "la ministre a reconnu que c’était un peu de l’intox" declare-t-il, "mais que cela devrait permettre de délier les langues".

Une ministre du gouvernement wallon, ou son entourage, a-t-elle choisi délibérément de mettre la presse sur une fausse piste pour pouvoir par la suite montrer sa fermeté et licencier un coupable peut-être faux ? L'affaire serait évidemment gravissime. La commission parlementaire annoncée aura à démêler d'écheveau. Mais il s’agira d’une commission parlementaire simple puisque la commission de l'action la commission de l'action sociale du Parlement a rejeté jeudi, la résolution déposée par un député MR. Elle se réunira tout de même en session spéciale sur ce dossier lundi prochain.

La ministre choisit de ne pas réagir :

Mise en cause pour la manière dont elle a géré ce dossier, la ministre wallonne Christiane Vienne a fait savoir qu'elle n'entendait pas réagir et qu'elle réservait ses explications aux parlementaires. Elle sera en effet entendue lundi après-midi, par les membres de la commission "Affaires sociales" du parlement wallon.
Colère du MR :

Les libéraux avaient prévenu : si la commission d'enquête n'est pas approuvée, c'est le clash... Leur scénario s'est vérifié, ils ont donc quitté la salle en claquant la sa porte... Les députés MR voulaient une enquête parlementaire, avec des pouvoirs d'investigation, disent-ils, pour contraindre les acteurs du dossier à se présenter aux auditions. Ils ne l'auront pas. PS et CDH veulent travailler dans le cadre de la commission classique des affaires sociales, composée, disent-ils, des parlementaires qui connaissent bien le dossier... Il y aura donc des "sessions spéciales" de la commission pour faire toute la lumière sur la gestion de l'AWIPH.

Et pour y parvenir, les députés entendront notamment l'administrateur général, suspendu, Georges Rovillard , à qui l'on reproche de nombreux voyages à l'étranger. Appelés aussi à témoigner, les président et vice-présidents du comité de gestion, écartés hier par l'exécutif wallon. Seront également entendus la ministre Vienne et son prédécesseur l'écolo Thierry Detienne.

Cela dit, il y a urgence, le gouvernement a mis la pression sur les députés. D'accord pour une session spéciale Awiph, mais tout doit être réglé avant Noël, sinon on poursuit pendant les vacances. Ce qui explique sans doute que les premières auditions démarreront dès lundi


L'Onem envoie 87.000 lettres (15/12/2006)


Vous avez reçu un étrange rappel ? Normal
BRUXELLES L'Office national pour l'emploi (Onem) n'a pas souvent l'occasion d'annoncer de bonnes nouvelles. Alors, quand il en tient une, il la communique à tout va... au point d'inquiéter ceux qui la reçoivent. C'est ainsi que 87.000 Belges ont découvert récemment un courrier parlant de "saisies sur allo cations de chômage". Alors que bon nombre d'entre eux ne sont plus demandeurs d'emploi indemnisés et/ou ne doivent rien à personne ! Résultat : un afflux de questions inquiètes auprès de plusieurs bureaux locaux de l'Onem. Explication. Au 1er février 2007, la part insaisissable des revenus - qui est aujourd'hui de 923 € - sera augmentée de 56 € par enfant à charge. Si vous avez deux bambins, vous serez donc certain(e) de conserver 1.035 € de revenu quelle que soit l'ampleur de vos dettes. Cela concerne aussi bien les saisies-arrêts, signifiées par un huissier, que les cessions. Bref, un sympathique cadeau de fin d'année. Comme la loi l'y oblige, l'Onem a dû communiquer la nouvelle à toutes les personnes susceptibles de bénéficier de cette nouvelle mesure. Pas évident. L'Office a donc balayé très large. "Nous avons envoyé un courrier à toutes les personnes qui, d'après nos fichiers, ont une saisie en cours sur leurs allocations, indique le service Saisies. Mais les créanciers ne nous signalent pas toujours quand une dette est apurée..." Voilà la raison du courrier inquiétant reçu par des personnes qui avaient oublié jusqu'à l'existence de leurs dettes passées. Et une lettre de l'Onem n'a rien de rassurant, surtout lorsqu'elle contient deux pages d'extraits du très rébarbatif Moniteur belge... "Le courrier avait surtout pour but d'indiquer aux personnes concernées de se renseigner au plus vite auprès de leur organisme de paiement." Car pour bénéficier de la nouvelle mesure, il faut évidemment prouver des enfants à charge. Lancé la semaine dernière, l'envoi massif récolte déjà ses fruits : des dizaines de débiteurs, des vrais, se sont fait une joie d'y répondre.
Ettore Rizza
© La Dernière Heure 2006

Le commissaire est au Logis

Présenté par le ministre Antoine, Philippe Barras est arrivé avec les pleins pouvoirs à Dour. Priorité à l'organigramme et aux marchés publics.
M onsieur Barras sera le seul maître à bord ». Le ministre du Logement s'est montré on ne peut plus clair. Le commissaire spécial désigné au sein du Logis Dourois (668 habitations sociales) aura « les pleins pouvoirs ». Lors de sa mission de six mois prolongeable, André Antoine (CDH) lui confie plusieurs objectifs :
« Il devra remédier aux carences de gestion relevées par l'audit, mettre en place un management efficace, établir un plan de gestion sur cinq ans et rechercher des rapprochements avec d'autres sociétés de la région ». Pour y parvenir, le commissaire se substituera au conseil d'administration présent et à venir. « Mes deux priorités seront de veiller à une répartition des tâches et au respect de la législation sur les marchés publics », dit M. Barras. C'est à cause de ce point que la SWL et le gouvernement wallon avaient décidé la mise sous tutelle du Logis Dourois. « Il n'y a pas ici de malversations mais des carences de gestion dans l'attribution des marchés publics », a rappelé André Antoine.

Le Logis s'était également « distingué » par sa situation financière désastreuse (un parc locatif âgé et des retards de paiement de loyers dans 27 % des cas) ; par le retard dans la mise en oeuvre du Programme Exceptionnel d'Investissement (9,7 millions) et de gouvernance interne. Le ministre de tutelle rajoute à cela « un climat difficile » et des « tensions telles qu'un commissaire spécial se justifiait ».
Le contexte est très politisé. La directrice gérante du Logis est conseillère communale PS, renvoyée depuis le 8 octobre dans l'opposition. Et elle aura face à elle un conseil d'administration et un collège d'obédience CDH.
125 demandes de logement
Mais le ministre est catégorique. « Il n'y a pas la moindre lecture politique à avoir dans ce dossier », garantit-il. « Je ne veux pas savoir qui est directeur ou administrateur. Et l'on ne peut suspecter une quelconque forme de collusion dans la désignation de M. Barras puisqu'elle est antérieure aux élections communales ». Le commissaire spécial a rencontré le personnel de la société de logements (une quinzaine d'agents et d'ouvriers), mercredi matin. Il sera à pied d'oeuvre du matin au soir, à temps plein. « Je suis ici pour apporter des solutions le plus vite possible ; les aider à mettre en place des mécanismes pour rendre un meilleur service ».
Au Logis, plus ou moins 125 demandes de logement sont en attente.« La désignation d'un commissaire spécial va permettre à la société de logement de repartir sur de nouvelles bases », espère le tout nouveau bourgmestre dourois, Carlo Di Antonio.

Les administrateurs de la Société Wallonne du Logement remerciés

SWL : le CA révoqué par le ministre de tutelle
Le 18 décembre se tiendra le dernier conseil d'administration de la Société wallonne du Logement. Du moins avec les membres actuels. Le ministre Antoine les a en effet tous révoqués. Après une grande mise à plat de tout le secteur, après avoir annoncé un nouveau contrat de gestion pour 2007, ainsi que des missions et des moyens étendus, il veut une nouvelle équipe pour concrétiser jusque dans le CA, le changement qu'il souhaite…..


La mesure a surpris les intéressés qui ont appris la nouvelle mardi matin, de la bouche de Didier Reynders invité de la RTBF. A lui comme aux autres présidents de partis, le gouvernement wallon avait demandé des propositions pour renouveler totalement le conseil d'administration de la Wallonne du Logement. Le ministre Antoine qui a fait le point dans la journée précise que ce n'est pas une sanction. Mais qu'il veut professionnaliser d'avantage le secteur à l'heure de nouveaux défis. Il cite notamment l'augmentation du budget de la SWL et l'intention de construire 2.000 logements par an dès 2007.

Le président de l'actuel conseil d'administration, membre depuis 1994, se dit dégoûté par le procédé. Il rappelle le travail réalisé. Pour lui, la compétence était déjà au rendez-vous dans l'actuel conseil. Il s'inquiète de la continuité : aucun ancien administrateur n'est sensé éclairer un nouveau conseil obligé de recommencer à "0" alors que début 2007, se profile la négociation du nouveau contrat de gestion.

Par ailleurs, il souligne que la composition du nouveau conseil d'administration évacuera les deux représentants écolos - dont il est - et donnera la majorité absolue au PS ; ce que certains analysent comme une compensation au tohu-bohu créé par les audits du CDH Antoine dans les rangs socialistes.

Le ministre wallon du Logement, André Antoine, a demandé au gouvernement wallon de révoquer "ad nutum" les administrateurs de la Société Wallonne du Logement (SWL). L'exécutif a entériné la décision la semaine dernière. Les présidents de partis ont été avertis et ils devront désigner les nouveaux membres d'ici janvier. Les représentations proportionnelles resteront inchangées. Pour les postes de numéro 1 et 2 de la SWL des examens seront mis en place par le SELOR pour trouver de nouveaux responsables à partir de mars. Les nouveaux administrateurs seront chargés de l'élaboration du nouveau contrat de gestion.
Selon André Antoine cette manière de procéder est une première en Wallonie. "A moyens nouveaux, règles nouvelles et hommes nouveaux", commente le ministre qui précise qu'il ne s'agit pas d'une sanction. La SWL a de nouveaux défis à relever. "Le budget du logement social a évolué de 61 pc en Wallonie entre 2004 et 2007. Dans le courant de l'année 2007, 2000 logements doivent être créés. Il faut donc une équipe à la hauteur de ces défis", explique André Antoine. "Nous avons besoin de gens à la hauteur; j'ai aussi la volonté de professionnaliser le secteur. En agissant de la sorte, après les audits et les désignations de commissaires spéciaux, le secteur du logement public aura été complètement revisité", ajoute-t-il.
Cette refonte du secteur a été marquée par différentes actions. Des audits ont été réalisés sur la gestion de la SWL et de sociétés locales. Des sanctions ont été prises à l'encontre de certains dirigeants de ces sociétés et une vingtaine de plaintes ont été communiquées au parquet. Une quinzaine de commissaires spéciaux ont été désignés et envoyés dans les sociétés de logement. Un nouveau commissaire sera d'ailleurs encore envoyé demain au "Logis Dourois".

Le couperet est tombé sur l'AWIPH

Région wallonne
L'Awiph décapitée, on attend un manager de crise

Le gouvernement wallon a sabré dans le comité de gestion de l'Agence.
Sale temps pour des gestionnaires publics wallons ! Mardi, on annonçait le limogeage de tous les administrateurs de la SWL (logement). Mercredi, l'exécutif Di Rupo a révoqué président et vice-présidents du comité de gestion de l'Awiph (personnes handicapées).
La simultanéité s'inscrit dans un contexte dont il ressort que les responsabilités dans les dysfonctionnements en tous genres ne se cantonnent pas à leurs auteurs directs - un Courard le dirait-il, s'agissant de Charleroi, sur des tons et aplomb qui continuent à jeter le trouble (en encadré)... On ajoutera d'autres similitudes entre SWL et Awiph. D'abord, l'exécutif est pris à partie, dès lors que les 2 organismes sont en attente sinon en panne d'un renouvellement de contrat de gestion. Dans les 2 cas aussi, les décisions sont officiellement édulcorées : pour la SWL, le ministre (CDH) André Antoine refuse de parler de "sanctions personnelles", mais d'une poursuite de la refonte du secteur; et pour l'Awiph, la ministre (PS) Christiane Vienne assure que ce ne sont pas des personnes, mais "des rôles" qui sont mis en cause. Enfin, de part et d'autre, les directeurs davantage contestés que les administrateurs (les socialistes Rosenoer à la SWL et Rovillard à l'Awiph) restent en place (le second, pour rappel, suspendu) mais terminent leur mandat en mars.
Une faute politique ?
Les ressemblances s'arrêtent là. Côté SWL, le conseil paie une attention que l'on a pu ressentir trop peu soutenue ou abusivement tardive au délabrement de nombreuses sociétés, sur fond de relations cycliquement orageuses avec le ministre de tutelle. Côté Awiph, en dépit de nombreux problèmes de gestion que relève l'audit budgétaire, ce sont quelques comportements individuels qui sont visés. Ceux de Georges Rovillard (voyages, absentéisme) d'ailleurs inculpé dans le cadre de son maïorat de Fontaine-l'Evêque, mais étendus à d'autres (Mme Vienne avait évoqué 4 cas). D'où les limogeages de mercredi. Ils frappent le comité de gestion (représentants politiques, des fédérations, du personnel du secteur) faisant office de conseil d'administration. Et ils frappent sa tête, sur laquelle le gouvernement a une prise directe : le président Jean-Marc Poullain (CDH) et les vice-présidents (PS) Daniel Vanderzeypen (bourgmestre des Bons-Villers) et Marius Hanon. Parce qu'ils ont failli à leur mission de contrôle sur M. Rovillard, indiquait hier Mme Vienne.
Mais on sait aussi que M. Poullain est le bénéficiaire du préfinancement par l'Agence de son véhicule (LLB du 23/11). Président depuis mai 2005 seulement, il se plaignait hier d'être un bouc émissaire : "Je pourrai démontrer l'existence d'une faute politique dans le chef de la ministre", indiquait-il à Belga. Laquelle ministre répète qu'il lui est impossible de limoger M. Rovillard. Le plus vite possible, elle présentera un profil de fonction pour le nouveau trio, duquel devrait se détacher un "manager de crise" qui assure l'intérim jusqu'au remplacement de l'administrateur-général.
En attendant, Mme Vienne a essuyé des volées de bois vert hier au Parlement. Un CDH (Jean-Pol Procureur) y est allé encore mollo, évoquant "le côté tortueux" de son "cheminement". Mais dans l'opposition, Philippe Fontaine (MR) a dénoncé une gestion "calamiteuse" et Monika Dethier lui a servi : "Jusqu'ici, je vous avais reproché de ne rien faire; quand vous faites quelque chose, c'est encore pire !". Et lorsque la même a ajouté que c'est son cabinet qui aurait besoin d'un audit, il s'est trouvé au moins un CDH (Jacques Etienne) pour l'applaudir...

Le gouvernement wallon a mis fin aux mandats du président et des deux vice-présidents du comité de gestion de l'Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH). Ces trois personnes sont désignées directement par l'exécutif régional et, aux yeux de la ministre des Affaires sociales, Christiane Vienne, ils ont failli à leur mission de contrôle. "Ces trois personnes étaient chargées du contrôle au sein de l'AWIPH et il y eu carence dans leur mission. Je n'ai jamais voulu prendre de décision collective dans ce dossier. Là où les personnes ont failli, c'est à elles qu'il revient d'assumer la responsabilité", a expliqué Mme Vienne.
Les trois personnes visées sont Jean-Marc Poullain, président, Daniel Vanderzeypen et Marius Hanon, vice-présidents. Les noms des remplaçants ne sont pas encore connus. La semaine prochaine, la ministre présentera au gouvernement des propositions de nouveaux modes de fonctionnement au sein de l'Agence qui comprendront des ordres de mission pour les président et vice-présidents.
Depuis le mois d'octobre, l'AWIPH est dans la tourmente. Son administrateur-général, Georges Rovillard, également bourgmestre de Fontaine-l'Evêque, a été inculpé de détournement par la justice et incarcéré. Des perquisitions ont eu lieu, notamment au siège de l'AWIPH. Une enquête administrative a aussi été ouverte. L'on reproche entre autres à M. Rovillard des voyages dont l'objet semble bien éloigné des missions de l'AWIPH.

Les victimes du tsunami attendent toujours les dons

La moitié des dons envoyés par les particuliers, les entreprises et les gouvernements pour aider les victimes du tsunami qui a frappé le sud-est asiatique il y a deux ans n'a pas encore été utilisés, a indiqué la BBC.

Selon des chiffres obtenus par la chaîne de télévision britannique à partir d'une banque de données du département Aide et Développement des Nations unies, plusieurs gouvernements étrangers n'ont par ailleurs versé qu'une partie ou même rien du tout de l'argent qu'ils avaient promis.
Des 6,7 milliards de dollars (5,1 milliards d'euros) promis, un dixième n'a pas encore été envoyé et seuls 3,4 milliards de dollars ont été utilisés, affirme la BBC.


Parmi les pays donateurs qui n'ont pas tenu leur promesse figure la Chine. Après la catastrophe, ce pays n'a envoyé qu'un million de dollars au Sri Lanka alors qu'il lui en avait promis 301 millions.
Idem pour l'Espagne qui a donné au Sri Lanka moins d'un million de dollars (sur 60 annoncés) et la France (1 million de dollars sur 79).
Le Koweït n'a encore rien envoyé aux Iles Maldives alors qu'il s'était engagé à hauteur de quelque 10 millions de dollars.
Les Etats-Unis n'ont versé que 38% de l'aide qu'ils avaient promis, toujours selon la BBC. L'Union européenne doit encore 70 millions de dollars et la Grande-Bretagne 12 millions.
La BBC précise en outre que seul 1,3 milliard de dollars sur les 2,2 milliards donnés à la Croix Rouge internationale a été utilisé et qu'à peine 8.000 maisons ont été reconstruites sur les 50.000 promises.
Interrogé par la BBC, un dirigeant de la Croix Rouge britannique, Matthias Schmale, a justifié ces chiffres par la difficulté de la tâche entreprise. Il faudra du temps pour dépenser cet argent de manière responsable, a-t-il expliqué.
(d'après AFP)

Aimez-vous les uns les autres

Le monde sera-t-il meilleur demain ?

Le 22 décembre, journée d'amour contre la violence. Faire l'amour pour la bonne cause, ça marche toujours.


C 'est l'histoire du type, assis derrière son bureau, et qui ne tient pas en place. Tout excité qu'il est. Son collègue lui demande pourquoi et le type répond que c'est parce qu'avec sa femme, ils ne font l'amour qu'une fois par an. « Ben y a pas de quoi se réjouir », dit l'autre. « Hooo si, dit le type. C'est demain ! » Et voilà. Pour le reste de la planète aussi, vous, nous, eux : c'est demain.
Demain, vendredi 22 décembre 2006, tous les êtres humains prendront leur pied. C'est un devoir, une obligation. Comme voter, mais en plus - comment dire - affolant. Parce que demain, c'est la journée du GlobalOrgasm, sans rire, le premier Orgasme mondial synchronisé.

Selon ses concepteurs, les Américains Donna Sheehan, 76 ans, et Paul Reffell, 55 ans, le fait qu'un maximum de personnes dans le monde aient des pensées positives à un moment donné (dans la journée, peu importe l'heure) devrait pouvoir modifier « le champ d'énergie de la Terre » et « réduire les dangereux niveaux actuels de violence et d'agression ». Et quel meilleur pourvoyeur d'ondes positives qu'un bel orgasme ?
Le projet des deux pacifistes - cofondateurs de l'organisation antiguerre Baring Witness dont on reconnaît les activistes à ce qu'ils manifestent toujours nus - invite les hommes et les femmes de tous les pays, mais « particulièrement ceux où il existe des armes de destruction massive », à avoir des relations sexuelles le jour du solstice d'hiver, et à avoir des pensées pacifistes... avant, pendant et après. Un petit remake du slogan soixante-huitard « Faites l'amour pas la guerre », en somme. Sauce 2006.
Sur leur site, un compte à rebours ; un blog ; une vidéo où de petits soldats de plastique succèdent au mot « Peace » écrit sur une plage, à une capote, à une poignée de main ; une boutique on-line avec des magnets, des autocollants et des tee-shirts « We came in peace » (le jeu de mot qui tue : « On est venus en paix » ou « On a joui en paix »)...
Sheehan et Reffel s'y disent aussi préoccupés par la guerre en Irak et les manoeuvres américaines dans le golfe Persique, alors que l'Iran persiste à défier les puissances mondiales au sujet du nucléaire.
Alors, contrer les effets néfastes du 11 septembre et du tsunami par une grande partie de jambes en l'air : un canular, une utopie ou une idée de génie ? Scientifiquement, ça rappelle la grosse blague du World Jump Day, où le monde entier devait sauter à jour et heure fixe, histoire de faire dévier légèrement l'orbite de la planète pour lutter contre son réchauffement.
Mais nos deux militants croient dur comme fer au sérieux de leur GlobalOrgasm et renvoient les incrédules vers un programme de l'Université de Princeton (New Jersey) intitulé Global Consciousness Project qui tente de mesurer l'effet d'événements mondiaux catastrophiques sur la conscience humaine. Restaurer par l'amour ce qui a été déséquilibré par la haine, rien de nouveau là-dessous.
Fin des années 60 déjà, John Lennon et Yoko Ono militaient pour la paix depuis leur lit et posaient nus dès qu'ils le pouvaient. Si internet avait existé, sûr qu'ils auraient été suivis dans la seconde. « Dans le cas de l'altermondialisme, tout se joue par l'intermédiaire d'internet, décrypte le professeur Bernard Francq, sociologue à l'UCL. C'est le Net qui donne une ampleur mondiale au processus. Le Time Magazine, qui consacre tous les ans l'homme ou la femme de l'année, a publié, cette fois, un miroir. Pour nous refléter et souligner ainsi la prolifération des blogs. Et puis à côté de la magie d'internet, on trouve, dans un événement comme le GlobalOrgasm, l'autre face du mouvement altermondialiste. Pas celle des intellectuels critiques qui réfléchissent, se pètent le nez dans les analyses, non, celle de la subjectivité. A côté de la raison, du sérieux, il y a le joyeux. Consacrons un moment à nos corps ! Cette culture tout à fait basique est très importante et quoi qu'il arrive, le monde ne s'en portera pas plus mal. On se sera envoyé en l'air, au moins se souviendra-t-on de ce jour-là... Ça me rappelle ma jeunesse, les situationnistes... »
Ceux dont est parti Mai 68. Ceux qui rêvaient de révolution permanente au quotidien et voulaient « rendre la vie passionnante ». Comme elle le sera demain, de minuit à minuit.
www.globalorgasm.org
http://noosphere.princeton.edu

22 décembre 2006

Reynders et Kubla écrivent aux Wallons


Daerden : nouveaux efforts fiscaux ! (22/12/2006)


Le ministre veut diminuer la redevance radio-TV et la portabilité des droits d'enregistrement
NAMUR "En matière de fiscalité, la Région wallonne peut encore faire mieux. Il y a des efforts à faire à notre niveau pour que les Wallons puissent notamment avoir une meilleure mobilité professionnelle. Il faut évidemment analyser sérieusement les éléments budgétaires. Mais je m'engage résolument pour une diminution des droits de donation et de succession sur un immeuble d'habitation notamment. Je pense aussi que nous devrons diminuer, voir peut-être supprimer un jour la redevance radio-TV. Enfin, un dossier est important pour moi la portabilité des droits d'enregistrement à l'achat d'un logement. La Wallonie doit devenir une terre encore plus attractive fiscalement " explique Michel Daerden.
Sur son banc de l'opposition, Serge Kubla, MR, a failli s'étrangler définitivement lorsque le ministre du budget a fait cette annonce au Parlement wallon. Il faut dire que l'ex ministre de l'économie avait souvent plaidé pour une diminution de certains de ces aspects. "Récemment rappelées dans une lettre adressée à tous les Wallons, ces propositions, destinées à faire bénéficier chacun d'une partie des recettes exceptionnelles de 2007, feront en effet l'objet d'" une réflexion positive" a déclaré Michel Daerden. C'est une bonne mesure parce qu'elle favorise la mobilité " a souligné Kubla.
Le ministre du budget a souligné que cette réflexion... il l'a menait depuis longtemps et qu'il n'avait pas attendu la parution de la lettre.
Le Chef de file des Réformateurs wallons a dit toute sa satisfaction de voir le ministre socialiste répondre ainsi aux attentes des Libéraux. "Ces améliorations constituent un changement radical dans l'arsenal des mesures fiscales destinées à soutenir la consommation en Wallonie. Nous les soutiendrons donc par notre vote, " a souligné Serge Kubla.
V.Li.
© La Dernière Heure 2006


Un front francophone mais dans le désordre

Didier Reynders veut élargir l'ordre du jour de la réunion à la gestion de la Wallonie. Di Rupo réplique, Milquet menace.

Pour un « front », ça part mal. Les quatre présidents de partis vont sans doute sacrifier aujourd'hui (ils ont rendez-vous à 10 heures au parlement de la Communauté française) à la photo de groupe, mais l'humeur n'y est pas.
En campagne électorale, la compétition prime. Comment faire abstraction des rivalités, des polémiques, des divergences de vue, qui traversent le paysage politique francophone traditionnellement et, surtout, qui le déchirent depuis la déferlante des « affaires » en Wallonie ?
La façon dont Didier Reynders a communiqué ces derniers jours est édifiante. Aussitôt son parti et le PS se sont-ils divisés à propos du document-fiction de la RTBF (le MR stigmatisant le canular et réclamant des sanctions ; Di Rupo estimant, lui, après l'avoir critiquée, que l'émission avait stimulé positivement l'opinion publique), aussitôt, donc, les deux se sont-ils divisés que Reynders a passé ses nerfs sur la rencontre prévue entre les francophones... Fâché que, dans Le Soir, Elio Di Rupo ait tiré la couverture à lui en y annonçant la tenue du « sommet », le libéral-réformateur a bondi, et noirci l'ordre du jour de la réunion de ce mercredi : non seulement peaufiner une stratégie commune en vue des négociations institutionnelles de 2007, mais encore discuter de la gouvernance publique au sud du pays, de la gestion des sociétés de logements sociaux, de l'agence wallonne pour les personnes handicapées... Didier Reynders a précisé sa pensée dans la « Lettre aux Wallonnes et aux Wallons » diffusée hier dans la presse, où il décrivait une Wallonie « à la traîne » qu'il faudrait « débarrasser de ses vieux démons »... Une attaque en règle.
A Namur, au parlement wallon, Di Rupo a répliqué : « Un parti comme le MR est-il inspiré en accablant de cette façon les Wallons ? Il donne surtout des armes aux détracteurs des francophones et de la Wallonie. Donner des leçons lorsqu'on connaît les problèmes au fédéral, et surtout aux Finances, c'est un peu curieux (...) L'heure est plutôt au rassemblement des francophones face aux revendications flamandes qu'aux débats internes »... Dans le même temps, Jean-Claude Marcourt (PS), ministre wallon de l'Economie, rédigeait une « Lettre aux libéraux wallons », pour lesquels « la réclame cède trop à la désinformation » (lire ci-dessous)...
Le président des libéraux-réformateurs redoute que le « sommet » des quatre tourne surtout à l'avantage de l'un d'eux, d'Elio Di Rupo, puissance invitante au nom du premier parti francophone, et qui pourrait saisir l'occasion pour redorer le blason socialiste.
D'où la volonté de Didier Reynders de déplacer sensiblement le point de gravité de la réunion, non plus exclusivement vouée, selon lui, à se préparer à l'affrontement avec la Flandre mais aussi à restaurer l'image publique des francophones, abîmée, insiste-t-il, depuis la Carolo, l'ICDI, l'Awiph, et tutti quanti...
Une provocation pour le camp d'en face.
Entre les deux, Joëlle Milquet, présidente du CDH, avertit et menace : « Si certains veulent utiliser notre réunion comme une tribune politicienne pour faire de l'opposition, alors, moi, je sortirai ! », nous confiait-elle hier. « Il n'y a qu'un seul ordre du jour, institutionnel, c'est travailler ensemble dans l'intérêt des francophones. »
Retour à notre case départ : les partis francophones ont beau devoir faire l'« union », ils n'échappent pas à la force centrifuge de la compétition électorale. Ils devront pourtant trouver la parade pour faire front commun quand même (ou en avoir l'air), puisque de l'avis de tous (experts universitaires, institutionnalistes, et téléspectateurs, depuis mercredi dernier), l'avenir de l'Etat fédéral pourrait se jouer en 2007.
A charge donc pour Elio Di Rupo, Didier Reynders, Joëlle Milquet et Jean-Michel Javaux de se faufiler habilement aujourd'hui entre les impératifs de l'union des francophones, d'une part, et les impondérables de la compétition électorale de l'autre. Un tour de force et de magie. Abracadabra...

Le président du MR et le chef de groupe au parlement wallon signent une "Lettre aux Wallonnes et aux Wallons" publiée aujourd'hui par la plupart des journaux diffusés au sud du pays. Le propos est de campagne.
Les deux libéraux-réformateurs se réjouissent des politiques mises en oeuvre sur le plan fédéral (où le MR est aux affaires), qui ont permis de doper la croissance économique et de soutenir le pouvoir d'achat. Au contraire, la Wallonie "reste à la traîne". Didier Reynders et Serge Kubla implorent : "Il est temps d'arrêter une spirale négative que les plans successifs (dont Marshall, NDLR, sans le citer) n'arrivent pas à contrer dans le climat désastreux des scandales à répétition qui frappent les institutions wallonnes chargées de venir en aide aux plus démunis, aux plus fragiles de notre société : les locataires sociaux, les handicapés..."
Pour le MR, "une autre politique est possible". Concrètement : puisque la Région wallonne dispose en 2007 de moyens budgétaires plus importants qu'auparavant, "grâce à l'intervention fédérale de solidarité et aux rendements de certains impôts", le MR veut que cette embellie "profite à chacun", par exemple via la suppression de la redevance radio-TV, la diminution des droits de succession et des droits d'enregistrement à l'achat d'un logement.


Un voeu pour finir : "Puisse 2007 apporter le meilleur à une Wallonie débarrassée de ses vieux démons." On ne vise personne.

La lettre

Lettre aux Wallonnes et aux WallonsRédaction en ligne
mardi 19 décembre 2006, 10:19
Voici "La Lettre aux Wallonnes et aux Wallons" publiée ce jour par le président du MR et le chef de groupe au parlement wallon.
Mesdames, Messieurs,
La Belgique affiche, selon la Banque Nationale une croissance économique de 3% pour 2006. Cette croissance, plus élevée que la moyenne de la zone euro, beaucoup plus forte qu'en 2005, résulte notamment des mesures prises par le Gouvernement fédéral pour soutenir le pouvoir d'achat des citoyens (réforme fiscale, augmentation des pensions et d'autres allocations sociales) et l'activité économique (baisse de l'impôt des sociétés).


Pourtant, la Wallonie reste à la traîne.
Alors que plus de 40.000 nouveaux emplois sont créés chaque année dans notre pays, les demandeurs d'emplois wallons sont toujours plus nombreux : près de 284.000 aujourd'hui. Il est temps d'arrêter cette spirale négative que les plans successifs n'arrivent pas à contrer dans le climat désastreux des scandales à répétition qui frappent les institutions wallonnes chargées de venir en aide aux plus démunis, aux plus fragiles de notre société : locataires sociaux, handicapés
Nous pensons qu'une autre politique est possible.
La Région wallonne dispose de moyens budgétaires plus importants pour 2007, grâce à l'intervention fédérale de solidarité et aux rendements accrus de certains impôts. Comme nous l'avons toujours expliqué, diminuer l'impôt n'entraîne pas automatiquement une réduction des recettes, au contraire. C'est ce qui s'est passé avec les droits de donations. Soutenir l'activité et encourager celles et ceux qui prennent des risques, créent leur entreprise et de l'emploi renforcera l'assise économique de la Wallonie.
Nous voulons que l'embellie budgétaire profite à chacun.
Nous réclamons la suppression de la redevance radio-TV. Nous proposons la diminution des droits de successions ainsi que des droits d'enregistrement à l'achat d'un logement.
Nous plaidons depuis longtemps pour une meilleure organisation des francophones, une plus grande solidarité entre la Wallonie et Bruxelles.
Le Gouvernement de la Communauté française devrait être composé de tous les Ministres du Gouvernement wallon et de tous les Ministres francophones du Gouvernement bruxellois. Cela permettrait d'augmenter les synergies entre les Régions tout en diminuant les coûts de fonctionnement.
Les Wallonnes et les Wallons sont créatifs, prêts à prendre des risques, à s'investir et à investir. Il est temps de se tourner vers eux, de les écouter, de leur rendre confiance, de leur donner les moyens et le cadre de leurs ambitions.
Puisse 2007 apporter le meilleur à une Wallonie débarrassée de ses vieux démons.
Nous vous souhaitons, ainsi qu'à vos proches, d'excellentes fêtes de fin d'année.
Didier REYNDERS
Président du MR
Serge KUBLA
Chef du Groupe MR au Parlement wallon

21 décembre 2006

Le docu-fiction, les suites

MAJ 09 /01/07

Vote de la motion sur la fiction de la RTBF


Quelques semaines après l'émoi provoqué par la fameuse émission de fiction de la RTBF sur l'indépendance de la Flandre, le parlement de la Communauté française a adopté, majorité contre opposition, une motion qui recommande de prendre un certain nombre de mesures au sein de la radio-télévision publique. Aucune sanction n'est cependant prévue.
La motion, qui fait suite aux débats tenus en Commission avant le nouvel-an, demande notamment la mise sur pied effective d'un comité de déontologie et d'éthique de l'information au sein de la RTBF et l'évaluation des processus de contrôle interne et de décision dans le domaine de l'information.
La majorité PS-cdH réclame aussi l'établissement, sous l'égide du CSA, le cas échéant, de règles claires en matière de signalétique des programmes et l'élaboration d'une réglementation de l'utilisation du docu-fiction et de la présence de journalistes dans ce cadre. Le texte demande encore au gouvernement de prendre des mesures en faveur de l'éducation aux médias et de créer un Conseil de déontologie journalistique.


En revanche, un autre projet de motion, déposé par l'opposition MR, exigeait que les responsabilités soient établies au sein de la hiérarchie de la RTBF et que des sanctions soient prises en conséquence. Les réformateurs réclamaient aussi de rédiger un avenant au contrat de gestion de la RTBF, précisant que la hiérarchie de la radio-télévision s'engage à respecter désormais les procédures et réglements déjà existants.
Avant le vote, les partisans de l'un et de l'autre projet ont répété bruyamment les arguments déjà échangés à l'occasion de la polémique déclenchée par l'émission-fiction. Pierre-Yves Jeholet (MR) a reproché à la majorité sa timidité actuelle, alors même que ses représentants s'étaient élevés à l'époque vigoureusement contre l'émission. On est civilisés, on ne veut décapiter personne, a rétorqué le chef de groupe PS Léon Walry. Deux amendements de Marcel Cheron (Ecolo), qui voulait insister sur le caractère indépendant du Conseil de déontologie et n'entendait pas se contenter du "blanc-seing donné à la ministre de l'Audiovisuel Fadila Laanan" pour assumer le suivi des recommandations votées, ont été repoussés.


Le CSA doit faire son travail, selon Laanan

MAJ jeudi 21 décembre 2006
La ministre de l'Audiovisuel en Communauté française, Fadila Laanan, a réaffirmé que des "erreurs", et non des "fautes", avaient été commises par la RTBF lors de la diffusion de l'émission "Tout ça ne nous rendra pas la Belgique" le 13 décembre. Elle a cependant souligné que ce n'était pas à elle de prendre des sanctions.
C'est au CSA de faire son travail", a-t-elle indiqué. La ministre répondait ainsi aux questions des parlementaires de la Commission Audiovisuel du parlement de la Communauté française, qui se penchait sur le sujet.
Le MR refuse que l'ensemble du problème soit résumé à un problème de signalétique. "Il y aussi un problème de fond", a ainsi remarqué Françoise Bertieaux. La ministre Laanan a abondé dans le sens des Réformateurs en précisant que la signalétique n'était pas la seule erreur. Elle a ainsi souligné un problème au niveau de la forme et du respect des règles déontologiques. La ministre, qui a précisé que personne ne serait "viré", se refuse cependant à évoquer des sanctions qu'elle déciderait elle-même.

Le groupe MR de la commission a déposé une motion afin que le gouvernement de la Communauté française reconsidère la notion de sanction. "Il n'y a pas que faire tomber des têtes. La sanction va du minimum au maximum", a souligné Mme Bertieaux. La motion, qui sera débattue le 9 janvier lors de la séance publique du parlement de la Communauté française, demande que les responsabilités soient établies au sein de la RTBF et que des sanctions soient prises en conséquence.
La majorité cdH/PS, qui veut "rétablir un climat serein", a également annoncé le dépôt d'une motion pour demander des avancées en matière de mise en place de conseil de déontologie journalistique, de base décrétale dans le cadre de l'éducation aux médias, du travail avec le CSA, etc.
Pour la ministre Laanan, le CSA, qu'elle a fait saisir au lendemain de l'émission, se chargera de répondre aux nombreuses questions toujours sans réponse et, éventuellement, d'appliquer des sanctions. "Le CSA a une capacité de sanction à l'égard de tous les opérateurs en Communauté française. Il faut lui laisser faire son travail. J'ai procédé à la saisine du CSA et je n'ai plus à intervenir. Le CSA a en outre été saisi par une quarantaine de plaintes de téléspectateurs", a remarqué Fadila Laanan.
La ministre, qui a rappelé à plusieurs reprises qu'elle n'avait commis aucune erreur en tant que ministre de tutelle, a précisé que son rôle n'était pas d'intervenir dans les choix éditoriaux de la RTBF. "Si j'étais intervenue pour faire placer une signalétique pendant l'émission, on m'aurait reproché, à raison, une tentative de pression dans le contenu éditorial. De même, il ne revenait pas au ministre de tutelle de procéder à l'arrêt de l'émission en cours car cela aurait été considéré comme une censure", a-t-elle conclu.
(D'après Belga)

Un livre pour prolonger l'émission

Philippe Dutilleul, réalisateur de l'émission-fiction sur la séparation de la Flandre, diffusée mercredi soir sur la RTBF, a présenté ce vendredi à Bruxelles son ouvrage "Bye-Bye Belgium".
Simonis réagit
Martine Simonis, secrétaire nationale de l'AJP, mise en cause par Philippe Dutilleul lors de la présentation de presse de son livre "Bye Bye Belgium", a tenu à réagir vendredi soir aux propos de ce dernier.
M. Dutilleul avait alors estimé que les propos de Martine Simonis, secrétaire nationale de l'Association des Journalistes professionnels (AJP), qui qualifiait la sortie du livre d'opération commerciale, étaient "contraires à la vérité". "Ceux qui donnent des leçons devraient commencer à s'en donner à eux-mêmes", avait-il commenté.
Dans un communiqué, "Martine Simonis précise que cette prise de position émane du Conseil de direction de l'AJP, et non d'elle-même seule. Le Conseil de direction de l'AJP est composé de 14 journalistes, élus au poste de directeurs de l'AJP, qui y représentent les différentes catégories de médias et de métiers du journalisme."
Par ailleurs, Mme Simonis dit qu'elle "s'étonne de cette attaque contre l'AJP, qui, en exerçant son rôle de 'gardienne de la déontologie', a permis de rappeler à ceux qui voudraient l'oublier, que l'intrusion de la fiction dans le journalisme ne l'autorise pas à en ignorer les règles déontologiques. Le lancement du livre au lendemain du reportage, contesté mais désormais célèbre, de la RTBF, montre à souhait que l'opération marketing était préparée de longue date. C'est ce que l'AJP appelle donc une 'opération commerciale de la RTBF'".
(d'après Belga)

L'auteur considère ce livre comme un prolongement de son émission. Souvent, un journaliste qui fait un reportage audiovisuel reste frustré parce qu'il est tenu à de nombreuses restrictions, indique l'auteur. Ce livre présente donc l'ensemble de l'enquête, des réflexions plus personnelles et les commentaires de différents intervenants, ajoute Philippe Dutilleul.
Professeurs d'université et hommes politiques, entre autres, viennent livrer leur avis sur la problématique abordée par l'émission-fiction. J'ai voulu faire appel à des gens qui ont beaucoup plus de compétences que moi dans certains domaines pour présenter les choses de manière claire, explique le journaliste.
Selon l'administrateur-délégué de Labor, Jean-Marc Dubray, le livre fait un peu office de making off de l'émission. Il vise également à inscrire dans la durée l'information télévisuelle éphémère.
Philippe Dutilleul a par ailleurs estimé que les propos de Martine Simonis, secrétaire nationale de l'Association des Journalistes professionnels (AJP), qui qualifiait la sortie du livre d'opération commerciale, étaient "contraires à la vérité".
Ceux qui donnent des leçons devraient commencer à s'en donner à eux-mêmes, a-t-il commenté. S'expliquant sur la sortie de son livre au surlendemain de la diffusion de l'émission-fiction, l'auteur a précisé que l'incertitude de la programmation de l'émission avait plané jusqu'au bout.
Alain Gerlache, directeur général de la RTBF, a pour sa part indiqué que la diffusion de l'émission et la sortie du livre étaient bel et bien coordonnées, la publication devant obligatoirement suivre la diffusion du docu-fiction.
L'idée était, en tout cas, de présenter ce sujet entre les élections communales et les élections législatives car il était important pour nous d'apporter une contribution au débat, a-t-il expliqué. Quant aux interventions de représentants du Vlaams Belang (VB) dans l'émisission, Philippe Dutilleul a indiqué que les propos de ses interlocuteurs étaient très ciblés, qu'ils concernaient la séparation de la Belgique et qu'en aucun cas des propos xénophobes n'auraient été tolérés dans l'émission.
Alain Gerlache a de son côté rappelé que la RTBF interdisait toute participation de représentants de partis d'extrême droite à des débats ou des interventions en direct mais que des interventions enregistrées et soumises à un contrôle journalistique pouvaient être utilisées, qui plus est si elle peuvent informer le téléspectateur.
Sinon, on en arrive à occulter une réalité, a-t-il ajouté.
"Bye-Bye Belgium", 620 p., paraît aux éditions Labor, pour un premier tirage de 3.800 exemplaires. Il est vendu au prix de 15 euros. La maison éditoriale a précisé qu'une version néerlandaise était envisagée mais aucun projet concret n'a encore été avancé.
(D'après Belga)

"La RTBF a brisé le cordon sanitaire"

Le stratagème était à ce point ficelé que même les plaques de voitures flamandes avaient été imaginées.
Les nationalistes flamands, massés devant le VlaamsRaad, se réjouissaient de vivre une répétition générale.
Regroupés devant le Palais Royal, beaucoup se sont indignés du procédé.
Le canular brise un tabou. Quelle sera la Belgique de demain? Tout le monde y pense, mais personne n'y répond.
Le docu-fiction faisait la Une de la presse belge, avec un cri collectif. "La RTBF sème la panique".
Jean-Paul Philippot s'est excusé ce matin sur les ondes de La Première.
Le journal de 13 heures de la RTBF était évidemment consacré à la mise en scène de l’indépendance de la Flandre, diffusée mercredi soir après l'interruption de l'émission Question à la Une. Des réactions des responsables ertébéens, dont les excuses de Jean-Paul Philippot, aux avis de quidams, on eut droit à un condensé de commentaires qui démontre à quel point le canular a (et va) marqué les esprits. L’indignation politique est telle que Laurette Onkelinx ou Didier Reynders ont estimé que la RTBF avait "cassé le cordon sanitaire en impliquant dans sa combine Filip Dewinter", chef de file du Vlaams Belang au Parlement flamand. Pour paraphraser un journaliste du service public, "la RTBF voulait ouvrir un débat, or, désormais, c’est elle qui se trouve au centre de celui-ci".

Excuses
La RTBF est au centre des attentions. Entre le regard soulagé de quidams interviewés et les réactions indignées de la classe politique, le programme imaginé par Philippe Dutilleul a provoqué l’émoi dans notre pays. Une émotion surprenante pour la plupart des responsables du programme, poussant Jean-Paul Philippot, l’Administrateur général de la RTBF, à s’excuser sur les ondes de La Première. "Nous avons provoqué une émotion inattendue ", déclarait-il au micro de Matin Première, dans une atmosphère tendue. "Cela renvoie à nos responsabilités. Nous ne voulions pas provoquer une telle onde de choc. Au vu des réactions, nous présentons nos excuses".Pas de sanctionsJean-Paul Philippot témoigne d'un malaise. Involontaire, certes, mais réel. Et profond. L’équilibre entre la liberté d’expression et la responsabilité déontologique d’informer a été rompu. En faisant participer ses "journalistes maisons", le service public a semé le doute sur un sujet qui reste délicat. Au point que des sanctions pèsent. "Il serait prématuré de prendre des mesures", a répliqué Fadila Laanan, Ministre de l’Audiovisuel en Communauté française, qui en ce moment, reçoit Philippot et Yves Thyran (directeur de l’éthique de la RTBF) dans son bureau. "J’attends le rapport des Commissaires, membres du Conseil d’Administration de la chaîne. Je dois entendre tout le monde avant de tirer des conclusions", a-t-elle ajouté.ComplicitéLa retenue de la ministre de tutelle tranchait avec l’indignation du monde politique. "La chaîne a rompu le cordon sanitaire", conspuait Laurette Onkelinx. "En rendant complice Filip De Winter, la RTBF a franchi une barrière établie par tous. En outre, la déontologie des journalistes est en cause. Ils sont coupables selon moi d’avoir fragilisé les Wallons". Même son de cloche du côté de Didier Reynders, scandalisé que la chaîne publique ait mis en cause la personnalité du Roi, en prétextant son exil. Répétition généraleLa panique de la population, regroupée mercredi soir devant le Palais Royal, confirmait la tendance des visiteurs de notre site. La peur, ensuite l’indignation, s’est lue sur les visages de certains. Néanmoins, après réflexion, il appert que bon nombre ait trouvé la simulation utile pour "secouer et réveiller ce qui saute aux yeux". Aux aurores, certains croyaient encore au stratagème. Cette brutalité a toutefois réconforté les nationalistes flamands, heureux de vivre "une répétition générale d’une indépendance seulement indéterminée dans le temps". Plus sociologiqueCette conviction flamande heurte. Comme le disait François Heinderyckx, spécialiste des médias et chargé de cours à l’ULB, "la RTBF a initié une expérience plus sociologique qu’informative". Beaucoup de Belges se sont réveillés avec une tête lourde, certains en ont été insomniaques. Par l’émoi qu’a suscité le canular, la RTBF n’a pas mesuré à quel point l’avenir de la Belgique tiraille la population. A-t-elle bien fait ou non ? Telle est la question d’un débat au centre duquel se retrouve malgré lui le service public. (LS)

Retrouvez ici le dossier complet.
7SUR7 TV: La RTBF a été trop loin, pour l'AJP
7SUR7 TV: Regardez ici la vidéo de l'émission
EN SAVOIR PLUS: Le Prince Philippe a douté
EN SAVOIR PLUS: "C'est une faute de ne pas avoir prévenu d'emblée"
EN SAVOIR PLUS: La Sûreté de l'Etat n'était pas au courant
EN SAVOIR PLUS: "Une caricature des exigences flamandes" selon Leterme
EN SAVOIR PLUS: La presse étrangère entre amusement et indignation
EN SAVOIR PLUS: Bilan mitigé au sein de la Société des journalistes de la RTBF
EN SAVOIR PLUS: "Les politiques doivent s'interroger"
EN SAVOIR PLUS: Le FN porte plainte
EN SAVOIR PLUS: Philippot assume les choix effectués
EN SAVOIR PLUS: L'Association des Journalistes Professionnels très critique
EN SAVOIR PLUS: Pour Philippot, le fond doit primer sur la forme
EN SAVOIR PLUS: La Belgique en émoi après l'émission-fiction
EN SAVOIR PLUS: Un tel programme impossible sur la VRT
EN SAVOIR PLUS: Quelle est l'objectivité du service public?

Chirac juge le canular de mauvais goût

vendredi 15 décembre 2006, 17:33
Le président français Jacques Chirac a jugé de mauvais goût l'émission de la télévision belge RTBF, qui a fait croire à des milliers de Belges que la Flandre avait unilatéralement déclaré son indépendance, signant l'arrêt de mort de la Belgique.
Je n'ai aucun commentaire à faire sur un canular de mauvais goût, a déclaré le président français, interrogé par un journaliste lors d'une conférence de presse à la fin du sommet de l'Union européenne à Bruxelles.
Partageant lui aussi l'opinion de la classe politique belge, qui a quasi unanimement fustigé l'initiative de la chaîne publique, le Premier ministre luxembourgeois a jugé que l'émission de la RTBF était tout à fait à côté de la plaque. La Belgique a été ridiculisée. On ne joue pas avec des choses qui sont importantes aux yeux de beaucoup, a ajouté M. Juncker.


Interrompant mercredi soir ses programmes à une heure de grande écoute, la RTBF a annoncé que la Flandre, la région néerlandophone du nord du pays, avait fait sécession, que le roi avait pris la fuite en direction de Kinshasa, capitale de l'ex-Congo belge. L'impact de cet "ovni télévisuel" a été énorme en Belgique, mais aussi à l'étranger, des journaux comme Le Monde et Le Figaro en France ou El Pais en Espagne y consacrant une partie de leur "une" jeudi ou vendredi.
(d'après AFP)

19 décembre 2006

L EMISSION !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

MAJ 19/12/06

Avis intéressant

Pas de sanction à la RTBF, qui estmaintenant soutenue par les internautes
16 décembre 2006 - 08:54
Le "canular" de la RTBF continue à alimenter le débat. Mais le courant change. De plus en plus de Belges réagissent à présent pour féliciter la chaîne publique et dénoncer les critiques de nos politiciens. Vendredi soir, le conseil d'administration de la RTBF a décidé de ne pas prendre de sanction à l'égard des responsables du faux JT. Même si, selon le CA, des erreurs ont été commises. Le conseil d'administration a présenté ses excuses aux téléspectateurs, et a décidé l'instauration d'un Comité de déontologie et d'éthique de l'information.

RTBF: pas de sanctionPhilippot assume le choix de la fiction 514.800 téléspectateurs pour l'émissionChoc médiatique pour la Belgique De Brigode démissionne : info ou fiction ?Interview de François De BrigodeInterview de Jean-Claude Defossé

Vous êtes nombreux depuis mercredi à régir concernant le faux flash spécial de la RTBF. Mais aujourd'hui, le ton semble avoir changé de manière assez rigoureuse. Jeudi, la plupart des hommes politiques dénoncaient cette émission, suivi par plusieurs citoyens, choqués par les méthodes de la RTBF. Aujourd'hui, par contre, la majorité des réactions que nous avons reçues sont des messages de soutien au travail qui a été réalisé par la chaîne publique. Et ce sont nos politiciens à présent qui ramassent au visage le retour de flamme.
Comment expliquer le choc du faux JT ?
Cela n'empêche : l'émission de la RTBF a été un choc. Normal. A longueur d'années, on nous agite cette menace: le pays va exploser ! C'est une source d'anxiété qu'on tait, qu'on minimise, qu'on enfouit en soi. Et puis mercredi, boum, ça y est. On vous a dit d'un coup : vous n'êtes plus Belge. C'est terminé !"
En supprimant la Belgique, on a coupé les bases sur lesquelles on est assis. "C'est quelque chose de terrible à vivre, explique Bernard Rimé, professeur de psychologie à l'UCL et spécialiste des émotions. Tout d'un coup, on a dit aux gens : "votre identité sociale n'existe plus."
L'identité sociale, c'est ce qui donne à chacun des clés pour faire face à la vie. Le sentiment d'appartenance sociale nous tient très fort à cœur, sans que nous le sachions toujours. Une Brabançonne résonne et soudain on frissonne. L'équipe belge gagne un match et on respire la joie. Un étranger critique notre pays et, nous voilà vexés. Ce sont des signes, des émotions, qui affluent parfois à la surface. Et mercredi, l'annonce en télévision de la fin de la Belgique, a joué comme un détonateur de ce sentiment d'appartenance à une nation.
Les Flamands ont une identité de rechange, la fierté d'être flamand. Pas les francophones qui sont paumés. Plus que jamais, on n'est pas fier d'être wallon, avec les "affaires" qui pourrissent le tableau.
"En fait, les gens ont été surpris de la violence de leurs propres sentiments. Ils ont perdu leurs repères. Ils en sont devenus agressifs et accusent la RTBF. C'est la vieille histoire du porteur de la mauvaise nouvelle. Qui est le coupable ? Le porteur ou la mauvaise nouvelle ?", conclut enfin Bernard Rimé.
(Catherine ERNENS)
> Les moments forts du faux flash spécial

"J'attends des sanctions fortes"


Didier Reynders (MR) ne mâche pas ses mots à l'égard du "coup" de la RTBF. Il ne comprendrait pas qu'on passe l'éponge sur cette "faute lourde".
Devoghel
En marge du conseil d'administration de la RTBF, vendredi, nous avons rencontré le président du Mouvement Réformateur (MR), Didier Reynders.
Quarante-huit heures après le "coup" de la RTBF, et les réactions virulentes de leaders politiques (vous-même, Guy Verhofstadt, Elio Di Rupo, etc.) contre le docu-fiction, quel est votre état d'esprit ?
La RTBF nous dit qu'elle a lancé un débat de fond sur l'avenir de la Belgique. Le débat qu'elle a lancé, c'est celui de la déontologie et de la crédibilité de ses journalistes et de l'information. Comment peut-on, dans un pays comme le nôtre, diffuser une fausse information à travers tous les codes de référence du Journal télévisé d'une chaîne publique ? Il est là le débat.
A travers son docu-fiction et le débat, la RTBF a mis sur la place publique des questions importantes sur l'éventualité d'une scission du pays, non ?
C'est ce que les responsables de la RTBF tentent de nous faire croire depuis 48 heures. Mais vous pensez que la population ignorait l'existence des débats institutionnels et communautaires en Belgique ? Etait-il nécessaire de balancer au grand public une fausse information pour attiser ces débats ? C'est un procédé tout à fait injurieux. Je suis, comme beaucoup d'autres, assez abasourdi qu'on utilise des moyens publics conséquents octroyés à la RTBF, pour fabriquer une fausse information. C'est irresponsable. Une faute lourde a été commise.
Par qui, précisément ?
Il faut le déterminer. J'entends l'administrateur général de la RTBF, Monsieur Philippot, dire qu'il assume tout. Les parlementaires MR ont demandé que lui et la ministre de tutelle, Fadila Laanan, soient convoqués pour expliquer leur faute. J'attends que l'audition ait lieu (NdlR : jeudi prochain), mais je ne comprendrais pas qu'on passe l'éponge.
Des têtes doivent tomber ?
Des sanctions fortes doivent être prises à l'égard de la RTBF. Je ne comprendrais pas que rien ne se passe au regard des réactions politiques fortes, tous partis confondus, dont celle de la ministre de l'Audiovisuel Fadila Laanan. Alors, soit des choses bougent, soit le gouvernement de la Communauté française couvre la RTBF. Mais si tel est le cas, cela signifie qu'on peut désormais tout faire et que le discours politique n'a plus le moindre contenu.
La RTBF plaide l'utilité d'un électrochoc au sein de la population pour la sensibiliser à l'avenir de la Belgique. N'est-ce pas salutaire ?
La RTBF, en fait, est parvenue a réveillé deux extrêmes : ceux qui, paniqués, sont sortis dans la rue avec un drapeau belge et l'extrême droit flamande, très satisfaite de l'émission. A ce propos, j'essaie encore de comprendre comment la RTBF est parvenue à faire jouer Filip Dewinter dans sa fiction. Je pensais qu'elle refusait de nouer des contacts directs, et c'est le cas ici, avec tout leader d'extrême droite. C'est inacceptable.
Ce qui vous gêne, c'est d'avoir été écarté du débat de la RTBF, mercredi soir ?
On ne m'a pas invité... Et je vois que depuis mercredi soir, la RTBF confisque l'antenne pour se justifier à longueur de journaux en minimisant les réactions du monde politique, dont celles du Premier ministre et du président du PS. Dans le Journal parlé de 7 heures, jeudi, pas une mention de la réaction du MR. On n'existe pas ! Le soir même, au JT, quelques réactions politiques ont été relayées vers 19h55 après un long plaidoyer de Monsieur Philippot. TF1, elle, ouvrait son "20 heures" sur les réactions politiques. Cela revient, de la part de la RTBF, à prendre les responsables politiques pour des moins que rien incapables d'expliquer aux gens la portée des débats en cours. © La Libre Belgique 2006
http://www.mr.be/News/14-12-06-MR-Didier-Reynders-RTBF-Emission-Flandre-Reactions.php

Défossé : les gens croient n'importe quoi
14 décembre 2006 - 15:14
Jean-Claude Defossé, qui a accepté d'interrompre son émission pour le faux flash spécial de François De Brigode, s'étonne de la crédulité de certains téléspectateurs. Et pourtant, il a l'habitude...
Cela vous surprend que les gens aient cru aussi vite à cette déclaration d'indépendance de la Flandre et à la fuite du Roi à l'étranger?
Que les gens puissent croire dur comme fer à cela et réagir aussi rapidement, c'est hallucinant. Le téléspectateur gobe n'importe quoi ! Notez que j'ai l'habitude. Ce sont les plus gros de mes poissons d'avril qui ont le mieux fonctionné. Par exemple : j'ai annoncé une fois que Bruxelles devenait un paradis. Et une autre fois qu'on privatisait l'armée. Nombreux sont ceux qui y ont cru et qui ont réagi vivement...
Avec le recul, que pensez-vous de cette émission?
Je suis solidaire avec toute l'équipe de la RTBF qui a monté ce projet. Et je les félicite d'ailleurs d'avoir pu garder le secret. Moi, on ne m'a mis au courant qu'il y a 15 jours. La haute direction, par contre, était au parfum depuis plus d'un an.
On a l'habitude de critiquer la RTBF en disant qu'elle est "poussiéreuse". Ici, nous avons fait l'événement ! Et pas avec n'importe quel sujet... Nous avons sensibilisé des milliers de personnes à un débat très sérieux sur le séparatisme en Belgique. Cela n'aurait certainement pas été possible sans certains artifices.
Ne trouvez-vous pourtant pas la manière critiquable?
On peut effectivement discuter de l'ambiguïté avec laquelle l'information a été présentée par un journaliste, avec les moyens et les décors du JT. Mais cela a permis d'ouvrir le débat sur quelque chose qui pourrait effectivement arriver un jour. N'oublions pas que les élections législatives sont proches.
C'est un coup médiatique?
Si c'était le cas, nous aurions fait davantage de publicité. Il n'y a d'ailleurs pas eu de pubs en plus hier soir. C'était tout sauf une pompe à fric !
(Propos recuillis : Rodolphe MAGIS)


De Brigode s'excuse
14 décembre 2006 - 12:39
François De Brigode, l'un des acteurs principaux du faux flash spécial sur l'éclatement du pays, s'excuse auprès des gens qui ont été vexés par l'émission. Il s'agissait d'une "volonté pédagogique".
François De Brigode, vous êtes étonné par l'émoi incroyable qu'a suscité votre émission fiction ?
Oui, mais je veux surtout rappeler qu'il y avait une volonté pédagogique. Le séparatisme est un débat qui existe, surtout chez les Flamands. Nous avons donc voulu sortir de la langue de bois par rapport à un sujet qui existe.
Ce qu'on reproche surtout à la RTBF, c'est la forme du programme...
C'est vrai que c'est une forme inhabituelle et que ça avait un côté provoc. Mais je crois que nous avons rempli une mission de service public et nous avons fait notre travail de journaliste à savoir, dire ce qui est une vérité (les discussions sur le séparatisme), tout en donnant aux spectateurs des explications
Mais beaucoup ont été choqués tout de même...
Sincèrement, ce n'était pas le but. Si certains ont été vexés par l'émission, on s'en excuse. Mais il faut aussi savoir que beaucoup, lors de leurs coups de fil au call center, nous ont remerciés en disant que grâce à l'émission ils avaient pris conscience de la situation.
(Propos recueillis par Martial Dumont)

Le public n'a pas sanctionné la RTBF (15/12/2006)

Lien documentaire
La RTBF présente ses excuses
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Le JT de jeudi n'a pas enregistré de baisse d'audience. Au contraire!
La fausse émission en entier sur le site de la VRT

Le journal télévisé de la RTBF a réalisé un "bon score" jeudi soir, attirant environ 670.000 téléspectateurs au lendemain du documentaire-fiction qui mettait en scène l'indépendance de la Flandre, a indiqué un porte-parole de la télévision publique francophone."Le bon score réalisé par la RTBF prouve que le journal télévisé et son présentateur, François De Brigode, n'ont pas perdu en crédibilité. Il n'y a pas eu de sanction de la part de notre public", a ajouté le porte-parole.Au contraire, l'édition de ce jeudi soir a fait "significativement mieux que les JT des jeudis soirs précédents, lesquels marchent traditionnellement bien ce jour de la semaine", a-t-il poursuivi. Ainsi, le journal télévisé du jeudi 7 décembre a attiré un peu moins de 500.000 téléspectateurs.Par ailleurs, 721.700 personnes (44,8 pc de parts de marché) ont regardé le journal télévisé sur RTL-TVi jeudi soir, "ce qui est dans la moyenne", selon la chaîne privée.

Le débat de fond mis en avant par la RTBF

En compagnie de l'équipe chargée de la réalisation du faux JT, l'administrateur général de la RTBF, Jean-Paul Philippot, a défendu hier les choix de la RTBF de diffuser cette émission-fiction sur l'indépendance de la Flandre.
Il souhaite que le débat sur la forme de l'émission-fiction diffusée mercredi n'escamote pas le vrai débat, à savoir la question de l'avenir de la Belgique. Justifiant le recours à une fiction non avouée, Jean-Paul Philippot a indiqué qu'il y avait "un choix, qui est celui de toute une équipe, et donc un risque d'opter pour une forme particulière que permet la télévision à l'heure actuelle", a-t-il justifié. "L'objectif de ce docu-fiction n'était pas de jouer sur l'émotion et j'espère maintenant que le débat de fond va reprendre le dessus" a-t-il ajouté.
Le présentateur du journal télévisé de la RTBF, François De Brigode, qui présentait également le JT factice de l'émission, a indiqué que si c'était à refaire, il n'hésiterait pas quant au fond de l'émission. Sur la forme toutefois, "on baliserait certainement au début et mieux", a-t-il précisé en s'exprimant à titre personnel. "Mais on a mis un débat important sur la table. La première partie de l'émission a certes été un peu provocatrice mais je reste fier de notre projet", a-t-il poursuivi. Interrogé sur la perte de crédibilité des journalistes que pourrait entraîner une telle mise en scène, le présentateur s'est contenté de répondre que le ton adopté dans l'émission de mercredi était particulier et différait du style propre à un réel direct. La chaîne publique a également précisé que c'était elle qui avait décidé de mettre un bandeau "Ceci est une fiction", une demi-heure après le début de l'émission.
Quant aux vives réactions adressées à la chaîne publique, Benoît Moulin, chef de la rédaction du journal télévisé à la RTBF, analyse les commentaires des spectateurs en trois temps: de l'incrédulité d'abord, de l'indignation sur les moyens ensuite et une réflexion enfin, ajoutant même que dans la matinée d'hier déjà la proportion de réactions positives était beaucoup plus importante que la veille.
En savoir plus : Un faux JT polémique

L'Association des Journalistes critique la démarche de la RTBF

Le "docu-fiction", ou plutôt la technique du "poisson d'avril" utilisée par la RTBF hier, pose de graves questions quant à la crédibilité de l'information et l'indispensable confiance du public à l'égard du travail journalistique, selon l'Association des Journalistes professionnels (AJP).
"L'absence de marquage fictionnel du JT, le dangereux mélange des genres à l'oeuvre dans le reportage, l'exploitation commerciale qui en est prévue (un livre devrait être publié par la RTBF) ne sont pas de nature à favoriser cette confiance du public", a ajouté l'AJP dans un communiqué. "Des règles journalistiques de base ont été ignorées, comme l'indication d'images d'archives ou la mention des reconstitutions. Si la démarche journalistique peut emprunter les voies de la fiction, de la reconstitution ou même de la farce, c'est à condition d'assurer, clairement et sans ambiguïté pour le grand public, la transparence du procédé", a ajouté l'association regroupant les journalistes francophones.
L'AJP a rappelé, par la voix de sa secrétaire nationale, Martine Simonis, son souhait de voir se créer un conseil de déontologie, à l'image de ce qui existe déjà en Flandre.

La Sûreté de l'Etat critique la RTBF

La Sûreté de l'Etat n'a pas été informée a priori de la diffusion du docu-fiction de la RTBF annonçant la déclaration d'indépendance de la Flandre.
"La direction de la Sûreté de l'Etat n'a été mise au courant à aucun moment et de quelque manière que ce soit de cette émission, ni de son contenu", selon un communiqué. La Sûreté de l'Etat regrette la "légèreté dont on fait part certains journalistes, à l'occasion d'un reportage-fiction, en confirmant ou en reprenant des informations fictives", souligne-t-elle encore.

Philippe Geluck a été piégé (15/12/2006)
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Lendemain de panique


Le papa du Chat a appris le canular par son papa de 83 ans
BRUXELLES Phillippe Geluck, qui était en France au moment des faits, a directement eu vent des événements. Il raconte :
"Mon père, qui regardait la télévision, m'a directement appelé. Il a 83 ans et était complètement secoué. Il m'a raconté que la Flandre avait voté à l'unanimité la scission de la Belgique. J'ai compris ce matin que j'avais aussi été piégé car j'ai été interviewé, il y a quelques mois, au mois de mai, sur le sujet. Je pensais à l'époque qu'il s'agissait d'une émission d'humour et cela m'est complètement sorti de l'esprit après. C'était pour cette émission... Je trouve cette blague à la limite de l'inadmissible. On utilise un instrument d'information pour donner une idée fausse au public. On brouille le code de la déontologie de l'information. On ne peut plus être crédible après cela. Ils jouent avec des choses sérieuses. Lorsque Orson Welles avait déclaré sa guerre des mondes dans les années 30, il y a eu des suicides. Je n'aurais pas aimé être dans sa peau... Je suis un ami du gag et j'aime les blagues, mais je trouve qu'il y a des sujets avec lesquels il ne faut pas jouer..."
S. Lag.
© La Dernière Heure 2006

Réaction du Palais sur l'émission-fiction
jeudi 14.12.2006,
14:45"Ce n'est pas le rôle du Palais de commenter ou de condamner des programmes TV ou des initiatives de presse. Nous constatons simplement que ce programme avait les caractéristiques d'un canular de mauvais goût", a indiqué le porte-parole du Palais en réaction à la diffusion hier soir de l'émission-fiction de la RTBF sur l'indépendance de la Flandre. Ce constat du Palais porte sur l'ensemble de l'émission et non pas uniquement sur la manière dont la famille royale a été mise en scène, a précisé le porte-parole, ajoutant également que le Palais n'avait pas "d'état d'âme particulier, ni sur le fond ni sur la forme de l'émission".

Philippot assume
jeudi 14.12.2006
, 15:50"Le choix d'une émission de fiction a été fait par l'ensemble des responsables de l'information, de la télévison, des rédactions, dans le respect de la procédure interne de la RTBF: il n'était donc pas improvisé et je l'assume", a déclaré l'administrateur général de la radio-télévision publique à la sortie de sa rencontre avec la ministre de l'Audiovisuel Fadila Laanan. Interrogé par les journalistes, il a aussi réitéré ses excuses "à titre personnel, par rapport à la surémotivité qu'on a pu déclencher".

L'administrateur général de la RTBF s'excuse et assume
Un faux JT de la RTBF crée l'émoi


"Le choix d'une émission de fiction a été fait par l'ensemble des responsables de l'information, de la télévision, des rédactions, dans le respect de la procédure interne de la RTBF: il n'était donc pas improvisé et je l'assume", a déclaré aujourd'hui l'administrateur général de la radio-télévision publique à la sortie de sa rencontre avec la ministre de l'Audiovisuel Fadila Laanan suite à la diffusion du faux JT sur le séparatisme hier soir. Il a aussi réitéré ses excuses "à titre personnel, par rapport à la surémotivité qu'on a pu déclencher".
Au cours de sa rencontre avec la ministre, Jean-Paul Philippot (accompagné du chef de l'information et de l'éthique Yves Thiran) a commencé à répondre à une série de questions de Mme Laanan sur l'émission-fiction. Il a été averti par la ministre des différentes enquêtes et informations en cours, dans l'optique des débats qui auront lieu la semaine prochaine au sein de la Commission de l'Audiovisuel du Parlement de la Communauté. Il s'attachera donc à répondre à ces questions au cours des prochains jours. "Nous n'avions pas l'intention de créer une telle émotion mais plutôt d'aborder une vraie question, qui préoccupe les citoyens dans leur attachement à la Belgique", a-t-il précisé, admettant avoir été étonné par l'ampleur de certaines réactions.
Quant à la ministre, qui avait elle-même convoqué M. Philippot à son cabinet, elle a souligné à l'issue de la rencontre qu'une série de questions se posent après les réactions, parfois de panique, déclenchées par la RTBF. Des questions qui concernent notamment le moment où la signalétique (indiquant qu'il s'agissait bien d'une fiction) est apparue à l'écran. Si ses questions ont reçu des débuts de réponses, celles-ci ne sont pas suffisantes, a-t-elle dit.

Le soir où la RTBF explosa

La RTBF a mimé l'éclatement de la Belgique en temps réel.
Extraordinaire « coup » médiatique et énorme polémique.

Le secret avait été bien gardé. Deux ans durant, une équipe de journalistes de la RTBF a travaillé sur l'idée la plus folle jamais née dans les couloirs du boulevard Reyers. Nom de code : « Karine et Rebecca », les deux gamines qui chantaient le répertoire de Saint-Nicolas...
Hier soir, à 20 h 21, les téléspectateurs viennent de regarder le JT. Ils s'apprêtent à suivre deux reportages de « Questions à la une » à forte connotation communautaire (« Va-t-on supprimer les indemnités de chômage en Wallonie ? » et « Les Flamands sont-ils plus corrompus que les Wallons ? ») puis l'émission devant présenter les résultats d'un sondage sur l'avenir du pays réalisé par Ipsos dans le prolongement de l'émission « Moi, Belgique ». Mais ils tombent de leur chaise ou sautent hors de leur canapé.
Jean-Claude Defossé introduit son émission. La mire apparaît sur l'écran. Puis c'est l'annonce d'un flash spécial présenté par François De Brigode : le Parlement flamand vient de voter la sécession de la Flandre du Royaume de Belgique. Une heure et demie durant, se succèdent, autour du présentateur du JT et d'Alain Gerlache, directeur de la télévision, des journalistes qui interviennent en direct, qui du Parlement flamand, qui du Palais royal déserté par Albert II, en fuite à l'étranger (la rumeur prétend qu'il a pris la direction de Kinshasa où l'annonce Elisabeth Burdot), qui du Parlement wallon, qui de l'Atomium où se sont réfugiés les ministres du gouvernement bruxellois.
De nombreuses réactions évidemment. Jean-Marie Dedecker, le trublion de la politique flamande, Herman De Croo, le sage président de la Chambre, Etienne Davignon, Axelle Red, Jean-Luc Fonck, José Happart, Annie Cordy, le ministre-président de la Communauté germanophone Karl-Heinz Lambertz...
Les reportages sur le terrain montrent les conséquences de la décision du Vlaams Parlement : le Ring de Bruxelles est paralysé, des trains sont bloqués à la frontière linguistique, des avions sont détournés sur Bierset, le siège de l'Otan est en état d'alerte, des scènes de joie éclatent à Anvers, des policiers inspectent la frontière linguistique à Flobecq, des militants catalans se réjouissent au Parlement européen et, cerise sur le gâteau, un tram bruxellois de la ligne 44 est bloqué au moment de quitter la Région de Bruxelles-Capitale pour Tervuren, en Flandre...
Tout ça, bien sûr, n'était qu'un gigantesque bluff, un périlleux mais tellement vraisemblable exercice de politique-fiction. Périlleux car effectué entièrement dans les conditions du direct et sans trucage. Autrement dit, tous les intervenants savaient dans quelle pièce ils jouaient. Et tous ceux arrivés pour participer à un « Mise au point » spécial étaient au parfum. Au début de la soirée, était apparue une mention précisant que l'émission pouvait très bien être une fiction. A 20 h 50, un second insert précisant qu'il ne s'agit pas de la réalité apparaît. Manifestement, c'est dû au nombre des appels - une centaine en une demi-heure. En fin de soirée, après un écroulement symbolique de la tour Reyers, un autre insert reprécisait que ceci n'était que fiction.
Réagissez sur
notre chat ainsi que sur le blog du Swarado.
Comment réagit-on au nord du pays? Le Standaard a créé
un débat sur son site.

L'idée de cette soirée événement est celle d'un membre de l'équipe de « Tout ça (ne nous rendra pas le Congo) », Philippe Dutilleul. Il en a tiré un livre, Bye-Bye Belgium (Labor), qui paraîtra vendredi.


La fiction de la RTBF inquiète
La Une a interrompu ses émissions ce mercredi soir pour diffuser une émission spéciale annonçant que la Flandre avait déclaré son indépendance. Il s'agissait d'une émission fiction qui a créé l’inquiétude.

13 déc 2006 23:20
Alors que Jean-Claude Defossé introduit son émission, la mire apparaît sur l'écran avant l'annonce d'un flash spécial présenté par François De Brigode: le Parlement flamand vient de voter la sécession de la Flandre du Royaume de Belgique. Dans cette émission, il est question du roi Albert II quittant le pays pour faire part de son désaccord à l'égard de cette pseudo-décision unilatérale flamande. Le sénateur flamand Jean-Marie Dedecker a participé à cette évocation en donnant une interview, de même que le président du Parlement wallon José Happart et d'autres personnalités politiques.

Différentes personnalités politiques ont joué le jeu. En revanche, d'autres ont très vivement critiqué le concept, dont le Premier ministre Guy Verhofstadt. Le porte-parole du Premier ministre Guy Verhofstadt a, en effet, qualifié l'émission d'irresponsable et de mauvais goût. Et de regretter que l'émission crée la confusion dans l'esprit du téléspectateur. "C'est du très mauvais Orson Welles. C'est de mauvais goût", a-t-il encore ajouté.

Des méthodes indignes selon Leterme
jeudi 14.12.2006, 09:23Selon le ministre-président flamand, Yves Leterme (CD&V), l'émission-fiction dans laquelle la RTBF a mis en scène l'indépendance de la Flandre, constitue "une caricature d'un certain nombre d'exigences flamandes". M. Leterme y voit un jeu politique qui rend impossible un bon débat sur l'avenir de la Belgique. "C'est une manière très douteuse de soi-disant susciter le débat. Il s'agit seulement d'une recherche de sensationnalisme et d'une caricature d'un certain nombre d'exigences flamandes. J'y vois aussi une intention politique cachée", a déclaré le ministre-président flamand sur les ondes de la radio publique flamande VRT. "Ces méthodes sont indignes dans une société démocratique qui fonctionne bien", a-t-il ajouté.

Ni responsable, ni opportun selon Milquet
jeudi 14.12.2006, 00:03La présidente du cdH, Joëlle Milquet, a estimé que l'initiative de l'émission-fiction de la RTBF, diffusée mercredi soir, n'était ni responsable, ni opportune et estime qu'elle mérite des explications sans délai. On ne joue pas avec l'avenir du Pays et l'attachement des Belges à son égard, a ajouté Joëlle Milquet dans un communiqué.

Dewinter salue l'émission
jeudi 14.12.2006, 10:36Filip Dewinter, chef du groupe Vlaams Belang au Parlement flamand, a salué l'émission-fiction dans laquelle la RTBF a mis en scène, la veille, l'indépendance de la Flandre. "Grâce à ce reportage, on peut désormais parler librement de l'indépendance de la Flandre et de la Wallonie", a indiqué M. Dewinter. "Grâce à ce reportage, tous les Wallons -y compris Elio Di Rupo et Laurette Onkelinx- ont désormais conscience que l'indépendance de la Flandre n'est pas une utopie romantique ou une chimère, mais un scénario réaliste qui deviendra inéluctable si la Wallonie n'est pas disposée à consentir à certaines exigences flamandes essentielles, comme une fiscalité propre, la scission de la sécurité sociale et une autonomie plus poussée pour la Flandre et la Wallonie", a-t-il relevé.

Le vice-premier ministre et président du MR, Didier Reynders, a également réagi dans le même sens que le premier ministre à l'émission-fiction. Il qualifie l'émission d'irresponsable et ajoute qu'elle décrédibilise totalement l'institution. Didier Reynders s'est dit scandalisé par le fait qu'on présente dans l'émission la fin de la Belgique au cours d'un faux journal télévisé avec des éléments comme la fuite du Roi. "On annonce aussi la réaction des présidents de parti. Je n'accepterai pas qu'on me cite dans cecontexte".

Le président du PS et ministre-président wallon, Elio Di Rupo, juge inacceptable que l'on joue avec les institutions et avec la stabilité du pays. Il condamne ce type d'émission au goût "plus que douteux". "A un moment où notre pays est secoué par des volontés séparatistes, il est irresponsable et incivique de faire croire aux téléspectateurs du service public que les Flamands ont unilatéralement voté leur indépendance. Et ce qui plus est, en mettant en cause la monarchie", souligne M. Di Rupo.

Le ministre de la Défense, André Flahaut, se dit "scandalisé". "C'est révoltant, intolérable, inacceptable, scandaleux", a-t-il affirmé alors qu'il se trouvait à Namur pour une réunion avec les institutions wallonnes. "On ne joue pas avec les institutions", a ajouté M. Flahaut. Il a exprimé son souhait que le ministre de tutelle rappelle la chaîne publique à l'ordre.

Et c’est ce que fera la ministre de l'Audiovisuel de la Communauté française, Fadila Laanan, qui convoquera l'administrateur général de la RTBF, Jean-Paul Philippot, et demandera qu'une enquête interne soit effectuée au sein de la RTBF. "Je trouve le procédé tout à fait douteux", a expliqué la ministre. "Et je me pose des questions déontologiques concernant les journalistes qui ont participé à cela, car c'est contraire à la réglementation de la Communauté française."

André Antoine, vice-président du Gouvernement wallon et Ministre du Logement s'est dit surpris et choqué par l'émission de la RTBF. Il déplore le manque de précautions pris par la chaîne publique. André Antoine estime qu'il s'agit ici d'une manipulation de l'information hautement regrettable de la part d'un média public habituellement crédible.

Au boulevard Reyers, on précise que l'émission était préparée de longue date avec les hommes politiques apparus à l'écran. Ces réactions démontrent la force de la télévision et de la problématique évoquée, dit-on encore. Le chef de l'information Yves Thiran a justifié cette émission par la nécessité de lancer un débat dans l'opinion publique à propos d'un des thèmes majeurs des prochaines négociations institutionnelles, l'avenir de la Belgique.

En tout cas l’émission a marqué. De 20 heures 30 à 21 heures, la RTBF a été inondée mercredi soir d'appels téléphoniques, saturant rapidement le central. Le site Internet de la RTBF était par ailleurs inaccessible pendant une partie de la soirée en raison vraisemblablement du nombre important d'internautes essayant de se connecter. La Police a également reçu de nombreux appels de personnes inquiètes. La police de Charleroi a été débordée et à Bruxelles, le Numéro 101 a été saturé.

La RTBF fait mourir la Belgique (mourir de rire)

mercredi 13 décembre 2006, 23:20
La RTBF a mimé l'éclatement de la Belgique en temps réel, ce mercredi soir, dans une émission de Jean-Claude Defossé. N'est-ce qu'un énorme coup de bluff ou une prédiction funeste?
Le Soir de ce jeudi vous décryptera cette soirée télé hors du commun.

Le monde politique fustige la RTBF

Les téléspectateurs branchés sur la une (RTBF) pensaient vivre une soirée tranquille, mercredi. Avec un menu somme toute classique : “Questions à la une”, suivi d’un prolongement de l’émission à succès “Moi, Belgique”.
Sur le coup de 20h20, on a bien eu droit au générique de “Questions à la une”... A 20h21, l’image se brouille. On se retrouve brutalement projeté dans le studio du Journal télévisé pour une “émission spéciale”, avec un François De Brigode d’humeur grave. En prélude, une brève mention barre l’écran : “Ceci n’est peut-être pas une fiction”.
Dans un coin du même écran, les plus attentifs auront peut-être déjà flairé la supercherie en repérant le logo du magazine “Tout ça (ne nous rendra pas le Congo)”. Le présentateur du JT balance alors l’info justifiant cette interruption des programmes : "La Flandre a proclamé unilatéralement son indépendance”. En direct du Palais royal, le journaliste Frédéric Gersdoff enchaîne : le roi Albert II aurait annoncé son impossibilité de régner. Voire quitté le pays. “La Belgique a cessé d’exister”, annonce un de ses collègues depuis le Parlement flamand. Le séparatiste flamand Jean-Marie Dedecker fait des petits bonds. Le wallingant Jean-Marie Happart n’est pas en reste.
A l’écran, un numéro d’appel est incrusté. Il sera pris d’assaut durant plus d’une heure. A la rédaction de “La Libre”, des dizaines de coups de téléphones de gens ébahis. Et forcément crédules. Un forum lancé sur notre site Internet est, lui aussi, pris d’assaut. Les réactions sont très majoritairement indignées. Les premiers communiqués de presse de personnalités politiques tombent, avec la même indignation.
Peu avant 21 heures, un bandeau apparaît en bas d’écran : “Ceci est une fiction”. La rumeur parle d’une intervention du Palais; on nous assure plutôt que le Palais a été averti quelques minutes avant la diffusion de la nature du programme…
“Pas un canular”
Tout a été rondement mené. Et pour cause : l’opération, tenue secrète jusqu’à 20h21, était en préparation depuis plusieurs mois au sein de la RTBF. Sa réalisation est l’œuvre de Philippe Dutilleul, habitué de reportages dans les magazines “Strip-Tease” et “Tout ça”. “Ce n’est pas un canular mais un documentaire-fiction ayant pour but de susciter le débat”, assurera-t-il plus tard lors d’un débat. Jean-Paul Philippot, patron de la RTBF, abondera dans le même sens : “Notre travail est de décoder, montrer, donner des clés pour se faire sa propre opinion. La démarche est journalistique”. Au même moment, la ministre de l’Audiovisuel Fadila Laanan (PS) annonce la convocation de M.Philippot. La bombe ertébéenne pourrait encore faire des dégâts.

REACTIONS
Le MR s'est déclaré consterné et indigné par l'émission-fiction dans laquelle la RTBF a présenté mercredi soir l'indépendance de la Flandre, par le biais d'un communiqué de la chef de groupe du MR à la Communauté française Florence Bertiaux, et du président de la Commission "audiovisuel" de la Communauté française Pierre-Yves Jeholet.
"Nous sommes consternés et indignés du fait qu'une chaîne de service public soit assez irresponsable pour traiter de cette façon un sujet fort sensible pour la Belgique à une heure de grande écoute et dans une émission réputée sérieuse", ont-ils expliqué.
Les deux mandataires MR mettent cette émission en rapport avec les récentes discussions concernant le contrat de gestion de l'opérateur public. Cela démontre que les inquiétudes du MR étaient légitimes quant au manque de contrôle du parlement sur le contrat de gestion de la RTBF", précisent-ils.
Dès jeudi matin, le MR annonce qu'il demandera des comptes à la ministre Fadila Laanan en commission "audiovisuel" du Parlement de la Communauté française. "Pour le MR, la ministre portera toutes les conséquences politiques de cette émission", ont-ils conclu.
Interrogé, le porte-parole du Premier ministre Guy Verhofstadt a qualifié l'émission d'irresponsable et de mauvais goût. "Dans le contexte actuel, il est irresponsable pour une chaîne publique de télévision de diffuser une telle émission dans laquelle on annonce la fin de la Belgique comme une réalité présentée par de vrais journalistes", a-t-il commenté. Et de regretter que l'émission crée la confusion dans l'esprit du téléspectateur. "C'est du très mauvais Orson Welles. C'est de mauvais goût", a-t-il encore ajouté.
Le ministre de la Défense, André Flahaut, se dit "scandalisé". "C'est révoltant, intolérable, inacceptable, scandaleux", a-t-il affirmé alors qu'il se trouvait à Namur pour une réunion avec les institutions wallonnes. "On ne joue pas avec les institutions", a ajouté M. Flahaut à l'agence BELGA, annonçant une probable réaction du Premier ministre Guy Verhofstadt. C'est triste "si la RTBF n'a rien trouvé de mieux pour faire de l'audience", a encore dit le ministre de la Défense, qui a été assailli de coups de téléphone. Il a exprimé son souhait que le ministre de tutelle rappelle la chaîne publique à l'ordre pour cette "émission spéciale" qui avait pour fil conducteur une déclaration unilatérale d'indépendance de la Flandre par le parlement flamand. Ce n'est qu'après une bonne demi-heure que la RTBF a présenté son émission comme étant une fiction, sous la forme d'un bandeau affiché dans le bas de l'écran.
Le président du PS et ministre-président wallon, Elio Di Rupo, juge inacceptable que l'on joue avec les institutions et avec la stabilité du pays comme c'est le cas dans l'émission. Il condamne ce type d'émission au goût "plus que douteux". "A un moment où notre pays est secoué par des volontés séparatistes, il est irresponsable et incivique de faire croire aux téléspectateurs du service public que les Flamands ont unilatéralement voté leur indépendance. Et ce qui plus est, en mettant en cause la monarchie", souligne M. Di Rupo.
"En agissant de la sorte, les responsables de cette émission abusent de la confiance que le citoyen accorde à la RTBF", ajoute le ministre-président wallon. "Le PS estime que les citoyens francophones ont le droit d'être informés par le service public en toute objectivité, impartialité et avec la plus grande rigueur. Les canulars de ce genre n'ont pas de place dans notre pays. Tout le monde connaît trop bien l'ampleur réelle des tensions communautaires", conclut le communiqué du président du PS.(Belga)

La ministre de l'Audiovisuel de la Communauté française, Fadila Laanan, va convoquer l'administrateur général de la RTBF, Jean-Paul Philippot, et demander qu'une enquête interne soit effectuée au sein de la RTBF au sujet de l'émission-fiction qui mettait en scène dans des conditions de direct l'indépendance de la Flandre, a-t-elle annoncé mercredi soir à l'agence BELGA.."Je trouve le procédé tout à fait douteux", a expliqué la ministre. "Et je me pose des questions déontologiques concernant les journalistes qui ont participé à cela, car c'est contraire à la réglementation de la Communauté française."La ministre a découvert l'émission à la suite de nombreux appels et SMS "paniqués" reçus en début de soirée. Ce n'est qu'après que la mention "Ceci est une fiction" est apparue à l'écran à la demande du cabinet de la ministre, a-t-elle précisé. "Je trouve douteux l'utilisation d'un tel procédé qui a plongé les citoyens dans une crainte incroyable", a encore déclaré la ministre.

Marc Uyttendaele qui demande des excuses à la RTBF.

Isabelle Durant se dit estomaquée
mercredi 13.12.2006, 23:44La secrétaire fédérale d'Ecolo Isabelle Durant s'est déclarée ce soir estomaquée par l'émission "Questions à la Une" de la RTBF-télé. On ne banalise pas ainsi l'avenir du pays, a-t-elle commenté. J'ai été estomaquée par cette émission et la façon dont elle a traité d'un sujet important, à savoir l'avenir du pays. Sans prévenir, on monte une fiction sur le sujet avec le risque de le banaliser", a déclaré Mme Durant. Enormément de gens y ont cru. Je comprends qu'on recherche des façons originales de présenter un sujet mais celui de l'avenir du pays mérite un autre traitement, a encore dit Mme Durant.

La RTBF inondée d'appels téléphoniques
mercredi 13.12.2006, 22:28De 20h30 à 21h00, la RTBF a été inondée ce soir d'appels téléphoniques, saturant rapidement le central, à la suite de la diffusion d'un faux JT annonçant l'indépendance de la Flandre. Le service de presse de la radio-télévison publique francophone a été débordé d'appels provenant de journaux francophones et flamands mais aussi de France et d'autres pays voisins. Au boulevard Reyers, on précise que l'émission était préparée de longue date avec les hommes politiques apparus à l'écran. Ces réactions démontrent la force de la télévision et de la problématique évoquée, dit-on encore. Le site internet de la RTBF était par ailleurs inaccessible pendant une partie de la soirée en raison vraisemblablement du nombre important d'internautes essayant de se connecter. Vers 22h00, plus de 2.600 appels téléphoniques étaient parvenus au numéro mis en place dans le cadre de cette émission suivie d'un débat.

Elio Di Rupo condamne
mercredi 13.12.2006, 22:10Le président du PS et ministre-président wallon, Elio Di Rupo, juge inacceptable que l'on joue avec les institutions et avec la stabilité du pays comme c'est le cas dans l'émission "Questions à la Une" diffusée mercredi soir par la RTBF, indique-t-il dans un communiqué. Il condamne ce type d'émission au goût "plus que douteux". A un moment où notre pays est secoué par des volontés séparatistes, il est irresponsable et incivique de faire croire aux téléspectateurs du service public que les Flamands ont unilatéralement voté leur indépendance. Et ce qui plus est, en mettant en cause la monarchie, souligne M. Di Rupo.

Le MR consterné et indigné
mercredi 13.12.2006, 21:43Le MR s'est déclaré consterné et indigné par l'émission-fiction dans laquelle la RTBF a présenté ce soir l'indépendance de la Flandre, par le biais d'un communiqué de la chef de groupe du MR à la Communauté française Florence Bertiaux, et du président de la Commission "audiovisuel" de la Communauté française Pierre-Yves Jeholet. Nous sommes consternés et indignés du fait qu'une chaîne de service public soit assez irresponsable pour traiter de cette façon un sujet fort sensible pour la Belgique à une heure de grande écoute et dans une émission réputée sérieuse, ont-ils expliqué.

Des capitales étrangères en émoi
mercredi 13.12.2006, 21:32Des ambassadeurs étrangers envoient des télégrammes à leur capitale alors que la RTBF diffuse mercredi soir une émission spéciale fictive annonçant que la Flandre a déclaré son indépendance, selon la présidente du Sénat Anne-Marie Lizin qui parle d'émission "inadéquate". "Je demande formellement que cette émission soit remise dans un cadre plus approprié", insiste la présidente de la Haute assemblée. "Dans les capitales étrangères, l'émoi est très grand", précise Mme Lizin.

Irresponsable, dit Verhofstadt
mercredi 13.12.2006, 21:21Interrogé à propos de "Questions à la Une" diffusée ce soir par la première chaîne de la RTBF télévision, le porte-parole du Premier ministre Guy Verhofstadt a qualifié l'émission d'irresponsable et de mauvais goût. Dans le contexte actuel, il est irresponsable pour une chaîne publique de télévision de diffuser une telle émission dans laquelle on annonce la fin de la Belgique comme une réalité présentée par de vrais journalistes, a-t-il commenté. Et de regretter que l'émission crée la confusion dans l'esprit du téléspectateur. C'est du très mauvais Orson Welles. C'est de mauvais goût, a-t-il encore ajouté.

Flahaut scandalisé par l'émission de la RTBF
mercredi 13.12.2006, 21:20L'émission "Questions à la Une" de La Une-télé (RTBF) présentant - sous forme de fiction - la fin de la Belgique a provoqué ce soir des réactions jusqu'au sein du gouvernement fédéral, le ministre de la Défense, André Flahaut, se disant scandalisé. C'est révoltant, intolérable, inacceptable, scandaleux, a-t-il affirmé alors qu'il se trouvait à Namur pour une réunion avec les institutions wallonnes. On ne joue pas avec les institutions, a ajouté M. Flahaut à l'agence BELGA, annonçant une probable réaction du Premier ministre Guy Verhofstadt.

Le secret avait été bien gardé. Des mois durant, une équipe de journalistes de la RTBF a travaillé sur l'idée la plus folle jamais née dans les couloirs du boulevard Reyers. Une idée portant le nom de code de « Karine et Rebecca » pour ceux qui se souviennent de ces deux gamines chantant le répertoire de Saint-Nicolas...
Et, mercredi soir, à 20h15, alors que les téléspectateurs qui venaient de regarder le JT et s'apprêtaient à suivre deux reportages de « Questions à la une » à forte connotation linguistique (« Va-t-on supprimer les indemnités de chômage en Wallonie? » et « Les Flamands sont-ils plus corrompus que les Wallons? ») puis l'émission devant présenter les résultats d'un sondage sur l'avenir du pays réalisé par Ipsos dans le prolongement de l'émission « Moi, Belgique », sont tombés de leur chaise ou ont sauté hors de leur canapé.
Alors que Jean-Claude Defossé introduit son émission, la mire apparaît sur l'écran avant l'annonce d'un flash spécial présenté par François De Brigode. C'est que l'événement est à la hauteur de l'émoi qu'allait provoquer dans le pays l'information diffusée par la RTBF: le Parlement flamand vient de voter la sécession de la Flandre du Royaume de Belgique.
Une heure et demie durant, se succèderont, autour du présentateur du JT, les journalistes intervenant en direct, qui du Parlement flamand, qui du Palais royal déserté par un Albert II en fuite à l'étranger (la rumeur prétend qu'il aurait pris la direction de Kinshasa où l'annonce Elisabeth Burdot), qui du Parlement wallon, qui de l'Atomium où se sont réfugiés les ministres du gouvernement bruxellois. De nombreuses réactions aussi, celle de Jean-Marie Dedecker, le trublion de la politique flamande, de Herman De Croo, le sage président de la Chambre, d'Etienne Davignon, d'Axelle Red, de Jean-Luc Fonck, de José Happart, d'Annie Cordy ou du ministre-président de la Communauté germanophone Karl-Heinz Lambertz.
Des reportages sur le terrain aussi, montrant les conséquences de la décision du Vlaams Parlement: le Ring de Bruxelles paralysé, des trains bloqués à la frontière linguistique, des avions détournés sur Bierset, un siège de l'OTAN en état d'alerte, des scènes de joie à Anvers, des policiers inspectant la frontière linguistique à Flobecq, des militants catalans se réjouissant au Parlement européen et, cerise sur le gâteau, un tram bruxellois de la ligne 44 bloqué au moment de quitter la Région de Bruxelles-Capitale pour Tervuren, en Flandre...
Tout ça, on l'aura compris, n'est qu'un gigantesque bluff, un périlleux mais tellement vraisemblable exercice de politique-fiction. Périlleux car effectué entièrement dans les conditions du direct et sans trucage. Autrement dit, tous les intervenants savent dans quelle pièce ils jouent. Et tous ceux qui arrivent dans la soirée à la RTBF pour participer à un « Mise au point » spécial ont été mis au parfum. Au début de la soirée, était apparue une mention précisant que l'émission pouvait très bien être En fin de soirée, après un écroulement symbolique de la tour Reyers, un autre insert dira que ceci était une fiction.
Cette idée tordue est née dans l'esprit d'un membre de l'équipe de « Tout ça (ne nous rendra pas le Congo) », Philippe Dutilleul, qui en a tiré un livre, "Bye-Bye Belgium" (Labor), qui paraîtra vendredi. Reste une question: et si le scénario se répétait vraiment, mais pour de vrai cette fois?
Jean-François Lauwens


La Belgique existe toujours ! (13/12/2006)

© DE TESSIERES


La RTBF sème la panique dans le pays. Le monde politique incrimine la chaîne dont le patron est déjà convoqué chez le Ministre !BRUXELLES Il était environ 20 h 20 hier soir quand La Une a effrayé - c'est le mot - des centaines de milliers de téléspectateurs. D'autres ont ri peut-être, mais, au vu des réactions que nous avons reçues hier au sein de notre rédaction vous étiez très nombreux à vous être laissé prendre au piège. Car nous n'étions pas le 1er avril et le docu-fiction présenté par la chaîne publique était paniquant de réalisme.
Un JT spécial, François De Brigode aux commandes... En-dessous, le bandeau émission spéciale. Le téléspectateur est interpellé. En direct devant le Palais royal, un journaliste annonce la nouvelle: le Roi, choqué par la décision que vient de prendre le Parlement flamand, à savoir la séparation pure et simple de la Belgique, vient de prendre l'avion, direction on ne sait où...La Belgique est en train de vivre un moment historique. Et pourtant...
Pourtant, tout ceci n'est qu'un canular. Un canular magnifiquement monté - il faut bien l'admettre puisqu'on y a tous, ou à peu près, cru - mais qui est loin d'être du goût de tous les téléspectateurs. La RTBF, contactée par nos soins, nous a expliqué que si les réactions ont mis un peu de temps avant de parvenir jusqu'à leur standard téléphonique, en quelques minutes, ce fut le déluge (2.600 appels étaient enregistrés à 22 h )! Si bien qu'au bout de 30 minutes d'émission, la chaîne de télévision s'est sentie obligée de faire défiler un bandeau signalant qu'il s'agissait bien là d'une fiction.
Trop tard? A cette heure, vous étiez nombreux à nous avoir joint pour nous faire part de votre mécontentement. Ainsi, René n'a d'autre mot que "c'est crapuleux, scandaleux! Cela va provoquer une réaction du côté flamand!" Eric, lui, était prêt à se rendre à la RTBF qui, avec son émission-canular a fait pleurer la maman, bouleversée, du jeune homme. Jean-Louis, lui, a juré que c'était la dernière fois qu'il regardait la RTBF. "D'ailleurs, je coupe cette émission tout de suite", a-t-il dit.
La délivrance est arrivée, pour ceux qui en doutaient encore, vers 22 h 05, quand François De Brigode a clairement dit qu'il s'agissait d'une fiction et que la question méritait d'être posée. Oui, elle le méritait. La RTBF avait-elle prévu un tel chambardement chez ses téléspectateurs? Orson Welles avait déjà fait le coup, en 1938, dans une émission radio durant laquelle il avait fait croire aux Américains que les martiens débarquaient chez eux. N'est pas Orson Welles qui veut...
REACTIONS
Le MR s'est déclaré consterné et indigné par l'émission-fiction dans laquelle la RTBF a présenté mercredi soir l'indépendance de la Flandre, par le biais d'un communiqué de la chef de groupe du MR à la Communauté française Florence Bertiaux, et du président de la Commission "audiovisuel" de la Communauté française Pierre-Yves Jeholet.
"Nous sommes consternés et indignés du fait qu'une chaîne de service public soit assez irresponsable pour traiter de cette façon un sujet fort sensible pour la Belgique à une heure de grande écoute et dans une émission réputée sérieuse", ont-ils expliqué.
Les deux mandataires MR mettent cette émission en rapport avec les récentes discussions concernant le contrat de gestion de l'opérateur public. "Cela démontre que les inquiétudes du MR étaient légitimes quant au manque de contrôle du parlement sur le contrat de gestion de la RTBF", précisent-ils.
Dès jeudi matin, le MR annonce qu'il demandera des comptes à la ministre Fadila Laanan en commission "audiovisuel" du Parlement de la Communauté française. "Pour le MR, la ministre portera toutes les conséquences politiques de cette émission", ont-ils conclu.
Interrogé, le porte-parole du Premier ministre Guy Verhofstadt a qualifié l'émission d'irresponsable et de mauvais goût. "Dans le contexte actuel, il est irresponsable pour une chaîne publique de télévision de diffuser une telle émission dans laquelle on annonce la fin de la Belgique comme une réalité présentée par de vrais journalistes", a-t-il commenté. Et de regretter que l'émission crée la confusion dans l'esprit du téléspectateur. "C'est du très mauvais Orson Welles. C'est de mauvais goût", a-t-il encore ajouté.
Le président du PS et ministre-président wallon, Elio Di Rupo, juge inacceptable que l'on joue avec les institutions et avec la stabilité du pays comme c'est le cas dans l'émission. Il condamne ce type d'émission au goût "plus que douteux". "A un moment où notre pays est secoué par des volontés séparatistes, il est irresponsable et incivique de faire croire aux téléspectateurs du service public que les Flamands ont unilatéralement voté leur indépendance. Et ce qui plus est, en mettant en cause la monarchie", souligne M. Di Rupo.
"En agissant de la sorte, les responsables de cette émission abusent de la confiance que le citoyen accorde à la RTBF", ajoute le ministre-président wallon. "Le PS estime que les citoyens francophones ont le droit d'être informés par le service public en toute objectivité, impartialité et avec la plus grande rigueur. Les canulars de ce genre n'ont pas de place dans notre pays. Tout le monde connaît trop bien l'ampleur réelle des tensions communautaires", conclut le communiqué du président du PS.
Le vice-premier ministre et président du MR, Didier Reynders, a réagi mercredi dans le même sens. Il qualifie l'émission d'irresponsable et ajoute qu'elle décrédibilise totalement l'institution. "C'est totalement irresponsable dans le contexte actuel de la part d'une chaîne publique de se lancer dans ce genre d'émission. Celle-ci a d'ailleurs provoqué beaucoup d'émoi parmi les téléspectateurs", a déclaré Didier Reynders qui a demandé à Françoise Bertieaux, chef de groupe MR au Parlement de la Communauté française, et à Pierre-Yves Jeholet, qui président la Commission de l'audiovisuel au sein de ce parlement, d'interroger le gouvernement de la Communauté française et la hiérarchie de la RTBF pour savoir s'ils cautionnent cette émission.M. Reynders s'est dit scandalisé par le fait qu'on présente dans l'émission la fin de la Belgique au cours d'un faux journal télévisé avec des éléments comme la fuite du Roi. "On annonce aussi la réaction des présidents de parti. Je n'accepterai pas qu'on me cite dans ce contexte"."Cette émission décrédibilise totalement une institution à laquelle la Communauté française consacre beaucoup de moyens. Avant de pouvoir mener un débat serein sur la question, nous devons d'abord savoir si le gouvernement de la Communauté et la hiérarchie de la RTBF cautionnent ce genre d'émission", a encore dit M. Reynders. Et d'ajouter qu'il suppose que cela doit être le cas pour la hiérarchie puisque celle-ci est déjà intervenue jadis en imposant des coupures préalables pour des émissions de la même série ce qui laisse supposer qu'elles sont visionnées avant diffusion.
Charlotte Vanbever

Alain Gerlache : « Prendre des risques pour prendre ses responsabilités »
TV 13 décembre 2006

Alain Gerlache a expliqué ce mercredi soir, à l’issue de l’émission spéciale – et fausse – annonçant la fin de la Belgique que la RTBF avait voulu poser un acte pédagogique et profiter de la puissance de la fiction pour expliquer des choses importantes. Selon lui, raconter des histoires, ça sert aussi à faire passer des messages et faire réfléchir : « Il faut parfois prendre des risques pour prendre ses responsabilités » a déclaré le directeur général de la télévision. Sur le plateau de "Mise au point" spécial, un responsable de la RTBF a expliqué sa volonté de mettre les pieds dans le plat et de vouloir susciter le débat. Jean-Paul Philippot a pour sa part expliqué que ce « scénario » avait été imaginé par l’ensemble des journalistes de la chaîne : « Le documentaire de fiction, la mise en scène d’éléments probables et réels nous permet de se projeter dans les jours d’après » a-t-il expliqué. « C’est un problème qui concerne tout le monde et c’est cela que nous voulions mettre en exergue ». Interrogé par Olivier Maroy, il a ajouté : « Il ne s’agit pas d’un canular, mais d’une fiction. Nous ne pouvons parler du futur et des conséquences d’une décision que si nous nous projetons dans le futur. Cette fiction a fait réagir vivement les citoyens. Nous nous excusons pour l’émotion de chacun. Celle-ci n’est pas perdue puisqu’elle suscite maintenant le débat ». Jean-Paul Philippot est aussi revenu sur la mise en cause par un téléspectateur de la crédibilité de la RTBF après la diffusion d’une telle émission : « Avant de lancer cette émission (2 ans de préparation), nous avons mené le débat au sein de nos rédactions pour se demander ce que nous étions en train de faire. Notre travail c’est de donner des clés à nos spectateurs. Chacun d’entre nous a fait un réel travail de journaliste ». L’administrateur délégué de la RTBF a également été interpellé à propos de l’audience… « Il ne s’agissait pas de faire de l’audience avec ce programme. Aucune annonce n’était d’ailleurs mise en place. Une certaine impertinence, une certaine audace et la volonté pour la rédaction d’apporter un débat - non pas de rédaction mais de chacun - sur le thème ‘Que va devenir la Belgique ?, c’était ça notre volonté». Ce mercredi soir, des dépêches d’agence de presse répercutaient les différentes réactions (souvent négatives) des partis politiques. Plus inquiétant, il apparaît que des ambassadeurs étrangers aient envoyé à leur capitale des télégrammes pour les avertir de la fin de la Belgique… On risque encore entendre parler de cette histoire… belge !


L’émission qui a choqué le pays (14/12/2006)

Émoi à l'étranger et en Wallonie Yves Leterme: "une caricature des exigences flamandes" L'Association des Journalistes professionnels critique La RTBF partagée De Croo: "un peu involontairement guidé"


La RTBF a frappé un grand (trop grand?) coup...

BRUXELLES Il était environ 20 h 20 hier soir quand La Une a effrayé – c’est le mot – des centaines de milliers de téléspectateurs. D’autres ont ri peut-être, mais, au vu des réactions que nous avons reçues hier au sein de notre rédaction vous étiez très nombreux à vous être laissé prendre au piège. Car nous n’étions pas le 1er avril et le docu-fiction présenté par la chaîne publique était paniquant de réalisme. Ecouter la réaction de José Happart sur les antennes de Ciel Radio.Ecouter la réaction de Didier Reynders sur les antennes de Ciel RadioUn JT spécial, François De Brigode aux commandes... En-dessous, le bandeau émission spéciale. Le téléspectateur est interpellé. En direct devant le Palais royal, un journaliste annonce la nouvelle: le Roi, choqué par la décision que vient de prendre le Parlement flamand, à savoir la séparation pure et simple de la Belgique, vient de prendre l’avion, direction on ne sait où...La Belgique est en train de vivre un moment historique. Et pourtant...Pourtant, tout ceci n’est qu’un canular. Un canular magnifiquement monté – il faut bien l’admettre puisqu’on y a tous, ou à peu près, cru – mais qui est loin d’être du goût de tous les téléspectateurs. La RTBF, contactée par nos soins, nous a expliqué que si les réactions ont mis un peu de temps avant de parvenir jusqu’à leur standard téléphonique, en quelques minutes, ce fut le déluge (2.600 appels étaient enregistrés à 22 h )! Si bien qu’au bout de 30 minutes d’émission, la chaîne de télévision s’est sentie obligée de faire défiler un bandeau signalant qu’il s’agissait bien là d’une fiction. Trop tard? A cette heure, vous étiez nombreux à nous avoir joint pour nous faire part de votre mécontentement. Ainsi, René n’a d’autre mot que “c’est crapuleux, scandaleux! Cela va provoquer une réaction du côté flamand!” Eric, lui, était prêt à se rendre à la RTBF qui, avec son émission-canular a fait pleurer la maman, bouleversée, du jeune homme. Jean-Louis, lui, a juré que c’était la dernière fois qu’il regardait la RTBF. “D’ailleurs, je coupe cette émission tout de suite”, a-t-il dit.La délivrance est arrivée, pour ceux qui en doutaient encore, vers 22 h 05, quand François De Brigode a clairement dit qu’il s’agissait d’une fiction et que la question méritait d’être posée. Oui, elle le méritait. La RTBF avait-elle prévu un tel chambardement chez ses téléspectateurs? Orson Welles avait déjà fait le coup, en 1938, dans une émission radio durant laquelle il avait fait croire aux Américains que les martiens débarquaient chez eux. N’est pas Orson Welles qui veut...
Charlotte Vanbever

Irresponsable et inacceptable!
BRUXELLES Un scandale total ! Les partis sont unanimes devant cette piètre émission de la RTBF. Le porte-parole du Premier ministre Guy Verhofstadt a qualifié l'émission d'irresponsable et de mauvais goût. "Dans le contexte actuel, il est irresponsable pour une chaîne publique de diffuser une telle émission dans laquelle on annonce la fin de la Belgique comme une réalité présentée par de vrais journalistes" . Et de regretter que l'émission crée la confusion dans l'esprit du téléspectateur. "C'est du très mauvais Orson Welles ".
Le MR s'est déclaré consterné et indigné par l'émission-fiction. La chef de groupe du MR à la Communauté française, Françoise Bertiaux, et du président de la Commission audiovisuel de la Communauté française Pierre-Yves Jeholet. "Nous sommes consternés et indignés du fait qu'une chaîne de service public soit assez irresponsable pour traiter de cette façon un sujet fort sensible pour la Belgique à une heure de grande écoute et dans une émission réputée sérieuse . Cela démontre que les inquiétudes du MR étaient légitimes quant au manque de contrôle du Parlement sur le contrat de gestion de la RTBF." Dès jeudi matin, le MR annonce qu'il demandera des comptes à la ministre Fadila Laanan en commission audiovisuel. "Pour le MR, la ministre portera toutes les conséquences politiques de cette émission".
Elio Di Rupo, juge inacceptable que l'on joue avec les institutions et avec la stabilité du pays. Il condamne ce type d'émission au goût plus que douteux. "À un moment où notre pays est secoué par des volontés séparatistes, il est irresponsable et incivique de faire croire aux téléspectateurs du service public que les Flamands ont unilatéralement voté leur indépendance. Et qui plus est, en mettant en cause la monarchie. En agissant de la sorte, les responsables de cette émission abusent de la confiance que le citoyen accorde à la RTBF. Les canulars de ce genre n'ont pas de place dans notre pays."
Chez Ecolo, Jean-Michel Javaux trouve que le service public ferait mieux de réaliser une émission sur le réchauffement climatique.
© La Dernière Heure 2006


''Nous n'avons eu l'autorisation de diffusion que lundi'' (16/12/2006)
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Après le faux JT, un livre


Des réflexions plus personnelles aussi dans son livre
BRUXELLES "Ce livre, c'est aussi le récit de choses apprises dans l'enquête. J'englobe un peu le making-of de l'émission", dit Philippe Dutilleul, journaliste de son état. Et à voir son CV, on ne peut pas trop s'étonner de la polémique qu'il a créée, malgré lui (?). Striptease, Tout ça (ne nous rendra pas le Congo), autant de magazines télé qui ont, à un moment ou à un autre, interpellé.
Un coup de pub, ce livre ? Philippe Dutilleul s'en défend. "Ce n'est pas une opération commerciale. Que les gens qui donnent des conseils s'en prennent à eux-mêmes d'abord ! Quand je lis le communiqué de l'AJP, je suis scandalisé. J'étais conscient des problèmes que ça poserait. Je suis content d'avoir ouvert le débat."
Mais Dutilleul l'avoue aussi : "Je suis le premier surpris par les réactions. Mais il faut le dire : il n'y a qu'à la RTBF qu'on permet de faire ce genre de choses, dans un service public". Et de préciser : "Nous avons visionné l'émission lundi (le 11, deux jours avant sa diffusion sur La Une, NdlR) et c'est seulement lundi qu'on a eu l'autorisation de passer l'émission à l'antenne".
"On avait de toute façon décidé qu'elle serait diffusée entre les élections communales et fédérales, afin de mettre le débat sur la table. Et, c'était une volonté de ma part, je souhaitais que le livre sorte en même temps que le film."
Mais pourquoi, justement, sortir un livre ? "Parce qu'un journaliste est frustré dans un film. Il ne peut pas tout mettre. L'écrit est donc un prolongement. Dans l'enquête mais aussi dans une réflexion plus personnelle. Je donne certaines considérations. Et je dois dire que, durant tout le temps du reportage, je n'ai jamais ressenti aucune hostilité de la part des Flamands."
"Oui, j'ai eu plein de contacts avec le mouvement nationaliste, mais je ne comprendrais pas que, dans un film sur le séparatisme, il n'y ait pas de séparatistes."
Ch. V.
© La Dernière Heure 2006

Perquisitions dans la sphère Ethias

Ethias nie
lundi 18.12.2006, 17:12Ethias nie toute perquisition menée dans les locaux de son siège liégeois, situés rue des Croisiers alors que cette perquisition a été confirmée à deux reprises par le parquet de Charleroi. Aucune perquisition dans le dossier de fonds de pension de l'ISPPC (Intercommunale de Santé et de Salubrité publique de Charleroi) et de la Ville de Charleroi n'a eu lieu aujourd'hui, dit le porte-parole d'Ethias. En juillet dernier, des enquêteurs avaient par contre, saisi des documents, dans les bureaux de l'assureur à Liège. Il s'agissait naturellement du même dossier, mais nous n'avons aucun commentaire à faire à ce sujet, conclut le porte-parole d'Ethias.

Perquisitions au siège social d'Ethias
lundi 18.12.2006, 14:00Des perquisitions ont été menées ce matin au siège d'Ethias, rue des Croisiers à Liège, selon la RTBF. Ces devoirs d'enquête, confirmés par l'assureur, ont été menés dans le cadre du dossier carolo des fonds de pension du personnel de l'Intercommunale de la santé publique du pays de Charleroi (ISPPC), dont la Ville de Charleroi est actionnaire à 61%.

Des perquisitions ont été menées ce lundi dans le cadre du dossier "Fonds de pension" de Charleroi dans les locaux d'une société informatique sous-traitante d'Ethias, à Liège.
Le dossier ouvert à Charleroi chez la juge d'instruction Baeckeland à propos des fonds de pension de l'ISPPC (Intercommunale de Santé et de Salubrité publique de Charleroi) et de la Ville de Charleroi l'a été du chef de corruption active et passive, selon le parquet de Charleroi.
Il s'agit d'enquêter sur de possibles avantages qui auraient été accordés dans le cadre de l'attribution de la gestion de ces fonds de pension.


L'hebdomadaire "Le Vif-L'Express" avait, en juin dernier, révélé que le fonds de pension de l'ISPPC s'était tourné, en septembre 2000, vers une société spécialisée en conseil financier nommée IFCA (Institut de Cambisme et de Finance internationale), société qui avait conseillé de miser l'équivalent de 1,5 milliard de francs belges dans des placements spéculatifs relevant de la "branche 23", c'est-à-dire des actions, avec le risque que cela représentait, d'autant qu'on avait peu après constaté une chute des cours boursiers.
Les responsables de l'ISPPC avaient, de leur côté, estimé il n'y avait eu aucune erreur de gestion de ce fonds de pension. Ils avaient expliqué qu'au moment de gérer le fonds, ils avaient eu le choix entre des placements de la branche 21 et de la branche 23, et ils ont décidé d'investir, via la société IFCA alors qu'ils géraient auparavant par le seul biais d'Ethias, pour un tiers dans cette branche 23.
Ils ne pouvaient en confier la gestion à la seule Ethias, qui n'y était pas autorisée, avaient-ils dit. Ils avaient ajouté que la somme placée s'élevait à 35 millions d'euros et que la récupération de cette somme était garantie, mais qu'elle est "bloquée" jusqu'en 2011, échéance à laquelle ils la récupéreront, avec ce qu'elle aura rapporté entre-temps.
La question de la gestion de ce fonds de pension avait réapparu le mois dernier, à propos des liens éventuels de Jean-Claude Van Cauwenberghe avec les responsables de la société IFCA. Il avait alors été avancé que Jean-Pol Avaux, proche conseiller de l'ex-ministre président wallon, avait servi d'intermédiaire, pour proposer les services d'IFCA dans cette gestion, par contact direct et sans qu'il y ait appel d'offres, alors qu'il s'agit de la gestion financière de fonds publics.
Il a cependant été précisé depuis lors que Ethias n'est pas tenue de procéder à des appels d'offres, comme l'auraient été l'ISPPC et la Ville de Charleroi, si elles avaient traité avec la société IFCA. C'est donc du seul chef de corruption et non d'infraction à la législation sur les marchés publics que le dossier est aujourd'hui à l'instruction.
(D'après Belga)

18 décembre 2006

Simons: je percevrai 2.900 euros nets par mois

MAJ 19/12/2006

Simons à la tête du conseil d'Action sociale à Bruxelles
lundi 18.12.2006, 20:30La séance du conseil communal de Bruxelles consacrée à l'élection du conseil d'Action sociale s'est déroulée ce lundi après-midi sans incident notable. Avec 32 voix, l'Ecolo Henri Simons a obtenu le meilleur score. Les candidats du VLD et du Vlaams Belang n'ont pas été élus.

Henri Simons attaque la DH et Trends Tendance
Henri Simons, ex-échevin de Bruxelles-ville.
Désormais Administrateur-délégué de l'Atomium.


Le futur ex-Premier échevin de la Ville de Bruxelles Henri Simons (Ecolo), appelé à endosser la fonction d'administrateur-délégué de l'Atomium, a annoncé jeudi le dépôt d'une plainte et une action en réparation contre le quotidien la Dernière Heure au sujet d'informations à propos de son futur salaire à ce poste, et d'une autre contre le magazine Trends Tendance, la source des chiffres "pas même vérifiés" par La Dernière Heure, a-t-il ajouté.Dans une article intitulé "Henri Simons a plus que les boules", le quotidien affirme que celui-ci "s'est dégotté un joli placard en acier flambant neuf". Il cite les chiffres suivants avancés par Trends Tendance dans ses "Confidentiels": 5000 euros nets par mois soit (près de) 10.000 euros bruts auxquels il faut ajouter les charges de l'ONSS que le quotidien estime quant à lui à 35 % du montant. "Il n'est pas dans les habitudes de rendre public le montant des rémunérations dans le privé, mais je me dois, dans le cas présent, de le faire pour défendre mon honneur et la vérité: je percevrai 2.900 euros nets par mois, ce qui est inférieur au salaire d'un échevin", a tenu à préciser ce jeudi Henri Simons, en déplacement aux Pays-Bas.Celui-ci a rappelé que dans cette nouvelle fonction, il aurait la responsabilité de la gestion d'une entreprise d'une quarantaine de personnes. A titre de comparaison, il a avancé le montant de la rémunération qu'il est prévu d'octroyer au directeur du Botanique: 3.300 euros nets. Henri Simons a enfin dit apprendre par le quotidien qu'il (lui-même) avait un projet de création d'un magazine axé sur le monument-édifice. (belga)

Bruxelles sous l'ère d'Henri Simons

Un mois avant sa sortie, Henri Simons, échevin de l'urbanisme de la ville de Bruxelles, revient sur 12 ans de pouvoir. «Mon bilan urbanistique peut être remis en cause, pas la méthodologie ni la modernité de l'intervention», dit-il.

Tout au long de ce mois de novembre, Henri Simons va s'occuper de son «déménagement». De quoi libérer les lieux - au 12 éme étage du Centre Anspach - pour que s'y installe, le 4 décembre, le nouvel échevin de l'urbanisme de la ville de Bruxelles. Déjà, il a fait le vide dans son bureau. Incontestablement, l'homme aux lunettes colorées (celles chaussées aujourd'hui sont... sombres) accuse le coup: douze ans dans la même boîte (1995-2006), ça compte; avec un préavis d'à peine deux mois de surcroît!


«La campagne et les élections expliquent aussi sa mine fatiguée», corrige une de ses collaboratrices.

suite ...

Adieu M. l'échevin, bonjour M. l'administrateur délégué
Un certain regard sur l'architecture

LE docu-fiction, la prépa

Qu'est-ce qui était vrai? Qu'est-ce qui était faux?

Toute l'émission a été diffusée dans les conditions du direct. Ce qui était véritablement du direct, c'était le plateau avec François de Brigode et Alain Gerlache, les réactions recueillies par le standard téléphonique évidemment, Christophe Deborsu devant le Parlement flamand et Frédéric Gersdorff, qui se trouvait devant le Palais royal, et le débat final.
Avec Deborsu, il y avait des figurants, agitant des drapeaux flamands. Ils ont été bientôt rejoints par des vrais extrémistes flamands. A ce sujet, la Sûreté de l'Etat avait appelé la RTBF mardi: elle avait intercepté des mails échangés entre groupes extrémistes flamands qui se fixaient rendez-vous mercredi soir « pour un évément lié à la RTBF ».
L'autre duplex direct, celui de Frédéric Gersdorff, au Palais royal, prévoyait 20 personnes, en arrière-fond: des figurants, censés exprimer leur soutien à une Belgique unitaire. Rapidement, eux aussi ont été rejoints: 200 vrais manifestants, qui expliquaient: « Nous avons bien compris qu'il s'agit d'une fiction mais nous estimons que voilà une belle conscientisation de la part de la RTBF. Nous venons donc parce qu'il faut se battre pour la Belgique. »

Gersdorff, lui, a vécu une situation extordinaire: « Je suis journaliste mais je faisais de la fiction. Or, un moment, devant ces vrais manifestants, je vois leur émotion. Une émotion véritable. Alors,j'ai pris l'antenne en disant: La réalité dépasse la fiction. J'ai fait de la réalité dans un programme de fiction. J'ai véritablement expliqué ce qui ce passait, en sortant de mon rôle de fiction. On était dans le faux? On a basculé dans le réel. »
Tout le reste de l'émission, c'était des séquences enregistrées, des faux directs. Aucun des hommes politiques interviewés n'a été piégé. Ils savaient tous dans quelle pièce ils jouaient. On peut en déduire que leurs propos reflétaient leur opinion. En situation réelle, ils n'auraient pas dit l'inverse. Le contexte était de fiction, les propos étaient réels.
Les modalités: toute la direction de la RTBF avait vu les différentes séquences enregistrées. Tous ses membres disent donc qu'ils n'ont pas vu le produit fini. Les partis politiques n'ont pas été informés de manière officielle mais tous les président étaient au courant et tous les partis avaient des représentants sur le plateau et dans les reportages. Donc, tous étaient au courant. Ce n'était pas le cas de la ministre de tutelle, Fadila Laanan. Furieuse, elle a convoqué Jean-Paul Philippot, administrateur de la RTBF, ce jeudi, pour des explications. Philippot, précisément, réunissait tout son état-major, hier soir, tard, pour tirer les enseingements de l'affaire. Marqué par les événements, il lâchait à ses proches: « On reproche toujours à la RTBF de ne pas faire de l'information dérangeante. Ce soir, ce n'est pas le cas. » Philippot a visionné l'émission dans la nuit de mardi, le go définitif a été donné alors.
Le président de la Société des journalistes de la RTBF, Alain Vaessen: « Nous avons reçu d'abord beaucoup d'appels de journalistes, outrés. Au fil de la soirée, les réactions étaient moins négatives. » La Société des journalistes n'avait pas été consultée - son président bien - pour des raisons de confidentialité. En cours de soirée, une téléspectatrice a expliqué par téléphone que son mari était en mission économique en Bulgarie avec le prince Philippe. Averti du contenu de l'émission, il aurait crier à la cantonnade que « la Belgique, c'est terminé. » Philippe aurait « eu l'air de blémir ». Le reportage dans le tram de la Stib, arrêtant sa course à la frontière linguistique et obligeant ses passagers à poursuivre leur trajet via un bus De Lijn, a été réalisé façon caméra cachée.
La bandelette « Ceci est une fiction » était prévue. Mais la décision de la faire apparaître à l'écran, et à quel moment, devait être prise par Yves Bigot, directeur des antennes, et Jean-Paul Philippot en cours d'émission. Le critère : le taux de réaction des téléspectateurs. Ils croyaient en fait la faire apparaître bien plus tard dans la soirée. Mais le nombre de réactions dans le premier quart d'heure de l'émission notamment a été tellement élevé qu'ils ont décidé de l'afficher beaucoup plus tôt.
Par ailleurs, Bel-RTL a dû lancer des appels au calme, devant, là aussi, le nombre de réactions, et leur teneur. Avenue Ariane, on a dû expliquer le concept de l'émission de... la RTBF.

JEAN-FRANÇOIS LAUWENS

16 décembre 2006

Le docu-fiction, la suite

MAJ 18/12/06

En priorité: la pétition : http://www.petitiononline.com/mod_perl/signed.cgi?rtbf1312&1
Il faut sauver l’ indépendance de l'information RTBFiène de la tentative de hold-up par nos politiciens.

Attention François, générique ! C'est parti !!

Ceci n'est pas une fiction !


''Une caricature'', qui a suscité de vifs reproches (15/12/2006)
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Lendemain de panique Le public n'a pas sanctionné la RTBF

Les personnalités politiques flamandes ont réagi de manière globalement négative à l'émission-fiction diffusée mercredi soir par la RTBF.
Ainsi, selon le ministre-président flamand, Yves Leterme (CD & V), ce programme constitue "une caricature d'un certain nombre d'exigences flamandes". M. Leterme y voit un jeu politique qui rend impossible "un bon débat" sur l'avenir de la Belgique." C'est une manière très douteuse de soi-disant susciter le débat. Il s'agit seulement d'une recherche de sensationnalisme. J'y vois aussi une intention politique cachée", a-t-il déclaré. "Ces méthodes sont indignes dans une société démocratique qui fonctionne bien."
Selon le porte-parole du ministre flamand des Médias Geert Bourgeois (N-VA), deux problèmes peuvent être soulevés après la diffusion cette émission : celui de la crédibilité de la RTBF, d'une part, et de l'objectivité du service public, d'autre part. "Et il va de soi que cela touche les autres médias, pas seulement dans la partie francophone du pays", a indiqué Ben Weyts. "Ce n'est pas le 1er avril." Une question d'objectivité se pose également puisqu'un "message politique est de facto apporté". Ainsi, "on crée ici un climat où les exigences légitimes de la Flandre concernant la réforme de l'État sont dépeintes comme menant à l'apocalypse. On crée une atmosphère d'intimidation et de mobilisation" qui se rapporte à une "stratégie politique perfide". Et "que se passerait-il si la VRT diffusait un reportage fictif où l'indépendance flamande serait présentée comme un bienfait ? Je pense que les francophones crieraient au scandale".
La question a été évoquée, hier, au Parlement par Paul Tant et Pieter De Crem (CD & V). Ceux-ci sont d'avis que la participation à l'émission du président de la Chambre, Herman De Croo, avait porté atteinte aux capacités de fonctionnement de l'institution. Le président de la Chambre a expliqué qu'il avait été interrogé deux mois avant l'émission sans savoir que sa réponse serait utilisée dans ce docu-fiction.
Enfin, seuls les partis extrémistes flamands ont applaudi ce qu'ils considèrent, en substance, comme le scénario le plus réaliste de l'avenir de la Belgique.
J. M.
© La Dernière Heure 2006



Un psychodramme télévisé de 48 heures
samedi 16 décembre 2006, 14:39
Mercredi, 21 h 50. L'émission brûlot n'a pas encore pris fin et déjà tous les membres du Conseil d'administration de la chaîne publique sont en ordre de bataille. La plupart des administrateurs PS font bourdonner leurs GSM. Et tombent d'accord : il ne faudra pas compter sur eux pour dégommer Jean-Paul Philippot si d'aventure la direction du Parti socialiste réclamait la tête de l'administrateur général.
Jeudi. Côté MR et CDH, on attend que l'administrateur général soit venu s'expliquer devant le conseil avant de prendre officiellement position. « Personne ne croit un seul instant que Philippot va démissionner, lance un administrateur. Mais certains verraient bien Yves Thiran jouer le rôle du fusible ». A midi, Jean-Paul Philippot rencontre sa ministre de tutelle, Fadila Laanan (PS).

Vendredi matin. Les deux commissaires du gouvernement mettent une dernière touche à leur rapport ultraconfidentiel. Un chauffeur le dépose au cabinet de Fadila Laanan à midi pile. Sa tonalité ? Mystère et boule de gomme.
Vendredi midi. Une réunion de crise à lieu au boulevard de l'Empereur en présence... de Jean-Paul Philippot mais aussi d'un administrateur, André Mordant. La vindicte socialiste sur l'émission de mercredi s'est sérieusement adoucie car sur le web, notamment, le vent a tourné. Promis, le conseil d'administration ne décapitera personne.
Vendredi, 14 h 30. Au boulevard Reyers. C'est le début d'un conseil d'administration hypertendu. « La pesanteur de l'atmosphère était palpable », confie un administrateur. « Un malaise intense et omniprésent », lâche un autre. Durant cinq heures, on va s'empoigner sur la notion de faute, sur les règles de déontologie. Les « présumés coupables » viennent s'expliquer en bloc : il y a Alain Gerlache, directeur de la télévision, Yves Thiran (info et éthique), Benoît Moulin (rédacteur en chef du JT), Pierre Marlet (éditeur de Questions à la Une), le journaliste Philippe Dutilleul et, bien sûr, François De Brigode. Durant les cinq heures, les deux commissaires du gouvernement ne pipent mot.
Vendredi soir. Un projet de communiqué est laborieusement établi. Mais le MR renâcle. Pas question de passer l'éponge à n'importe quel prix. Lors du vote, trois de leurs administrateurs rejettent le texte (Marc Weber, Clarisse Albert et Daniel Soudant). Un autre MR, Pol Jacquemart, s'abstient. Le reste du conseil approuve le texte.

Audace, oui crédibilité, oui esprit critique, oui

DELVAUX,BEATRICE
vendredi 15 décembre 2006, 09:34
L'édito de Béatrice Delvaux, rédactrice en chef.
F aut-il que l'information se transforme en fiction pour toucher le lecteur-téléspectacteur et passer la barre de l'indifférence et de la banalisation ? Non, évidemment. Se résoudre à cette équation serait suicidaire pour notre profession.
Mais faut-il pour autant fermer les yeux sur une réalité qui frappe tous les médias qui ont fait de l'information, et non de la distraction, leur métier : comment capter et conserver l'intérêt des lecteurs sur des sujets ardus, répétitifs et pourtant capitaux ? Faire la une sur les enjeux communautaires, le développement durable ou le Darfour devrait être la priorité mais, souvent, ces sujets lassent les lecteurs-téléspectateurs : trop compliqués, trop ennuyeux, trop tristes.

Pour les journalistes qui n'ont pas renoncé à traiter ces sujets qui comptent, il est devenu impératif d'explorer des voies nouvelles pour capter l'attention. C'est à ce titre que le JT-fiction de la RTBF, ovni médiatique, mérite une mention spéciale. L'audace, la créativité et le travail qui ont accompagné cette idée, sur un sujet majeur pour les prochains mois, démontrent la non-sclérose d'une profession.
Deux limites cependant doivent encadrer le chemin de l'audace journalistique. Une limite interne : les responsables de rédaction se doivent de préserver la crédibilité de leur titre et de leurs journalistes, fondement de leur existence. Le fait d'avoir mis en scène le JT, cathédrale de l'info, et d'avoir trop longtemps maintenu l'illusion de la fiction, nuit ici clairement à l'exercice.
Et si le débat sur la déontologie de la RTBF prend le pas sur l'objectif premier visé par ce JT-fiction - la conscientisation sur l'avenir de la Belgique -, la RTBF devra conclure à l'échec de son idée.
Limite externe ? Chers lecteurs-téléspectateurs, non l'information ne va pas uniquement de pair avec consommation, émotion et réaction. Elle rime aussi avec raison. Et esprit critique.
Recouper l'information, multiplier les sources ne sont pas des exercices réservés aux seuls journalistes. C'est même une manière extrêmement riche de mener son chemin dans la société. Et de stimuler l'information à être meilleure, en se montrant insatiable et exigeant à son égard.

Un mea-culpa, mais pas de sanctions
samedi 16 décembre 2006, 11:22
Après avoir entendu son administrateur général Jean-Paul Philippot et les responsables du "faux JT" sur le séparatisme, le Conseil d'administration de la RTBF n'a pas pris de sanctions. Il a toutefois décidé la mise en place de nouvelles structures de contrôle interne.

e Conseil d'administration de la RTBF a reconnu des erreurs importantes à l'occasion de la diffusion mercredi soir du vrai-faux journal annonçant l'indépendance de la Flandre, mais a confirmé sa confiance dans l'équipe dirigeante.
Dès le début de l'émission, une signalétique plus claire aurait dû avertir le téléspectateur qu'il s'agissait d'une fiction, ce qui a été insuffisamment et trop tardivement établi, regrette le CA de la RTBF dans un communiqué à l'issue d'une réunion extraordinaire vendredi soir. Présentant ses excuses aux téléspectateurs qui se sont sentis choqués et abusés, le conseil demande la mise sur pied rapide d'un comité de déontologie à la RTBF et une réglementation stricte sur la présence de journalistes dans ce genre d'émissions.
Le Conseil estime que l'objectif poursuivi de diffuser une émission d'information sur l'avenir de la Belgique et l'analyse d'un scénario de séparatisme était légitime. La volonté de provoquer la réflexion et le questionnement du téléspectateur sur une problématique importante de notre société répond à une mission caractéristique du service public, souligne le communiqué publié à l'issue de la réunion.
Rechercher la manière de sensibiliser la plus grande partie de nos concitoyens à un débat aussi essentiel que l'avenir de notre pays, est un devoir pour une télévision de service public comme la RTBF, ajoute le Conseil, réafirmant son attachement à une information interpellante, dérangeante, objective, impartiale et audacieuse.
Interrompant mercredi soir ses programmes à une heure de grande écoute, la RTBF a annoncé que la Flandre avait fait sécession et que le roi avait pris la fuite en direction de Kinshasa, capitale de l'ex-Congo belge. Beaucoup de personnes se sont laissées prendre par le réalisme d'un programme multipliant les directs, les analyses et les reportages.
L'impact émotionnel a été énorme, les téléspectateurs inquiets alertant leurs proches par SMS et submergeant d'appels l'ensemble des médias. Si la classe politique a unanimement condamné ce procédé, les sondages ont montré que les Belges étaient plus partagés. Cependant, le conseil d'administration juge légitime l'objectif poursuivi, à savoir un débat sur l'avenir de la Belgique et tient à confirmer sa confiance aux journalistes, hiérarchie et équipe dirigeante, pour tirer les leçons de la soirée de mercredi.
Ce texte n'a pas été approuvé par les membres du parti libéral francophone (MR), qui réclamaient des sanctions fortes contre l'administrateur général de la RTBF, Jean-Paul Philippot. Le conseil d'administration de la RTBF est composé des représentants des partis politiques francophones, proportionnellement à leur poids au parlement.
Le long communiqué du Conseil d'administration note encore que la responsabilité et la crédibilité de la RTBF sont maintenant clairement engagées: il importe aujourd'hui que les équipes de l'information fassent le meilleur usage de l'attention et de l'émotion qu'elles ont suscitées auprès de leur public.
Le véritable défi que la RTBF s'est lancé, au-delà de l'expérience délicate de mercredi soir, est d'utiliser tout son savoir-faire pédagogique pour éclairer les grands enjeux, bien réels ceux-là, des débats institutionnels des prochains mois. Et ce avec le souci de favoriser le dialogue et la compréhension entre les différentes communautés du pays. C'est par ce biais, principalement, qu'elle fera la démonstration des qualités uniques de l'ensemble des ses journalistes et de la spécificité du service public, conclut le communiqué.
(avec Belga et AFP)

L'article du Standaard: Nous en avons marre
samedi 16 décembre 2006, 09:31
Vendredi, le Standaard publiait un texte de son rédacteur en chef, Peter Vandermeersch. En voici l'essentiel.
Le 10 novembre 1929, notre journal publiait à la une un article pleine page intitulé ,,Aux catholiques wallons''. Toute la page était rédigée en français. C'était en réaction aux ,,fausses représentations qui étaient débitées par les fransquillons aux Wallons'' par une ,,presse fransquillonne... aux forces unies dans une effervescence disproportionnée''.
Près de quatre-vingts ans plus tard il est temps de dire tout haut : "we zijn het beu", nous en avons marre. Nous en avons marre en Flandre du fait que la presse francophone ne fasse pas son travail comme elle le devrait. Et sans se donner la peine de présenter un portrait nuancé de ce qui se vit en Flandre. L',,édition spéciale'' de la chaîne de télévision publique RTBF et les réactions qu'il a suscitées, hier, dans quelques journaux francophones, en disent long à cet égard.


Pour commencer, ce coup de pub déplacé peut s'avérer mortel pour la crédibilité des médias. On ne parle pas d'un groupe d'étudiants de première année en communication qui chercheraient à démontrer la puissance des médias. Il s'agit de la télévision publique, qui a soigneusement préparé l'émission après l'avoir planifiée depuis deux ans. (...)
Mais le plus enrageant dans toute cette affaire est le grand retour des clichés. La Flandre, chers compatriotes francophones, est donc peuplée de porte-drapeaux qui hurlent des cris sauvages. La Flandre possède un parlement super-puissant où les francophones ne peuvent même pas entrer. La Flandre sort à coups de pieds les braves usagers de leur tram lorsque celui-ci atteint les riches abords de la flamande Tervuren. La Flandre est contente de soi et égoïste. (...)
Cette caricature a eu hier quelques suites dans une partie de la presse francophone. Pour La Libre Belgique, ce genre d'émission a le mérite de ,,porter le débat sur la place publique". Mais pas un mot sur l'approche unilatérale et mesquine du ,,débat'' en question.
,,On vous explique ce qui pourrait se passer'', affirme très sérieusement un éminent commentaire en page 3 du journal Le Soir. ,,Le fantasme flamand'' est aussitôt bombardé scénario crédible, y compris les trams retenus à la frontière. Et le quotidien bruxellois de poursuivre sur l'élan de la RTBF en assénant la vision des hôpitaux francophones grevés de dettes, des médecins quittant le pays et bientôt du ,,Sud qui bascule dans la précarité''. Et tout ça à cause des flamands. (..)
Et maintenant ? La télévision publique et les médias francophones comptent-ils persévérer dans leur sotte vérité caricaturale pleine de porte-drapeaux ? Ou alors sont-ils prêts à mettre en place le personnel et les moyens nécessaires à un journalisme en profondeur ? Si c'est le cas ils découvriront sans aucun doute une autre Flandre, bien plus nuancée. Qu'un débat sérieux puisse commencer. Pas sur,,les obsédés de l'indépendance'' mais sur l'organisation compétente et efficace d'un état belge fédéral. Pas sur la fermeture des vannes financières mais sur une solidarité transparente. Si l'édition spéciale de mercredi soir insuffle cet esprit dans la conscience des rédacteurs en chef des médias francophones, alors ce coup de pub aura peut-être eu un effet positif.
Traduction Daniel Berkenbaum

débriefing
Les journalistes se divisent, la ministre écoute



Réunion de la SDJ de la RTBF, réunion des députés francophones, entrevue entre Laanan et Philippot. Ambiance !
On s'est beaucoup parlé, interpellé, écouté, parfois même querellé, tout au long de la journée de jeudi. Autour d'une seule et même question : la RTBF a-t-elle dérapé, mercredi, à l'occasion de la diffusion de son "émission spéciale" sur le pseudo-éclatement de la Belgique ?
Le sujet a notamment mobilisé la Société des journalistes (SDJ) de la RTBF. Sur le coup de 13 heures, une cinquantaine d'entre eux était réunie à Reyers. Certains, l'esprit échaudé, avaient préalablement lancé des appels rageurs envers Yves Thiran, directeur de l'information et de l'éthique. Au terme de plus d'une heure de débat, la SDJ est sortie divisée. Certes, sur le fond, l'unanimité s'est faite sur la nécessité de pouvoir informer "autrement". Sur la forme, en revanche, deux clans se sont affrontés. D'une part, ceux qui jugent que le jeu en valait la chandelle. D'autre part, ceux qui estiment que la RTBF a joué avec des allumettes... Un point d'accord, tout de même : l'exigence d'un débat rapide avec la direction de l'information.
Le sujet était aussi au centre des discussions au Parlement de la Communauté française, jeudi matin, l'ordre du jour de la Commission Culture ayant été modifié à la demande de son président Pierre-Yves Jeholet (MR). Un docu-fiction "irresponsable", a jugé le député libéral, "qui porte atteinte aux institutions, au Roi, aux francophones en général, au gouvernement et au Parlement de la Communauté française en particulier".
La ministre Laanan (PS) n'aura donc pas été interpellée en séance, hier matin. Elle a demandé dès hier un rapport circonstancié aux deux commissaires du gouvernement, Henri Ingberg et Jean Leblon, qui siègent au conseil d'administration de la chaîne publique; elle a aussi saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour entamer une procédure d'instruction; enfin, à 13 heures, Fadila Laanan s'est entretenue durant plus d'une heure avec Jean-Paul Philippot.
Après cette rencontre, à laquelle participait Yves Thiran, la ministre socialiste a répété qu'il était trop tôt pour parler de sanction (d'autant que s'il devait y en avoir, elle serait du ressort du conseil d'administration) mais que, "sur base de pièces utiles", elle "prendra ses responsabilités". "Le choix d'une émission de fiction a été fait par l'ensemble des responsables de l'information, de la télévision, et des rédactions, dans le respect de la procédure interne de la RTBF : il n'était donc pas improvisé et je l'assume", a pour sa part déclaré M.Philippot.
et P.-F.L. © La Libre Belgique 2006


Après l'émission de sécession-fiction belge...
Publié le 15/12 à 17:54
Jacques Chirac s'est exprimé vendredi sur l'émission de la RTBF annonçant la sécession de la Flandre

De nombreux Belges ont vraiment cru à une sécession de la Flandre.
Mercredi à 20h15, heure de grande audience, la chaîne publique a abordé de la plus fracassante des manières l'un des sujets les plus brûlants du pays, provoquant un immense émoi dans la population et l'indignation de la classe politique belge.Vendredi, Jacques Chirac a qualifié le coup d'éclat de la RTBF de "canular de mauvais goût".
Interrogé sur cette émission lors d'une conférence de presse à la fin du sommet de l'Union européenne à Bruxelles, le Président français a juste répondu: "Je n'ai aucun commentaire à faire sur un canular de mauvais goût."Si le directeur de la chaîne RTBF Alain Gerlache s'est justifié en expliquant avoir amené sur la place publique un débat important, beaucoup de politiques ont condamné une attitude jugée irresponsable.
Au sommaire
Une émission spéciale Des réactions outrées dans la classe politique

Une émission spéciale
Par souci de réalisme, la RTBF a fait mine d'interrompre un programme en cours pour diffuser une émission spéciale annonçant: "La Flandre a proclamé son indépendance!", ou encore "la Belgique n'existe plus!" L'émission a duré près de deux heures.Un seul élément, quelque peu ambigu, permettait au téléspectateur vigilant de comprendre qu'il s'agissait d'un canular, la diffusion, avant l'émission et l'espace de quelques secondes d'un message indiquant: "Ceci n'est peut-être pas une fiction...", par référence au tableau du peintre belge Magritte représentant une pipe, mais intitulé : Ceci n'est pas une pipe.Le réalisme allait très loin, plusieurs politiques s'étant prêtés au jeu, donnant de fausses interviews sur le sujet d'une partition belge irréelle. A la fin de l'émission, la RTBF a appelé les téléspectateurs à lui envoyer un SMS indiquant s'ils avaient été abusés ou non par la fiction, 6% ont déclaré y avoir cru jusqu'au bout, 89% y avoir cru au début, et 5% seulement ne pas y avoir cru du tout. A en croire la présidente du Sénat belge, certains ambassadeurs à Bruxelles eux-mêmes ont été abusés et ont envoyé des messages dans leur capitale...Le nombre de crédules aurait pu être plus nombreux encore si la ministre de l'Audivisuel de la Communauté francophone, Fadila Laanan, n'avait demandé l'affichage d'une mention "ceci est une fiction", et n'avait été exaucée.


Des réactions outrées dans la classe politique
L'intervention de la ministre, assortie de ce commentaire: "Je trouve honteux l'utilisation d'un tel procédé qui a plongé les citoyens dans une telle crainte", est un bon exemple de l'indignation qu'a exprimée un grand nombre d'hommes et de femmes politiques belges.Elio di Rupo, membre du parti socialiste belge, a condamné une émission "au goût douteux", ajoutant encore : "des canulars de ce type n'ont pas de place dans ce pays." Lui a fait écho la réaction du ministre de la Défense, André Flahaut, membre du PS, qui, s'exprimant à titre personnel, a déclaré: "On ne joue pas avec les institutions."Le Mouvement Réformateur (MR) a réagi dans le même sens que le PS, se disant "consterné et indigné", les Libéraux demandent des comptes à la ministre de l'Audiovisuel de la communauté francophone.Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt lui-même s'est indigné, qualifiant l'émission de "très mauvais Orson Welles", en référence au feuilleton américain La Guerre des mondes, qui avait fait croire à des milliers d'Américains que les extra-terrestres débarquaient aux Etats-Unis.Côté flamand, les condamnations sont moins unanimes: Filip Dewinter, chef du groupe Vlaams Belang au Parlement flamand, qui milite pour une sécession flamande, était ravi de l'émission, qui permet, selon lui de "parler librement de l'indépendance de la Flandre et de la Wallonie". Yves Leterme, vice-président flamand a quant à lui évoqué une blague de mauvais goût.Pour se justifier, le directeur de la chaîne, Alain Gerlache a avancé que l'émission avait permis que le débat sur une scission belge "soit réapproprié par la population". Il a encore expliqué que ce programme était dans la tradition la plus pure de la RTBF: "Dans les années 60, on disait que l'on faisait de l'information dérangeante à la RTBF, eh bien, nous sommes fidèles à nous-mêmes."


Lettre ouverte au Roi
Le 15 décembre 2006
Sire,
Voici dix ans, notre collège a décidé de créer dans les deux classes supérieures un cours de citoyenneté. Je dois Vous avouer que la tâche n'est pas toujours facile d'intéresser les jeunes de 17 ans à la politique. Quoi qu'il en soit, nous avons toujours tenu bon. Nous complétons ces cours par des invitations d'hommes politiques, de magistrats, de chefs d'entreprises,...
Ces derniers temps, les divers scandales politiques ont encore compliqué notre mission, allant jusqu'à semer le doute non seulement chez les jeunes mais en moi-même également... « A quoi bon... ? »
Un des grands reproches des élèves à ce que je résumerai par « la politique » est son caractère parfois ésotérique et confidentiel. Tous ces grands débats sont, pour eux, réservés à un groupe fermé constitué d'hommes politiques et d'intellectuels : la politique, ils la voient au travers de débats souvent stériles, pour ne pas dire ridicules, présentés le dimanche midi. Nous n'avons pas les guignols de l'info mais chez nous, la réalité dépasse souvent la fiction.
Nos jeunes pensent souvent à leur « petit » présent égoïste, à leurs difficultés familiales, à leurs sorties mais - je Vous l'assure - ils rêvent aussi à un avenir meilleur, à un idéal aussi élevé que leurs parents ou grands-parents. Et de quoi leur parle-t-on ? De l'arrondissement BHV, des facilités dans telle ou telle commune, d'une circulaire Peeters. Et lorsqu'on évoque ces problèmes ou d'autres, c'est souvent dans un langage compliqué et dans des discussions techniques. MAIS « ils devraient s'intéresser à la politique ».
Dans les cours, on leur parle de tolérance, d'humanisme, de fraternité. Spontanément, ils rêvent de rencontres, de découverte de l'autre. Pour eux, du moins la majorité, ce que certains s'obstinent à appeler les « querelles communautaires » sont des inventions de cénacles qui en ont fait leur fonds de commerce.
Ce mercredi 13 décembre, une émission de la RTBF a sorti la population de sa léthargie. Oui, la Belgique « a vécu ». Soudain, des dizaines de milliers de gens se sont sentis concernés par la Politique. Très tard, pendant l'émission, j'ai reçu des mails de mes élèves pour me demander ce que j'en pensais. Ce matin, malgré l'examen de math, la plupart des élèves commentaient l'événement, non seulement sa forme mais aussi son contenu... Un cours improvisé se créait dans le hall...
Les journalistes de la RTBF ont réussi à ce que des citoyens ordinaires, dont des jeunes, se réapproprient la Politique. L'émotion a bien sûr joué mais que serait la vie sans l'émotion ?
Un autre « docu-fiction » a été réalisé en 1993. Votre Majesté voudra bien m'excuser pour mon audace, particulièrement pour un événement qui La touche intimement. Le 31 juillet, l'impensable était arrivé : le Roi était décédé. Des centaines de milliers de Belges - j'en étais - se sont précipités pour rendre un dernier hommage au Souverain mais aussi, à travers lui, à la Belgique. Durant les quelques années précédentes, « on » avait tenté de décrédibiliser la Belgique et également son soutien : la Monarchie (affaire de l'avortement). Ce 31 juillet, les citoyens se réappropriaient la Politique, en affirmant leur soutien à l'Essentiel : « Vivre ensemble malgré les difficultés. »
Au lendemain de l'émission de la RTBF, la majorité des hommes et femmes politiques condamnent les journalistes et déclarent que la Politique n'est pas une comédie - certains s'y connaissent évidemment bien en la matière - tout en admettant que le sujet est important. Ils me semblent réagir comme des enfants à qui on vient de prendre leur jouet. « Portons l'attention sur la forme plutôt que sur le fond. » Peut-être parviendra-t-on une fois de plus à noyer le poisson... Et dire que mes élèves qui suivent majoritairement un cours de théâtre pensent que la politique belge n'est qu'une comédie !
Sire, en m'adressant à Vous, par cette lettre ouverte, j'espère toucher tous les responsables politiques de ce pays. Depuis des années, nous entendons régulièrement « cette fois nous avons entendu le signal des citoyens » ou « les électeurs ont parlé : entendu cinq sur cinq »... Ce fut aux premiers progrès de l'extrême droite, puis aux multiples suivants, ce fut lors du drame des enfants assassinés, ce fut lors des scandales de Charleroi, ce fut....
Et à quel titre j'ose le faire ? Celui d'un simple citoyen, qui a pour mission d'en former d'autres, qui depuis quelque temps s'interrogeait sur l'opportunité de celle-ci mais qui depuis hier a pris la résolution de se réapproprier la Politique et d'inciter ses élèves à l'imiter.
Dans l'espoir que Votre Majesté accueillera avec intérêt cette lettre ouverte, je La prie de croire en mon profond respect.
Philippe Van Malder
Professeur au Collège Pie X Châtelineau

Lettre à nos amis flamands
DELVAUX,BEATRICE
samedi 16 décembre 2006, 09:42
Beste vrienden, Vous vous insurgez à grands cris contre l'image caricaturale qu'a donnée de la Flandre la fiction de la RTBF sur la mort de la Belgique. Vous nous accusez même d'être tous complices, nous les journalistes francophones.
Caricaturale, l'émission ? Elle l'était. C'est le genre imposé d'une telle fiction. Si la scission devait devenir un jour réalité, sachez qu'elle aurait aussi, dans la vie des gens, un impact caricatural. Mais de là à prétendre que les francophones vous ignorent, vous caricaturent systématiquement, non ! C'est faux et c'est injurieux à notre égard. Non, nous ne vous dépeignons pas qu'à coups de clichés. Oui, nous dirigeons nos enquêtes, nos reportages, nos analyses vers ce qu'on vit et ce qu'on dit en Flandre.
Interrogez-vous. Pourquoi pensez-vous que l'immense majorité des téléspectateurs y a cru, à l'indépendance de la Flandre, à la mort de la Belgique ? Parce que quand vous dites « confédéralisme », les francophones comprennent « séparatisme ». Serions-nous moins intelligents ? Non. Au contraire, nous sommes, sans cesse, à votre écoute. Nous nous efforçons de décoder l'ambiguïté de certains discours. Quand votre ministre-président, Yves Leterme, dit que la Belgique n'a pas de valeur ajoutée, nous, francophones, en déduisons qu'il la rejette. Quand le cartel flamand CD&V/N-VA, première force politique de Flandre, annonce, pas plus tard que mardi, qu'il exige l'autonomie dans tous les domaines, des soins de santé à l'emploi, de la fiscalité à la SNCB, de la Justice à la police, nous comprenons, nous francophones, que vous ne voulez plus rien gérer avec nous. Quand vous parlez de confédéralisme, nous y voyons une coquille vide. Quand vous dites aspirer à un Etat plus efficace, nous craignons que vous souhaitiez surtout réduire les transferts de la solidarité. Nous ne sommes pas naïfs.

« Nous en avons marre », écrivait vendredi le rédacteur en chef du Standaard (lire page 2).
Cher Peter Vandermeersch, sachez que nous aussi, nous en avons parfois marre de vos clichés. Marre d'être décrits comme des paresseux, des chômeurs qui refusent de travailler. Marre d'être dépeints comme des assistés, qui se plairaient à vivre aux crochets des Flamands travailleurs. Marre d'entendre dire que nous sommes intellectuellement incapables d'apprendre le néerlandais.
La caricature ne fait pas progresser le débat. Elle le tue. Le Soir a depuis longtemps investi temps et espace dans l'enquête et la rencontre avec la Flandre. Ne citons que les exemples récents : Bénédicte Vaes a séjourné dans la rédaction de la Gazet van Antwerpen avant les élections communales, nous avons échangé avec De Morgen nos pages opinion et nos critiques théâtrales, publié un éditorial commun en français à l'occasion du festival « Toernee general » et d'autres projets uniront en 2007, Morgen, KVS, Soir et Théâtre national. Nous consacrons chaque lundi une revue de presse aux journaux néerlandophones. Nous publions des sondages reprenant les résultats pour l'ensemble du pays là où celui du Standaard se contente de suivre la Flandre et ses Bekende Vlamingen.
Alors, cher Peter Vandermeersch, Le Soir vous fait cette proposition : nos deux journaux ont des liens proches, mais nos positions éditoriales divergent souvent sur les enjeux communautaires. Mettons dès lors nos esprits critiques et notre professionnalisme en commun au service d'une grande enquête sur la Belgique et ses régions, que nous publierons avant les élections. Le devenir de la Belgique mérite mieux que des humeurs, il impose la rigueur.
Vous êtes partant ?
"Une caricature des exigences flamandes", selon Leterme
Selon le ministre-président flamand, Yves Leterme (CD&V), l'émission-fiction dans laquelle la RTBF a mis en scène, mercredi, l'indépendance de la Flandre, constitue "une caricature d'un certain nombre d'exigences flamandes".M. Leterme y voit un jeu politique qui rend impossible un bon débat sur l'avenir de la Belgique. "C'est une manière très douteuse de soi-disant susciter le débat. Il s'agit seulement d'une recherche de sensationnalisme et d'une caricature d'un certain nombre d'exigences flamandes. J'y vois aussi une intention politique cachée", a déclaré jeudi le ministre-président flamand sur les ondes de la radio publique flamande VRT. "Ces méthodes sont indignes dans une société démocratique qui fonctionne bien", a-t-il ajouté.

Di Rupo prône l'union des francophones

samedi 16 décembre 2006, 10:01
Di Rupo tire les leçons du reportage RTBF : le risque de la scission du pays, la prise de conscience francophone... Le président du PS vise au Nord le cartel CD&V/N-VA, et le Belang


Le président du PS tire les leçons du docu-fiction de la RTBF et convoque maintenant les francophones...
Mercredi soir, les politiques ont réagi durement à l'émission de la RTBF. Trop durement ?
Parce que le moment était grave. Une partie de la population, surtout les gens plus vulnérables, étaient en panique, et nous avions donc un double devoir : les rassurer, et défendre les institutions. A commencer par le Premier ministre.
« Défendre les institutions »... Quoi, elles étaient en danger ?
L'image que l'on en donnait à l'écran pouvait laisser penser à un danger soudain. Il nous fallait recréer de la « stabilité ».
Le rôle que l'on a fait jouer au Roi dans le scénario RTBF, en fuite, pitoyable donc, n'est-ce pas cela qui a poussé les politiques à réagir aussi vigoureusement ?
Pas impossible.
N'était-ce pas là, au fond, le problème, le vrai ?
Ce fut, en effet, un élément clé de l'émission. Présenter le Roi comme un déserteur, cela a dû créer une peur, une profonde incompréhension dans une très grande partie de la population.
Imaginons que, dans le docu-fiction, le Roi soit resté au pays pour s'adresser à la nation...
... Si le scénario de la scission devait se produire réellement, le Roi, certainement, se dresserait contre cet état de fait, s'adresserait à l'opinion publique, rassemblerait les corps constitués.
Ce qui aurait modifié la perception du reportage...
Vraisemblablement. Au moins, tout cela a montré à quel point nos concitoyens sont attachés à notre pays. En fait, il faut distinguer plusieurs choses. Quant à la forme de l'émission : utiliser des journalistes pour une fiction reste pour moi un gros sujet d'interrogation. Ajoutez, on l'a dit, le sort fait au Roi. Et la confusion entre réalité et fiction. Mais par-delà la forme, essayons de transformer cet événement en une opportunité. Pour les francophones, et pour la stabilité du pays.
L'émission met en scène un scénario catastrophe montrant à quel point l'on pourrait arriver si les thèses de certains responsables politiques flamands, notamment du CD&V/ N-VA (et je pense surtout à la N-VA) ou du Vlaams Belang, devaient triompher.
En cela, l'émission a permis une prise de conscience forte.
Les thèses du cartel CD&V/N-VA conduisent à la scission ?
Je suis formel : celles répétées après le remariage l'autre jour du CD&V et de la N-VA, exigeant la régionalisation de l'emploi et des soins de santé entre autres, ces thèses, oui, conduiraient, dans la durée, à la scission. Attention, ne mélangeons pas : ce n'est pas la Flandre, ce ne sont pas les Flamands, ce ne sont pas tous les partis flamands... C'est fondamental. Et je soutiens qu'il faut un dialogue des cultures avec la Flandre, du respect mutuel, participer à la négociation gouvernementale de 2007 en se respectant les uns les autres, en essayant de voir comment on peut avoir des avantages partagés... Mais la manière outrancière avec laquelle un Yves Leterme s'exprime vis-à-vis du PS, ça, je ne l'accepte pas.
Justement, il vous attaque dans le « Morgen » de vendredi : le PS caricature les positions flamandes, c'est lui qui déstabilise l'Etat, sa gestion de la Wallonie est une catastrophe...
Alors là !... J'affirme que le PS, qui a partagé le pouvoir tantôt avec le MR, tantôt avec le CDH, est vraisemblablement le parti qui a permis à la Wallonie de rester debout alors qu'elle a connu un cataclysme social, une hécatombe ! Si aujourd'hui, malgré les difficultés, il y a encore énormément de lieux où il fait bon vivre en Wallonie, un espoir qui renaît, les universités parmi les meilleures au monde, un potentiel culturel exceptionnel, un territoire parmi les plus beaux d'Europe, des villes rénovées comme rarement ailleurs... Tout cela, on le doit « aussi » aux socialistes !
Leterme déplore les « affaires » à répétition...
Mais quand il y a eu des « affaires » au Nord, nous n'avons pas dit que la Flandre était pourrie à cause du CVP de l'époque ! La tactique de Leterme est simple, et les francophones doivent faire bloc : il dit que l'ennemi est à l'extérieur pour faire valoir ses arguments auprès de son opinion publique. C'est tactique, politicien. En face, je plaide un militantisme d'union des francophones : défendre ensemble nos intérêts. J'en reviens à l'émission de la RTBF, à la prise de conscience...
Yves Leterme reste malgré tout un interlocuteur ?
Comme tout démocrate. Mais sa manière d'attaquer le PS montre bien que si nous étions affaiblis, alors, sa thèse, celle du confédéralisme, antichambre du séparatisme, aurait des chances d'aboutir.
Oui, mais : les poches de chômage en Wallonie, à Charleroi...
Arrêtez !... Je voudrais que dans la presse, on dise que la Wallonie, c'est autre chose que les « poches de chômage » ! C'est normal d'avoir écrit et montré tout ce qu'on a écrit et montré sur les « affaires » ; des gens doivent être jugés s'il le faut, et sanctionnés. Mais ce PS n'est pas le mien. Et la Wallonie c'est une terre de talents ! Bon sang !
Expliquez ça à Charles Michel...
Dans l'opposition en Wallonie, le MR croit que le seul moyen de revenir au pouvoir, c'est de détruire. La galaxie des Michel est marquée par la rancoeur, la rancune. Cela dit, même s'il y a eu des excès de langage de part et d'autre, je ressens plus de modération quand on discute avec M. Reynders qu'avec certains lieutenants.
L'union francophone...
J'ai lancé les invitations aux présidents du MR, du CDH et d'Ecolo. Nous nous rencontrerons la semaine prochaine. Je n'en dis pas plus. On ne dévoile pas ses plans à l'adversaire...
Ce secret renforce l'idée qu'il se passe quelque chose de grave... De fait : on veut nous conduire vers la division du pays. L'attitude de certains Flamands pourrait conduire le pays à la crise, à la scission, je vous l'ai dit. En face, notre attitude sera celle-ci : lorsque les néerlandophones viendront avec leur liste d'exigences, notre réponse sera proportionnée. Nous avons en réserve une série d'idées, comme l'extension de la Région bruxelloise, avec un lien territorial avec la Wallonie.
« Réponse proportionnée », cela signifie qu'on pourrait, par exemple, échanger l'emploi contre l'élargissement de Bruxelles ?
Allons ! Il y a des éléments fondamentaux et intangibles. Nous n'entrerons dans aucune négociation qui pourrait conduire à la destruction du pays, dans aucune discussion qui pourrait conduire à la déstructuration de la sécurité sociale.
Ils veulent tous scinder l'emploi : Leterme, Vande Lanotte...
Si l'idée est d'adapter les politiques à des réalités régionales, eh bien, faisons-le, mais dans le cadre fédéral. Sans régionaliser.
Les marchés du travail sont trop différents, disent-ils...
Une économie en restructuration et l'autre florissante, ce n'est pas tout à fait la même chose, en effet, mais ce n'est pas du tout une raison pour régionaliser. Quand on a une blessure à une jambe, on coupe la jambe ? On la soigne. Cherchons ensemble des solutions intelligentes pour chacun. Scinder la concertation sociale, scinder les conventions collectives, c'est totalement inacceptable. On n'en discute pas.
Alors, la marge de négociation est infime...
Non. La négociation à laquelle je pense est très vaste : que fait-on des nouveaux besoins sociaux, comment va-t-on financer la Sécu, quelles mesures prendre pour rendre notre pays plus compétitif, comme innover davantage, que fait-on contre le réchauffement climatique, comment réagit-on à la mondialisation, à l'essor de la Chine ?
Toutes ces choses concrètes, stratégiques pour nos sociétés, seront sur la table de la négociation gouvernementale en 2007. Voilà, pour moi, la négociation utile.
Il peut y avoir du répondant du côté flamand ?
Il le faut. Nos concitoyens ont montré leur attachement au pays. Alors, on s'y consacre, oui ou non ?
Aux fêtes de Wallonie, vous aviez lancé que les francophones pouvaient vivre ensemble, seuls, sans la Flandre.
Les francophones ne sont pas dans cet état d'esprit. Pas de fuite en avant. Aux fêtes de Wallonie, j'avais voulu tirer la sonnette d'alarme, montrer le danger que nous courons. Cela n'avait pas eu le même écho que l'émission de la RTBF, voilà. Maintenant, oui, il y a une prise de conscience.

La fiction continue, dit Reynders

Le président du MR Didier Reynders s'étonne, dans une réaction à l'Agence BELGA, de lire dans Le Soir que le président du PS Elio Di Rupo aurait convoqué les francophones pour évoquer l'avenir du pays après le faux JT de la RTBF mercredi.
Il s'agit-là du deuxième épisode de la fiction RTBF-Le Soir, on aura peut-être un coffret pour les fêtes, s'étonne Didier Reynders. Selon le président du MR, Elio Di Rupo lui a adressé le 29 novembre dernier, une invitation à se réunir le 20 décembre à 10 heures dans les locaux du Parlement de la Communauté française pour préparer une position francophone pour l'échéance institutionnelle de 2007.
Je n'ai pas à être convoqué mais je suis prêt à répondre à une invitation, dit-il. Je suis sidéré de lire comment Le Soir présente les choses. Je ne sais pas si c'est leur initiative ou celle d'un président de parti, souligne-t-il.

Didier Reynders réfute le scénario retenu par le quotidien vespéral selon lequel la réunion entre francophones se tiendrait à la suite du faux JT de la RTBF. Le président du MR a refusé samedi de s'exprimer sur la radio-télévision de service public. Je ne veux pas participer à cette tentative d'instrumentalisation, justifie-t-il.
Didier Reynders rappelle par ailleurs que le MR est demandeur, outre de la détermination d'une position francophone face aux revendications flamandes, de certaines exigences concernant l'organisation dans le sud du pays.
Il s'agit de demander une meilleure gouvernance, une meilleure gestion des budgets, mais aussi de tirer les leçons de ce qui s'est passé à la société wallonne du logement, à l'Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH), ainsi que des événements récents à la RTBF, cela en vue de valoriser l'image francophone avant de rencontrer les Flamands, précise le président du MR.

Reynders veut des sanctions
La fiction diffusée mercredi soir par la RTBF, relative à une proclamation d'indépendance de la Flandre, continue à susciter la polémique. Le président du MR, Didier Reynders, ne se satisfait pas de la position prise par le Conseil d'administration de la RTBF.

Source:Info radio - 16 déc 2006 18:28

VIDEO• Elio Di Rupo réagit à l'émission de la RTBF • Pétition de soutient à la RTBF
ARTICLES• RTBF: erreur mais pas faute• Vifs débats autour de la RTBF• Le patron de la RTBF s'explique
Didier Reynders, interviewé dans la Libre Belgique ce samedi matin et qui refuse pour le moment de donner toute interview à la RTBF, n'est pas loin de voir dans tout cela la main du PS. En tout état de cause, il ne se satisfait pas de l'absolution offerte vendredi par le Conseil d'administration de la RTBF. Didier Reynders veut des sanctions fortes.

Le président des libéraux, comme d'ailleurs les administrateurs libéraux du Conseil d'administration de la RTBF, estime qu'il y a eu une faute lourde et pas seulement des erreurs d'appréciation. Didier Reynders veut donc des sanctions. Pour lui, «l'affaire ne s'arrêtera pas là». Il y a d'ailleurs encore le rapport des commissaires du gouvernement à attendre et les auditions la semaine prochaine au Parlement de la Communauté française.

Et puis, il relève les contradictions des autres partis, essentiellement le parti socialiste, dont le président, Elio Di Rupo, la ministre responsable, Fadila Laanan, et la ministre Onkelinx ont eu des mots très durs et scandalisés à l'égard de l'émission et qui, aujourd'hui, passent l'éponge en effectuant une curieuse courbe rentrante.

Et puis Didier Reynders, qui refuse toute interview à la RTBF, s'interroge sur le fait que, comme par hasard, le PS médiatise ce samedi matin dans le journal Le Soir une réunion des présidents de parti prévue de longue date dans le cadre de la préparation des futures négociations communautaires.

Bref, à quoi rime ce show, nous dit-il. Le PS devait être au courant des dessous de l'émission. Une émission dont les vertus citoyennes sont loin de le convaincre, comme d'ailleurs les administrateurs MR de la RTBF. Elle aura plus alimenté la caricature et les extrémismes, estiment-ils, en jouant essentiellement sur le registre de l'émotion.

La vraie victime de la fausse scission ?


Jean-Paul Philippot assume l'émission déjà historique de mercredi soir. Il risque d'en faire les frais. Injustement ?
Parallèlement, Philippe Dutilleul, réalisateur de l'émission-fiction en cause a présenté son ouvrage "Bye-Bye Belgium", comme une prolongation à l'émission.
A u fur et à mesure de la soirée de mercredi, ceux qui le connaissent bien ont vu, devant la proportion prise par les événements, Jean-Paul Philippot commencer à blêmir. Au point que certains ont imaginé la tête de l'administrateur général de la RTBF sur le billot.
Et notamment en entendant Laurette Onkelinx, vice-Première ministre PS, déclarer l'émission « inacceptable » - parce que la RTBF aurait rompu le cordon sanitaire réduisant l'extrême droite au silence sur les antennes du service public. Une attaque que rejette catégoriquement le patron de la RTBF : « Je m'insurge contre toute récupération des événements par l'extrême droite. Nous n'avons en rien enfreint les réglementations internes de la RTBF vis-à-vis de l'extrême droite. Le code de déontologie prévoit que l'extrême droite n'a pas voix au chapitre chez nous dans des émissions en direct, dans des débats par exemple, où elle peut être incontrôlable. La réaction de Filip Dewinter était enregistrée et donc encadrée comme l'étaient les paroles des représentants du Vlaams Belang ou du Front national dans les reportages de Jean-Claude Defossé. »



C'est ce type d'éclaircissements que souhaite avoir la ministre de l'Audiovisuel de la Communauté française, Fadila Laanan (PS), qui a convoqué, hier, Philippot et le directeur de l'information et de l'éthique de la RTBF, Yves Thiran. Réponses, écrites, attendues pour lundi. La ministre a par ailleurs demandé rapport à ses deux commissaires du gouvernement auprès du Conseil d'administration de la RTBF.
Suffisant pour calmer les esprits et faire retomber le soufflé ? Ou bien, dans le « contexte actuel », comme dit Verhofstadt, les tensions politiques pourraient-elles mener à des sanctions vis-à-vis de la hiérarchie de la RTBF, voire actionner l'un ou l'autre fusible, fût-ce Philippot, pour assouvir une soif du politique de punir cet acte « irresponsable » ? Trop tôt pour le dire.
Les discussions sur le contrat de gestion ont montré l'énorme enjeu politique que revêtait la RTBF, régulièrement présentée comme un suppôt du PS par le MR. Or, les choses ne sont pas si simples. Que l'administrateur général de la RTBF soit étiqueté PS est une évidence. Qu'il soit aux ordres du parti est loin d'en être une autre.
Quelles qu'aient été les « affaires » auxquelles l'info estampillée RTBF a été confrontée ces derniers mois (la diffusion du film « Vlaamse Choc » de Peter Boeckx, le MR Alain Destexhe s'estimant « censuré » dans un reportage de « Questions à la une » sur le plan Marshall, la révélation de plusieurs affaires carolos par la RTBF et le « Pétasses » lancé par Jean-Claude Van Cauwenberghe à des journalistes de la maison...), Jean-Paul Philippot a, comme le faisait son lointain et brillant prédécesseur Robert Wangermée, toujours défendu ses troupes face au pouvoir politique, à son CA et aux pressions qui pesaient sur ses épaules. L'ancien rédacteur en chef du JT, Pierre Delrock, disait qu'« une chose est de subir des pressions, une autre est de savoir ce qu'on en fait ». Philippot n'y a jamais donné suite. Comme le résume, Jean Libon, producteur de « Tout ça », « dès mercredi soir, j'ai vu certains ouvrir leur parapluie mais, moi qui ne suis jamais le dernier à critiquer la hiérarchie de cette maison, je peux dire que Philippot assume les événements d'une façon exemplaire ». Une « indiscipline » qui force le respect. Sauf à accréditer la thèse de partis politiques qui rêveraient peut-être d'un retour à un ministère de l'Information, prévenu du contenu des émissions et ayant un pouvoir de contrôle avant leur diffusion.

Le Prince Philippe a douté

D'après le journal télévisé de RTL-TVi, le Prince Philippe en mission économique en Bulgarie serait apparu "légèrement paniqué" mercredi soir. Selon plusieurs témoins, le Prince aurait vécu quelques minutes de doutes. Alors que le contexte est actuellement explosif pour la famille royale belge, l'émission de la RTBF affirmait en effet que le Roi avait fui à l'étranger. Quelques minutes d'incompréhension et de panique tranquille ont traversé la pièce réunissant ministres belges et bulgares ainsi que le Prince. Apprenant qu'il ne s'agissait que d'une fiction, les travaux ont repris, non sans un parfum d'angoisse surréaliste. "Ce n'est pas le rôle du Palais de commenter ou de condamner des programmes TV ou des initiatives de presse. Nous constatons simplement que ce programme avait les caractéristiques d'un canular de mauvais goût", a indiqué ce jeudi le porte-parole du Palais.Ce constat du Palais porte sur l'ensemble de l'émission et non pas uniquement sur la manière dont la famille royale a été mise en scène, a précisé le porte-parole, ajoutant également que le Palais n'avait pas "d'état d'âme particulier, ni sur le fond ni sur la forme de l'émission"

HISTOIRES D’HOMMES

DE XAVIER DURRINGER (EDITIONS THÉÂTRALES)


HISTOIRES D’HOMMES
avec LAURENCE BASTIN
& ZABOU THÉLEN
MISE EN SCÈNE OLIVIER CAUDRON
LES 14,15,16 DÉCEMBRE 20H30 AU THÉÂTRE LA CLARENCIÈRE
20 RUE DU BELVÉDÈRE 1050 BRUXELLES

RÉSERVATIONS: 02/640.46.70 DE 11H À 18H

P.A.F:12€ - ETUDIANTS/CHÔMEURS:8€ - ARTICLE 27: 1.25€


Des femmes qui parlent des hommes. Avec leur coeur, leur âme, leur corps, elles se livrent le temps d'une anecdote douce-amère, cocasse ou cruelle, sans fard.
Voyagez avec elles au coeur de la langue poétique, tendue et crue de Xavier Durringer et écoutez leurs doutes, leur solitude, leur colère, leurs rencontres de passage, leur ennui, leurs mensonges, leurs désillusions, leur soif d'amour et de liberté, mais jamais sans humour.

15 décembre 2006

La Turquie pas prête à entrer dans l’Union

MAJ 15/12/06

Le gel des négociations avec la Turquie entériné

Les chefs d'Etats et de gouvernement des 25 ont validé aujourd'hui la suspension de huit des 35 chapitres des négociations d'adhésion à l'UE de la Turquie à l'UE, qui refuse d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote grec.
Dans cette déclaration adoptée lors du sommet, les 25 "font leur" la décision prise lundi par leurs ministres des Affaires étrangères de geler huit des 35 chapitres qui jalonnent les négociations d'adhésion de la Turquie pour son refus d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote grec. Les dirigeants n'ont pas rouvert le débat sur ce sujet sensible qui menaçait jusqu'à il y a quelques jours d'empoisonner le sommet. Malgré la suspension partielle des discussions avec Ankara, "nous avons laissé la porte ouverte pour la Turquie", a estimé le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso.
Relancer les négociations sur les chapitres qui n'ont pas été gelés mais qui faisaient du sur place depuis six mois "serait dans l'esprit des conclusions que nous avons adoptées", a ajouté le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja, dont le pays préside l'UE jusqu'au 31 décembre. Mais aucun nouveau chapitre ne devrait être ouvert avant la fin de l'année, ont précisé des sources européennes.

Le Premier turc parle d'injustice

La décision des 25 de ralentir les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne constitue une injustice pour Ankara, a affirmé ce mardi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
Malgré toute notre bonne volonté, la décision du Conseil (ministres des Affaires étrangères) de l'UE est malheureusement une injustice pour la Turquie, a-t-il déclaré devant le groupe parlementaire de son parti de la Justice et du Développement (AKP).
Les relations entre la Turquie et l'UE sont soumises à une rude épreuve, a dit M. Erdogan, qui a cependant souligné que son gouvernement irait de l'avant avec la même détermination dans le processus des réformes nécessaires pour adhérer aux normes européennes.

Les 25 se sont entendus lundi pour suspendre huit des 35 chapitres qui jalonnent les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, ralentissant de facto la marche de ce pays musulman mais laïque vers l'Union, déjà prévue pour durer au moins 10 à 15 ans. Ils ont aussi décidé de ne conclure aucun autre chapitre tant que la Turquie n'accepterait pas d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote grec, le refus d'Ankara sur ce point étant à l'origine de la sanction de l'Union. "
Cette décision ne reflète pas le niveau atteint dans les liens euro-turcs (...) Elle contraste également avec l'objectif (d'adhésion à part entière) que nous avons fixé ensemble avec l'Union, a ajouté M. Erdogan.
Le chef du gouvernement turc a regretté que l'initiative de dernière minute de son pays n'ait pas abouti et indiqué que son gouvernement resterait ferme sur le dossier chypriote. Celle-ci prévoyait l'ouverture pour un an d'un port et d'un aéroport turcs aux navires et avions Chypriotes grecs en contrepartie notamment de la levée de l'isolement économique de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), reconnue uniquement par Ankara, et d'un règlement global entre-temps de l'épineuse question chypriote.
Sur ce point, M. Erdogan a accusé le bloc européen de ne pas avoir tenu ses promesses. En effet, une grande majorité des Chypriotes grecs avait rejeté lors d'un référendum en avril 2004 un plan de paix onusien, massivement approuvé en revanche par les électeurs chypriotes turcs.
Les efforts pour une solution sur l'île sont depuis au point mort. La République de Chypre avait pourtant ensuite intégré l'UE en mai de la même année.
(D'après AFP)

Turquie: les 25 d'accord pour suspendre 8 chapitres de négociations

Les 25 sont tombés d'accord lundi pour ralentir les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE en suspendant huit des 35 chapitres qui jalonnent ces négociations, a indiqué une source diplomatique européenne.



"Il y a maintenant un accord pour suspendre huit chapitres",
a indiqué cette source.

Toutefois, des discussions "pas faciles" se poursuivaient entre les ministres européens des Affaires étrangères sur la façon dont les 25 réévalueront les progrès éventuellement effectués par Ankara pour respecter ses obligations, a ajouté cette source.
Chypre et la Grèce, les plus remontées contre le refus de la Turquie d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote grec, demandent notamment à fixer une date butoir à laquelle ils pourraient éventuellement durcir les sanctions contre la Turquie, faute de progrès.

La présidence finlandaise de l'UE a elle proposé une réévaluation "constante" de ces progrès, sans date butoir, une proposition destinée à arriver à un compromis entre les positions de Chypre et de la Grèce et celle du Royaume-Uni notamment, qui refuse absolument une date butoir.

"Ne faites pas dérailler le processus"

Le chef de la diplomatie turque Abdullah Gül a mis en garde lundi ses homologues de l'Union européenne, réunis à Bruxelles, contre "le risque de faire dérailler le processus" d'adhésion de la Turquie. "En faisant pression sur la Turquie pour qu'elle remplisse des conditions unilatérales, tout en ignorant d'autres obligations, on prend le risque de faire dérailler le processus", a déclaré M. Gül dans une tribune publiée à Paris par le quotidien International Herald Tribune.
Les ministres européens des Affaires étrangères tentaient de s'entendre lundi à Bruxelles sur le coup de frein à donner aux négociations d'adhésion à l'UE de la Turquie, qui refuse toujours de s'ouvrir au trafic chypriote grec. "Il est évident que la prochaine décision de l'UE aura des conséquences pour les générations futures", a estimé le ministre turc des Affaires étrangères, en appelant les responsables européens à "prendre en compte chacune des questions qui se posent".
"La Turquie, qui a enregistré une croissance cumulée de 35 pc au cours des quatre dernières années, deviendra bientôt la sixième économie européenne", a fait valoir M. Gül. "Ce n'est pas le moment d'utiliser des prétextes pour faire dérailler le processus d'adhésion de la Turquie", a-t-il souligné.
La Commission européenne a préconisé le 29 novembre un ralentissement des négociations d'adhésion à l'UE de la Turquie, en raison du refus persistant d'Ankara de laisser entrer dans ses ports et aéroports les navires et avions de la République de Chypre en violation du protocole d'Union douanière.

La Grèce ne veut pas être la méchante

Athènes se montre prudente dans son approche de la question turque. Les divergences entre la Grèce et Chypre sont de plus en plus visibles.Les Vingt-cinq discuteront de l'élargissement à la Turquie ce lundi à Bruxelles.
L'annonce, faite la semaine dernière par la présidence finlandaise de l'Union européenne, de la disposition turque à ouvrir provisoirement un port aux navires chypriotes-grecs a semé à Athènes et Nicosie (sans parler des autres pays européens) une belle pagaille. Elle a surtout pris de court les deux capitales qui ne s'attendaient pas à ce revirement, alors que les ministres des Affaires étrangères de l'UE se réunissent lundi sur la question.
Nicosie, même si sa réaction a quelque peu tardé, a été claire et nette. "On avait prévenu l'Union", a déclaré le ministre chypriote des Affaires étrangères Georges Lilikas. "La Turquie a entamé des négociations d'adhésion avec l'UE à la condition qu'elle applique d'ici à un an, c'est-à-dire maintenant, le protocole d'Union douanière. Elle ne l'a pas fait, elle doit en payer les conséquences."
Prudente, Athènes a affirmé dans un premier temps, via son porte-parole des Affaires étrangères, "que le protocole d'Union douanière (qui lie l'UE à la Turquie) s'étend à tout le territoire" des membres et pas seulement un port. Conscient de marcher sur des oeufs, Georges Koumoutsakos a même précisé "qu'il ne s'agit pas de notre position spécifique, à nous Grecs, mais de ce que disent les textes de lois". Pour la ministre Dora Bakoyianni, partisane d'une approche souple de la question (elle était favorable au plan Annan), la priorité est que "l'Union européenne reste unie sur la question et qu'unie, elle envoie un message de fermeté à Ankara". Autrement dit, pas question que la Grèce endosse une fois de plus le rôle du méchant. "On a déjà donné là-dessus", explique un diplomate grec, "et puis ce n'est pas une question turco-grecque ou turco-chypriote, c'est un problème turco-européen. C'est à l'Union de faire comprendre qu'il y a des lois et des règles à respecter pour adhérer".
De plus, la Grèce a tout intérêt à voir une Turquie européenne pour voisine qu'une Turquie militariste et islamiste. D'autant que la première à essuyer la colère d'Ankara en cas de gel des négociations sera Athènes. La Grèce semble même prête à affronter Chypre sur la question. En douceur bien sûr. Mais les divergences de politiques sont de plus en plus visibles. Nicosie parle sans hésiter de "veto si la Turquie ne respecte pas ses engagements", alors qu'Athènes, elle, préfère fermement rappeler à la Turquie ses obligations et jouer la carte de l'unanimité européenne.
Désunion
D'où la proposition de Dora Bakoyianni de mettre au point un système d'évaluation des relations UE-Turquie, permettant d'établir les progrès de la Turquie. "Un tel mécanisme serait basé sur une décision de geler un nombre important de chapitres, liés à l'application du protocole d'Ankara", a-t-elle indiqué, se référant au compromis décroché l'an dernier entre l'UE et la Turquie.
Autant dire que les négociations vont être plus que dures. Et les Vingt-cinq sont tout sauf unis sur la question. La France, l'Autriche, la Grèce et Chypre exigent de geler un minimum de 8 des 35 chapitres qui jalonnent les négociations d'adhésion; les autres, emmenés par le Royaume-Uni, avec l'Italie, la Suède et l'Espagne, veulent en geler au maximum deux, estimant que le message envoyé à la Turquie est déjà assez sévère. C'est aussi la position défendue par le Président américain, qui a exprimé par téléphone son soutien au Premier ministre turc, et c'est par téléphone qu'à son tour, Recep Tayyip Erdogan a demandé à son homologue grec Kostas Karamanlis d'adoucir la position chypriote. Verdict dans les prochains jours.

Ankara appelé à faire un pas de plus
Christophe Lamfalussy - 09/12/2006- - - - - - - - - - -
La présidence finlandaise juge insuffisante l'offre de dernière minute du gouvernement turc.Le dossier est transmis aux ministres, lundi à Bruxelles.

La présidence finlandaise a jugé hier insuffisante une offre de dernière minute de la Turquie pour éviter, lundi, la suspension d'une partie de ses pourparlers d'adhésion à l'Union européenne (UE).
"Ce que la Turquie a dit n'est pas assez", a tranché hier Matti Vanhanen, le Premier ministre finlandais, après 24 heures de flottement. "La recommandation de la Commission est une bonne base de discussion." Les ministres des Affaires étrangères négocieront encore lundi à Bruxelles. En cas de désaccord, le dossier aboutirait au sommet des 14 et 15 décembre, au grand dam de Jacques Chirac et d'Angela Merkel qui viennent de plaider pour mettre le dossier au frigo.
La Commission propose de suspendre les pourparlers sur huit des 35 chapitres de l'élargissement, sur l'union douanière ou l'agriculture.
Désaccord au sein de l'UE
Qu'a proposé Ankara, qui est jugé insuffisant par la présidence ? D'ouvrir l'un de ses grands ports aux bateaux chypriotes-grecs et, éventuellement, l'un de ses aéroports pour autant que les Chypriotes turcs puissent utiliser celui d'Ercan pour des liaisons internationales. Chypre Nord, où sont basés près de 40 000 soldats turcs, fait l'objet d'un embargo international. Les charters remplis de touristes qui partent d'Ercan pour Londres sont obligés de faire un arrêt de pure forme à Istanbul.
Mais plusieurs pays européens, dont la France, ne veulent pas entrer dans un marchandage avec la Turquie car ils estiment qu'Ankara s'était déjà engagée en 2005 à ouvrir tous ses ports et aéroports à Chypre.
D'autres pays, dont la Grande-Bretagne et l'Italie, suggèrent des sanctions limitées à trois chapitres, craignant qu'un clash avec la Turquie ne provoque un véritable séisme dans les relations avec ce pays stratégique, laïque, à population musulmane.
La Belgique s'aligne sur la proposition de la Commission, tandis que la Grèce et Chypre ont prôné une ligne plus dure encore, hier lors d'une réunion des représentants permanents.
Un dossier empoisonné
Le dossier de l'île de Chypre - entrée divisée en 2004 dans l'Union - joue un rôle d'aiguillon. Pour les uns, il s'agit du respect de la parole donnée. Pour d'autres, d'un dossier trop chargé politiquement pour ne pas négocier un peu. La proposition turque a mis en relief ces divisions au sein de l'UE. Pour donner de la marge, le ministre turc Abdullah Gul l'a transmise oralement à la présidence finlandaise. Celle-ci avait utilisé le même procédé lors d'une tentative récente, et ratée, de compromis.
"La partie chypriote grecque a gagné la partie, mais cela pourrait être une victoire à la Pyrrhus", a averti hier le dirigeant chypriote turc Mehmet Ali Talat, de passage à Bruxelles. Les Chypriotes turcs sont convaincus que Nicosie cherche à réunifier l'île à l'allemande et mettra son veto à toute reconnaissance d'égal à égal de la partie chypriote turque. "Dans un discours devant l'Onu, (le dirigeant chypriote-grec) Papadopoulos a parlé d'osmose", a-t-il ajouté.
De leur côté, les Chypriotes grecs dénoncent la démarche de la Turquie, qu'ils jugent irréaliste. Ankara suggère en effet de régler le problème de Chypre en 2007 devant l'Onu. "Comment le gouvernement turc sera-t-il capable de faire les compromis nécessaires à propos de Chypre pendant une période préélectorale, alors qu'il considère Chypre comme un problème crucial dans lequel le régime militaire de la Turquie a un rôle à jouer et à dire", a réagi hier le ministre chypriote-grec des Affaires étrangères, Yiorgos Lillikas.
Des élections sont prévues en Turquie l'an prochain. Un scrutin présidentiel est aussi attendu chez les Chypriotes grecs en janvier 2008.
Bref, le dossier chypriote empoisonne les relations dans l'UE. Certains suspectent des capitales de l'utiliser pour freiner l'adhésion turque. D'autres, surtout à Washington, soulignent que l'Europe est en train de rater un rendez-vous majeur de son histoire. Lundi, sauf contre-ordre, la Croatie ouvrira un nouveau chapitre de ses pourparlers d'adhésion. Turquie et Croatie avaient pourtant entamé ensemble leur périple, le 3 octobre 2005.

Ankara renvoie la balle à Nicosie

Le gouvernement turc propose d'ouvrir l'un de ses ports aux bateaux chypriotes.
Une offre, présentée par la Turquie pour éviter la suspension partielle de ses négociations d'adhésion, a semé, jeudi, la confusion dans l'Union européenne.
Les autorités turques ont présenté leur proposition à la dernière minute, alors que les ambassadeurs de l'UE débattaient déjà du nombre de chapitres de la négociation qui seront suspendus si la Turquie continue à refuser d'ouvrir ses ports et aéroports aux navires et aux avions chypriotes, comme elle s'y était pourtant engagée en signant le "protocole d'Ankara". La décision doit être prise, lundi, par les ministres des Affaires étrangères des Vingt-cinq, voire, en cas de désaccord, par les dirigeants européens réunis les 14 et 15 décembre. Mais la diplomatie turque a une fois de plus montré qu'elle connaissait par coeur les rouages de l'UE.
Dans un texte de deux pages soumis à la présidence finlandaise de l'UE, Ankara a offert d'ouvrir, sans le nommer, un "grand port de mer pour les bateaux chypriotes grecs transportant des marchandises chypriotes grecques". Même si le texte évite de parler de conditionnalité, Ankara affirme être également prêt à ouvrir un aéroport aux avions chypriotes mais y mêle l'ouverture dans la République turque du nord de Chypre, reconnue seulement par la Turquie, du port de Famagouste et de l'aéroport d'Ercan au trafic international. La mise en oeuvre de ce processus prendrait un an et l'offre est liée à la conclusion dans le courant de 2007 d'un accord sur la réunification de l'île - le précédent plan de paix de l'Onu avait été rejeté par les Chypriotes grecs en 2004.
Deux camps se sont immédiatement dessinés dans l'UE. Nicosie a d'emblée refusé l'ouverture d'un aéroport international - autre que desservant la Turquie - dans le nord de Chypre. Pour Nicosie, cela vaudrait reconnaissance internationale. Mais d'autres réactions sont beaucoup plus positives. "L'initiative turque est un pas positif sur la voie de la mise en oeuvre complète du protocole d'Ankara mais elle nécessite encore une clarification", a ainsi estimé le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja. (Reuters).

Une décision inacceptable pour Erdogan
mercredi 29.11.2006, 14:58
La décision de la Commission européenne de recommander aux 25 de suspendre en partie les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE est inacceptable, a déclaré à Riga le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.M. Erdogan a indiqué ne pas s'attendre à une telle décision qui entraverait les négociations euro-turques, entamées en octobre 2005.

L'adhésion de la Turquie en suspens
mercredi 29.11.2006, 08:35
La Commission européenne va recommander ce mercredi aux 25 de décider d'un gel partiel des négociations d'adhésion la Turquie à l'Union européenne, du fait du refus d'Ankara d'ouvrir ses ports aux navires chypriotes, a-t-on appris de source communautaire.

Le rapport de la Commission épingle très nettement la Turquie.

Les atteintes à la liberté d’expression et aux droits de l’homme figurent sur la liste des récriminations européennes. En voici le détail.








  • Chypre : “Aucun progrès n’a été accompli dans la normalisation des relations bilatérales avec la République de Chypre”; “la Turquie continue de refuser l’accès de ses ports aux navires battant pavillon chypriote ou ayant fait escale à Chypre”; “ces restrictions constituent une violation de l’accord douanier entre l’UE et la Turquie.”
  • Liberté d’expression : “L’article 301 a été utilisé, de manière répétée, pour poursuivre des opinions non violentes exprimées par les journalistes, écrivains, éditeurs ou défenseurs des droits de l’homme”. “Durant la période, 301 personnes ont été condamnées à cause d’une interprétation restrictive de la loi”; “les cas de délits d’opinion risquent de créer un climat d’autocensure dans le pays.”
  • Droits des femmes : “Les droits des femmes ne sont pas respectés dans les régions les plus pauvres du pays”; “les crimes d’honneur et les suicides de femmes ont toujours lieu, notamment dans l’est et le sud-ouest du pays. (…)”. “Dans certaines régions du sud-est, il arrive que les filles ne soient pas enregistrées à la naissance.”
  • Droit des minorités : “Peu de progrès signalés”; “la minorité grecque continue d’avoir des difficultés pour l’accès à l’éducation et à la propriété”; “les livres d’écoles contiennent toujours des passages discriminants”; “les émissions en kurde à la télévision connaissent des restrictions” (…)
  • Torture : “Le nombre de cas de torture et de mauvais traitement a baissé, mais ils sont toujours signalés en prison, à l’extérieur des centres de détention et dans le sud-ouest du pays” (Kurdistan, NdlR).
  • Poids de l’armée : “Les forces armées continuent d’exercer une influence politique importante”; “aucun progrès n’a été accompli pour renforcer le contrôle parlementaire sur les dépenses militaires”; “un protocole secret datant de 1997 autorise la conduite d’opérations armées pour des raisons de sécurité intérieure sans demander l’avis des autorités civiles”.
  • Corruption : “La corruption est généralisée dans le secteur public et le monde judiciaire, malgré des efforts récents”; “la Turquie doit améliorer sa législation sur le financement des partis politiques”. “Le champ de l’immunité parlementaire pose problème.”
  • Justice : “Le système judiciaire ne fonctionne toujours pas de manière indépendante, partiale et efficace”; “l’impunité pose problème”; “les droits de la défense doivent être mieux respectés.”
  • Terrorisme : “La nouvelle loi antiterroriste adoptée en juin 2006 peut compromettre la lutte contre la torture et les mauvais traitements et avoir un impact négatif sur la liberté d’expression” (…)
  • Kurdistan : “La situation des droits de l’homme est préoccupante dans cette région, surtout depuis les émeutes de mars et avril derniers. Plus de 550 personnes ont été emprisonnées, à l’occasion de ces événements, dont 200 enfants” (…).

Réflexions sur les résultats d’un sondage en Turquie

Le journal turc Milliyet vient de publier les résultats d’un
sondage visant à jauger la maturité de la Turquie pour adhérer à
l’UE. Les résultats de ce sondage sont édifiants. Il n’y a plus que
32% des Turcs sondés qui admettent vouloir l’adhésion de leur pays à
l’UE, ce qui implique que la moitié des partisans de l’adhésion, il y
a deux ans, a changé d’avis. Dans les mêmes proportions, le nombre
des adversaires de l’adhésion passe de 10% en 2005 à 26% actuellement.

Les raisons pour lesquelles l’enthousiasme des Turcs pour l’UE fond
comme neige au soleil ne proviennent nullement d’une critique du
centralisme euro-bruxellois ou de la lassitude des citoyens face à la
volonté d’une pseudo-élite politique eurocratique de mettre les
peuples européens sous une tutelle infantilisante. En Turquie, ce ne
sont pas ces motifs-là qui président à l’euro-lassitude, mais la
prise de conscience, de plus en plus patente, que la Turquie n’est
pas une partie de l’Europe et qu’en fait elle ne veut pas en devenir
une.

Finalement, Ankara refuse, avec entêtement, d’accepter que la Turquie
soit posée comme la responsable du génocide des Arméniens. Et dès que
l’Assemblée nationale française a accepté une motion prévoyant de
punir toute négation de ce génocide, les Turcs ont immédiatement
menacé de boycotter les firmes françaises. Ces menaces n’émanent
évidemment pas des instances officielles mais de l’association des
consommateurs turcs. Il n’empêche que le ministre turc des affaires
économiques, Ali Babacan, a évoqué l’éventualité que cette nouvelle
loi française -que le Sénat et le Président doivent encore entériner-
pourrait avoir des effets négatifs sur les relations économiques
entre les deux pays.

Les Turcs se sentent orientaux, comme le prouve amplement l’un des
autres aspects du sondage. A la question : « Quels sont les pays que
vous comptez parmi les amis de la Turquie ? », 71% des personnes
interrogées ont répondu l’Azerbaïdjan ; 47%, le Pakistan, pourtant
bien éloigné de la Turquie ; et 29% l’Iran voisin. Les pays membres
de l’UE sont considérés, tout au plus, par un cinquième seulement des
Turcs, comme des pays amis. Ensuite, seulement 7% des personnes
interrogées considèrent qu’elles feront confiance à l’UE. Ces
chiffres sont très révélateurs.

Mais ils n’empêchent pas le lobby pro-turc en Europe de continuer à
faire du zèle pour éliminer le principal obstacle qu’Ankara rencontre
dans le processus de son adhésion à l’UE. En effet, Chypre, Etat
membre de l’UE, menace de rompre les négociations en vue de
l’adhésion turque, si la Turquie n’ouvre pas ses ports aux navires
chypriotes. Or, cette revendication légitime ne rencontre pas
l’approbation des eurocrates bruxellois. Ceux-ci ne se rangent pas du
côté de Nicosie mais de celui d’Ankara ! Ils imaginent que le litige
se résoudra tout seul ! Ainsi, Olli Rehn, Commissaire à
l’élargissement, estime qu’il est encore temps, pour la Turquie, de
remplir ses obligations. Pourtant, on sait ce qu’il en est des
obligations que la Turquie était naguère censée honorer : en d’autres
domaines, on attend toujours ; ainsi, par exemple, Ankara n’a pas
encore commencé à résoudre le problème pourtant crucial que posent
les discriminations subies par les minorités ethniques et
religieuses, malgré les admonestations euro-bruxelloises et les
délais importants qui lui avaient été accordés.

Au vu de tout cela, de l’immaturité turque, du refus du gouvernement
islamiste du Premier Ministre Recep Tayyip Erdogan de procéder aux
réformes demandées, on peut se poser la question : pourquoi
l’établissement politique eurocratique n’a-t-il pas définitivement
mis un terme à ces tribulations turques, pour le bien de l’Europe
entière et des peuples qui la composent ? Tout observateur objectif
acquerra le soupçon que ces négociations en vue d’une adhésion
d’Ankara cachent un programme qui ne sert que les intérêts exclusifs
de l’eurocratie bruxelloise.

(Diffusé par Synergies Européennes, Andreas Mölzer – Bruxelles/
Parlement européen – Novembre 2006)
(Andreas Mölzer, article tiré de « Junge Freiheit », Berlin, n° 45/2006)

Michel Jadot nouveau patron des mutualités socialistes


Regardez cette tête qui inspire confiance, ces yeux prêts à relever de grands défits...


Michel Jadot a été élu président des Mutualités socialistes au cours d'une assemblée générale qui s'est déroulée samedi. Michel Jadot succède à Bernard Thiry, appelé à occuper de hautes fonctions au sein du groupe Ethias.
Docteur en droit, Michel Jadot a été pendant plus de dix ans à la tête de l'administration de l'Emploi. Avant cela, il a travaillé dans différents cabinets ministériels. Il avait commencé sa carrière à la FGTB. Bernard Thiry avait été élu en 2004 en remplacement du sénateur Philippe Mahoux. (belga)

13 décembre 2006

Charleroi, capitale wallonne du bruit

Charleroi, capitale wallonne du bruit

Pollution Le ministère de l'Equipement mesure les décibels sur 366 sitesLe Hainaut truste les mauvaises places. Devant Liège et le Brabant wallon. Un classement très mouvant. Découvrez le classement des 366 sites.

D e toutes les routes wallonnes, celles de Charleroi sont les plus bruyantes. C'est ce qui ressort du classement établi par le ministère wallon de l'Equipement et des Transports (MET). Depuis plusieurs années, la cellule acoustique du MET étudie les nuisances sonores et s'intéresse de près à celles que génère le trafic routier. Leurs sonomètres sont rivés sur 366 sites wallons. Dans le top 10 des lieux les moins agréables, pas moins de six sites hennuyers. Après le Hainaut, ce sont les provinces de Liège et du Brabant wallon qui collectionnent les décibels.
Pour élaborer ce classement, le MET utilise l'indicateur UCE (unité comparative d'exposition). Il exprime le niveau d'exposition de chacune des maisons exposées sur un site et est calculé en prenant en compte le nombre de maisons concernées, les niveaux sonores perçus sur le site et la présence ou non de certains bâtiments sensibles tels que des écoles ou des hôpitaux. « Un site avec une maison isolée exposée à un niveau de bruit très élevé pourrait donc se retrouver plus bas dans le classement qu'un site avec dix maisons et une école exposées à un niveau de bruit plus faible », explique Stéphane Guisse, conseiller au cabinet du ministre Daerden. Objectif : l'argent investi pour améliorer l'acoustique serve au plus grand nombre.
En constante évolution
« La présence d'un site dans la liste résulte généralement de demandes des riverains ou des élus », souligne-t-on au MET. Raison pour laquelle le classement est en constante évolution. Des mesures sont réalisées sur le terrain de façon régulière à l'aide d'un véritable laboratoire acoustique mobile. Des sites disparaissent du classement après la réalisation de travaux d'améliorations, d'autres apparaissent suite à des réclamations de riverains. Des 311 sites recensés en 2002, on est passé aujourd'hui à 366 sites répertoriés. A partir de cette liste le MET définit le classement des sites à améliorer en priorité.
Même si, insiste-t-on au MET, « pour certains sites c'est difficile sinon impossible, vu la configuration des lieux. Se trouver en tête de classement ne garantit donc aucunement des travaux. »
C'est le cas du tronçon de l'A 602-E 25 à Liège. Troisième du classement en avril 2002, il n'a pas quitté cette place. A la même époque, un quartier de Waterloo était premier. Il a complètement disparu du classement : des travaux de revêtement y ont été effectués. On estime par ailleurs à plus de 140 millions d'euros le budget nécessaire au traitement de l'ensemble des 366 sites.
Ces deux dernières années, une série de sites ont subi des travaux d'amélioration : l'A 54 à Jumet et Lodelinsart ; le R 3 à Gilly, Châtelet, Couillet et Marcinelle ; l'E 42 à Thiméon et Chaîneux ; la N 56 à Ath ; l'A 604 à Grâce-Hollogne ; le ring de Liège (A 602, E 40) ou encore la nationale 5 à Waterloo.

Bruxelles-Ville : mobilité

Le téléjalonnement pour désengorger le centre

Il reste encore des places
Se garer en ville, oui mais où ? Le système indique le nombre d'emplacements disponibles dans les parkings.

Pour trouver une place de parking, le bon réflexe est désormais de regarder vers le haut. Pas parce qu'elles sont chères et qu'il ne reste parfois qu'à espérer qu'il y en ait une qui tombe du ciel, mais, simplement, parce que c'est en levant les yeux que l'automobiliste prêt à manger son volant apercevra les nouveaux panneaux du système de téléjalonnement des parkings. Un système a priori simple et déjà disponible dans toute une série de grandes villes européennes et qui doit permettre à quiconque cherche à garer sa voiture (et est prêt à sacrifier quelques euros) de connaître, en temps réel, le nombre de places disponibles dans l'un des douze parkings de la société Interparking situés dans le Pentagone.
Douze parkings déjà concernés

Selon le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SP.A), 30 % des voitures qui circulent dans le Pentagone sont à la recherche d'une place de parking. « Alors que de nombreux automobilistes cherchent tant bien que mal à se garer sur la voie publique, les parkings publics regorgent de places inoccupées, explique Pascal Smet. Notre objectif, c'est de les guider vers les emplacements libres. »
Les douze parkings actuellement concernés par le projet abritent quelque 7.000 emplacements. Selon le ministre Pascal Smet, les avantages d'un tel système sont multiples : « Les automobilistes savent avant d'arriver dans le centre s'il y a des places disponibles et ils sont dirigés vers le parking le plus proche de leur destination ; ce qui permettra de réduire la pression automobile au centre-ville. »
Comment fonctionne le système ? Concrètement, des panneaux dynamiques ont été disséminés dans et autour du Pentagone en 17 endroits. Un système de comptage, relié au centre bruxellois de gestion du trafic Mobiris, a été installé dans chacun des parkings. Les panneaux, dressés notamment à hauteur de la Petite ceinture et sur les avenues centrales, renseignent le parking le plus proche avec des flèches et indiquent le nombre d'emplacements encore disponibles. Un site web est également mis à jour en temps réel où l'on peut consulter pareilles données (1).
Le projet est le fruit d'un accord entre la Région bruxelloise (frais de matériel technique), la Ville de Bruxelles (financement des boîtiers) et la société Interparking (système de comptage). Pascal Smet voudrait également étendre le projet aux autres exploitants du Pentagone. Une amélioration du système de téléjalonnement est aussi envisagée.
Longtemps bloqué, le dossier a connu un coup d'accélérateur avec le rachat du groupe par Fortis, voici quelques années.
En plus du système de téléjalonnement, la Ville et Interpaking sont appelés à se rapprocher pour travailler sur le futur projet d'extension du parking Poelaert, sous la rue Allard (180 places), dans le cadre du projet de suppression de parking, en surface, place du Sablon.

(1) http://mobiris.irisnet.be/parking/parking_fr.html

12 décembre 2006

VW dossier "Le Soir"

MAJ 11/12/2006

Volkswagen Forest, un séisme social


Le mardi 21 novembre, le couperet tombe, après plusieurs semaines d'incertitudes, la direction de Volkswagen Forest annonce la suppression des deux tiers des emplois sur le site de Forest, soit près de 4000 emplois directs. Ces suppressions d'emplois sont en partie dues au départ de la fabrication du modèle Golf vers deux usines allemandes. Le nombre d'emplois indirects qui seront touchés pourrait également atteindre plusieurs milliers de personnes.

Le succès des primes de départ chez VW Forest inquiète

Le seuil des mille candidats au départ volontaire a été franchi vers 12h30 chez Volkswagen Forest, avec à la clé une prime qui pourra atteindre jusqu'à 144.000 euros par travailleur concerné. 1.200 salariés s'étaient déjà porté candidats vers 13H30 et quelque 300 autres attendaient leur tour.
Tout comme hier, l'affluence était importante devant les portes de l'entreprise. Tous les salariés ayant fait le déplacement ne signent cependant pas le registre des départs volontaires, certains venant juste s'informer. Hier, sur quelque 1.200 salariés s'étant présentés, 769 l'ont signé.
Les syndicats commencent à s'inquiéter de l'énorme succès des primes de départ volontaire. "Si ça continue comme ça, on va dépasser dès aujourd'hui, les 1.500 personnes prévues", a estimé Hedwyn De Clercq (FGTB). "C'est beaucoup plus que prévu et nous ne pourrons peut-être pas redémarrer (le travail)", a-t-il poursuivi, précisant que les candidats au départ venaient de tous les départements de l'usine. "Si on continue comme ça, bientôt il n'y aura plus que quelques centaines de personnes qui resteront", a renchéri Pascal Van Cauwenberghe (CSC). En raison de l'incertitude qui plane toujours sur l'avenir de l'usine, les travailleurs optent massivement pour ce qui apparaît certain: l'argent, ajoute-t-il. "La direction doit informer rapidement car nous voulons continuer à préserver l'emploi pour 2009", a-t-il conclu.


Déjà 700 candidats au départ volontaire

Pour les salariés ayant plus de 25 ans d'ancienneté, cela signifie 144.000 euros, une prime historiquement élevée pour la Belgique.

Quelque 700 travailleurs de Volkswagen s'étaient déjà porté candidats au départ volontaire ce lundi, a-t-on appris auprès de Wim De Cubber (CSC). Ces travailleurs toucheront selon leur ancienneté une prime allant de 25.000 à 144.000 euros brut. 60 pc d'entre eux sont néerlandophones et 40 pc francophones.
Selon le responsable syndical, à 17H, environ 650 salariés s'étaient déjà inscrit. "Il en reste encore une cinquantaine dans la file, donc on va arriver à environ 700 candidats au départ volontaire", a-t-il estimé.
"Nous nous attendions à ce chiffre étant donné le niveau élevé des primes. Nous pouvons difficilement dire que nous sommes satisfaits, mais nous évitons bien sur des licenciements secs", a-t-il ajouté.
Selon les cas, les primes de départ pourront atteindre jusqu'à 144.000 euros. Les travailleurs intérimaires toucheront les montants les plus faibles, soit 25.000 euros. Pour les travailleurs de Volkswagen, le règlement prévoit une prime équivalente à un mois de salaire brut par ancienneté, sur base du salaire de nuit.
Pour les salariés ayant plus de 25 ans d'ancienneté, cela signifie 144.000 euros, une prime historiquement élevée pour la Belgique.

VW doit intervenir pour salariés sous-traitants(syndicats)Les représentants syndicaux des sous-traitants de Volkswagen ne nourrissent guère d'illusion sur le montant des primes qui seront accordées aux salariés qu'ils représentent mais estiment que Volkswagen devrait intervenir financièrement, a expliqué Guy Heyrman (FGTB), qui fait un parallèle avec les travailleurs intérimaires de Volkswagen."Les employeurs ont déjà été clairs sur le fait qu'ils ne pourront jamais payer les primes que VW va accorder. Nous essaierons d'obtenir le maximum pendant les négociations et nous plaiderons en outre pour que Volkswagen prenne ses responsabilités pour ces travailleurs", explique le représentant syndical.L'avenir des fournisseurs du site de Forest apparaît toujours aussi incertain. La plupart ont annoncé leur intention de restructurer leurs activités sans pouvoir détailler le nombre de suppressions d'emploi à escompter. Pour l'heure ces entreprises continuent à payer une prime, qui varie d'une entreprise à l'autre, en plus du chômage technique, à leurs salariés.





Prime historique pour les départs volontaires


Les travailleurs de VW Forest, qui quitteront l'entreprise sur base volontaire, se verront octroyer une prime d'un montant historiquement haut. Aussi bien les ouvriers que les employés bénéficieront en effet d'un mois de salaire brut par année d'ancienneté. Soit, pour les plus anciens, une prime qui dépasserait les 100.000 euros.
Les travailleurs de VW Forest qui quitteront l'entreprise sur base volontaire se verront octroyer une prime d'un montant historiquement haut, ont indiqué les syndicats vendredi soir à l'issue d'une rencontre avec la direction du constructeur allemand.
Aussi bien les ouvriers que les employés bénéficieront en effet d'un mois de salaire brut par année d'ancienneté, sur base du salaire de l'équipe de nuit. Ce qui veut dire, selon les syndicats, que les plus anciens parmi les travailleurs se verraient octroyer une prime qui dépasserait les 100.000 euros.

Il s'agit d'un montant particulièrement élevé au vu des normes en vigueur en Belgique, se sont félicités les syndicats.
Les travailleurs intérimaires recevront également une prime de départ qui tournera autour des 25.000 euros.
Une réunion est prévue la semaine prochaine afin de fixer les primes attribuées à chacun.
D'ici là, la grève se poursuit.
(D'après Belga)



La prime de licenciement dévoilée vendredi

La direction de Volkswagen Forest soumettra vendredi une proposition de prime de licenciement pour les travailleurs qui perdront leur emploi. La stratégie des syndicats dans les semaines à venir dépendra en grande partie de la hauteur de cette prime.
A l'issue d'une première réunion de discussions avec la direction, sur le contenu du plan social, Jan Vanderpoorten, représentant syndical de la FGTB, a déclaré: Nous voulons une compensation aussi élevée que possible. Il évoque la somme de 200.000 euros, un montant "aux normes allemandes", tout en ajoutant ne pas vouloir se fixer à un chiffre précis.
Mercredi, les syndicats espéraient également obtenir plus d'informations sur le sort des travailleurs qui souhaitent quitter l'entreprise. Il y aura un registre où tous ceux qui veulent partir pourront s'inscrire, a commenté Pascal Van Cauwenberghe. Nous y aurons accès régulièrement, ce qui nous permettra de savoir de combien de personnes on parle. Tous ceux qui seront partis depuis le 21 novembre, bénéficieront de la même prime de départ, comme convenu. L'objectif est que tous ceux qui veulent partir puissent le faire réellement, a-t-il ajouté.

Selon les syndicats, les discussions de ce mercredi, qui ont duré six heures, n'ont pas porté sur des mesures d'économies au sein de l'entreprise. Cela na jamais été dit explicitement mais nous partons du principe que 3.000 personnes resteront, a encore indiqué M. Vanderpoorten.
Nous avons évoqué différentes pistes concrètes, mais nous n'avons pas parler d'un effort de 20 pc sur les salaires, a de son côté indiqué le directeur du personnel de l'usine, Jos Kayaerts. Il y a également d'autres possibilités, comme l'allongement du temps de travail, a-t-il précisé. Nous n'avons pas évoqué la période de transition 2007-2009, car nous ne disposons pas encore nous-même des chiffres de production possibles pour cette période. Les véritables décisions n'ont pas encore été prises, a ajouté le responsable VW. Un pas en avant a été franchi, mais les négociations sont pénibles comme nous nous y attendions.
Jeudi, Jan Vanderpoorten et son homologue de la CSC Pascal Van Cauwenberghe, doivent se rendre en Allemagne pour assister à un nouveau conseil d'entreprise européen, où ils espèrent obtenir plus d'informations. Il est également important que jeudi, tous les syndicats européens soient sur la même ligne, estime le responsable FGTB.
Une nouvelle rencontre entre syndicats et direction est prévue ce vendredi, avant le prochain conseil d'entreprise qui aura lieu mardi. Une réunion est également prévue jeudi prochain.
A la demande des syndicats, la fréquence des réunions a été revue à la hausse.
(D'après Belga)






20% de réduction des coûts salariaux (04/12/2006)

La CSC-Métal semblait resserrer les rangs ce lundi après-midi. La direction souhaite la reprise du travail
BRUXELLES La direction de l'usine Volkswagen de Forest entend voir réduit de 20 pc le coût salarial du site bruxellois du constructeur automobile, ont annoncé les syndicats à l'issue du conseil d'entreprise, le deuxième consacré à la restructuration envisagée du site.
Cette baisse des coûts pourrait passer par un allongement du temps de travail, qui passerait de 35 à 38 heures par semaine, sans compensation salariale, "comme dans le reste du secteur automobile en Belgique", a indiqué de son côté le porte-parole de la direction de VW Bruxelles, Norbert Steingräber.
Les dirigeants du site bruxellois ont également appelé les travailleurs à reprendre le travail "au plus vite".La direction de Volkswagen a par ailleurs confirmé que 3.000 travailleurs pourraient garder leur emploi dans l'usine après la réorganisation, sans toutefois préciser s'il s'agirait d'emplois à temps plein.
"Nous avons des perspectives claires pour le site. Mais nous devons répondre encore à un grand nombre de questions avec les délégués du personnel afin d'assurer une construction économique de la nouvelle Audi A1 à l'usine de Bruxelles", a précisé M. Steingräber dans un communiqué diffusé à l'issue de la réunion.Pour réaliser ce projet, la "condition essentielle" serait une réduction du coût salarial horaire, précise la direction, qui prône l'application de la semaine de 38 heures à l'usine de Forest, "comme dans le reste du secteur automobile en Belgique", et une modification de l'organisation générale du travail.
"De telles mesures sont inéluctables", a souligné M. Steingräber. Pour ce qui concerne la phase transitoire avant 2009, la direction fait état d'"une première série d'idées concrètes sur une organisation possible jusqu'à 2009 pour 3.000 employés au maximum"."Nous voulons pour cela combiner divers instruments, comme par exemple la formation continue ou la mise à disposition via AutoVision", la filiale du groupe Volkswagen chargée de l'exploitation de l'Automotive Park, précise le communiqué de Volkswagen.
A la sortie, les représentants syndicaux ne cachaient pas leur déception, le conseil d'entreprise n'ayant une nouvelle fois guère fourni d'informations concrètes. Le mouvement de grève se poursuivra à coup sûr tant que ce ne sera pas le cas, a-t-on précisé de source syndicale.
Du côté de la direction, on continue de miser sur un "dialogue constructif" avec les délégués du personnel. "Mais pour cela, il faut que le travail reprenne au plus vite dans les conditions normales", ont précisé les responsables de Volkswagen
Une reprise du travail ne sera envisageable dans l'usine Volkswagen de Forest que lorsque les travailleurs auront reçu "des garanties concrètes et officielles sur l'avenir" du site, a fait savoir lundi après-midi la CSC-Métal.Contestant certaines informations faisant état du souhait de certains travailleurs de reprendre le travail, le syndicat chrétien rappelle, dans un communiqué, que "toutes les décisions syndicales ont été prises en front commun et continueront de l'être à l'avenir".
"Les discussions en cours actuellement au conseil d'entreprise sont d'une importance capitale", ajoute la CSC-Métal, qui rappelle dans la foulée que "les délégués attendent la confirmation officielle du licenciement de 2.200 travailleurs".
"Ce n'est que lorsque nous aurons des garanties concrètes et officielles sur l'avenir que nous pourrons envisager une reprise du travail", conclut le communiqué.
Un rapport confirme les bons résultats de Forest
Un rapport économique confidentiel, datant de mars 2006, confirme les résultats performants du site de Volkswagen Forest, a annoncé la RTBF lundi. Ces informations financières, certifiées complètes, émanent de la direction générale de VW Forest. Le rapport met en avant la flexibilité des travailleurs de Forest. Depuis 2003, la valeur ajoutée par travailleur n'a en effet pas cessé d'augmenter, de même que le chiffre d'affaire par travailleur, qui est passé de 354 euros en 2003 à 504 euros en 2005.
VW Forest a clôturé l'exercice 2005 avec un résultat bénéficiaire de plus de 28 millions d'euros, dont 21,9 millions ont été investis dans l'expansion de l'usine et l'optimisation de la production, indique encore la RTBF. De plus, d'après ce document, plus de 305 millions d'euros d'investissements étaient prévus pour les cinq années à venir. Ce rapport pointe malgré tout du doigt la dépendance du site par rapport aux commandes de VW et le risque lié à la production d'un seul modèle.


VW veut les 38 heures (05/12/2006)

La direction demande la reprise du travail. Les syndicats exigent des garanties pour l'emploi à Forest
" On passe de 1.500 à 3.000 emplois sauvés, mais à part ça, on n'a pas appris grand-chose". Deux jours après avoir manifesté dans le centre de Bruxelles, Jan Vanderpoorten (FGTB) se retrouvait à la table d'un nouveau conseil d'entreprise consacré à l'avenir de VW Forest. Aucune nouvelle concrète n'en est sortie, ce qui a suscité un nouveau sentiment de déception chez les travailleurs et leurs syndicats.
On y a par contre discuté de la venue de l'Audi A1 en 2009 et la direction a confirmé le maintien de 3.000 emplois sur le site bruxellois du constructeur allemand. Tout en demandant la reprise du travail à VW Forest. "Mais nous n'avons reçu aucune garantie, réagit Jan Vanderpoorten. Donc la grève continue jusqu'à nouvel ordre". De son côté, la direction de VW communiquait également à la sortie de la réunion. Elle a présenté une série d'idées pour réduire les coûts salariaux à Forest, condition sine qua non pour les aligner à ceux pratiqués à l'usine allemande de Mosel et qu'un nouveau modèle soit confié à l'usine forestoise. Parmi celles-ci : "L'application de la semaine des 38 heures/semaine dans l'usine comme dans le reste du secteur automobile en Belgique", a indiqué Norbert Steingräber, porte-parole de la direction de VW Bruxelles. Celui-ci insiste également sur une réorganisation générale du travail. "De telles mesures sont inéluctables", lâche encore le porte-parole.
La transition entre 2007 et 2009 a également été abordée. La direction a manifesté son souhait de maintenir 3.000 postes de travail "au maximum" via la formation continue et la mise à disposition des travailleurs. La direction souhaite réduire les coûts du travail d'environ 20 %. La question du paiement des travailleurs de VW Forest reste par ailleurs en l'état. La direction maintien sa décision de la semaine dernière et les travailleurs devront vivre avec les 25 euros par jours que leur versent les syndicats.
Une situation qui risque de déstabiliser la mobilisation des grévistes à la veille des fêtes de fin d'année, synonyme de dépenses pour les ménages. Cette perte de salaire incite certaines voix à en appeler à une reprise du travail, a indiqué hier Pascal Van Cauwenberge, délégué CSC." Mais ce n'est que lorsque nous aurons des garanties concrètes et officielles sur l'avenir que nous pourrons envisager une reprise du travail", a-t-il tout de suite précisé. Chez les rouges, on assurait que le front commun syndical n'était pas menacé.
Ma. C.
La direction demande la reprise du travail à Forest. Les syndicats refusent et exigent des garanties pour l'emploi
FOREST " On passe 1.500 à 3.000 emplois sauvés, mais à part ça, on n'a pas appris grand-chose". Deux jours après avoir manifesté dans le centre de Bruxelles, Jan Vanderpoorten (FGTB) se retrouvait à la table d'un nouveau conseil d'entreprise consacré à l'avenir de VW Forest. Aucune nouvelle concrète n'en est sortie, ce qui a suscité un nouveau sentiment de déception chez les travailleurs et leurs syndicats.
On y a par contre discuté de la venue de l'Audi A1 en 2009 et la direction a confirmé le maintien de 3.000 emplois sur le site bruxellois du constructeur allemand. Tout en demandant la reprise du travail à VW Forest. "Mais nous n'avons reçu aucune garantie, réagit Jan Vanderpoorten. Donc la grève continue jusqu'à nouvel ordre".
De son côté, la direction de VW communiquait également à la sortie de la réunion. Elle a présenté une série d'idées pour réduire les coûts salariaux à Forest, condition sine qua non pour les aligner à ceux pratiqués à l'usine allemande de Mosel et qu'un nouveau modèle soit confié à l'usine forestoise. Parmi celles-ci : "l'application de la semaine des 38 heures dans l'usine comme dans le reste du secteur automobile en Belgique", a indiqué Norbert Steingräber, porte-parole de la direction de VW Bruxelles. Celui-ci insiste également sur une réorganisation générale du travail. "De telles mesures sont inéluctables", lâche encore le porte-parole.
La transition entre 2007 et 2009 a également été abordée. La direction a manifesté sont souhait de maintenir 3.000 postes de travail "au maximum" via la formation continue et la mise à disposition des travailleurs. La direction souhaite réduire les coûts du travail d'environ 20 %.
La question du paiement des travailleurs de VW Forest reste par ailleurs en l'état. La direction maintien sa décision de la semaine dernière et les travailleurs devront vivre avec les 25 euros par jours que leur versent les syndicats. Une situation qui risque de déstabiliser la mobilisation des grévistes à la veille des fêtes de fin d'année, synonyme de dépenses pour les ménages.
Cette perte de salaire incite certaines voix à en appeler à une reprise du travail, a indiqué hier Pascal Van Cauwenberge, délégué CSC." Mais ce n'est que lorsque nous aurons des garanties concrètes et officielles sur l'avenir que nous pourrons envisager une reprise du travail", a-t-il tout de suite précisé. Chez les rouges, on assurait que le front commun syndical n'était pas menacé.


L'espoir persiste à Forest (04/12/2006)

Entre 15.000 et 25.000 personnes, selon la police ou les organisateurs, ont défilé samedi à Bruxelles pour protester contre la décision de Volkswagen de supprimer 3.500 emplois dans son usine d'assemblage de Forest.
La manifestation, à laquelle participaient évidemment de nombreux Belges, mais aussi des Français, des Allemands, des Luxembourgeois, des Italiens, des Espagnols et des Portugais, n'a pas égalé la mobilisation de celle de 1997 contre la suppression de 3.100 emplois avec la fermeture de Renault Vilvorde. À l'époque, quelque 90.000 personnes avaient fait le déplacement pour soutenir les ouvriers licenciés.
Des salariés d'autres entreprises, de DHL, de Caterpillar, de Carrefour, du port d'Anvers et de Delhaize notamment, s'étaient pourtant joints au cortège samedi pour témoigner de leur solidarité.
Les manifestants agitaient des drapeaux et des bannières sur lesquelles on pouvait notamment lire : Les gens en premier, le profit en dernier , Touche pas à ma Volkswagen , ou encore Victimes de Wolfsburg , en référence à la ville allemande abritant le siège du constructeur automobile.
Volkswagen a annoncé mardi l'arrêt de la production de la Golf en Belgique dans le cadre d'un plan de restructuration qui conduira à 20.000 suppressions de postes en Europe.
Mais après des discussions avec le Premier ministre belge Guy Verhofstadt (VLD), le constructeur a annoncé vendredi que quelque 3.000 employés pourraient produire le dernier modèle d'Audi dans l'usine située dans la banlieue de Bruxelles jusqu'en 2009, ce qui compensera partiellement les suppressions d'emplois annoncées la semaine dernière. L'espoir d'une potentielle reprise du travail renaît chez les travailleurs de VW. Même si beaucoup avouent ne pas y croire dans le fond, ils se disent souvent "on ne sait jamais" .
S'adressant aux manifestants, des syndicalistes ont affirmé qu'ils n'étaient pas sûrs que cette promesse serait respectée et qu'ils continueraient à se battre afin d'obtenir le meilleur accord pour les employés. "Au cours de la dernière décennie, on a demandé aux employés de VW d'être extrêmement flexibles. Mais il s'avère désormais que cette flexibilité ne nous a rien amené", a déclaré Erwin Declerck, du syndicat CGSP. L'usine belge produit actuellement 204.000 véhicules par an, dont 190.000 Golf.
Mateusz Kukulka


© La Dernière Heure 2006
25 euros par jour
FOREST À partir d'aujourd'hui, les 5.200 travailleurs de Volkswagen Forest devraient être payés par les caisses de grève des syndicats. Ceux-ci espèrent par ailleurs qu'un quota de production de 60.000 Golf pourra être attribué à Forest pour 2007. La direction de l'usine avait promis de payer les salaires jusqu'à la fin du mois de novembre (et le vendredi 1er décembre). Les travailleurs devraient donc émarger aux caisses syndicales dès aujourd'hui (les équipes du week-end sont soumises à un autre régime), à moins que la direction n'en décide autrement, au cours d'une réunion qui doit avoir lieu lundi. Tous les syndiqués, soit 90 à 95 % du personnel, toucheront dès lors 25 euros par jour. Par ailleurs, l'incertitude plane toujours sur la production qui sera assurée à Forest d'ici à l'arrivée du nouveau modèle Audi A1 en 2009. Les syndicats font toutefois remarquer qu'un quota de production de 60.000 modèles de l'actuelle Golf n'a pas encore été attribué. S'il l'était à l'usine de Forest, cela représenterait, avec les 60.000 Polo prévues, un total de 120.000 véhicules pour 2007 sur le site.
© La Dernière Heure 2006


MAJ 29/11/2006








Volkswagen investit en Inde
mercredi 29.11.2006, 13:18Le géant allemand de l'automobile a annoncé un investissement de 410 millions d'euros en Inde pour y construire une deuxième usine de production de 110.000 petites voitures par an à partir de 2009, pour un marché local en pleine expansion. L'Inde est l'un des marchés d'avenir les plus intéressants pour l'industrie mondiale de l'automobile. Nous sommes déterminés à développer sans attendre le potentiel de ce marché, a déclaré le directeur financier de Volkswagen Hans Dieter Poetsch. La nouvelle usine Volkswagen située à Pune emploiera 2.500 personnes.

Des ouvriers allemands de VW solidaires
mercredi 29.11.2006, 11:30Des représentants du syndicat IG Metall, de la maison-mère Volkswagen de Wolfsburg, en Allemagne, participeront ce samedi à Bruxelles, à la manifestation des salariés de Forest, en signe de solidarité. "Nous savons que la solidarité n'est pas seulement un mot mais signifie également une co-responsabilité", indique le communiqué. "C'est pourquoi les 70.000 membres d'IG Metall Wolfsburg veulent souligner leur solidarité avec leurs collègues de Forest. Nous sommes à leurs côtés et nous voulons nous battre et manifester ensemble pour la défense des emplois en Belgique".

L'adhésion de la Turquie en suspens
mercredi 29.11.2006, 08:35La Commission européenne va recommander ce mercredi aux 25 de décider d'un gel partiel des négociations d'adhésion la Turquie à l'Union européenne, du fait du refus d'Ankara d'ouvrir ses ports aux navires chypriotes, a-t-on appris de source communautaire.



VW Forest: VW condamné en référé pour non-respect de la loi Renault


Le tribunal de Première instance de Bruxelles a rendu hier/lundi une ordonnance en référé, condamnant Volkswagen pour non-respect de la loi Renault, selon une information diffusée par Radio Contact. Côté syndical, on confirme l'information tout en soulignant que la procédure n'émane pas des syndicats et n'a pas reçu leur soutien. C'est un cabinet d'avocat, le bureau Bird 2 Bird, qui serait à l'origine de la procédure. Selon des témoignages de délégués présents sur les lieux, des représentants du bureau se sont rendus samedi sur le site de Forest pour y proposer leurs services. "Les délégués présents sur place ont décliné la proposition", arguant notamment du fait que les organisations syndicales disposent de services juridiques ad hoc, a expliqué André Langendries (FGTB). Les avocats se seraient ensuite adressés directement aux travailleurs présents sur les lieux. Quatre d'entre eux auraient accepté leurs services. (GFR)


VW devra payer (23/11/2006)

L'écoeurement accable les ouvriers qui veulent des compensations financières
FOREST Les ouvriers de VW Forest attendaient de savoir à quelle sauce ils allaient être mangés. Une nouvelle fois, c'est eux qui resteront sur leur faim. Les syndicats n'ont pu communiquer quoi que ce soit sur un plan social dont les négociations n'avaient pas encore commencé. "J'espère que ce plan sera valable, nous confiait Luc Vangeyten, depuis 20 ans chez VW. Et qu'on arrête de dire qu'on a sacrifié 20.000 emplois en Allemagne. Là-bas, les gens sont partis sur base de primes. Selon certains échos, ils ont eu 5.000 euros par année d'ancienneté. Certains sont partis avec 6 millions. Qu'on nous donne la même chose."
Et les pensées allaient aux 1.500 travailleurs qui vont rester à VW Forest, selon les promesses de la direction allemande de VW. "Je les plains, poursuivait Luc. On ne sait pas dans quelles conditions de travail ils vont travailler, et pour quels salaires. Je suppose qu'ils devront signer de nouveaux contrats."
Malgré le peu d'illusions qui régnait à l'assemblée générale quant au maintien de l'usine à moyen terme, certains y croyaient encore. "Il faudra essayer de garder un maximum d'emplois, commentait Mickaël Lebrun, ouvrier qui vient de Courcelles tous les jours pour travailler. Apparemment, il ne faut pas trop s'inquiéter d'après Agoria, ironisait-il suite aux déclarations de la Fédération de l'industrie technologique qui affirmait mardi soir qu'il y avait de l'emploi à pourvoir à Bruxelles. Mais dans l'état actuel des choses, l'usine n'est pas viable, on nous parle de 200 voitures par jour."
Rappelons que VW Forest, c'est un site de 52 hectares dont 21 sont bâtis. Difficile de l'imaginer fonctionner avec si peu d'effectif. "Il n'y a aucune usine VW qui fonctionne avec 1.500 personnes", lançait un travailleur la rage au ventre.
Ma. C.
© La Dernière Heure 2006


10.000 € par travailleur
La Commission européenne
a indiqué mercredi qu'elle autoriserait une grande flexibilité dans la répartition des fonds structurels européens en Belgique afin de soutenir au mieux les travailleurs victimes de la restructuration de l'usine Volkswagen à Forest. "Nous allons ainsi introduire une plus grande flexibilité dans les instruments (financiers) européens pour faire face à ce triste événement", a-t-elle ajouté. Des experts belges et de la Commission européenne se retrouveront à cette fin le 30 novembre pour étudier les glissements qui pourront être opérés au sein des différents fonds structurels actuellement opérationnels en Belgique pour faire face aux conséquences de la restructuration de VW-Forest. Selon l'accord sur le budget européen intervenu en décembre dernier, la Belgique doit normalement recevoir au cours des 7 années à venir quelque 1,425 milliard d'euros au titre de l'Objectif 2 consacré à soutenir la compétitivité et l'emploi en Europe.
Cette enveloppe destinée à la Belgique ne peut nullement être augmentée. La seule chose possible est la réorientation de budgets déjà promis à certains programmes au profit des victimes de la restructuration de VW. "On va à présent chercher les programmes moins prioritaires en Belgique pour réaffecter cet argent vers des programmes de reconversion des travailleurs de Forest. Les programmes initiaux auront l'argent promis, mais sans doute un peu plus tard", indiquait mercredi soir un participant belge à la réunion. Même si les critères d'attribution doivent encore être finalisés, le projet déposé par la Commission européenne au printemps dernier prévoyait l'octroi d'une aide ponctuelle plafonnée à 10.000 euros par travailleur, et limitée sur une période de 18 mois. Plusieurs responsables belges rencontreront d'ailleurs le commissaire européen à l'Emploi, Vladimir Spidla, ce jeudi à 13 h 30 pour obtenir plus d'informations sur l'aide apportée éventuellement par le Fonds d'ajustement à la mondialisation.

Tsunami à VW Forest : 13.000 familles touchées


En vue de préparer l'accompagnement des 4.000 travailleurs de l'usine bruxelloise de VW

Les ministres régionaux et communautaires de l'Emploi et de la Formation ont mis en place jeudi, avec le soutien du ministre fédéral de l'Emploi Peter Vanvelthoven, la cellule de crise Volkswagen qui sera chargée d'accompagner les quelque 4.000 travailleurs de l'usine forestoise de VW qui subiront un licenciement.La cellule de crise constituera également "un point d'entrée unique en terme d'information" pour les partenaires sociaux parties aux négociations, a expliqué le ministre bruxellois de l'Emploi, Benoît Cerexhe."L'objectif de la cellule n'est pas de se substituer au dialogue social entre partenaires sociaux au sein de l'entreprise, mais de centraliser l'information pour les négociateurs et de coordonner l'action des régions en vue d'un accompagnement plus rapide et efficace" des travailleurs licenciés, a-t-il ajouté.Pour le volet accompagnement, "nous demandons aux partenaires sociaux de tenir compte de tous les membres du personnel licenciés, et pas seulement de ceux qui sont encadrés par des dispositions légales. Tout le monde doit bénéficier d'un accompagnement", a encore dit le ministre bruxellois.Il sera procédé aussi à une analyse de la situation des entreprises sous-traitantes, "car un emploi dans le secteur automobile représente deux emplois indirects", a souligné M. Cerexhe. Un inventaire des sous-traitants et des emplois concernés sera établi et il sera réfléchi à l'extension des mesures à ces derniers, a-t-il ajouté.La cellule de crise Volkswagen est la première mise sur pied dans le cadre de l'Accord de coopération du 24 février 2005 relatif à la mobilité interrégionale des chercheurs d'emploi. Elle se réunira au minimum une fois par semaine.Elle se compose du ministre fédéral de l'Emploi, Peter Vanvelthoven, de ses homologues bruxellois, Benoît Cerexhe, wallon, Jean-Claude Marcourt, et flamand, Frank Vandenbroucke, de la ministre wallonne de la Formation, Marie Arena, et de Françoise Dupuis, secrétaire d'Etat bruxelloise, chargée notamment de la formation professionnelle. Les services régionaux de l'Emploi (Forem, Orbem et VDAB) y prennent également part, de même que l'Office national de l'Emploi (Onem).Le ministre Marcourt a par ailleurs exigé que VW Forest fasse preuve de davantage de clarté quant à son plan industriel. "L'entreprise doit préciser comment elle compte maintenir au travail 1.500 personnes avec une production de 60.000 Polo par an, alors qu'un tel scénario n'est pas viable selon les experts", a-t-il déclaré."Il ne faut pas laisser d'espoirs vains aux travailleurs", a-t-il ajouté. Et son homologue flamand, Frank Vandenbroucke, d'approuver. "VW doit préciser ses intentions et prendre ses responsabilités dans le plan social qui sera négocié", a-t-il dit.

Une cellule de crise interrégionale pour VW
jeudi 23.11.2006, 09:45Les ministres régionaux et communautaires de l'Emploi et de la Formation ont mis en place jeudi, avec le soutien du ministre fédéral de l'Emploi, Peter Vanvelthoven, la cellule de crise Volkswagen, en vue de préparer l'accompagnement des 4.000 travailleurs de l'usine bruxelloise de VW qui perdront leur emploi. "L'objectif de cette cellule de crise n'est pas de se substituer au dialogue social entre partenaires sociaux au sein de l'entreprise, mais de coordonner les actions des régions en vue d'un accompagnement plus rapide et efficace" des travailleurs licenciés, a déclaré le ministre bruxellois de l'Emploi, Benoît Cerexhe. Il s'agit de la première cellule de crise mise sur pied dans le cadre de l'Accord de coopération du 24 février 2005 relatif à la mobilité interrégionale des chercheurs d'emploi.

Peut-être un Objectif 2 pour VW-Forest
mercredi 22.11.2006, 14:00La commissaire européenne en charge de Politique régionale, Danuta Hübner, devrait rencontrer ce soir les responsables gouvernementaux en charge du dossier de la restructuration de VW-Forest. La rencontre portera sur la manière d'utiliser au mieux les fonds structurels européens dits de l'Objectif 2 pour la reconversion de l'ensemble des travailleurs qui perdront leur emploi. Mme Hübner devrait s'entretenir avec les ministres régionaux de l'Emploi, ainsi que le ministre fédéral.

Débat sur VW Forest à la Chambre
mercredi 22.11.2006, 13:00La séance plénière de la Chambre commencera jeudi à 14h15 par un mini-débat sur la restructuration à VW Forest, a décidé la conférence des présidents de la Chambre qui s'est réunie aujourd'hui. L'heure des questions se tiendra après ce mini-débat.


La résistance s'organise

Les syndicats ont confirmé, au cours d'une assemblée générale, que 4.000 emplois seront supprimés chez VW Forest, alors que des piquets de grève seront installés dès lundi sur le site. A l'issue de l'assemblée, un cortège de manifestants a entamé une "marche pacifique" en direction du centre de Forest.

la direction nous a annoncé hier (mardi) en conseil d'entreprise que 3.500 ouvriers et 500 employés devront quitter l'usine, ont déclaré les responsables syndicaux devant plus de 2.000 personnes rassemblées sur un parking de l'entreprise bruxelloise.
C'est une baffe dans la gueule pour tous les travailleurs, ont-ils ajouté, régulièrement interrompus par des cris de déception et de colère. Quelque 1.500 emplois seront maintenus et de 60.000 à 80.000 Polos seront produites à Forest en 2007, a également annoncé la direction lors du conseil d'entreprise.
Le flou demeure cependant quant au montage éventuel de nouveaux modèles ou de Polos supplémentaires, ont indiqué les syndicats. Tout en lançant un appel au calme, ils ont dit vouloir "mobiliser tous les moyens" pour contrecarrer la décision de la direction, tant sur le plan politique que par un appui soutenu à la construction d'une Europe sociale.
Une première rencontre avec la direction aura lieu demain/jeudi afin d'entamer le plus rapidement possible les négociations sur les prépensions et les primes de départ.
Des piquets de grève seront installés dès lundi devant l'usine. La foule s'est dispersée dans le calme à la fin de l'assemblée générale, peu après 11 heures.
Préparer un dossier solide
De leur côté, le premier ministre, Guy Verhofstadt, et le ministre de l'Emploi, Peter Vanvelthoven, ont rencontré ce mercredi matin les syndicats de l'usine VW de Forest. Une telle rencontre avait déjà eu lieu mardi soir.
Gouvernement et syndicats comptent préparer ensemble un dossier solide pour obtenir quelque avancée lors de la future rencontre avec la direction de Volkswagen, a-t-on appris auprès du cabinet du ministre de l'Emploi. Rien n'a filtré du contenu de la discussion, afin de ne pas nuire à la faible chance qui persiste.
Sur base d'un dossier solidement préparé, il est question, dit-on au cabinet Vanvelthoven, de prendre contact dans le courant de la semaine prochaine avec une personne qui pourra peser sur le dossier. Un conseil des ministre restreint s'est également tenu ce matin. Les ministres ont dressé un état de la situation.
Mini-débat à la Chambre
Parallèlement, la séance plénière de la Chambre commencera ce jeudi à 14h15 par un mini-débat sur la restructuration à VW Forest, a décidé la conférence des présidents de la Chambre qui s'est réunie mercredi. L'heure des questions se tiendra après ce mini-débat.
Allemagne
Enfin, la commissaire européenne en charge de Politique régionale, Danuta Hübner, devrait rencontrer ce mercredi soir les responsables gouvernementaux en charge du dossier de la restructuration de Volkswagen-Forest.
La rencontre portera sur la manière d'utiliser au mieux les fonds structurels européens dits de l'Objectif 2 pour la reconversion de l'ensemble des travailleurs qui perdront leur emploi.
Mme Hübner devrait s'entretenir avec les 3 ministres régionaux de l'Emploi, ainsi que le ministre fédéral en charge du dossier. Des membres du cabinet du commissaire Vladimir Spidla, en charge de l'Emploi, devrait également assister à la réunion.
Vladimir Spidla, n'a d'ailleurs pas exclu que la Belgique puisse bénéficier du futur Fonds européen d'ajustement à la mondialisation pour soutenir la reconversion des travailleurs victimes de la restructuration de l'usine VW à Forest.
La Belgique pourra peut-être en bénéficier. Mais je tiens à insister sur le peut-être, a indiqué lors d'une conférence de presse le commissaire tchèque.
Avancé l'an dernier par le président de la Commission européenne, le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation aurait normalement dû être effectif dès le 1er janvier 2007, mais sa procédure d'adoption en codécision (NDLR: par le Parlement et le conseil des ministres européens) n'est pas encore achevée.
Doté d'un budget annuel de 500 millions d'euros pour toute l'UE, ce nouveau fonds européen est théoriquement destinés aux seuls travailleurs victimes de délocalisations en dehors de l'Union, ce qui n'est pas le cas de la restructuration à VW Forest. Interrogé mercredi, le commissaire Spidla n'a toutefois pas exclu qu'il puisse servir aux travailleurs touchés par la restruction de VW-Forest.
Il faudra examiner les critères, a-t-il dit. Ces déclarations du commissaire constituent cependant une inflexion notable par rapport à la destination originale de cet instrument.
La Commission européenne a toutefois insisté mercredi sur la nature de ce fonds qui n'a pas vocation à remplacer, mais compléter, les autres aides fournies. Le fonds est conçu comme un filet de sécurité, a ainsi rappelé le porte-parole de M. Barroso.
(D'après Belga)

Des places vacantes dans la construction
Au moins 450 travailleurs qui risquent d'être licenciés de l'usine VW de Forest pourraient être embauchés dans le secteur de la construction, affirme ce mercredi la Confédération flamande de la Construction (VCB), qui se base sur les résultats d'embauche enregistrés à la suite de la suppression de 3.000 emplois chez Ford Genk en 2003.
Les anciens travailleurs de Ford Genk ont retrouvé du travail dans des entreprises métallurgiques (32 pc) en premier lieu, et en second lieu dans le bâtiment (12 pc), selon les statistiques dont dispose la VCB.
La confédération flamande de la construction se dit prête à collaborer pour chercher des solutions au profit des futur ex-travailleurs de VW Forest et des entreprises sous-traitantes. Par ailleurs, le constructeur d'autobus Van Hool dispose aussi de quelques dizaines d'emplois vacants pour des travailleurs expérimentés tels que ceux de VW Forest, a-t-il annoncé mercredi dans un communiqué.
Il s'agit surtout de fonctions opérationnelles et techniques, tant pour des ouvriers que pour des employés.
Mardi, la SNCB avait déjà annoncé disposer de quelques centaines de postes vacants que des ouvriers de VW Forest seraient susceptibles de pourvoir.
(D'après Belga)

Mort d'une usine






blockquote>Verdict catastrophique : 4.000 emplois directs
perdus. La Golf quitte bel et bien VW Forest. L'usine est réduite à très peu de
chose. Viable ? Rien n'est moins sûr.

I l ne pouvait guère être de scénario pire que celui-là. Les chiffres des licenciements chez Volkswagen Forest sont enfin tombés. Et ils sont terrifiants. 4.000 personnes vont perdre leur emploi, soit trois quarts du personnel. Le couperet est tombé mardi matin, suite à une réunion du conseil d'entreprise. La Golf, le modèle qui a fait les beaux jours de l'usine, quitte la Belgique. Il ne sera plus assemblé que dans deux usines allemandes : au siège du groupe, à Wolfsburg, et à Mosel. Il représentait 95 % de la production de Forest...
Aux 4.000 licenciements, il faut ajouter les nombreux emplois perdus chez les sous-traitants de l'usine. On parle de 10.000 emplois... Des mots résonnent dans la tête : Renault Vilvorde, Sabena, Ford Genk... c'est l'une des pires catastrophes sociales que le pays ait connues.

La direction de VW invoque la surcapacité qui règne en Europe de l'Ouest, la nécessité de rationaliser la production et de ramener sur deux sites au lieu de trois la production de ce modèle. « A un problème structurel, il faut prendre des mesures structurelles, explique Evelyne Helin, porte-parole. Mosel et Wolfsburg peuvent reprendre sans frais les volumes de production de Forest car ils ont de la capacité suffisante. Ce sera économiquement plus rentable de produire la Golf dans ces deux usines, notamment pour des raisons logistiques : 60 % de nos pièces viennent d'Allemagne, dont les tôles de carrosserie. »
Que restera-t-il à Forest ? On n'en sait rien pour l'instant. Tout ce que l'on a appris, c'est que VW entend maintenir environ 1.500 emplois sur le site. Il n'y a aucune certitude sur la Polo.
Sera-t-elle toujours assemblée l'année prochaine ? Le volume de production, 11.000 en 2006, va-t-il être augmenté ? Mystère. En l'état, il est de toute façon inconcevable de faire tourner une usine pour seulement 11.000 voitures.
Pour beaucoup, cette restructuration massue n'est qu'une fermeture déguisée. « Avec 1.500 salariés, VW Bruxelles n'est pas viable. C'est la première étape avant la fermeture », estime Pascal Van Cauwenberge, délégué de la CSC. La direction dément. « La fermeture du site n'est pas envisagée, même à plus long terme, insiste Reinhard Jung, président du conseil d'administration de VW Forest. Nous essayons de trouver une solution constructive. »
Dès demain, la direction belge va entamer des discussions avec les syndicats... pour évoquer toute une série de scénarios. « Nous avons des idées. Et la direction allemande aussi, sinon elle aurait fermé l'usine, explique la porte-parole de l'usine. Grâce à de nouvelles activités et à des réductions du temps de travail, nous pourrons maintenir 1.500 emplois et faire mieux peut-être. Quant à ceux qui seront licenciés, nous ne laisserons tomber personne. Nous nous engageons vis-à-vis de tous nos collaborateurs. »
Dès l'annonce des licenciements, les réactions politiques ont fusé. Le Premier ministre Guy Verhofstadt a pris la parole, se déclarant déçu « de voir que des considérations essentiellement nationales ont constitué le fondement de cette décision. Cela me choque. D'autant que tant d'efforts ont été consentis ces dernières années pour transformer cette implantation en l'une des plus productives d'Europe. Je comprends l'amertume et la colère des travailleurs et des familles touchées par ces mesures ».
Le Premier ministre a rencontré hier après-midi les syndicats et la direction de Forest. Il a également eu un entretien avec Wolfgang Bernhardt, le patron de la marque VW, responsable de la restructuration. Il s'attelle à organiser une réunion entre le gouvernement et la direction allemande du constructeur début décembre. « Les chances que ces discussions aboutissent sont minces », avertit-il néanmoins.
Une cellule de crise réunissant les trois ministres régionaux Yves Leterme, Jean-Claude Marcourt et Benoît Cerexhe a également été créée pour tenter de trouver une solution de reclassement pour les travailleurs licenciés. Elle se réunira demain.
Aussi bien du côté politique que syndical, on insiste néanmoins sur le fait que la priorité pour l'heure, ce n'est pas le reclassement et l'accompagnement des travailleurs touchés. C'est plutôt la nécessité d'obtenir de la direction un plan industriel solide qui garantit la pérennité du site à long terme et tenter de réduire au maximum le nombre de licenciements.
C'est seulement dans une seconde phase de la loi Renault, quand syndicats et patrons seront tombés d'accord, qu'il sera question du reclassement.
A l'usine même, la situation est restée calme. La plupart des travailleurs sont restés chez eux comme le leur avaient demandé les délégués syndicaux. Ils se réuniront en assemblée générale ce mercredi matin pour évoquer la stratégie et les actions à mener dans les semaines à venir.

Le personnel se réunit dans le calme
Le personnel de l'usine Volkswagen à Forest s'est réuni mercredi matin devant l'entrée principale de l'entreprise, au boulevard de la Deuxième Armée Britannique. Vers 09h30, près de cinq cents ouvriers et employés s'étaient rassemblés dans l'attente de l'assemblée générale du personnel qui doit avoir lieu à 10h00 sur un grand parking à proximité.
Lors de cette assemblée, les syndicats comptent exposer à l'ensemble du personnel, près de 5.200 personnes, les licenciements à venir, leur stratégie et les actions éventuelles. Ils devraient aussi dévoiler ce qui figure à l'agenda pour les prochains jours. Il est notamment prévu que les syndicats entament jeudi les négociations avec la direction.
Les militants distribuent entre-temps des chasubles aux couleurs des syndicats et des drapeaux. L'atmosphère est calme et résignée. Un grand feu crépite devant l'entrée principale de l'usine.
(d'après Belga)

L'économie du futur : développer les services

V W aura eu raison de Charles Picqué. Le ministre-président de la Région bruxelloise a dû renoncer à s'envoler pour Madrid, où il devait participer aux Brussels Days. Les Bruxellois ne lui auraient pas pardonné une escapade madrilène alors que Bruxelles traverse une crise majeure.
Les Brussels Days madrilènes n'ont pourtant pas trop souffert de l'absence de Charles Picqué. La manifestation a pu compter sur la présence de Freddy Thielemans, le bourgmestre de Bruxelles. Les sérieux problèmes qui agitent sa majorité n'ont apparemment pas altéré sa sérénité. Le maire de Madrid, M. Gallardon, a souligné l'importance des relations bilatérales entre les deux capitales. Pour lui, le XXI e siècle sera celui des grandes villes.
Paradoxe : VW perd entre 3.500 et 4.000 emplois, mais Bruxelles organise un défilé de mode (le clou des Brussels Days) à Madrid. Choquant ? Non. Expression de la dure réalité économique plutôt : l'avenir de Bruxelles ne réside sans doute plus dans l'assemblage des voitures, mais bien dans le développement de son industrie tertiaire et l'exportation de ses services. « La nouvelle économie bruxelloise mise sur les investissements tertiaires », déclarait un membre de Brussels Export.
Présence massive
L'événement a été longuement préparé et les 37 entreprises composant la délégation bruxelloise avaient déjà leurs agendas bien remplis avant même de quitter Bruxelles. C'est que depuis la régionalisation du commerce extérieur, Bruxelles a tissé petit à petit un important réseau pour promouvoir ses exportations. La Région possède 33 représentations à l'étranger et partage une cinquantaine d'autres avec la Wallonie et la Flandre. Madrid est gâtée : un représentant bruxellois, un flamand et un wallon. Cette présence massive produit ses effets lors de grands événements comme les Brussels Days.
Que font ces entreprises à Madrid ? Elles prennent des contacts, voient du monde, profitent du prestige de la manifestation. Quelque 80 sociétés espagnoles se sont rendues, à l'invitation de Bruxelles, aux séminaires et workshops du Westin Palace où se tiennent les Brussels Day. Une partie d'entre elles travailleront avec Bruxelles.
C'est surtout la « meeting industry » qui doit profiter des Brussels Days. Chez nous, elle représente un chiffre d'affaires de 4 milliards d'euros et procure 22.000 emplois. En 2005, Bruxelles a été le cadre de 65.000 réunions et événements... Ceci dit, cette année, c'est la mode bruxelloise qui est mise en avant. Elle a beaucoup à recevoir de l'Espagne. La mode y est une industrie dynamique. Elle comptait plus de 4.000 entreprises en 2005 et occupait 130.000 personnes.


Economie « Une série de projets pourraient ne plus être subsidiés »
















Le crash de VW secoue Forest
A Forest, les commerçants et la commune sont
inquiets. A Madrid, on mise sur le développement de services.
Catastrophe. » Un seul mot pour résumer le sentiment qui habite le président de l'Union des commerçants du centre de Forest, basée à quelques tours de roue du site VW. Même s'il sait que la grande majorité des ouvriers engagés par le constructeur allemand n'est ni forestoise ni même bruxelloise, « de ce côté-là, je ne pense pas que nous perdrons beaucoup de clients », Guido De Bie est toutefois convaincu que la petite commune du sud de Bruxelles sera frappée de plein fouet par la vague annoncée de licenciements. « Je pense notamment à tous les fournisseurs et autres sous-traitants de VW dont l'éventuelle faillite aurait un impact certain sur nos commerces. »

Autre angoisse pour le président : le manque à gagner évident pour une commune dont le budget est déjà dans le rouge. « Aujourd'hui, il est encore possible de réaliser certains projets de rénovation ou d'entretien. Mais demain ? Que fera la commune si elle est privée des taxes et impôts de VW ? Il y a peu, on se réjouissait de bénéficier d'un contrat de quartier pour rénover la place Saint-Denis. C'est un vrai plus mais avec la fin annoncée de VW, on peut dire qu'on repart à zéro. »
Du côté de la commune, le futur échevin (PS) de l'économie et de l'emploi n'est pas moins inquiet : « C'est plus qu'une catastrophe pour Forest, réagit Gregor Chapelle. Si l'on ne prend que VW, on peut parler d'un manque à gagner de plus de 5 millions. Mais il faut hélas ajouter à cela tous les sous-traitants. On arrive alors à plus de 10 millions d'euros de pertes pour une commune qui tourne avec un budget total de 60 millions ! »
Si certains estiment que la fermeture de Forest n'aura pas ou peu d'incidences sur les habitants, très peu d'entre eux y travaillant, Gregor Chapelle pense tout le contraire : « A terme, c'est toute une série de projets qui pourraient ne plus être subsidiés pour des raisons financières. Ajoutons à cela les dégâts collatéraux sur le petit commerce du quartier Saint-Denis, par exemple, un lieu souffrant déjà d'une certaine morosité économique. »

La direction : « Nous n'avons été informés que ce mardi »

ENTRETIEN

Alain Lenaerts, vous êtes secrétaire général de l'usine de Forest. Quand la direction belge a-t-elle appris le nombre de pertes d'emplois ?
Nous avons reçu l'information officielle ce mardi matin.
La police bruxelloise a pourtant été avertie dès jeudi soir de risques de débordement.
Cette restructuration n'était pas une surprise. Il y a surcapacité, la suppression de 20.000 emplois en Allemagne a été annoncée, une augmentation du temps de travail a été acceptée par les travailleurs allemands. Tout cela nous faisait craindre de mauvaises nouvelles. Nous avons pris des précautions. Mais je vous assure qu'on ne savait pas avant mardi quelle allait être l'ampleur de cette restructuration. La direction belge n'a donc pas pu plaider sa cause et défendre le maintien de la Golf ? Non. Nous n'avons pas encore pu faire valoir nos arguments. Nous allons voir ce qui est envisageable.
Wolfsburg pourrait revenir sur sa décision ?
Je l'ignore. Mais la surcapacité est ce qu'elle est.
Avez-vous un sentiment d'injustice, vu la très bonne productivité de l'usine de Forest ?
C'est une décision économique qui a été prise. Face au problème de la surcapacité, il a fallu faire une analyse globale de la situation, quelle que soit la productivité des usines. L'important maintenant, c'est de regarder ensemble avec les syndicats les alternatives possibles pour créer des activités sur le site. Rapidement.

Forest se meurt, mais ne se rend pas

Une à une, les palettes de bois valsent dans le brasier, provoquant une gerbe d'étincelles. Une poignée de délégués syndicaux entretiennent le feu, entourés par une horde de caméras, de micros et de stylos. Ce mardi matin, le personnel de VW Forest a massivement suivi le mot d'ordre des syndicats : rester chez soi en attendant le dénouement. Rendez-vous est fixé pour l'assemblée générale de mercredi, à 10 heures. Ambiance faussement décontractée : le site retient son souffle. Avant le coup de massue. La Golf est perdue. Seuls 1.500 emplois sur plus de 5.000 devraient subsister.
VW Forest est en deuil. Ne comprend pas. Oscille entre consternation et colère. Derrière les grilles, fermées, quelques carcasses de voitures à divers stades de fabrication sont bombardées. Tous les moyens sont bons, des morceaux de sucre au gros pot de sauce cocktail. Au fil de la journée, les travailleurs affluent. Ils sont maintenant plusieurs centaines, rassemblés par solidarité. « Personne ici ne pense à son propre emploi. Nous sommes une grande famille qui se serre les coudes », explique l'un d'entre eux. Ils campent devant l'entrée et investissent le site. Blocus, il faut montrer patte VW pour rentrer.

La faute à Angela
A 14 heures, les gardiens Securitas lèvent le camp et abandonnent aux délégués leur local, sorte d'aquarium qui contrôle l'entrée. « Ce sont des ouvriers comme les autres, explique-t-on à la CSC. Il ne faudrait pas qu'ils soient l'objet de provocations. » Le feu prend de l'ampleur, les slogans fusent. De temps à autre, résonne la déflagration d'un pétard. Le grand drapeau frappé du sigle VW part en lourdes volutes noires. Des oeufs volants heurtent le fronton principal.
Personne ici ne croit aux 1.500 emplois conservés : « Pas viable. » Et d'y voir une fermeture en deux étapes, limitant le nombre de primes de fermeture à verser. « Ces 1.500 emplois, c'est juste un baxter. » Plus encore que la direction ou les syndicats allemands, c'est la chancelière allemande qui décroche la palme du nombre d'injures et le titre de « Reine du socialisme national ». La dauphine du concours n'est autre que l'Europe sociale, assassinée dans son berceau ou qui n'a jamais existé, c'est selon.
Pas de heurts majeurs à signaler. Quelques actes isolés, certains auraient soulagé leurs nerfs sur la chaîne de montage et la cafétéria. Mais le ciel de mercredi s'annonce nettement plus orageux.


« Qu'est-ce que je vais dire à ma fille ? »

Le soleil est cynique. Il est radieux. Il est bien le seul. Laurent, lui, est en deuil. Ce n'est pas une figure de style. Veste noire, tee-shirt noir, pantalon noir, chaussures noires, idées noires. « J'ai laissé plein de sueur ici, j'ai fait des efforts pour qu'on sauve l'usine, les emplois. Flexibilité, salaires bloqués, tout ça. Et voilà le résultat. Merci. » Laurent est en fin de trentaine. Il habite La Louvière. Il est massif comme un chêne.
Sa carrière défile, au pied du grand feu qui dévore des palettes avec la férocité d'un plan social. « Je suis rentré ici il y a 18 ans, après avoir obtenu mon diplôme de mécanicien machines outils. J'avais postulé à la Sabena et à VW. C'est Forest qui a répondu en premier. A l'époque, on gagnait 6.000 francs de plus que les maçons. Aujourd'hui, c'est 7.000 de moins. »


Laurent a commencé sur la chaîne de montage. « Je fabriquais des Golf et des Passat. On ne peut pas dire que j'étais passionné. Mais le salaire était attrayant. C'était ça qui nous tenait. »
Puis un jour, la machine a écrasé sa main. « Je suis devenu contrôleur. Je vérifiais que les véhicules qui sortaient étaient bien montés. » Horaires : boulot les vendredis et samedis matin, et les nuits de dimanche et de lundi.
Il tenait. Malgré les rumeurs de fermeture. « Depuis que je suis entré ici, on dit que l'usine va fermer. J'ai vraiment commencé à y croire l'an dernier, quand ils ont posé la première pierre de l'automotive park, un parc de sous-traitants, juste à côté. Petit à petit, ce qu'on faisait ici était fait par d'autres. Ça sentait la fin. Les cadres foutaient le camp. »
Laurent n'a jamais eu l'envie de quitter VW avant le cataclysme qu'il pressentait. « J'ai laissé tellement de choses ici. Il y a des gens, je les voyais plus que ma famille. Ce n'est pas spécialement de l'affection. Mais on n'est quand même pas responsable de ce qui se passe. Ce n'est pas la faute des ouvriers, quand même ! », dit-il, dans un éclat de voix.
Puis la fermeture est devenue chaque jour plus vraisemblable. « Les syndicats nous ont dit qu'il ne servait à rien de faire grève. Alors on n'a rien fait. Ils n'ont plus de pouvoir, les syndicats. Tout le monde a peur de perdre son job, alors c'est chacun pour soi. »
Laurent se demande aussi à quoi servent les hommes politiques dans des moments pareils. « On les voit quand il est trop tard. Est-ce qu'on attend que la maison soit détruite pour appeler les pompiers ? »
Laurent pense aux autres. Aux 500 intérimaires. « Ils sont dehors, sans indemnités. Ils ont aussi une famille, que je sache. » Il pense aux plus pauvres d'entre les ouvriers de VW. « Moi, je crois que je vais pouvoir m'en sortir pour la maison, tout ça. Mais eux ? Quand on n'a plus rien à perdre, on est capable de tout. Et je les comprends. »
Il pense à ses deux enfants, aussi. « J'ai un poney. Enfin, ma fille a un poney. Et si je dois lui dire qu'il faut le vendre ? » Son regard marron s'embue. Il tourne la tête, pour cacher cette larme qui ne demandait qu'à descendre. « Ils peuvent pas foutre la paix à nos gosses, non ? »


« La vie est ébranlée, mais il faut repartir »
entretien
L e ministre-président flamand (CD&V) appelle à un sursaut, malgré tout...



Pour un petit pays comme la Belgique, c'est un coup très dur...
Frapper comme ça entre 3.500 et 4.000 travailleurs, c'est un des coups les plus durs de notre histoire économique et sociale. Sans compter les emplois indirects. C'est très grave. Franchement, je pense à eux avec souffrance : les travailleurs qui vivent ça, leurs familles... Que ressentent-ils à cette heure ? Que se disent-ils entre amis, entre parents ? Un drame humain. Ça me révolte. Aucune analyse économique, aucune considération sur la surproduction de véhicules automobiles, aucune « raison » ne justifiera cela.
Et le « nationalisme » allemand ? Certains en Flandre ont écrit : « Deutschland über alles ! »
Passons sur cette expression... Il faut connaître tous les éléments du dossier avant d'utiliser de tels arguments. Soyons prudents. Les choses sont complexes. Il est vrai qu'on avait fait beaucoup d'efforts à Forest pour être performants. Pour autant, le site était-il compétitif ? Il semblait que oui. Bon, maintenant, il faut réagir positivement.
C'est-à-dire...
Trois choses pour moi. Un : veiller à ce que nos ministres de l'emploi, flamand, wallon, bruxellois et fédéral, travaillent ensemble dans la cellule de crise et de reconversion. Qu'ils coordonnent parfaitement leurs efforts.
Deux : nous avons en Flandre une bonne expertise en matière d'accompagnement des travailleurs qui ont perdu leur emploi. On va faire fonctionner nos instruments à plein régime, le plus efficacement.
Trois : je souhaite qu'on relance une table ronde sur l'industrie automobile. Que faire pour qu'elle reste attrayante dans notre pays ?
Mais la confiance est rompue.
Je le sais, je le comprends. La vie est ébranlée après un événement comme celui-là. Difficile de retrouver la confiance dans la société qui nous entoure, dans les institutions, dans les politiques... J'en suis conscient. Mais je sais aussi que notre volonté est forte, que la mienne est sans faille. Je veux qu'on s'en sorte ! Soyons concrets. Prenez le Brabant flamand, il y a beaucoup d'emplois inoccupés, nous devons redonner leur chance à un maximum de gens.
Le risque d'un dérapage social ?
Je comprends le désarroi, les frustrations, mais il faut garder son sang-froid. C'est plus facile à dire qu'à faire. C'est juste. Mais ça ne sert à rien d'en rester là, il faut regarder devant soi. Moi, je veux qu'on travaille à de nouveaux investissements, à redonner du travail, et de l'espoir.

« Je suis furieux contre tous les conservateurs ! »

Entretien
L e ministre-président wallon (PS) accuse
et appelle...


Le choc...
Evidemment, mais je suis furieux également. Furieux de voir que le capitalisme peut provoquer de tels drames. Furieux contre tous les conservateurs qui à travers le monde ont défendu à tous crins l'économie comme une valeur en soi, et ont freiné, partout, les volontés de régulation. Résultat : on se retrouve avec un énorme problème de gouvernance. Vous pensez : les seuls interlocuteurs de la direction de VW en Allemagne ont été les pouvoirs publics allemands, les syndicats allemands... Et l'Europe dans tout ça ? On est typiquement face à un problème européen et international, et il n'y a aucune gouvernance européenne ! C'est aberrant.
La faute à ?
Aux conservateurs, je l'ai dit. Aux partis de droite, qui ne veulent pas de la régulation, ni en Europe ni à l'échelle planétaire. Bien sûr, ce n'est pas facile à faire, et le monde est complexe, mais eux, ils agissent à contresens.
Mais il n'y a pas d'alternative au marché...
Je n'ai rien contre le marché ; simplement, il doit évoluer dans un cadre régulé. C'est la seule perspective. Aujourd'hui, les patrons d'entreprises vivent à l'heure de la globalisation, pas les politiques, ni les organisations des travailleurs. La droite veut maintenir ce décalage, et l'amplifier.
On a parlé de « protectionnisme » allemand, de « nationalisme ».
Je n'ai pas suffisamment d'éléments pour affirmer cela. En tout état de cause, attention à garder le contact avec l'Allemagne, à ne pas rompre le dialogue, ni avec la direction de VW, ni entre travailleurs.
Maintenant, ici, chez nous ?
Surtout, la Belgique doit parler d'une seule voix. Quelle erreur ce serait si l'une ou l'autre Région voulait faire cavalier seul, et défendre ses chances devant la direction de VW sans ses partenaires.
Quoi, il y a un risque ?
Les choses se passent bien. Mais je veux mettre en garde, c'est tout. Soyons tous derrière le Premier ministre fédéral. Il a des contacts avec VW, il va avancer, soutenons-le. Quant aux Régions, faisons ensemble notre travail pour l'accompagnement des travailleurs, et le reclassement.
J'ai demandé à Guy Verhofstadt qu'il organise une réunion commune, avec tout le monde, pour qu'on y voie clair. Dans un moment comme ça, nous devons rester unis entre Belges.
Et la colère sociale ?
Je la comprends. Mais je dis aux travailleurs qu'il faut maintenir leur outil de travail, car ce serait donner un argument à ceux qui veulent détruire Forest complètement.

Quel avenir pour les 1.500 rescapés ?


Q uel est l'avenir de Forest, une fois qu'elle aura été amputée de 95 % de sa production, de deux tiers de son personnel ? C'est le flou total. A l'inverse de Ford, qui lors de la restructuration à Genk avait annoncé l'arrivée de trois nouveaux modèles, VW n'a rien balisé du tout pour le futur de l'usine. Tout ce que l'on sait, c'est que la Golf ne sera plus produite à Forest. Même la production de la Polo n'est pas assurée pour 2007.
Que va faire VW avec 1.500 personnes ? Pieter Donck, directeur automobile chez Agoria, la fédération de l'industrie, voit difficilement l'usine recevoir un nouveau modèle. « Volkswagen n'est pas un constructeur de luxe qui produit de petits volumes. C'est un généraliste qui a besoin de grosses usines. Que va-t-il faire avec 1.500 personnes dans une usine gigantesque, avec une capacité de production de 230.000 véhicules ? 1.500 personnes, c'est l'équivalent d'une équipe ! Il n'y a quasiment plus aucune usine d'assemblage qui produit moins de 200.000 voitures par an. » Pieter Donck voit plutôt VW Forest suivre le même chemin que Renault Vilvorde. Une équipe de travailleurs a été maintenue sur le site et fabrique, pour les usines d'assemblage de Renault, des modules et des pièces.


« Pour maintenir une usine rentable, il faut de gros volumes de production, estime également Bernard Jullien, directeur du Gerpisa, un réseau international de recherche sur l'industrie automobile. C'est d'autant plus vrai si les espoirs de VW Forest reposent sur la Polo. Ce sont de petits modèles où le prix de vente est un élément concurrentiel déterminant, donc aussi les coûts de production. Le constructeur cherche à faire des économies d'échelle en produisant dans de grandes usines et dans des pays à bas salaires, comme les pays de l'Est. Volkswagen dit qu'il ne ferme pas Forest. Mais ce n'est guère différent. »
Même pessimisme chez John Wormald, consultant automobile chez Autopolis. « Avec si peu d'emplois, VW ne va sans doute plus jamais renouveler les installations de l'usine. Ce site va devenir une antenne du groupe constamment en porte-à-faux par rapport au reste. Le seul espoir, c'est que les ventes de VW rebondissent spectaculairement. Mais le marché est peu porteur. »
La direction belge de VW Forest veut, elle, croire dans les chances du site. « Si Wolfsburg n'avait pas de projets pour le site de Forest, il l'aurait fermé, insiste Evelyne Helin, porte-parole. Nous aussi, nous avons des idées concrètes, mais nous ne pouvons pas les dévoiler pour l'instant. La priorité, c'est de se mettre à table avec tous les partenaires : syndicats, pouvoirs publics, direction allemande, parc fournisseurs, pour envisager les scénarios possibles et voir s'ils sont réalistes. Nous pouvons sauver cette usine, mais il faut se battre. »

Charles Picqué et Benoît Cerexhe au CHARBON

charles Picqué, ministre-président (PS), dirigera ce jeudi matin un conseil économique et social réunissant politiques, patronat et syndicats, tandis que Benoît Cerexhe, ministre régional de l'Emploi (CDH), réunira sa première « cellule de crise » interrégionale, avec Jean-Claude Marcourt pour la Wallonie, et Frank Vandenbroucke pour la Flandre.
Comme tous, les Bruxellois sont « consternés », et pour eux aussi, le sort de VW à Forest reste largement une inconnue.

Charles Picqué ne s'en cache pas :














« Qui peut dire s'il restera demain une activité industrielle sur le site
de Forest ? Ne faudra-t-il pas réfléchir à une reconversion complète, à la
création d'un nouveau zoning ? Je ne m'avance pas. Mais ces questions sont
ouvertes, malheureusement. J'ai demandé à Guy Verhofstadt un tour de table
général, fédéral et Régions ensemble. A cette crise exceptionnelle, il faudra
peut-être trouver une réponse exceptionnelle. »
Même questionnement pour Benoît Cerexhe : « Il faut d'abord que la direction et les syndicats se mettent d'accord sur un plan industriel. On verra... Nous, on fera tourner au mieux la cellule de crise, dès jeudi matin. En plus, on entreprend des démarches auprès de la Commission européenne pour décrocher un soutien financier. »
Egalement : des juristes étudient dans le détail la décision de « restructuration » prise par la direction de Volkswagen en Allemagne, frappant de plein fouet la Belgique, et la possibilité éventuellement d'une plainte à la Cour de justice européenne.

« Nous ne laisserons tomber aucun site de production »

Dans un communiqué, Bernd Osterloh, président du comité d'entreprise européen de VW, a assuré ses collègues de Bruxelles de sa solidarité.
« Nous restons en contact étroit avec nos collègues syndicalistes belges. Ils ont tout notre soutien dans les négociations en cours avec l'entreprise. Nous ne laisserons tomber aucun site de production. Nos collègues syndicalistes belges sont les mieux placés pour trouver des solutions puisqu'ils savent quelles sont les mesures les mieux adaptées à leur site de production. Nous les assurons de la solidarité des représentants des salariés de tous les sites européens. »
« Il est nécessaire d'offrir une perspective d'avenir à Forest. Comme pour Wolfsburg, la Golf est vitale pour Bruxelles. C'est pourquoi il doit y avoir, en compensation, un produit de remplacement sur le site belge. Le plus important est de trouver un modèle qui assure la pérennité du site sur le long terme. Nous attendons de la direction qu'elle fasse des propositions concrètes. Jusqu'à présent, nous ignorons les sites qui assembleront les futurs modèles et les quantités produites. »

Comment sauver 4.000 salariés de la mort sociale

La colère, la rage, l'écoeurement. L'annonce du séisme social a fait craquer les rudes métallos, pleurant dans les bras les uns des autres. Après le choc défilent les questions. Quel sera le sort des 4.000 salariés de Volkswagen Forest destinés à la casse ? Celui des 1.000 personnes employées chez les fournisseurs au seul service de VW en « just in time » ? Et celui de centaines de fournisseurs ? Comment ces familles pourront-elles échapper à la malédiction du chômage ?
Garantir un avenir. Tenter de sauver un maximum de gens, c'est l'objectif. Mais avant de parler prépensions, accompagnement, reconversion, une priorité : empêcher que la mégarestructuration ne soit qu'une fermeture déguisée. Ce serait le cas si l'usine forestoise doit se contenter d'assembler et peindre des Polo (la tôlerie est faite à Bratislava).
Le scénario noir, c'est ça. On ne garde que 1.500 salariés, affectés à la Polo. Avec 60.000 voitures par an, l'usine n'est plus rentable. La fermeture totale ne tarde pas.
Le scénario « rose » ? La venue à Forest d'un des nouveaux modèles annoncés en 2008. C'est le bonheur qu'a connu Ford-Genk. Après sa restructuration, qui a coûté 3.000 emplois, l'entreprise limbourgeoise a hérité de la Mondeo et de la S-Max. Elle a pu réembaucher.
Les états-majors syndicaux comptent se battre pour sauver la viabilité, garantir un projet industriel. « On doit produire au moins 175.000 voitures. Sinon Forest n'est plus viable », dit la FGTB. Garantir la survie de l'entreprise, c'est aussi la priorité du gouvernement. Guy Verhofstadt annonce une rencontre, début décembre, entre son gouvernement et la direction allemande de VW. Mais il reconnaît lui-même : « Les chances que ces discussions aboutissent sont minces. » De fait, les contacts qu'il a entretenus, ces derniers jours, avec la chancelière Merkel et le ministre-président de Basse-Saxe n'ont servi à rien. L'impuissance politique s'illustre cruellement dans les tragédies de la mondialisation.
Il reste l'espoir de recours juridiques, évoqués par Laurette Onkelinx. « Volkswagen fait l'objet d'un recours devant la Cour européenne de Justice. La Commission n'admet pas que la loi VW de privatisation préserve une minorité de blocage au land de Basse-Saxe. » Un espoir bien ténu.
Limiter la casse sociale. Avec l'annonce du licenciement s'ouvre la procédure de la loi Renault. On va négocier. Double objectif : sauver un maximum d'emplois, faire payer le plus cher possible la perte des autres.
En 1997, Renault-Vilvorde, qui avait programmé la mort de 3.000 emplois, en a finalement sauvé 600. Elle a continué à payer pendant deux ans les autres travailleurs, en cellule de reconversion. Presque tous ont été reclassés. Sauvés, souvent au prix d'une perte de salaire.
Dans les restructurations, la première bouée de sauvetage, c'est le recours à la prépension. Plus il est important, moins lourde sera la facture des licenciements secs. En cas de restructuration, l'âge de la prépension descend à 50 ou 52 ans (le gouvernement tranche). Mais chez VW, seuls 600 salariés ont plus de 50 ans. Ils auront droit à une allocation de chômage augmentée d'un complément de l'employeur. Une convention VW prévoit que le prépensionné garde 100 % de son salaire net. Sera-t-elle pérennisée ?
La facture comprendra donc 3.400 licenciements. Pour la plupart, des gens difficiles à recaser. Chez VW, qui n'embauchait plus, la moyenne d'âge des ouvriers dépasse les 40 ans.
Depuis peu, le « pacte des générations » restreint l'accès à la prépension. Les quinquas sont obligés de passer six mois en cellule de reconversion, à tenter de se reclasser, avant d'avoir droit à leur bon de sortie. En théorie, ils ont même le devoir d'accepter tout « emploi convenable » qu'on leur proposerait, jusqu'à leurs 58 ans. Des ouvriers de Forest disaient, hier, renâcler à se lancer dans une aventure aussi risquée.
Tester le pacte des générations. VW Forest sera la première expérimentation, à grande échelle, et à vif, du « pacte des générations ». Peut-il prouver ses vertus au milieu d'une telle tragédie ? N'a-t-il pas été conçu en chambre ? On jugera sur pièces. On testera l'efficacité de l'outplacement, obligatoire pour les plus de 45 ans. Et les chances de reconversion des plus jeunes, avec l'aide des cellules montées par les Régions. La Belgique essaiera de puiser dans le Fonds européen pour les licenciements massifs.
Canaliser la colère. Les travailleurs dont les efforts s'avèrent vains ressentent une immense révolte. Les syndicats devront la canaliser, pour sauver l'outil de travail, pour conserver l'appui de la population, pour la transformer en revendications positives. Une tâche extrêmement délicate.

VAES,BENEDICTEmercredi 22 novembre 2006














Les raisons de l'échec ? A chercher à Wolfsburg

Peut-on tout dire, écrire à propos de VW Forest, alors que 4.000 travailleurs et autant de familles pleurent, la rage au coeur, un emploi perdu ? Le constat est d'autant plus amer que les motifs des licenciements échappent aux premières victimes, lesquelles ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour maintenir la sacro-sainte compétitivité avec les usines allemandes du groupe.
Les raisons de cette catastrophe sociale sont dès lors à chercher ailleurs, mais toujours chez Volkswagen. Doit-on les attribuer à la longue vie de la Golf marquée par une success story qui n'est plus d'actualité ? En partie seulement, le temps d'évoquer la concurrence élargie qu'a dû affronter un modèle phare qui a fini par souffrir d'une évolution trop timide et d'un manque d'originalité. Faute de disposer comme Volvo Gand ou Ford Genk d'une gamme de modèles élargie, Forest a été frappé de plein fouet par le succès relatif de la Golf V.

Quelques années d'or...
Mais surtout, l'usine bruxelloise est victime de la politique de la maison mère qui a usé et abusé d'une position dominante inspirée par le génie technique de son mentor Ferdinand Piëch. Dans une Europe tournant progressivement au rythme des diesels, VW a été le premier à offrir le moteur « TDI » (pour Turbo Diesel Injection). A l'origine en 1976, le premier TDI ne développait que 50 ch mais il a progressé, avant le lancement des premières versions à injection directe aussi puissantes que sobres qui ont valu quelques années d'or au groupe VAG. Son avance technologique doublée de l'image dont bénéficiait la Golf, VW l'a fait payer d'autant plus cher que les concurrents ne disposaient pas de produits équivalents. Ses bénéfices lui ont permis en outre de financer le très généreux modèle social allemand, au moment où d'autres groupes se préoccupaient davantage des coûts de production.
Jusqu'au jour où d'autres modèles turbodiesels sont apparus en Europe puis en Asie, de qualité comparable ou supérieure, et à des prix souvent moins élevés.
Moins performant commercialement, commettant des erreurs de stratégie dont une arrivée très tardive sur le marché des monovolumes, VW a ainsi dû affronter en parallèle de coûteux écarts de productivité, y compris vis-à-vis d'autres constructeurs européens et notamment français.
Invincible à une autre époque, le groupe Volkswagen est aujourd'hui dos au mur et les mesures tardives prises en Allemagne et aujourd'hui Forest sont inéluctables pour rétablir la compétitivité. Le seul reproche que pourrait se faire VW Forest repose sur quelques noyaux durs qui lui ont valu à Wolfsburg la réputation d'une usine « grévicole ». « Vous êtes belge, nous avait dit il y a une dizaine d'années le patron des usines VW. Essayez de faire savoir à Forest que la politique sociale suivie n'est pas toujours la bonne. » Qui oserait blâmer aujourd'hui les travailleurs d'une usine dont le sort fut trop longtemps en suspens ?


« Quel intérêt a VW à garder l'usine ? »

Ferdinand Dudenhöffer est professeur d'économie à l'université de Gelsenkirchen et grand spécialiste en Allemagne du secteur automobile.
La Golf était-elle vraiment plus chère à produire à Bruxelles ?
Dans l'état actuel des choses, oui. Une possibilité aurait été de trouver de nouveaux produits pour augmenter la production. Mais, actuellement, c'est inimaginable. Volkswagen n'a pas de nouveau modèle pour l'usine de Bruxelles.
Transférer la production de la Golf à Wolfsburg était logique ?
Du point de vue économique, oui. Forest a beaucoup de désavantages par rapport aux autres usines d'Europe. Elle est vieille - elle date des années 70. Elle est trop petite et ne tourne pas à plein régime - elle produit à 57 % de ses capacités de production, selon mes calculs. Si VW avait continué à y produire la Golf, ce chiffre devait encore baisser à 130.000 véhicules par an d'ici 2008, soit 45 % des capacités de production. On savait depuis longtemps que Bruxelles était sur la liste rouge.
VW a pesé aussi l'aspect syndical dans sa décision ?
Je pense que l'attitude des syndicats a été un élément. En Belgique, il y a toujours eu des négociations salariales très difficiles. Nous avons affaire à des situations que l'on rencontre en France : souvent, des grèves et des arrêts de travail spontanés. Ça n'a pas joué en faveur de Bruxelles.
VW prétend ne pas vouloir fermer l'usine. C'est crédible ?
Non. A terme, l'usine fermera. VW va la faire tourner en réduisant lentement la production de la Golf, puis laissera une petite production, jusqu'au jour où on n'aura plus du tout besoin de cette unité. Je ne vois aucun intérêt pour VW de conserver cette usine. La direction de Volkswagen ne ment pas : elle a dit qu'elle la conservait pour l'instant.
La Belgique est la première grande victime des délocalisations vers l'Est ?
Elle n'est pas la seule victime. L'Allemagne aussi ! Regardez combien d'emplois ont disparu dans ce secteur. Chez Volkswagen, 20.000 emplois sont menacés. Opel et Ford ont réduit considérablement leur capacité. La baisse de la production automobile s'observe dans toute l'Europe de l'Ouest. Tous les grands constructeurs ont de nouvelles usines modernes à l'Est. Les coûts y sont inférieurs. Dans les dix prochaines années, l'Europe de l'Ouest perdra encore des emplois au profit de l'Est.
Comment voyez-vous l'avenir de l'industrie automobile en Belgique ?
Après le départ de Renault et de VW, il n'en restera pas grand-chose. A Anvers, Opel peut être inquiète : même avec la prochaine Astra, elle ne pourra pas tourner à plein régime. Or, le constructeur a lui aussi des usines en Europe qui ne sont pas utilisées à pleine capacité. Il est probable qu'il n'y ait plus d'industrie automobile belge dans dix ans.


Un plan industriel est nécessaire

mardi 21 novembre 2006, 20:49
Syndicats et gouvernements sont d'accord: un plan industriel - prévoyant notamment quels modèles de Volkswagen pourront être produits à Forest après 2009 - est nécessaire pour garantir l'avenir de l'usine bruxelloise après l'annonce de quelque 4.000 licenciements.
Notre priorité, c'est de maintenir une activité suffisante sur le site afin de garantir l'emploi restant", a déclaré Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB, au terme d'une rencontre avec le premier ministre Guy Verhofstadt. "Actuellement, on parle d'une production de 60.000 Polos par an. Ce n'est pas assez!", a-t-elle ajouté.
Son de cloche identique du côté du monde politique bruxellois, où tant Charles Picqué, le ministre-président de la Région, que Benoît Cerexhe, le ministre régional de l'Emploi, ont plaidé pour un "plan industriel qui permette de pérenniser l'activité".

"La direction de Volkswagen a avancé de manière assez brutale qu'il n'y avait pas d'alternative aux licenciements annoncés", a notamment expliqué Charles Picqué. "Si nous obtenons un plan industriel comportant des précisions sur quels modèles pourraient être produits après 2009, nous pourrons définir une stratégie dans le domaine social", a-t-il poursuivi.
"Les autorités politiques ont posé très clairement la question: y a-t-il un avenir pour Volkswagen à Fores