31 décembre 2007

De Gucht incendie Verhofstadt III, De Wever réagit

Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht (Open VLD) s'interroge ce samedi dans « De Morgen » sur la viabilité du gouvernement intérimaire. « Le fait qu'il critique le gouvernement m'interpelle. Pourquoi est-il devenu ministre alors ? », a réagi le président de la N-VA Bart De Wever.

Dans une interview, il évoque les contradictions politiques inhérentes au gouvernement et craint de voir surgir une situation où les libéraux et les socialistes passent leur temps à se bloquer mutuellement. Selon lui, la grande réforme de l'État n'aura par ailleurs pas lieu.
Une semaine après l'installation du gouvernement intérimaire Verhofstadt III, M. De Gucht tire à boulets rouges sur le CD&V et Yves Leterme. « Leur plus grosse prestation a été de bloquer le pays après 6 mois », dit-il.
Karel De Gucht ne se montre pas pour autant plus enthousiaste face à la solution trouvée par Guy Verhofstadt : « Verhofstadt a formé un nouveau gouvernement qui n'est pas à proprement parler 'a thing of beauty'. Mais ce qu'il montre bien, c'est qu'il sait comment sortir d'une situation impossible. Alors que Leterme, dans une situation comme celle-là, fait plus de mal que de bien et dit que c'est la faute des autres ».
Selon lui, la N-VA a joué un rôle crucial dans l'échec des tentatives de formation d'un gouvernement. « Bart De Wever est quelqu'un qui peut arriver à un accord, car il dispose d'un sens raisonnable du cynisme. Mais un Bourgeois, une Brepoels, ce sont des personnes qui, de manière congénitale, sont incapables de conclure un accord. Ils tiennent le CD&V dans leurs griffes ».
Le ministre des Affaires étrangères ne voit pas non plus d'un bon œil la grande réforme de l'État annoncée par Leterme pour Pâques. « Le CD&V et la N-VA ont plongé le pays dans une situation telle qu'il est difficilement concevable de ne pas avoir de grande réforme de l'État. Mais est-ce que la Belgique a seulement besoin d'une grande réforme de l'État ? Est-ce qu'on va finalement commencer à m'expliquer à quoi cela doit effectivement ressembler ? ».
De Wever : une stratégie désastreuse
Le président de la N-VA, Bart De Wever, trouve peu conséquent que Karel De Gucht accepte de devenir ministre dans un gouvernement qu'il critique lui-même. Il ajoute que ce n'est pas la première fois que le ministre des Affaires étrangères ne prend pas ses responsabilités en matière communautaire.
« Le fait qu'il critique le gouvernement m'interpelle. Pourquoi est-il devenu ministre alors ? », s'interroge Bart De Wever. « Il parle d'une méfiance manifeste. Alors, le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est peu conséquent d'entrer dans ce gouvernement. »
Le président de la N-VA précise que sur le plan communautaire, Karel De Gucht ne s'est jamais mouillé. Bart De Wever se demande d'ailleurs ce que cela cache comme stratégie. « Négocier et présenter à chaque fois le drapeau blanc, c'est une stratégie qui est à tous égards désastreuse », estime Bart De Wever.
Il pense que derrière les déclarations de Karel De Gucht se cache un jeu de parti politique dont l'intention est de nuire au cartel CD&V/N-VA et au Vlaams Belang en général. Il pense également que des motifs personnels peuvent expliquer les propos du ministre.
« Après huit ans de coalition violette dominée par les francophones, et plus particulièrement par le PS, et au sein de laquelle Karel De Gucht lui-même a dû faire de nombreuses concessions, je crois qu'il ne peut pas accepter qu'il y ait un parti (la N-VA) qui reste fidèle à sa ligne de conduite », ajoute Bart de Wever.

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