30 avril 2007

Délire démagogique- Le parti socialiste n'est pas social

MAJ 30 avril 2007

Les verts dressent un bilan social médiocre de la majorité
Les verts en débat sur la solidarité. La cible du jour ? Le PS. Pour Ecolo, il n'est pas le « gardien de la gauche ».

Les verts étaient réunis à Mons, dimanche, pour débattre de la solidarité. L'occasion de dresser le bilan social de l'actuelle majorité (il est jugé médiocre) et démonter le procès selon lequel l'écologie « serait un produit de luxe pour bourgeois bohèmes de 40 ans, vivant confortablement. » Isabelle Durant, secrétaire fédérale : « Ceux qui, depuis 25 ans, ont ridiculisé nos inquiétudes et propositions, s'emploient à faire croire que la justice sociale ne nous intéresse pas. Ecolo a toujours eu à coeur de soutenir les plus fragiles. Pour les enliser dans des politiques d'assistance ? Non ! Emanciper, libérer, rendre chacun autonome : voilà pourquoi nous nous battons. »
Le bilan social de la majorité ? On soulignera que 15 % des Belges frisent le seuil de pauvreté (l'un des taux les plus élevés de l'Europe des 15), que le public des CPAS est en inflation, que les allocations (chômage, pension) empêchent une vie décente.
Jean-Marc Nollet résume : sauf son volet santé, la Sécu belge n'est plus le modèle tant vanté.


Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, est venue engager Ecolo à refuser toute régionalisation de la Sécu ou d'éléments de celle-ci. « On détruirait la solidarité entre les personnes. Et derrière, il y a un jeu libéral : privatiser les beaux morceaux de la Sécu ». Au passage, elle fait gondoler d'aise ses hôtes en signalant que la FGTB soutient la sortie du nucléaire.
Christian Dhanis (UCP, mouvement social des aînés) évoque l'extrême modestie des pensions. Du coup : « Plus de 20,9 % des aînés vivent sous le seuil de pauvreté. » Pino Carlino, ex-syndicaliste CSC passé sous bannière Ecolo (et candidat sur la liste Hainaut) interpelle le CDH : « Je voudrais dire à Joëlle que, oui, il y a une gauche. Et oui, il y a une droite. Et la question est de savoir si le centre penche du côté des travailleurs ou de la finance. » Il décrète : « N'en déplaise à Elio, l'écologie sociale, c'est nous ! »
Nollet explique le projet écologiste : aux piliers traditionnels de la Sécu (assurance et solidarité), ajouter le souci d'émanciper la personne et celui d'assurer la cohésion sociale. Le député envoie une nouvelle salve vers le PS en indiquant que la notion de l'Etat social actif (« Système qui culpabilise sans tenter de rendre capable ») porte la patte, non du VLD Verhofstadt, mais celle d'un socialiste - le flamand Frank Vandenbroucke. En indiquant encore que les « consolidations stratégiques », ces privatisations en douce, portaient la signature du PS Elio Di Rupo.
Du programme Ecolo voué à la solidarité, Jean-Michel Javaux, secrétaire fédéral, épingle deux éléments. Un : redresser les minima sociaux - singulièrement les pensions (et ce, via le 1 er pilier). Deux : creuser l'écart entre allocation de chômage et bas salaires en redressant ces derniers (par exemple : pendant trois ans, le travailleur conserverait les avantages auxquels il avait droit quand il était sans emploi).
« Opposer écologie environnementale et écologie sociale n'a aucun sens, déclare le secrétaire fédéral. Ceux qui souffrent le plus de la dégradation du climat sont les plus fragiles, les plus âgés, les plus pauvres. »
Javaux brocarde le MR (qui privilégie le capitalisme ultralibéral) mais se focalise sur le PS : « Il a découvert l'écologie à 44 jours des élections et inventé un énième truc de com avec l'écologie sociale comme on inventera peut-être un jour, qui sait, l'humanisme humain ou la solidarité solidaire. Que le PS pratique donc d'abord un socialisme social lorsqu'il est au gouvernement. »
C'est tout, pour le PS ? Non : « Quand on supprime les prépensions et qu'on pourchasse les chômeurs, quand on octroie des réductions de charge aux big sociétés sans conditions d'emplois, quand les positionnements politiques tiennent plus de l'alimentaire que de l'idéal, quand on tient davantage à préserver sa mainmise sur l'appareil d'Etat qu'à répondre à la fragilisation de la Sécu, quand on se cache derrière l'Europe et la mondialisation néolibérale pour justifier ses propres faiblesses, on n'a de leçon à donner à personne. On n'est pas le gardien de la gauche ! »

Le PS appelle à une stratégie nationale pour l'emploi

Le parti socialiste a appelé ce samedi à Charleroi à l'élaboration d'une stratégie nationale pour l'emploi concertée entre les différents niveaux de pouvoir. Il a dores et déjà formulé une série de propositions destinée à favoriser l'emploi des jeunes.

Flexibilité critiquée
Le PS veut mettre l'accent sur la stabilité et la qualité du travail. Il estime se démarquer de la sorte d'autres formations politiques qui encouragent la flexibilité et l'instabilité sous le prétexte qu'"un job, c'est un job".

CDI
Les socialistes proposent notamment des aménagements du droit du travail qui permettraient à une personne de bénéficier d'un contrat de travail à durée indéterminée même si, dans le cadre du même contrat, plusieurs périodes de travail au service d'employeurs différents pourront se succéder.

Chômage
En matière de chômage, il préconise un relèvement des allocations au début de la période de chômage, sans remettre en cause la durée du droit aux allocations, et une activation de l'allocation d'attente sans devoir patienter jusqu'au terme du stage d'attente.

Service civil volontaire
Les socialistes ont également émis l'idée d'un service civil volontaire qui permettrait de mettre en situation professionnelle 5.000 à 10.000 jeunes par an. Ce service d'utilité publique serait accessible en priorité aux jeunes chômeurs qui n'auraient pas trouvé un emploi après 9 mois. Pendant ce service, le jeune bénéficiera d'une allocation d'attente majorée et de l'accompagnement nécessaire pour accéder le plus vite au marché de l'emploi.

Train gratuit
Pour faciliter la vie des chômeurs et des bénéficiaires du revenu d'intégration, le PS voudrait leur offrir la gratuité du train lorsqu'ils se rendent à une formation ou à un entretien d'embauche.

Droit à la formation
Diverses propositions sont encore avancées en matière de formation (notamment un droit à la formation individuel et collectif de minimum 5 jours par an et par travailleur), de création d'activité (exonérer de toute cotisation patronale les deux premiers emplois créés par une entreprise pendant 5 ans), etc.

Rencontre
Ces différents points ont été formulés en marge d'une rencontre entre des mandataires socialistes et des jeunes de la région de Charleroi. Quatre d'entre eux ont témoigné de leur parcours professionnel et de leur réussite dans des domaines très divers.

Pique à Leterme?

Ces expériences démontrent, aux yeux du président du PS, Elio Di Rupo, de la valeur de la jeunesse wallonne malgré les critiques récurrentes sur l'état de la Région.

"La jeunesse de Wallonie est de qualité et elle n'a rien à envier aux autres.
Les Wallons ne sont pas plus intelligents ou plus bêtes que d'autres"
, a-t-il souligné.


Leterme et Di Rupo, la course en tête

Le cartel CD&V/N-VA reste le grand favori en Flandre, alors que le PS recule mais reste premier au Sud, où Ecolo et le CDH progressent. C'est ce qui ressort du sondage réalisé par le centre d'étude de la vie politique de l'ULB pour Le Soir et la RTBF.
D eux partis progressent en Wallonie comme à Bruxelles par rapport aux élections législatives de 2003 : le CDH et Écolo. Le parti de Joëlle Milquet gagne 3,7 % au classement général (réserve d'usage : on compare des intentions de vote à des votes exprimés), et frappe à la porte du fédéral, grâce à son propre score, mais aussi à celui des chrétiens-démocrates du cartel CD&V/N-VA au Nord (lire ci-dessous). En progrès lui aussi, le parti de Jean-Michel Javaux gagne 2,1 % par rapport aux législatives de 2003, qui avaient marqué le reflux des verts après leur grande victoire de 1999 et l'accession au pouvoir dans la majorité arc-en-ciel (avec les rouges et les bleus). Au total, des progressions non négligeables pour le CDH et Écolo, dans un paysage politique dont la stabilité est légendaire. À celle de ces deux partis démocratiques, il faut ajouter l'avancée du FN, l'extrême droite francophone grappillant des points en Wallonie et (surtout) à Bruxelles.

Mais la « nouvelle » du jour réside aussi chez les perdants - relativement. On veut parler du score du PS. Le parti d'Elio Di Rupo recule en Wallonie, de 2,9 % par rapport aux législatives de 2003 (de 3,5 % par rapport aux régionales de 2004), mais reste largement en tête, devant le MR, pointé à 24,5 %, en recul de 3,9 % par rapport aux législatives de 2003, et en très légère hausse (de 0,2 %), en revanche, eu égard aux régionales de 2004, qui avaient signé son éviction des majorités dans le sud du pays. Au bout du compte, les rouges préservent leur avantage sur le MR, et limitent la casse après deux années infernales, celles des « affaires ».


À Bruxelles, le MR arrive premier, et dépasse le PS après s'être fait ravir la pole position aux régionales de 2004. Une bonne performance tempérée par le fait que le parti de Didier Reynders ne réédite pas son score des législatives de 2003 (27,9 % des intentions de vote, contre 30,9 % des voix il y a quatre ans), à peine celui de 2004 (28 % aux régionales). À Bruxelles toujours, le PS cède 2,9 % par rapport aux élections régionales de 2004, mais progresse de 1,4 % en comparaison des législatives de 2003.
Le PS peut se réjouir encore du comportement du SP.A en Flandre (lire ci-dessous), qui donne du poids à la « famille » socialiste dans le pays, alors que le MR doit s'inquiéter, lui, de la tournure des événements au Nord, où la faiblesse du parti de Guy Verhofstadt pénalise toute la « famille » libérale.
À noter que les Belges à l'étranger n'ont pas été « sondés » (généralement plus favorables au MR) ; leur comportement peut conditionner les résultats en termes de distribution des sièges.
À une quarantaine de jours du scrutin, le stock des indécis (dénombrés en tant que tels dans le sondage) est important : 18,4 % en Wallonie, 12,8 % à Bruxelles. Pascal Delwit, qui dirige le Cevipol (Centre d'étude de la vie politique de l'Université libre de Bruxelles) et concepteur du sondage, conclut : « On a fait une photographie du paysage politique à un moment donné. Mais nous n'en sommes qu'au début de la campagne. Il peut se produire un certain nombre d'événements qui influenceront le choix des gens. Surtout, les questions clés à l'agenda de la campagne ne sont pas encore cristallisées. »

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