26 juin 2007

Non à toute cogestion à Bruxelles, dit l'ARAU

Toute forme de cogestion de la Région de Bruxelles-Capitale par l'État fédéral et/ou par les Communautés et/ou par les Régions doit être catégoriquement rejetée, affirme l'Atelier de Recherche et d'Action Urbaines (ARAU), dans un mémorandum adressé à l'informateur.
L'association qui milite depuis 40 ans pour une gestion plus démocratique et participative du développement de Bruxelles s'en réfère aux dommages subis par la capitale, du fait de sa gestion à distance par l'Etat, jusqu'à l'avènement de la Région bruxelloise en 1989.
Pour elle, le statut actuel de la Région-capitale ne peut qu'être renforcé vers une plus grande prise de responsabilité des habitants, de leurs associations et de leurs mandataires, face aux défis principaux qu'elle doit rencontrer pour digérer les changements économiques et sociaux et son internationalisation.
Le mémorandum de l'ARAU aborde plusieurs moyens pour renforcer le statut de Bruxelles. L'association demande notamment qu'une partie de l'Impôt sur les Personnes Physiques soit perçue sur le lieu de travail, Bruxelles générant 600.000 emplois profitant majoritairement à des habitants des deux autres Régions.
Les fonctionnaires internationaux habitant la capitale devraient aussi payer un Impôt ou à tout le moins participer à un fonds de solidarité au profit de Bruxelles.
L'Atelier veut aussi que le parlement régional puisse donner son feu vert au contenu annuel de l'accord de coopération Beliris liant Bruxelles à l'Etat fédéral pour permettre à celle-ci d'assumer son rôle de capitale nationale et internationale.
En matière de gouvernance et de démocratie, hormis l'interdiction du cumul de mandats communaux avec celui de député régional, l'ARAU demande des initiatives pour favoriser la participation des personnes d'origine étrangère à la vie politique et la participation des citoyens à l'élaboration de budgets.
Dans le domaine de la mobilité, l'Etat fédéral doit s'engager résolument dans une politique de fiscalité verte.
Pour le logement, en crise dans la capitale, l'association considère comme prioritaire l'augmentation significative du nombre de logements publics. Cela doit passer par une intervention du fédéral via la politique des grandes villes.
La rénovation urbaine doit être encouragée sur le plan fiscal via une liaison de la déduction des frais réels d'entretien à la taxation des revenus sur les biens immobiliers.
Sur le plan international, l'Etat belge ne peut plus être l'acteur principal de l'implantation des bâtiments des institutions européennes à Bruxelles, a encore dit l'ARAU.

UE: "traité simplifié très compliqué"

On l'annonçait difficile, il l’a été. Le sommet européen de Bruxelles s'est achevé à l'aube. Les chefs d'état et de gouvernement des 27 ont finalement trouvé un accord sur le mandat de renégociation du traité constitutionnel européen. Un compromis fort compliqué qui vaut peut-être mieux qu'un mauvais échec…..

Il s’agissait de faire un traité simplifié, plus lisible pour le citoyen mais cela, c’était il y a longtemps, au sommet de Laeken en 2001, et puis encore lors de la convention qui a préparé le projet de constitution. Mais déjà, le projet de constitution n’a pas paru simple à tout le monde et notamment pas aux citoyens qui ont voté non au référendum. Aujourd’hui, plus personne n’oserait parler d’un traité simplifié mais l’essentiel est sauf ….

Au bout d’une trentaine d’heures de négociations difficiles, les 27 se sont finalement mis d’accord : ils ont écrit un mandat précis et complet pour la rédaction d’un nouveau qui doit permettre à l’Europe élargie de mieux fonctionner.

L’Europe aura une présidence stable puisqu'elle nommera tous les deux ans et demi un président qui sera un peu le visage de l'Union, un ministre des affaires étrangères même s’il n’en portera le titre , il en conservera les compétences prévues , le nombre de décisions qui se prendront à la majorité qualifiée est considérablement augmentée et le traité fera bien référence à la Charte des droits fondamentaux des citoyens, qui verra donc confirmer sa force de loi.

Mais le nouveau système de vote à la majorité qualifiée n’entrera en vigueur qu’en 2014 et la Pologne pourra demander jusqu’en 2017, qu’on applique l’ancien système lorsqu’elle est mise en minorité et la Grande-Bretagne, elle bénéficie de nouvelles dérogations pour la Charte des droits fondamentaux et pour les politiques de coopération judiciaire et policière.

C’est ce qu’a appelé le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a appelé un "traité simplifié très compliqué". Les 27 auront maintenant 4 mois pour rédiger le traité et le signer. Ensuite, il faudra le ratifier soit par voie parlementaire soit par référendum. Le texte pourrait entrer en vigueur en juin 2009 avant les élections européennes.

L'obstacle polonais :

Ce n'est pas le Traité simplifié dont ils avaient rêvé mais l'accord est bien là ; il devrait permettre de boucler le nouveau Traité à la fin de l'année, histoire qu'il soit ratifié à temps pour entrer en vigueur avant les élections européennes de 2009.

Mais la recherche d'un compromis avec la Pologne qui contestait son poids dans le calcul de
la majorité qualifiée, a été particulièrement longue et a usé et même abusé de la patience d'Angela Merkel jusqu'à vendredi, heure du dîner. Il a fallu qu'ensuite, Nicolas Sarkozy, Tony Blair, le Luxembourgeois Jean-Claude Junker, l'Espagnol Jose Luis Zapatero, prennent le relais avec le Président polonais et surtout avec son jumeau, le Premier ministre, resté à Varsovie. Pendant ce temps, Tony Blair est parvenu à décrocher presque en douce, les dérogations qui lui convenaient.

Mais ces compromis-là ont littéralement monopolisé le Sommet jusque vendredi soir et pendant ce temps, le camp des pays qui entendait sauvegarder coûte que coûte, l'essentiel du projet de Constitution, n'a pas vraiment eu l'occasion de se faire entendre. Il a dû attendre quasiment la fin du dîner pour monter au créneau, emmené il faut le dire par Guy Verfhofstadt bien décidé à ne céder par exemple ni sur la force légale de la Charte des droits des citoyens, ni sur la possibilité d'avancer à quelques uns grâce aux coopérations renforcées.

Au final le président français et d'autres ne cachaient pas leur satisfaction d'avoir mis sur les rails ce traité simplifié comme l'appelait Nicolas Sarkozy. Guy Verhofstadt s’ est lui aussi dit satisfait même s'il dit regretter le côte compliqué du texte.

Réactions :

Les Polonais adeptes du "tout ou rien" diplomatique s'estiment probablement les plus satisfaits, avec ce commentaire du Premier ministre, Jaroslaw Kaczynski, selon lequel Varsovie " a réellement gagné" à Bruxelles.

Plus réservé, le prochain Premier ministre britannique Tony Blair s'est dit satisfait, écartant la possibilité de soumettre le texte à référendum.

Mais le spectre d'une consultation populaire n'a pas disparu pour autant en Europe: aux Pays-Bas et au Portugal, les partis d'opposition ont réclamé que le texte, qui devrait être adopté cette année, soit soumis à référendum avant son approbation définitive des 27.

La tyrannie de la minorité

L'eurodéputé Vert Daniel Cohn-Bendit a critiqué le "spectacle indigne" qui s'est joué au sommet de l'Union Européenne à Bruxelles sur la radio allemande rbb, condamnant "la tyrannie de la minorité".

"Ce qui s'est joué (à Bruxelles) était un théâtre indigne, c'était très déprimant", a déclaré en allemand l'eurodéputé franco-allemand. M. Cohn-Bendit a estimé qu'il ne fallait "pas attaquer seulement le gouvernement polonais" mais que "la Grande-Bretagne était tout aussi grave" parce qu'elle voulait "en fin de compte seulement un statut spécial en Europe".
Il a salué le fait que "pour la première il y ait une clause de sortie en Europe" pour les pays qui ne veulent pas plus qu'une "orientation nationale dans un marché européen".
A l'avenir, la Grande-Bretagne, la Pologne ou les Pays-Bas vont pouvoir "demander à leur population: voulons-nous une Europe politique, dans ce cas nous restons ou voulons nous sortir" des insitutions de l'UE, a-t-il ajouté.
"Si un seul pays peut bloquer (grâce au veto) alors la majorité est complètement impuissante", ce qui aboutit à "la tyrannie de la minorité", a-t-il expliqué. Londres et Varsovie avaient mené une politique de blocage lors des négociations à Bruxelles.

L'UE refuse d'ouvrir avec la Turquie, des négociations sur la monnaie

L'Union européenne et la Turquie ouvriront mardi deux nouveaux chapitres de négociations en vue de l'adhésion turque à l'Union. Deux chapitres et non pas 3 comme prévu initialement. La France avait annoncé qu'elle ne voulait pas discuter d'union économique et monétaire avec les Turcs. La présidence allemande a préféré retirer ce sujet de l'ordre du jour….

25 jun 2007 17:07
Les négociations d'adhésion sont divisées en 35 chapitres, transports, recherche, agriculture etc. Les discussions portent sur la manière dont le candidat doit dans ce secteur se conformer au droit européen. Pour espérer adhérer, il faut que les Européens décident à l'unanimité d'ouvrir, puis quand les discussions ont abouti de fermer chacun des 35 chapitres.

Un premier chapitre (science et recherche) a été fermé en juin 2006, soit avant la suspension décidée par l'UE en décembre 2006 au motif qu’Ankara refusait d'ouvrir ses ports et aéroports aux navires et aux avions chypriotes. L'UE avait alors décidé de suspendre les discussions sur huit des 35 chapitres et pour les autres chapitres, d'ouvrir éventuellement les négociations sans les fermer. Un deuxième chapitre (entreprise et politique industrielle) a alors été ouvert en mars 2007 mais non clôturé. Deux autres le seront mardi. il s'agit de deux volets mineurs. La présidence allemande a en effet préféré retirer le chapitre sur la politique économique et monétaire. Berlin refusait d'entamer maintenant une discussion explosive sur la question turque, avec à la clef sans doute un veto français.

La France ne veut pas entamer de chapitres de négociations qui aurait ne fut-ce qu'un petit goût politique. Tout comme Angela Merkel, Nicolas Sarkozy n'a en effet jamais caché qu'il ne voulait pas de la Turquie dans l'Union, le nouveau président français veut en rediscuter lors du sommet européen de décembre tout en sachant qu'au terme de la procédure les citoyens français seront consultés par référendum sur cette adhésion.

A Bruxelles, on appelle au respect de la parole donnée à Ankara. En clair, l'Union doit poursuivre les négociations d'adhésion même si l'adhésion effective de la Turquie dépendra uniquement des réformes réalisées par les turcs. Et si le rythme des négociations reste le même, elles dureront beaucoup plus longtemps que les 10 15 ans généralement avancés.

25 juin 2007

Guerre des plages en Italie

Une nouvelle loi italienne permet en effet l'accès gratuit à la mer. Mais les propriétaires des bars de plages voient d'un très mauvais oeil cette perte financière…..

Source:Correspondance - 24 jun 2007 17:35
Sur les côtes italiennes, l'été s'annonce chaud car sous les parasols, la guerre pour un accès gratuit à la mer, a commencé. Ces dernières années, certaines régions d'Italie ont transformé leurs plages en forteresse et là il est impossible aujourd'hui de rejoindre la mer sans payer le ticket d'entrée. Ainsi à Gènes, il faut parfois débourser 14 Euros pour pouvoir poser un pied sur les galets. Sans compter le transat, le parasol et la douche, un couple peut débourser jusqu'à 60 Euros par jour. Dans la ville de Christophe Colomb, une seule plage est encore gratuite, 30 m de long pour 5 de large, réduite à chaque marée haute.

Face à cette situation, le Syndicat des consommateurs italiens, a entamé une longue bataille. Son objectif : faire appliquer la nouvelle loi votée au printemps, une loi qui permet d'entrer gratuitement sur toutes les plages d'Italie pour marcher le long de l'eau ou pour se baigner. Mais les propriétaires des plages privées ne l'entendent pas de cette oreille. Certains peuvent encaisser jusqu'à 3 millions d'Euros, chaque été, des revenus juteux qui leur permettent de tenir bon et de ne laisser entrer que les touristes prêts à payer…..

23 juin 2007

Les fonds de pension de l'ISPPC

MAJ 22 jun 2007

Des commissions secrètes sur des fonds de pension

Nouvelle affaire à Charleroi. Elle concerne cette fois, les fonds de pensions du personnel de l'ISPPC, l'Intercommunale qui gère les hôpitaux publics de Charleroi. Il est question de juteuses commissions versées notamment dans des sociétés off-shore. La justice a entendu, jeudi, plusieurs responsables et mandataires politiques de l'époque….

Cela fait maintenant plusieurs mois que la Juge France Baeckeland s'intéresse à ce dossier, une instruction a d'ailleurs été ouverte pour corruption active et passive. L'affaire remonte à 2000. Une société anonyme, l'IFCA (l’ Institut de cambisme et de finance internationale) reprend alors les placements jusque là gérés par le Crédit communal. Lors de l'attribution de ces fonds de pension des commissions auraient été versées, la somme de 1,6 millions d’euros est avancée, une somme astronomique dont les enquêteurs auraient retrouvé la trace tantôt en Belgique, tantôt en Suisse, tantôt même dans des sociétés off-shore aux Bahamas. Jeudi, la justice a entendu plusieurs responsables et mandataires politiques de l'époque dont l’ex président du CPAS. A sa sortie Michel Wilgaut se disait abasourdi par ce qu’il venait d’apprendre des enquêteurs : "ce n’est pas l’accord qui avait été conclu avec l’IFCA dit-il, j’ai été abusé".

Paradoxe pourtant selon l’avocat de l’ISPPC , dont le conseil d’administration s’est réuni en urgence jeudi soir, non seulement personne n'a touché à cet argent mais celui-ci a eu le rapport qui était attendu : les fonds ont plus que doublé en cinq ans. Aujourd'hui l'ISPPC tient à récupérer par des moyens juridiques ces sommes qui lui ont échappées. En décembre dernier, elle avait déjà déposé plainte contre X, elle entend bien désormais réclamer l'indemnisation de la totalité du préjudice qui pourrait lui être fait. Son secrétaire général Alain Dugauquier, lui aussi entendu jeudi par les enquêteurs tient cependant à rassurer le personnel : le paiement des pension est bien garanti puisque le capital placé avait été garanti à 100% par l’IFCA au moment de la signature du contrat.

Mais dans cette nouvelle affaire, il apparaît que c'est le PS Jean-Claude Van Cauwenberghe qui a choisi la société IFCA. "Un choix malheureux pour lequel il devra tirer des conclusions", ce sont les termes du CDH Jean-Jacques Viseur interrogé dès jeudi soir. Jean-Claude Van Cauwenberghe, lui, contre-attaque. Il a décidé d'attaquer Jean-Jacques Viseur en diffamation. Une plainte à laquelle se joint le Président du Conseil d'administration de l'IFCA.

VIDEO• De nouvelles auditions concernant les fonds de pension • Le scandale des fonds de pension • La réaction de l'IFCA

MAJ 21 jun 2007

Charleroi : gestion opaque des fonds de pension et des hôpitaux

Après l'affaire de faux procès verbaux, un autre dossier intéresse la justice. Il concerne la gestion des fonds de pension de la ville et de l'intercommunale des hôpitaux publics de Charleroi. Il y est question de corruption passive et active, il est aussi question de commissions secrètes placées par la société fiduciaire à l’insu du conseil d'administration de l'IPPC.….


L'instruction concerne les placements et les mouvements sur les comptes des Fonds de pension de la Ville et des Hôpitaux publics. Les faits remontent à 2000. Depuis toujours, Dexia qui s'appelait encore Crédit Communal, effectuait des placements avec l'argent carolo des pensions mais en octobre 2000, le contrat est résilié. C'est une petite société de courtage dénommée Ifca qui arrive et qui effectue alors les placements dans une banque parisienne. Des placements qui concernent 35 millions d’euros, et qui sont plus spéculatifs, plus à risques. L'un, des administrateurs de cette société, n'est autre qu'un conseiller financier à la Région wallonne, amené dans les bagages de Jean –Claude Van Cauwenberghe quand celui-ci arrive au Budget, en 1995.

L'ex président du CPAS Michel Wilgaux et le secrétaire de l'ISPPC, l'Intercommunale de santé publique du pays de Charleroi, ont été entendus ce jeudi par la justice, une justice qui tente de démêler l’écheveau : comment une si petite société a-t-elle pu supplanter un géant ? Y-a-t-il eu réellement des commissions occultes sur des comptes hors Europe dans des paradis fiscaux ? Mais des questions plus éthiques se posent aussi : faut-il prendre des risques avec l'argent public ? En tout cas, le CPAS a ouvert le parapluie et a porté plainte contre X….

Le Président de l'Ifca admet le versement aux Bahamas

Jean-Claude Van Cauwenbergh a estimé que les sous-entendus de Jean-Jacques Viseur étaient sans fondements.

Le président de l'Ifca (Institut de cambisme et de finance internationale), Raymond Thiebeau, s'explique vendredi au sujet d'éventuelles "commissions occultes versées sur un compte aux Bahamas" dans le cadre de placements suspects des fonds de pension de l'ISPPC (Intercommunale de santé publique du pays de Charleroi) et de la ville. Grand MandarinIl annonce dans Le Soir qu'il va déposer plainte contre Jean-Jacques Viseur qui a évoqué un délit de nature pénale dans le chef de l'Ifca, tout comme Jean-Claude Van Cauwenberghe, comme le rapportent vendredi plusieurs journaux. Si le président de l'Ifca reconnaît avoir touché une commission dans ce dossier, il affirme qu'elle n'a certainement pas atteint le montant de 1,6 million d'euros dont il a été question dans le cadre de cette affaire. Raymond Thiebeau affirme réserver aux enquêteurs de Charleroi les informations plus précises concernant les montants en jeu.Il admet également que cette commision a bien été versée aux Bahamas, ajoutant qu'il est "normal que le patron d'une société financière cherche la voie la moins imposée pour sa société". "Nous avons donc créé, avec Daniel Wautelet, Grand Mandarin, une société installée aux Bahamas". Et le président de l'Ifca d'ajouter que "les bénéficies réalisés ont été déclarés en Belgique et soumis à l'impôt belge". Il dément aussi le fait que l'ISPPC aurait perdu 1,5 million à cause de l'Ifca."Sous-entendus inacceptables"Interrogé sur le fait que les noms de Jean-Claude Van Cauwenberghe et de Jean-Pol Avaux sont souvent cités comme bénéficiaires potentiels de ces commissions, Raymond Thiebeau répond: "C'est surréaliste, ça me dépasse quand j'entends ce genre de chose". Et le président de l'Ifca d'ajouter que les déclarations de Jean-Jacques Viseur qui a évoqué le délit de nature pénale dans le chef de l'Institut de cambisme et de finance international, sont inadmissibles. "Je vais d'ailleurs déposer plainte contre lui".Jean-Claude Van Cauwenberghe estime pour sa part que les propos tenus jeudi par Jean-Jacques Viseur affirmant que la "responsabilité politique de Van Cau était clairement engagée et celle de l'Ifca, sur le plan pénal, également", constituent des "sous-entendus sommaires et inacceptables", avant d'annoncer qu'il va lui aussi déposer plainte contre le futur bourgmestre de Charleroi, rapportent par ailleurs plusieurs médias. (belga)

Voir aussi:

http://www.lesoir.be/regions/hainaut/2006/12/18/article_perquisitions_dans_la_sphere_ethias.shtml

"Effet Sarkozy" sur le moral des ménages qui s'envole en mai

Le moral des ménages français a connu un joli mois de mai, avec un regain de confiance dans l'économie: une embellie que les économistes attribuent aux espoirs suscités par l'élection de Nicolas Sarkozy mais qui reste à confirmer, notamment dans les chiffres de la consommation. Du jamais vu depuis 1997L'indicateur d'opinion des ménages de l'Insee, qui mesure le solde entre les opinions positives et négatives, a grimpé de six points en mai à -14 après -20 en avril et -22 en mars. Si le solde demeure négatif, comme presque toujours pour cet indicateur, il n'a jamais été aussi élevé depuis 2002 (ou depuis fin 2003 si l'on ne retient que la période du nouveau mode de calcul de l'indice). "C'est l'état de grâce présidentiel !", s'exclame Alexander Law, de la société d'études Xerfi, pour qui "il y a bien eu un "effet Sarkozy" sur le moral des ménages". Même conclusion de Marc Touati, de l'ACDE (Association pour la connaissance et le dynamisme économiques), qui relève qu'il faut remonter à "juin 1997, lors de l'arrivée de Lionel Jospin à Matignon" pour retrouver une "telle progression" de cet indicateur. Le solde avait alors augmenté de neuf points, selon l'Insee. Assaut d'optimismeEn mai, les ménages ont fait assaut d'optimisme quasiment dans tous les domaines. Plus nombreux à penser que le niveau de vie en France s’est amélioré au cours des mois précédents, ils se montrent particulièrement confiants quant à l'évolution de ce niveau de vie dans l'année à venir, avec un solde d'opinion qui s'améliore de 15 points. Conséquence probable des promesses de baisses d'impôts, ils tablent aussi sur une amélioration de leur situation financière dans les prochains mois. "Attention toutefois à ne pas tout mettre au crédit" de l'élection présidentielle, nuance Nicolas Bouzou (Asterès). "L'évolution de la conjoncture économique a aussi joué un rôle", estime cet économiste, avec notamment la baisse continue du chômage, dont le taux provisoire a été ramené à 8,2% de la population active en avril. Les Français voit la vie en roseSur ce front, les Français voient la vie en rose. Le solde d'opinion sur l’évolution du chômage dans les douze prochains mois s'améliore de 17 points en mai et de 30 points sur l'ensemble des deux derniers mois. "Cette donnée est cruciale, car ce sera sur ses résultats dans la bataille contre le chômage que le président Sarkozy sera jugé", estime Alexander Law. Seul "bémol", relèvent les économistes: le solde d'opinion sur l’opportunité d’effectuer des achats importants est le seul à n'avoir pas progressé. Cela "pourrait suggérer que les très bons résultats de l'enquête de confiance du mois de mai ne se traduiront pas forcément par une accélération de la consommation", morose en avril, souligne Mathieu Kaiser (BNP Paribas). Relativisant le "caractère prédictif" de cet indicateur, Nicolas Bouzou parie lui sur un rebond de la consommation, rappelant le "boom" de juin 1995 qui avait suivi l'élection de Jacques Chirac. Quant à savoir si cette embellie de la confiance peut durer, "tout dépendra des décisions prises par le gouvernement", estime Nicolas Bouzou. "Pour que le mouvement soit durable, il est impératif que l'économie française reparte fermement de l'avant", renchérit Alexander Law. Et pour espérer accrocher les 3% de croissance que vise le gouvernement, "se rapprocher du plein emploi est une impérieuse nécessité", conclut-il.

Guy Roland (PS) président de Télé MB

Le conseil d'administration de la télévision locale Télé MB, réuni mercredi matin, a désigné en son sein Guy Roland (PS), bourgmestre de Quaregnon, comme président de l'institution, a-t-on appris mercredi.La députée-bourgmestre de Jurbise, Jacqueline Galant (MR), assurera la première vice présidence et Henri Cammarata (cdH), la deuxième vice-présidence.
Guy Roland succède ainsi à Philippe Reynaert, qui s'était mis en congé de sa fonction suite à deux recours au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, pour incompatibilité entre les mandats d'administrateur à Télé MB et à la RTBf.
Philippe Reynaert avait lui-même succédé le 24 avril 2002 à Maurice Willam - décédé en janvier 2002 -, fondateur de la télévision locale en 1985 avec Jean-Claude Maréchal, l'actuel directeur.

20 juin 2007

Charleroi, 43 inculpations en 21 mois

Depuis l'affaire des logements sociaux de "La Carolorégienne" en septembre 2005 jusqu'au dossier des faux procès-verbaux de collège, la juge d'instruction France Baeckeland a signifié quarante-trois inculpations à Charleroi en vingt et un mois:

1. Dans le dossier de "La Carolorégienne":

- Claude Despiegeleer, échevin des Bâtiments et des Sports, est inculpé le 30 septembre 2005 de faux et usage de faux par fonctionnaire public, abus de biens sociaux et infractions aux lois sur la comptabilité. Placé sous mandat d'arrêt, il passera 42 jours en détention préventive.

- André Liesse, échevin du Commerce, est inculpé le 5 octobre 2005 de faux et usage de faux par fonctionnaire public, abus de biens sociaux et infractions aux lois sur la comptabilité. Il est laissé en liberté.

- Serge Van Bergen, échevin du Logement, est inculpé le 20 octobre 2005 de faux et usage de faux par fonctionnaire public, abus de biens sociaux et infractions aux lois sur la comptabilité. Il est laissé en liberté.

- Francis Poty, ancien sénateur, est inculpé le 14 octobre 2005 de faux et usage de faux, abus de biens sociaux et infractions aux lois sur la comptabilité.

- Luc Frère, directeur gérant de "La Carolorégienne", est inculpé le 12 septembre 2006. Sept chefs d'inculpations sont retenus, dont ceux de faux et usage de faux, abus de biens sociaux, détournement et escroquerie. Il est laissé en liberté.

2. Dans le dossier "Carolo bis" des transferts de fonds entre la Régie communale autonome et des sociétés sportives:

- Patrick Henseval, chef de cabinet de Jacques Van Gompel et président de l'équipe de volley "Les Dauphines", est inculpé le 24 mai 2006 de faux et usage de faux, corruption active, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs. Il est placé sous mandat d'arrêt.

- Eric Somme, le manager du club de basket des "Spirou", est inculpé le 24 mai 2006 de faux et usage de faux, détournement de fonds publics et corruption active. Il est laissé en liberté.

- Claude Despiegeleer, ancien échevin, est inculpé le 8 mai 2007 de détournement par fonctionnaire public, faux et usage de faux, corruption passive et abus de biens sociaux. Il est laissé en liberté.

- Luc Frère, ancien responsable de "La Carolorégienne" et comptable de la CIS (Charleroi Infra Sport), est inculpé le 8 mai 2007 de détournement par fonctionnaire public, par corréité, de faux et usage de faux, et d'abus de biens sociaux. Il est laissé en liberté.

- Serge Van Bergen, ancien échevin, est inculpé le 8 mai 2007 de faux, usage de faux, détournement par fonctionnaire public, et abus de biens sociaux, en tant que président de "Charleroi Infra Sport", administrateur de la Régie communale autonome, et vice-président de l'asbl "Parc des Sports". Il est laissé en liberté.

- Jeanine Button, gestionnaire du "Parc des Sports", est inculpée le 8 mai 2007 de détournement par fonctionnaire public, faux et usage de faux, et abus de biens sociaux. Il est laissé en liberté.

- Philippe Gillet, administrateur de la Régie foncière et directeur gérant de la Régie communale autonome, est inculpé le 8 mai 2007 de détournement par fonctionnaire public, faux et usage de faux, et abus de biens sociaux. Il est laissé en liberté.

- Claude Rokens, trésorier de la Régie foncière et de la Régie communale autonome est inculpé le 8 mai 2007 de détournement par fonctionnaire public, faux et usage de faux, et abus de biens sociaux. Il est laissé en liberté.

3. Dossier des marchés publics:

- Patrick Roeland, directeur adjoint des Bâtiments faisant fonction est inculpé le 11 octobre 2006 de faux et usage de faux et corruption passive, et placé sous mandat d'arrêt.

- Jean-Pol Insecca, responsable du secteur "Economies d'énergie" de Charleroi, est inculpé le 26 septembre 2006 de faux et usage de faux par fonctionnaire public. Il est laissé en liberté.

- Claude Despiegeleer, ancien échevin, est inculpé le 15 octobre 2006 de faux et usage de faux, et pour avoir dénaturé les actes liés à sa fonction. Il est laissé en liberté.- Jacques Van Gompel, bourgmestre, est inculpé le 20 octobre 2006 de faux, usage de faux et détournement par fonctionnaire public. Il est placé sous mandat d'arrêt et fera vingt jours de détention préventive.

- Eric Lecomte, secrétaire communal, est inculpé le 8 mars 2007 de faux et usage de faux par fonctionnaire public. Il est laissé en liberté.

- Pierre Oversteyns, receveur communal, est inculpé le 8 mars 2007 de faux et usage de faux.

4. Dossier ICDI:

- Lucien Cariat, échevin de l'Environnement, président du conseil d'administration et directeur gérant de l'ICDI, est inculpé le 18 mai 2006 de faux et usage de faux, détournement par fonctionnaire public et abus de biens sociaux. Il est placé sous mandat d'arrêt et fera 47 jours de détention préventive.

- Christian Blondeel, directeur financier de l'ICDI, est inculpé le 18 mai 2006 de faux et usage de faux par fonctionnaire public, abus de biens sociaux et détournement. Il est placé sous mandat d'arrêt.

- Claude Piraux, responsable des parcs à conteneurs de l'ICDI, est inculpé de menaces et de détournement le 26 mai. Il est placé sous mandat d'arrêt.

- Lucien Cariat est inculpé le 1er mars 2007 pour avoir entreposé, abandonné ou manipulé des produits dangereux sur le site de l'ICDI, et pour avoir directement ou indirectement porté atteinte à la santé humaine, et laissé en liberté.

- Lucien Cariat est inculpé le 10 mai 2007 de faux et usage de faux, abus de biens sociaux et détournement, et laissé en liberté.

- Roland Marchal, ancien vice-président de l'ICDI, est inculpé le 10 mai 2007 de faux et usage de faux, abus de biens sociaux et détournement, et laissé en liberté.

- Henri Lemarque, ancien membre du comité de gestion de l'ICDI, est inculpé le 10 mai 2007 de faux et usage de faux, abus de biens sociaux et détournement, et laissé en liberté.

- Serge Omer, ancien membre du comité de gestion de l'ICDI, est inculpé le 10 mai 2007 de faux et usage de faux, abus de biens sociaux et détournement, et laissé en liberté.

5. Dossier des faux procès-verbaux de collège: inculpation pour faux et usages de faux:

- Jacques Van Gompel, ancien bourgmestre, et Jean-Pol Demacq, premier échevin, le 25 mai 2007.

- Claude Bael, ancien échevin de l'Etat civil et des Finances: le 1er juin 2007.

- Gérard Monseux, ancien échevin des Travaux, le 7 juin 2007.- Claude Despiegeleer, ancien échevin, le 11 juin 2007.

- Lucien Cariat, ancien échevin, le 12 juin 2007.

- Serge Van Bergen, ancien échevin, le 13 juin 2007.

- Christian Renard, ancien échevin, le 14 juin 2007.- André Liesse, ancien échevin, le 15 juin.

- Léon Casaert, ancien échevin, le 18 juin 2007.

- Marc Parmentier, ancien échevin, le 19 juin 2007.- Evelyne Druart, ancienne échevine, le 20 juin.6. Dossier Philippe Van Cauwenberghe:

- Philippe Van Cauwenberghe, échevin des Sports, est inculpé le 7 juin 2007 de menaces verbales avec ordre ou sous condition. Il est laissé en liberté.

8. Dossier Jean-Pierre De Clercq:- Le député permanent Jean-Pierre De Clercq est inculpé le 16 mai 2006 de détournement par une personne exerçant une fonction publique, dans ses activités de curateur de faillites.

9. Dossier Wagner:- Robert Wagner, président de l'aéroport de Charleroi, est inculpé le 16 mai 2006 de faux et usage de faux, infraction à l'arrêté royal de 1933 relatif à l'octroi de subventions, et corruption.

- Bernard Wang, directeur de la division "Industrie" au ministère de l'Economie de la Région, est inculpé en juin 2006 2006 de faux et usage de faux, infraction à l'arrêté royal de 1933 relatif à l'octroi de subventions, et corruption.

Désaccord persistant flamando-wallon sur l'A350

Jean-Claude Marcourt.Les ministres wallon et flamand de l'Economie, Jean-Claude Marcourt et Fientje Moerman, ont une nouvelle fois affiché mercredi leurs divergences profondes sur la répartition des tâches entre les deux Régions pour le programme de futur avion long-courrier Airbus A350.RégionsLe gouvermement fédéral a confirmé en février dernier l'octroi de 150 millions d'euros d'aides non remboursables aux industriels belges désireux de participer à ce programme, afin de leur permettre de participer à l'important effort de recherche et de développement requis par ce nouvel avion. Mais la politique industrielle est, en Belgique, largement régionalisée.

La Flandre réclame 58%La Flandre réclame d'obtenir au moins 58% de ce programme, a affirmé mercredi Mme Moerman lors d'une visite au salon aéronautique du Bourget (près de Paris), à l'occasion de la "journée belge" qui s'est déroulée en l'absence de tout ministre fédéral. La Région wallonne trouve cette exigence exagérée et a proposé des clés de répartition différentes, qui accordent davantage d'aides à l'industrie wallonne, a souligné M. Marcourt à des médias francophones. Il a proposé que les Régions profitent des vacances d'été "pour avancer et trouver un accord" avant la fin de l'année, une échéance qui correspond aux souhaits des industriels.Négociable mais "vers le haut" Selon Mme Moerman, l'exigence du gouvernement flamand dans son ensemble se fonde sur la faible part obtenue par la Flandre dans des programmes antérieurs du consortium européen (comme 20% seulement pour l'Airbus militaire A400M et 34% pour l'avion géant A380). Les 58% dans l'A350XWB (extra wide body, fuselage très large) sont négociables "vers le haut, pas vers le bas", a ajouté Mme Moerman."Compensation"La ministre se fonde sur une étude réalisée par le ministère fédéral de l'Economie, qui montre que la Flandre a obtenu en moyenne 57% des compensations économiques pour des contrats conclus au cours des décénnies 1980 et 1990. Mme Moerman a assuré que les industriels flamands étaient pleinement en mesure de prendre en charge une part proche des 60%.Appel à VerhofstadtLa question de la répartition des aides à la recherche et au développement pour l'A350 a déjà fait l'objet d'une réunion en avril dernier entre M. Marcourt et Mme Moerman. Elle a été portée le 26 avril au sein du comité de concertation entre Etat fédéral et Régions, mais sans que celui-ci trouve de solution. M. Marcourt a réclamé mercredi du Premier ministre, Guy Verhofstadt, qu'il s'occupe de la question, même en période d'affaires courantes après les élections législatives du 10 juin. "Après les élections, on peut se dire que la proposition de la Région wallonne mérite de l'intérêt et ne laisse personne de côté. Chacun a son dû", a-t-il souligné. Il s'est dit favorable à des clés de répartition "souples", modulées entre les trois "métiers" de l'aéronautique (cellule, moteurs et équipements). Selon lui, ce sont essentiellement les Régions qui doivent trouver un accord entre elles en profitant des vacances d'été pour avancer.A 350Un industriel directement concerné a pour sa part confié qu'il préférait perdre un peu de temps -même si les entreprises belges souhaitent être fixées d'ici la fin de l'année, afin de pouvoir s'engager envers Airbus- et avoir "un bon accord, plutôt qu'un mauvais accord". L'A350, qui vient de franchir le seuil de la centaine de commandes, est présenté comme un avion plus économique que ses prédécesseurs sur les très longues distances (de l'ordre de 15.000 kms). Il a pour concurrent direct le nouveau Boeing 787 "Dreamliner", qui est plus avancé puisque le prototype doit sortir d'usine le mois prochain.

Mauvais perdant

Dans une récente confession, aussi touchante que sincère, le comédien et écrivain Bernard Giraudeau, qui depuis deux ans survit tant bien que mal avec ses cancers, confiait à Mireille Dumas (France 3) ce que l’on croyait être une vérité partagée par tous : les échecs rendent plus forts et les victoires fragilisent.

Pourtant, le président du PS, Elio Di Rupo, est en train de démontrer le contraire : l’échec cuisant de la famille socialiste en général et du PS en particulier, lui fait perdre un bon sens qu’on lui croyait chevillé au corps. Il a tout du mauvais perdant.
Pourquoi, mardi, contrairement à ses collègues, a-t-il ainsi snobé l’informateur du Roi, en se contentant de répondre en quelques formules vagues aux questions précises que lui posait Didier Reynders ? Conteste-t-il le fondement même d’une mission qu’il avait arrachée en 2003 et qu’il avait exercée avec un certain talent ? Aurait-il accepté, alors, qu’un de ses interlocuteurs vienne ainsi promener son indifférence, son apparente désinvolture voire son mépris ?
En se comportant de la sorte, Elio Di Rupo a voulu signifier qu’il avait uniquement fait le déplacement pour pouvoir, après vingt très courtes minutes d’entretien, proclamer, aux micros tendus, que l’informateur était sorti de sa mission en plaidant ouvertement pour une coalition orange-bleu et qu’il avait, en acceptant le principe d’une réforme de l’Etat en 2009, brisé le front des francophones. Deux remarques.
1. Avant d’être informateur, Didier Reynders n’était pas informateur… C’est en qualité de président du MR qu’au lendemain des élections, il a clairement dit sa préférence pour un type de coalition. Peut-on lui reprocher un peu de clarté dans une vie politique trop souvent confuse, langue de bois, “ni ceci, ni cela” ? Et en 1999, a-t-on entendu les socialistes critiquer l’informateur de l’époque, Louis Michel, lorsqu’il fit clairement le choix d’un arc-en-ciel, réunissant libéraux, socialistes et écologistes ? Et en 2003? Non. Sans doute parce que les socialistes étaient invités au bal. 2. Didier Reynders aurait donc brisé le front francophone. Pour briser ce front, il aurait fallu qu’il y en ait un. Un vague communiqué après une réunion en décembre 2006 n’avait trompé personne. Il n’y a ni front francophone, ni front flamand. Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille baisser la garde. Et Didier Reynders a toujours dit qu’il réunirait les présidents francophones si une négociation devait ultérieurement mettre les droits des francophones en péril.
Le pouvoir rend fou. La perspective de l’opposition aussi.

Reynders remet son premier rapport au Roi

L'informateur Didier Reynders a rencontré mercredi matin le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il s'est ensuite rendu au Château de Laeken où il a eu un long entretien avec le Roi auquel il a fait un rapport intermédiaire sur sa mission. Prévu de 10H30 à 12H30, l'entretien s'est prolongé jusqu'à 13H. Lorsqu'il a été nommé informateur, M. Reynders a annoncé qu'il espérait terminer sa mission pour la fin du mois. La succession des présidents de partis politiques qu'il a reçus lundi et mardi ont confirmé que la situation était très difficile au point de vue institutionnel.Dans une courte déclaration à l'issue des rencontres mardi soir, l'informateur constatait les divergences de vues entre francophones et flamands. Devant les positions très tranchées et divergentes des flamands et des francophones, on évoque toujours la possibilité de confier à deux "sages" de la politique une mission de médiation. On avance les noms de l'ancien premier-ministre CD&V Jean-Luc Dehaene et de l'ancien ministre MR François-Xavier de Donnéa. M. Reynders devrait faire un nouveau rapport au Roi dans le courant de la semaine prochaine. (belga)
EN SAVOIR PLUS: Reynders à l'écoute de l'environnement

19 juin 2007

43 mosquées reconnues en Région wallonne

43 mosquées wallonnes ont été reconnues par le ministre wallon des affaires intérieures, Philippe Courard. Cela signifie que le traitement des ministres des cultes est pris en charge par le ministère fédéral de la Justice.
Ce dernier a procédé mardi à la signature de ces reconnaissances, en présence du président de l'exécutif des musulmans de Belgique. Pour une communauté, être reconnue signifie que le traitement des ministres des cultes est pris en charge par le ministère fédéral de la Justice. Les pouvoirs locaux fournissent un logement au ministre du Culte et si ce n'est pas possible une indemnité de logement. Les pouvoirs locaux suppléent à l'insuffisance des ressources au budget ordinaire. Enfin, les communes ou les provinces peuvent également intervenir dans les réparations importantes aux édifices du culte.
Les communautés reconnues ont l'obligation de remettre au pouvoir dont elles dépendent (commune ou province), des comptes et budgets clairs et transparents. Elles ont également l'obligation d'adopter un règlement d'ordre intérieur et l'obligation d'organiser des élections pour mettre en place un comité représentatif de la communauté qui sera responsable de la gestion temporelle du culte.


Le président de l'exécutif des musulmans de Belgique, Cozkun Beyazgul, a précisé que la signature de cette reconnaissance était « un événement historique pour notre pays et pour la communauté musulmane. Cet événement favorisera le sentiment d'identification de nombreux musulmans de Belgique ».
14 autres mosquées pourraient également être reconnues très prochainement par la Région wallonne. Le culte musulman est reconnu en Belgique depuis 1974.
(D'après Belga)

Contrôle des prix de l'énergie

Le prix de l'énergie fait réagir les politiques

Le parti socialiste demande l'activation des prix maxima de l'énergie avant le 1er septembre alors qu'Electrabel a annoncé pour la rentrée une hausse importante de ses tarifs. Le ministre sortant de l'énergie, Marc Verwilghen, a commandé une enquête sur les nouveaux tarifs.
Verwilghen commande une enquête
Le ministre sortant de l'Energie Marc Verwilghen (Open Vld) a demandé à la CREG (Commission de Régulation du Gaz et de l'Electricité) une enquête sur la manière dont Electrabel a déterminé ses nouveaux tarifs de l'électricité et du gaz, a-t-il annoncé mardi dans un communiqué. Les conclusions de cette enquête sont attendues pour la fin juillet. Le ministre Verwilghen a dans un premier temps annoncé avoir demandé une enquête du Conseil de la concurrence en vue d'examiner si Electrabel n'avait pas abusé de sa position dominante. (D'après Belga)

http://blogonoclaste.blogspot.com/2007/06/la-sortie-du-nuclaire-coterait-trop.html

Selon le PS, l'urgence légitime une intervention du gouvernement en période d'affaires courantes.
Les lois sur le marché du gaz et du marché de l'électricité permettent d'instaurer des prix maxima pour la fourniture de gaz naturel et pour la fourniture d'électricité. « Le PS exige que ces articles de loi soient activés et que des prix maxima soient fixés », indique un communiqué émanant du Boulevard de l'Empereur.
Pour pouvoir fixer des prix maxima, il faut préalablement à une délibération du Conseil des Ministres que l'avis de la CREG (Commission de Régulation du Gaz et de l'Électricité) soit rendu. Vu cette procédure, il importe qu'une initiative soit prise dans les prochains jours si l'on veut que les prix maxima entrent en vigueur avant le 1er septembre, souligne le PS qui estime que cette urgence légitime une intervention du gouvernement en période d'affaires courantes.
La vice-Première ministre, Laurette Onkelinx, interviendra en ce sens auprès du Premier ministre, ajoute le PS qui dit par ailleurs s'étonner que le ministre libéral en charge de l'énergie (l'Open VLD Marc Verwilghen) en appelle simplement au conseil de la concurrence alors qu'il est dans ses compétences d'instaurer un tel plafond.

Antoine demande au fédéral d'agir
Le ministre wallon de l'Energie André Antoine demande que le futur gouvernement fédéral mette en place une politique d'analyse et de contrôle des prix, en particulier pour la partie dérégulée de l'énergie.
Le prochain exécutif devra en outre examiner toutes les pistes de solution permettant de modérer l'évolution du prix du gaz et de l'électricité, pour les consommateurs résidentiels, professionnels, communaux, ajoute le ministre CDH. Parmi celles-ci, il convient d'examiner sérieusement la piste du prélèvement sur les marges bénéficiaires réalisées grâce à l'électricité provenant des centrales nucléaires amorties, au profit d'une réduction de la facture du consommateur et celle d'une baisse du taux de TVA (aujourd'hui 21%) qui frappe l'électricité et la gaz, précise le mandataire centriste.
Enfin, termine André Antoine, plus que jamais, des mesures radicales doivent être prises pour ouvrir le marché à de nouveaux producteurs fournisseurs permettant de faire jouer enfin la concurrence. Dans le cadre de ses compétences, le ministre wallon annonce qu'il sollicitera l'avis du régulateur wallon du marché de l'énergie quant au comportement du fournisseur Electrabel sur le marché

Le PS veut contrer Electrabel

Le parti socialiste demande l'activation des prix maxima de l'énergie avant le 1er septembre alors qu'Electrabel a annoncé pour la rentrée une hausse importante de ses tarifs. Selon le PS, l'urgence légitime une intervention du gouvernement en période d'affaires courantes. Les lois sur le marché du gaz et du marché de l'électricité permettent d'instaurer des prix maxima pour la fourniture de gaz naturel et pour la fourniture d'électricité.
Antoine demande un contrôle des prix

Le ministre wallon de l'Énergie André Antoine demande que le futur gouvernement fédéral mette en place une politique d'analyse et de contrôle des prix, en particulier pour la partie dérégulée de l'énergie. Le prochain exécutif devra en outre examiner toutes les pistes de solution permettant de modérer l'évolution du prix du gaz et de l'électricité, pour les consommateurs résidentiels, professionnels, communaux, ajoute le ministre CDH. Parmi celles-ci, il convient d'examiner sérieusement la piste du prélèvement sur les marges bénéficiaires réalisées grâce à l'électricité provenant des centrales nucléaires amorties, au profit d'une réduction de la facture du consommateur et celle d'une baisse du taux de TVA (aujourd'hui 21 %) qui frappe l'électricité et le gaz.

Information -déPsinformation

Reynders achève son premier tour de table

Après ses rencontres avec les présidents de parti, l'informateur Didier Reynders a constaté des divergences d'attitudes sur le plan communautaire. Il s'est refusé à commenter la briéveté de sa rencontre avec le président du PS, Elio Di Rupo, qui avait reproché à l'informateur d'être sorti de sa mission en donnant sa préférence à une coalition bleu orange.

Je poursuivrai mes contacts informels et en fin de mission il sera sans doute souhaitable d'avoir un nouveau contact avec les présidents de parti », a-t-il dit.
A la fin de cette première partie de sa mission, M. Reynders est d'avis qu'on peut avancer sur « le fond des thèmes qui seront au coeur de l'action du prochain gouvernement dans les compétences fédérales actuelles ».
Dans une courte déclaration, M. Reynders a souligné que les présidents de parti qu'il a rencontrés ont présenté leurs priorités et leurs attentes pour la future législature. « Il en ressort un certain nombre de priorités en matière économique, sociale et environnementale, comme dans toute une série d'enjeux de société », a-t-il dit.
Après avoir rappelé les contacts qu'il a déjà eus avec les acteurs de la vie économique et sociale et ceux qu'il aura encore dans différents domaines, il en est venu à l'institutionnel. « Sur le plan communautaire, il apparaît qu'il n'y a à ce stade aucune demande du côté des partis francophones, voire un refus d'entrer dans un quelconque dialogue. Des demandes existent à des degrés divers au sein des partis flamands. Je poursuivrai des contacts informels et en fin de mission, il sera sans doute souhaitable d'organiser un nouveau contact avec les présidents de parti », a-t-il dit.
Pas de commentaire sur le PS
Interrogé sur la brièveté de sa rencontre avec le président du PS Elio Di Rupo et sur les déclarations de celui-ci après la rencontre, M. Reynders s'est refusé à tout commentaire. « J'ai eu des rencontres plus courtes et d'autres plus longues. J'ai posé les mêmes questions à tout le monde et je ne suis pas maître de la longueur des réponses de mes interlocuteurs », a-t-il dit.
M. Di Rupo a notamment reproché à l'informateur d'être sorti de sa mission en donnant clairement sa préférence pour une coalition bleu orange. « Je n'ai jamais évoqué un type de coalition au cours de ma mission », a dit M. Reynders.
« Le vrai problème est l'a priori exprimé par l'informateur en faveur d'une coalition bleu orange. M. Reynders s'est écarté de sa mission. Un informateur doit donner des indications au Roi pour la future coalition. Or, il a choisi dès le début pour un gouvernement antisocial bleu orange », a dit M. Di Rupo en quittant le 12 rue de la Loi.
La suite du programme
Au cours de sa déclaration, M. Reynders a encore indiqué que les prochains jours seront consacrés à l'environnement, mercredi, suivi le lendemain par la situation des personnes handicapées, des questions relatives aux familles, les pensions et la formation en lien avec le marché du travail. De nombreux autres thèmes suivront, a encore dit l'informateur.
Outre les rencontres déjà programmées avec le président de la Commission européenne, M. Barroso, et le Haut représentant M. Solana, M. Reynders rencontrera encore dans les prochains jours le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet.

Les plus : le forum, le fil info,
le chat de ce mardi midi avec Vincent de Coorebyter ,
le directeur général du Crisp et Le dossier spécial Elections 2007.

Reynders rencontrera à nouveau les présidents de parti

L'informateur Didier Reynders a fait le point mardi après-midi sur ses entretiens avec les présidents de parti. Il a constaté des divergences d'attitudes sur le plan commnautaire. "Je poursuivrai mes contacts informels et en fin de mission il sera sans doute souhaitable d'avoir un nouveau contact avec les présidents de parti", a-t-il dit.A la fin de cette première partie de sa mission, M. Reynders est d'avis qu'on peut avancer sur "le fond des thèmes qui seront au coeur de l'action du prochain gouvernement dans les compétences fédérales actuelles". Dans une courte déclaration, M. Reynders a souligné que les présidents de parti qu'il a rencontrés ont présenté leurs priorités et leurs attentes pour la future législature. "Il en ressort un certain nombre de priorités en matière économique, sociale et environnementale, comme dans toute unesérie d'enjeux de société", a-t-il dit.Après avoir rappelé les contacts qu'il a déjà eus avec les acteurs de la vie économique et sociale et ceux qu'il aura encore dans différents domaines, il en est venu à l'institutionnel. "Sur le plan communautaire, il apparaît qu'il n'y a à ce stade aucune demande du côté des partis francophones, voire un refus d'entrer dans un quelconque dialogue. Des demandes existent à des degrés divers au sein des partis flamands. Je poursuivrai des contacts informels et en fin de mission, il sera sans doute souhaitable d'organiser un nouveau contact avec les présidents de parti", a-t-il dit.Interrogé sur la brièveté de sa rencontre avec le président du PS Elio Di Rupo et sur les déclarations de celui-ci après la rencontre, M. Reynders s'est refusé à tout commentaire. "J'ai eu des rencontres plus courtes et d'autres plus longues. J'ai posé les mêmes questions à tout le monde et je ne suis pas maître de la longueur des réponses de mes interlocuteurs", a-t-il dit. M. Di Rupo a notamment reproché à l'informateur d'être sorti de sa mission en donnant clairement sa préférence pour une coalition bleu-orange. "Je n'ai jamais évoqué un type de coalition au cours de ma mission", a dit M. Reynders. (belga)

Di Rupo sort les crocs

En sortant de la rencontre à laquelle assistait aussi la vice-première ministre sortante Laurette Onkelinx, le président des socialistes a dit qu'il était venu par politesse parce qu'il est respectueux des institutions. Mais pour lui, l'informateur est sorti de son rôle en indiquant dès le début sa préférence pour une alliance « antisociale bleu orange ». « C'est son choix. Il exclut dès le départ les socialistes et les écologistes », a expliqué M. Di Rupo. Il a encore dit qu'il restait toutefois disposé au dialogue « avec toute personne, formateur ou informateur, qui veut nous entendre de façon objective » tout en ajoutant que le PS « n'a pas peur de l'opposition ». M. Di Rupo a encore souligné que M. Reynders « avait certes la main » mais le président du PS conteste toutefois l'affirmation selon laquelle le MR aurait gagné les élections. « Nous avons perdu 5 sièges mais les libéraux en ont perdu 9, 2 pour le MR et 7 pour l'Open VLD. Les vrais gagnants sont d'abord le CD&V et les écologistes, puis le CDH », a-t-il précisé. Pour lui, « l'image du libéralisme gagnant est un peu bizarre ». « Ils ont certes un siège de plus que les socio-chrétiens-humanistes mais ce n'est pour autant pas si clair que cela », a-t-il encore commenté. M. Di Rupo a précisé qu'il avait rappelé à l'informateur les priorités du PS comme les pensions ou le prix du gaz et de l'électricité. Il est resté très discret sur l'institutionnel. Pressé de questions par les journalistes flamands, il a souligné la complexité de cette question et a ajouté qu'il n'était pas prêt à aider à réunir une majorité des deux tiers pour une éventuelle réforme de l'Etat.

Elio Di Rupo: "Je suis venu par politesse"

Le président du PS Elio Di Rupo était la deuxième personnalité à être reçue ce mardi matin par l'informateur Didier Reynders. "Le vrai problème est l'a priori exprimé par l'informateur en faveur d'une coalition bleue-orange", a dit M. Di Rupo en quittant le 12 rue de la Loi."M. Reynders s'est écarté de sa mission. Un informateur doit donner des indications au Roi pour la future coalition. Or, il a choisi dès le début pour un gouvernement antisocial bleu-orange", a encore dit le président socialiste. L'entretien programmé pour durer un heure et demi a duré moins d'une demi heure."Socialistes exclus"En sortant de la rencontre à laquelle assistait aussi la vice-première ministre sortante Laurette Onkelinx, le président des socialistes a dit qu'il était venu par politesse parce qu'il est respectueux des institutions. Mais pour lui, l'informateur est sorti de son rôle en indiquant dès le début sa préférence pour une alliance "antisociale bleue-orange". "C'est son choix. Il exclut dès le départ les socialistes et les écologistes", a expliqué M. Di Rupo. Il a encore dit qu'il restait toutefois disposé au dialogue "avec toute personne, formateur ou informateur, qui veut nous entendre de façon objective" tout en ajoutant que le PS "n'a pas peur de l'opposition".Des libéraux pas si gagnantsM. Di Rupo a encore souligné que M. Reynders "avait certes la main" mais le président du PS conteste toutefois l'affirmation selon laquelle le MR aurait gagné les élections. "Nous avons perdu 5 sièges mais les libéraux en ont perdu 9, 2 pour le MR et 7 pour l'Open VLD. Les vrais gagnants sont d'abord le CD&V et les écologistes, puis le cdH", a-t-il précisé. Pour lui, "l'image du libéralisme gagnant est un peu bizarre". "Ils ont certes un siège de plus que les socio-chrétiens-humanistes mais ce n'est pour autant pas si clair que cela", a-t-il encore commenté.Réforme de l'EtatM. Di Rupo a précisé qu'il avait rappelé à l'informateur les priorités du PS comme les pensions ou le prix du gaz et de l'électricité. Il est resté très discret sur l'institutionnel. Pressé de questions par les journalistes flamands, il a souligné la complexité de cette question et a ajouté qu'il n'était pas prêt à aider à réunir une majorité des deux tiers pour une éventuelle réforme de l'Etat.
7SUR7 TV: Di Rupo veut un autre informateur
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Les salaires minimum varient dans un rapport de 1 à 17 dans l'UE

Les salaires minimum légaux, dont disposent 20 des 27 Etats membres de l'Union européenne, variaient en janvier dernier dans un rapport de 1 à 17, selon des chiffres rendus publics lundi par l'Office européen de statistiques, Eurostat. C'est le Luxembourg, avec 1.570 euros bruts par mois, qui accorde le plus haut salaire minimum alors que la Bulgarie, avec 92 euros par mois, ferme la marche européenne. Avec un salaire minimum de 1.259 euros bruts, la Belgique figure dans le peloton de tête, derrière toutefois les Pays-Bas (1.301 euros), la Grande-Bretagne (1.361) et l'Irlande (1.403). Si l'on tient compte toutefois des différences du coût de la vie dans les différents pays étudiés, les écarts entre pays européens se réduisent à un rapport de 1 à 7, le Luxembourg restant en tête, alors que la Roumanie devient le pays offrant le salaire le plus bas. A titre de comparaison, le salaire minimum au niveau fédéral des Etats-Unis s'élevait en janvier dernier à 676 euros. (belga)

Selor va évaluer ses propres tests pour éviter les discriminations

Selor, le bureau de sélection fédéral, va vérifier la neutralité de ses propres tests en collaboration avec différentes universités. Le bureau de sélection voit défiler chaque année plusieurs milliers de candidats.
Afin de garantir que ses tests ne contiennent pas d'éléments discriminatoires, le bureau de sélection a décidé de les soumettre à une analyse.

"Lors de l'évaluation des compétences, le sexe, l'origine et la religion ne peuvent avoir d'influence", indique-t-on.
C'est pourquoi deux groupes cibles, l'un comprenant des personnes d'origine étrangère et l'autre formé de personnes d'origine belge, seront soumis à quatre tests et leurs scores seront comparés.Selor souhaite ainsi éviter que des éléments dépendants de l'origine culturelle du candidat puissent générer un autre résultat.
Les individus des deux groupes ont le même niveau de formation et seront aussi évalués sur leur connaissance du néerlandais ou du français.Selon Selor, c'est la première fois en Belgique que des tests sont menés à cette échelle dans le cadre de la neutralité culturelle. Selor est encore à la recherche de candidats pour effectuer ces tests.

Plus d'information sur www.testezletest.be (belga)

18 juin 2007

La dette de l'Etat est de 282,6 milliards d'euros

A la fin du mois de mai, la dette de l'État fédéral s'élevait à 282,6 milliards d'euros, indique le ministère des Finances. Ce montant se répartit en 279,91 milliards concernant la dette émise ou reprise par l'État fédéral et 2,69 milliards concernant la dette de certains organismes pour laquelle l'État fédéral intervient dans les charges financières.
L'endettement net du pouvoir fédéral (c'est-à-dire l'endettement brut après déduction des placements financiers et titres en portefeuille) s'élevait à 278 milliards, ce qui représente une augmentation de 1,68 milliard par rapport au mois précédent.

Information, deuxième round

MAJ 18/06/07

Avec Reynders, Ecolo a parlé contenu et pas coalition

Pour les écologistes francophones, l'essentiel est le contenu du programme. "Nous avons parlé contenu, contenu, contenu" ont dit les secrétaires fédéraux d'Ecolo Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant après leur entretien avec l'informateur Didier Reynders. Pour eux, le signal de l'électeur écologiste est clair. L'écologie doit être au centre des préoccupations, ont dit M. Javaux et Mme Durant, mais aussi le social, les sans-papiers, la bonne gouvernance...."Nous sommes reçus le jour même où les journaux titrent sur une augmentation du gaz qui s'inscrit dans le problème général de l'énergie. C'est bien la preuve qu'il est temps de se pencher sur ce problème", a noté Isabelle Durant. "Tout au long de la campagne nous avons mis l'accent sur notre programme. Nous avons fait la même chose ici. Nous avons souligné les points qui étaient importants pour nous", ont dit les secrétaires fédéraux. Et d'ajouter que l'institutionnel n'a jamais été au centre de leurs préoccupations."Mais nous sommes toujours prêts à discuter notamment pour améliorer le fonctionnement de l'Etat. Nous sommes ouverts au dialogue tout en étant dans la ligne de défense des francophones. Nous avons par exemple toujours dit que nous étions pour une transformation du Sénat en véritable Sénat des Communautés et des Régions. Nous avons aussi toujours dit que nous étions favorables à l'élection d'une cinquantaine de députés sur une circonscription unique", ont-ils ajouté.Ils ont refusé de se prononcer sur l'une ou l'autre coalition. "On n'en est pas là. On est au stade de l'information. Nous avons fait part de nos préoccupations. Nous rappelons que nous sommes allés aux élections les mains libres. On verra ce que l'informateur tirera comme conclusion de ses consultations", ont-ils encore dit.

7SUR7 TV: "Accord de réforme mais l'exécution plus tard"
EN SAVOIR PLUS: CD&V/N-VA veut un accord de réforme mais l'exécution plus tard
EN SAVOIR PLUS: Pas de réforme contraire aux intérêt francophones, insiste Milquet
EN SAVOIR PLUS: "La N-VA fait déjà marche arrière", dit Spirit



Le CD&V/N-VA veut un "accord de réforme mais l'exécution plus tard"

L'informateur avec Bart De Wever et Jo Vandeurzen.Pour le cartel CD&V/N-VA, il faut un accord sur les grandes lignes d'une réforme de l'Etat et des perspectives claires pour une majorité des 2/3. "Nous ne voulons pas partir sans savoir où on va", ont commenté le président du CD&V Jo Vandeurzen et celui de la N-VA Bart De Wever après leur entretien avec l'informateur Didier Reynders. Ils ont toutefois ajouté qu'ils n'étaient pas opposés à une éventuelle mise en oeuvre après 2009.M. Vandeurzen a ajouté qu'ils avaient également dit à l'informateur qu'ils voulaient voir clair sur la situation budgétaire et qu'ils ont mis en avant les autres points de leur programme relatif aux pensions, à la diminution des charges ou à la loi sur la naturalisation.Les représentants veulent aussi un accord sur Bruxelles-Hal-Vilvorde avant d'entrer dans un gouvernement. "Cela n'a pas de sens de commencer si on n'a pas d'accord sur ce point", a dit M. Vandeurzen.

"Une réforme institutionnelle seulement après 2009"

Le cartel flamand CD&V-N-VA n'entrera pas dans le prochain gouvernement si les lignes de conduite d'une réforme institutionnelle ne figurent pas dans un accord gouvernemental. Mais la concrétisation de cette réforme pourra attendre jusqu'après les élections régionales de 2009, rapporte lundi De Morgen. La scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ne constituerait pas la seule requête. L'octroi aux Régions de plus de compétences en matière d'emploi est considéré comme un minimum. Les lignes de conduite et la réforme en elle-même doivent, selon le journal, donner la possibilité au gouvernement bleu-orange de se mettre relativement vite au travail et de récolter les fruits de la croissance économique annoncée. Le souhait orange aurait déjà été soumis de manière informelle à l'informateur Didier Reynders (MR). Les intérêts seraient en effet partagés. Didier Reynders ne veut pas transférer immédiatement l'argent et les compétences aux Régions afin de ne pas faire de cadeau au PS, encore au pouvoir à la Région wallonne jusqu'en 2009. L'inscription de lignes de conduite communautaires dans un accord de gouvernement revient à postposer la mise en oeuvre concrète de la réforme. (belga)

Le président de la N-VA (en retard) chez l'informateur

L'informateur Didier Reynders est entré dans le vif du sujet lundi matin. Il a en effet repris ses consultations et, après avoir rencontré la semaine dernière les représentants des institutions économiques et sociales et les partenaires sociaux, il a entamé un tour des présidents de parti.Il a commencé par recevoir ensemble les présidents du CD&V, Jo Vandeurzen, et de la N-VA, Bart De Wever. Les deux étaient attendus à 9 heures mais si le premier est arrivé à l'heure, M. De Wever est arrivé au 12 rue de la Loi avec un peu plus d'une demi heure de retard. L'informateur recevra ensuite la présidente du cdH Joëlle Milquet attendue à 10 heures 30. Dans l'après-midi, l'informateur recevra les écologistes, d'abord Jean-Michel Javaux (Ecolo) et ensuite Vera Dua (Groen! ). (belga)

EN SAVOIR PLUS: "Une réforme institutionnelle seulement après 2009
7SUR7 EN DIRECT: Infographie animée sur les élections

17 juin 2007

Elio I, dit Rupo - une personne de Qualité ...

MAJ 16/06/07

"On rendra les coups"

Le président du PS annonce qu'il agira désormais comme le MR : le débat politique sera plus dur. Les causes de l'échec électoral ? Charleroi. Il annonce aussi une "transformation radicale de tout". Agir plus tôt à Charleroi ? "Il est facile de dire, a posteriori, qu'il aurait fallu faire ceci ou cela."

Les événements se sont succédé au PS, depuis la défaite électorale de dimanche. Elio Di Rupo a accepté d'en parler, à coeur ouvert.
Comment vous sentez-vous : déçu, fâché, désabusé ?
Fâché, non. Désabusé, certainement pas. Déçu, on le serait à moins. Les résultats ne sont pas bons. Je m'attendais à un recul, même si l'ampleur de ce recul n'était pas prévue dans les sondages.
Les raisons de cet échec ?
Pendant les dix derniers jours avant l'élection, une grande partie de l'espace médiatique a été occupée par une affaire difficile : Charleroi... Il arrive un moment où, à force d'avoir des coups de butoir, le mur s'effondre. Le débat politique n'a pu avoir lieu pendant la campagne.
N'est-ce pas un peu facile de rejeter sur Charleroi toute la responsabilité de l'échec ?
Je n'ai jamais attribué toute la responsabilité de l'échec sur Charleroi. Charleroi a joué un rôle extrêmement destructeur, ce qui nous a mis dans une position de vulnérabilité générale. Nous avons dû être réactifs. Cela a détruit l'image. Quand dans un débat, on passe dix minutes sur Charleroi où le PS est accusé à 100 pc, même si moi, je n'y suis pour rien... il est pratiquement impossible, après, de retrouver un peu de lumière, un certain équilibre.
Les autres éléments du recul ?
Nous analysons les milliers de mails reçus. Le premier sujet de mécontentement (80 pc des mails), c'est Charleroi. Les autres thèmes portent sur l'action du gouvernement fédéral.
Que ferez-vous de ces enseignements ?
Tirer les leçons et transformer ces échecs en une opportunité. Il faudra une transformation radicale de tout. Je ne puis en dire plus pour l'instant.
La campagne du MR vous a surpris ?
On n'était pas habitué à une telle agressivité. Ils se sont inspiré des campagnes de Bush et de Sarkozy et l'ont appliqué à 100 pc. La technique est simple : 1. Discréditer les adversaires et leur action en n'hésitant pas à utiliser des mensonges. 2 Attaquer toute proposition positive. 3. Se profiler avec des choses simples : la fiscalité. 4. Essayer de trouver partout des problèmes, c'est la "scandalite" permanente. Pour cela, Charleroi a été un fabuleux réservoir. Nous serons donc, à l'avenir, obligés d'agir de la même manière. Le débat sera plus dur. On va faire la même chose, on va rendre les coups.
Mettez-vous en doute la partialité de la Justice à Charleroi ?
La Justice a fait son travail, c'est une affaire de conscience. Nous ne connaîtrons la vérité de cette affaire que plus tard. Nous allons collationner tous les faits et mettre cela dans les mains d'un avocat et attendre les jugements. Si la vérité judiciaire ne correspond pas à tout ce qui s'est dit et fait, il faudra évaluer le préjudice
N'était-il pas possible de désamorcer tout cela en prenant il y a 8 mois, les décisions annoncées lundi ?
Non, parce qu'à ce moment-là, nous ne connaissions pas la suite de l'histoire. On s'était doté d'instruments mais on ne pouvait imaginer que les choses allaient encore se dégrader. La possibilité d'inculpation des anciens échevins n'est arrivée que tardivement. Quand l'inculpation de Jean-Pol Demacq est arrivée, il était trop tard pour utiliser les instruments dont je disposais. Il est facile, a posteriori, de dire qu'il aurait fallu faire ceci ou cela. On est obligé d'agir en fonction des réalités du moment. Je sais qu'on aimerait que je broie tout sur mon passage. Ce n'est pas parce que j'utiliserai à l'avenir la méthode forte que j'enfreindrai les droits fondamentaux des gens. C'est à la fois ma force et ma faiblesse.
Avez-vous une préférence pour la coalition future à Charleroi ?
C'est sur le plan local que cela doit se décider. Ce n'est pas le Boulevard de l'Empereur qui impose les coalitions communales.


"Ma vie a été un enfer"

Elio Di Rupo sera candidat, le 11 juillet, à sa propre succession à la tête du PS. Son successeur à la Région sera choisi en même temps que le gouvernement fédéral.


Vous avez décidé de mettre fin à votre cumul. Qu'est-ce qui vous a décidé ? Guy Spitaels ?
J'aimerai d'abord vous poser une question. Pourquoi n'a-t-on parlé de cumul pratiquement qu'à mon égard, alors que nous étions deux, Didier Reynders et moi, à être en même temps ministre et président de parti ? Cela reste pour moi un mystère. Encore ce matin en lisant la presse, je me disais : "Tiens, comme c'est drôle". Quand on est un peu affaibli, on voit à quel point on doit rajouter du dédain à la désobligeance.
Cela dit, et indépendamment de Monsieur Spitaels qui a manifestement répondu d'une manière un peu rapide à des questions d'un journaliste, nous avions élaboré dès le lundi qui a suivi les élections une stratégie et un timing. Nous aurions dû annoncer cela lundi prochain, après le bureau. J'avais tout prévu.
Pourquoi avoir cumulé ?
Je ne suis pas allé à Namur de gaîté de coeur. Quand l'affaire sur les logements sociaux a éclaté, j'avais demandé à Jean-Claude Van Cauwenberghe de ne pas démissionner. Il ne m'a pas suivi. Nombreux sont ceux qui disaient que le Plan Marshall ne pouvait prendre de retard. J'avais des ministres de qualité, mais pas assez aguerris pour cette fonction. Mes amis m'ont alors demandé d'y aller. J'y suis allé. Ma vie était difficile. Ma vie a été un enfer durant toute la période. C'était un enfer parce que l'espace privé s'est réduit de façon considérable. Beaucoup de ministres et beaucoup de membres du parti peuvent vous dire que j'y ai laissé énormément de mon existence. Mais j'ai fait face à ces deux missions, à temps plein.
Pourquoi vouloir changer maintenant ?
On subit un échec électoral, qui est important (on perd 5 sièges et 15 pc de nos voix). Au SP.A, c'est encore plus : nos homologues flamands perdent 9 sièges et 30 pc de leurs électeurs. Mis ensemble, cela donne une impression catastrophique. Il nous faut rebondir et reconstruire. Mais cette reconstruction exige que je m'investisse dans le parti, que j'élabore une nouvelle stratégie. Et cela me prendra du temps. Je ne peux pas faire cela et en même temps être à la tête du gouvernement wallon. Ce n'est humainement pas possible.
Quand passerez-vous la main ?
Tout d'abord, le changement n'aura lieu que si je suis réélu à la tête du PS. Sinon, je resterai ministre-Président wallon. Quand ? La passation du témoin devrait se faire quand le gouvernement fédéral sera installé. Cela devrait donc intervenir en juillet ou en août. Tout cela dépendra du calendrier de la formation du gouvernement.
Pourquoi privilégier la présidence du PS et pas la présidence du gouvernement wallon ?
J'ai fait le tour de tout ce qui compte au PS. A l'unanimité, on m'a demandé de poursuivre ma mission à la tête du PS. Parce que c'est le lieu de réflexion et d'élaboration des stratégies politiques. Il serait pourtant plus confortable de rester à la Région wallonne.
Le problème, c'est que personne ne s'impose pour diriger le gouvernement wallon ?
Il y a toujours quelqu'un. Les cimetières sont remplis de gens indispensables.
Il y a aussi la perspective d'aller dans l'opposition au Fédéral ?
C'est un élément. La fusion des fonctions ne posait pas de problème tant que le PS était partout au pouvoir. Mais si on doit se retrouver dans l'opposition au Fédéral dans le même temps que notre partenaire à la Région accède au pouvoir, le cumul des deux fonctions pouvait amener à des conflits d'intérêt politique.
Comment sera désigné le prochain ministre-Président. C'est le poids des fédérations qui jouera ?
Non, non, ce ne sera pas le poids de quoi que soit. Je n'y ai pas encore réfléchi. La question ne se pose d'ailleurs pas tant que je ne suis pas réélu. On verra à partir du 12 juillet, puisque le vote devrait avoir lieu le 11.

"Je ne suis pas scotché au pouvoir"

Le président du PS craint qu'un gouvernement sans les socialistes fragilise ceux qui ont besoin d'une protection. Le libéralisme social, dit-il, cela n'existe pas.
L'opposition au niveau fédéral, cela vous tente ou cela vous effraye ?
Je ne suis pas scotché au pouvoir : l'opposition ne nous effraye pas. Mais il est trop tôt pour dire où l'on sera. Attendons le rapport de l'informateur. Nous avons perdu mais nous restons disponibles.
Il est peut-être plus facile de régénérer un parti dans l'opposition que dans la majorité ?
Rien n'est simple, ni dans la majorité, on l'a vu, ni dans l'opposition. Charleroi, que l'on ait été dans la majorité ou dans l'opposition, aurait produit le même résultat. Les déterminants d'un vote d'une personne ne sont pas de nature politique mais bien sociologique, culturelle, émotionnelle. Qui influence le plus les citoyens ? Les télévisions, puis les radios, puis les journaux.
Quelle que soit votre position, vous n'apporterez pas votre soutien à une nouvelle réforme de l'Etat...
Nous n'avons pas pour vocation d'aller détricoter l'Etat. Je lis déjà que sur Bruxelles-Hal-Vilvorde, on trouvera bien quelque chose. J'ai entendu des propos désobligeants : le fait que nous soyons le deuxième parti en Communauté française, ce serait déjà une réforme institutionnelle ! Allons.
Et que disent les libéraux, à présent : reportons la réforme de l'Etat en 2009 parce qu'à ce moment-là, les libéraux seront peut-être au pouvoir dans les Régions. Didier Reynders accepterait donc de régionaliser, dès lors que les compétences seraient reçues par les libéraux. Les présidents de partis francophones avaient pris une tout autre position. Ce n'est pas le PS qui est prêt à céder quoi que ce soit.
Les écologistes affirment que l'on ne fait pas d'écologie sans les écolos. Diriez-vous que l'on ne fait pas de social sans les socialistes ?
C'est une évidence. Le libéralisme social n'existe pas. Regardez ce qui se passe en France : on est encore dans la vague montante. Mais vous voyez bien qu'ils vont faire passer la TVA de 21 à 24,5 ou 25 pc. Et tout est dans la force des mots : ils appellent cela la TVA sociale !
C'est ce qui va se produire en Belgique si nous ne sommes pas au gouvernement. Dans un premier temps, et vraisemblablement peut-être même jusqu'aux élections de 2009, si le gouvernement devait être bleu orange, ils vont essayer, au maximum, d'éviter de heurter de front toutes celles et ceux qui ont besoin d'une protection sociale. Après cela, ils vont se rattraper : ils concevront une réforme fiscale dont le bénéfice ira à ceux qui ont beaucoup d'argent. On assistera, alors à une terrible envolée du coût de la vie.
La présidente du CDH, Joëlle Milquet, a l'air un peu isolée. Comment jugez-vous son positionnement ?
Je ne suis pas d'accord. Joëlle Milquet a toujours eu un positionnement clair. Mais je comprends qu'elle puisse être un peu perplexe : on est en train de lui voler sa victoire. Car il faut rétablir ce qui est. Qui a gagné les élections ? D'abord, les écologistes - ils ont nettement gagné. Deuxième parti politique à avoir bien gagné, c'est le CD & V. Mais parmi les vainqueurs, on retrouve aussi le CDH, qui passe de 8 sièges à 10. Pour moi, cela s'appelle gagner. Puis, il y a des perdants. Nous avons perdu, c'est évident. Le SP.A a encore plus perdu que nous. Mais le MR est aussi un perdant. Le fait d'être au-dessus du PS a créé chez lui une euphorie sans précédent. Je peux comprendre : nous étions aussi euphoriques quand nous avons dépassé les libéraux à Bruxelles il y a quelques années. Mais ce n'est pas parce qu'on est euphorique qu'on a gagné. Le MR a perdu : il est passé de 25 sièges à 23. Quant au VLD, il a chuté de 25 à 18 sièges. Joëlle Milquet dont le parti a gagné ne doit pas comprendre ce qui se passe en voyant quelqu'un qui a perdu s'attirer toute la lumière. Je comprends son irritation.

"Il faut travailler davantage avec l'expertise du terrain"


Elio Di Rupo préférerait Reynders à Leterme comme Premier ministre. "C'est un francophone..."
"On entend, à l'intérieur du parti, des critiques sur votre entourage : des technocrates coupés des réalités du terrain..."
J'ai une équipe d'experts et un bureau d'études qui s'appelle l'Institut Emile Vandervelde, qui est non seulement le meilleur, mais aussi le plus envié des bureaux d'études politiques. Jusqu'à dimanche, on ne tarissait pas d'éloges sur lui. Vous savez, si la victoire voit se précipiter à l'Etat civil un nombre incalculable de pères, la défaite ne trouve jamais personne pour reconnaître l'enfant. La défaite est orpheline. Et cela va dans tous les sens. C'est la faute d'Elio Di Rupo, de l'Institut Vandervelde.
On maintient tout en l'état alors ?
Ce que je pense, c'est que tout en préservant l'Institut Vandervelde, qui est l'un des meilleurs du pays, il faut tirer les leçons des messages que les citoyens nous envoient. Il faut travailler davantage avec ce que j'appellerai l'expertise de terrain.
Le PS serait-il devenu plutôt bobo que prolo ?
Ce n'est pas vrai. Notre formation politique s'intéresse à tous les citoyens : la classe moyenne, les travailleurs, les personnes qui cherchent un emploi, les ouvriers, les enseignants, les fonctionnaires. Nous, on ne classe pas les gens en prolo ou en bobo. Je trouve d'ailleurs cela désobligeant.
Guy Spitaels estime qu'avec vous, le PS est devenu trop belgicain...
(Fou rire). Je dois quand même tout entendre. Je ne suis pas belgicain. Mais je ne vais quand même pas tenir un discours anti-flamand simplement pour le plaisir de tenir un discours anti-flamand. Vous reconnaîtrez que j'ai toujours été très net voire l'un des plus nets chaque fois que je pensais que l'intérêt des Wallons et des Bruxellois risquaient d'être atteint. C'est vrai qu'il y a une mainmise du niveau fédéral par une partie des responsables néerlandophones. Mais cela ne date pas d'aujourd'hui. Cela date des années 70 et début 80. Je suis pour la Belgique fédérale. Elle est ce qu'elle est. Laissons la vivre.
Quel Premier ministre préféreriez-vous ? Yves Leterme ou Didier Reynders ?
Ce n'est pas moi qui ferai ce choix. C'est le Roi qui désignera le formateur, et ils se mettront d'accord ensemble autour d'une table.
Cela vous est donc égal ?
Ah, non. Dans tous les cas, je préférerais toujours un francophone. Je pense qu'après 33 ans, il ne serait pas scandaleux que le pays se donne à nouveau un Premier ministre francophone. J'avais cru comprendre que Louis Michel préférait Guy Verhofstadt. J'ai lu aussi que Monsieur Reynders ne voit pas d'un bon oeil un retour de Louis Michel et préférerait lui réserver un destin international voire intergalactique... Mais moi, je reste sur ma position.


"Elio Di Rupo doit démissionner"
Il fut l'un des membres influents du PS liégeois. Le très régionaliste Jean-Maurice Dehousse donne de la voix, une voix répercutée mercredi par le quotidien La Meuse. Après l'échec électoral de son parti, ce week-end, le bouillant militant réclame la démission d'Elio Di Rupo de la présidence du PS…..

13 jun 2007 15:31
L’ancien ministre Jean Maurice Dehousse, éternel rebelle, livre un commentaire original sur le scrutin, dans le quotidien liégeois La Meuse de ce mercredi matin. A son estime, il serait illusoire d’expliquer la défaite socialiste par "Charleroi".

D’une part, le mauvais score de son parti s’inscrit dans un recul général des idées de gauche, à l’échelle européenne. Et, d’autre part, d’autres facteurs ont pu jouer, comme, par exemple, la mauvaise image de marque du cumul, entre les mains d’Elio Di Rupo, des fonctions de président du PS, et de président du gouvernement wallon. Et Jean Maurice Dehousse de l’inviter à choisir, et donc à démissionner de l’un de ces mandats.

Ce n’est pas sa première tentative : voici quelques mois, l’intéressé avait même saisi une commission de déontologie du PS pour tenter de forcer Elio Di Rupo à renoncer à sa double casquette.

Di Rupo à Namur et nulle part ailleurs

On sait depuis la nuit des temps que les princes ne se chauffent pas au même soleil que les gens « ordinaires ». Mais quand un dieu, excédé, descend de l'Olympe et tonne, nous voilà tous à même enseigne, penauds, tirant une figure de carême. Mais enclins à nous amender avec plus ou moins de sincérité.
Ainsi en va-t-il de Guy Spitaels enjoignant de façon peu banale à Elio Di Rupo de choisir parmi ses mandats, pour que le président du PS s'exécute. Enfin.

Comme on n'est pas né de la dernière pluie, on parlera d'un effet déclencheur. Les sévères déclarations de Spitaels venant accélérer une décision « prise de longue date » par Di Rupo. Lequel ne veut bouger rien ni personne tant que la situation postélectorale n'est pas décantée. Dit crûment : l'heure des chaises musicales n'a pas encore sonné.
Sait-on jamais ?
Passons sur ce nouvel « effet retard » du Montois. Après la tragi-comédie de la reprise en main de Charleroi, il se voit à nouveau dicter son agenda. Passons aussi, pour mémoire, sur le fait qu'Elio Di Rupo a, une fois encore, fait la sourde oreille face aux innombrables avertissements de la presse et de quelques-uns de ses amis le pressant - depuis des mois ! - d'abandonner ce rôle d'homme providentiel, écartelé entre Bruxelles, Namur et Mons. Et venons-en à l'essentiel.
Car enfin, à ce que l'on comprend aujourd'hui en marge de l'annonce d'une présidentielle anticipée, le... candidat Di Rupo est en passe de prendre la mauvaise décision : lui, président ; et Demotte, ministre-président wallon. C'est tout vu !
Pour ce qui est de la popote intérieure, on laissera le soin aux instances du PS de trancher... en se remettant à l'écoute de sa base comme le conseille si sagement Spitaels. Et en nous faisant grâce de l'un de ces effets de manche(s) qui lassent. Laissons le vaudeville et la dégaine de bobos à Hollande et Royal.
Mais pour ce qui est du bien commun, il nous semblerait totalement anormal que Di Rupo n'achève pas l'encourageant travail de redressement entamé en Région wallonne. Là il a été efficace. Là est l'urgence collective. Il en va du devenir de la Belgique. Di Rupo doit camper jour et nuit à Namur.

De Clercq charge Di Rupo

jeudi 14.06.2007, 17:51L'ancien député permanent PS de Charleroi Jean-Pierre De Clercq demande dans un communiqué à Elio Di Rupo de « faire un pas de côté ». Il lui reproche notamment de « s'en être pris de manière maladive à un ancien ministre-président de la Région Wallonne qu'il n'a cessé de dévaloriser et de diaboliser ».

Di Rupo remet en jeu sa présidence du PS

Elio Di Rupo remet en jeu son mandat de président du PS. Les élections, qui devaient avoir lieu en octobre, seront avancées au mois de juillet. Après la défaite électorale, Elio Di Rupo répond ainsi à certaines critiques...


Il est candidat à sa succession à la tête du parti et, s'il est réélu, il quittera ses fonctions de ministre-président wallon.

Depuis septembre 2005, Elio Di Rupo dirige à la fois le parti socialistes et la Région wallonne. Déjà à l'époque, certains avaient crié à la mission impossible. Mais aujourd’hui, le président du PS est prêt à trancher en deux temps. D'abord il remet son mandat de président du PS en jeu. L'élection prévue à l'automne aura lieu en juillet. On accélère le mouvement. Un geste envers l'opinion et envers le parti.

Elio di Rupo montre ainsi qu'il a pris la mesure de la défaite électorale. Un geste aussi qui coupe l'herbe sous le pied de ses ennemis internes. Un geste tactique enfin qui peut lui apporter une légitimité avant que le parti ne se retrouve éventuellement dans l'opposition. Dans un deuxième temps, s'il est réélu, Elio Di Rupo quittera la Région wallonne et la direction en sera confiée à un autre socialiste. Ce serait alors la fin de ce cumul controversé.

Il restera alors à savoir qui sera à même de succéder à Elio Di Rupo à la tête de la Région wallonne. Et c'est là que cela risque de créer quelques tensions internes au sein du parti socialiste! C'est que d'une part la cure d'opposition qui s'annonce va limiter le nombre de postes ministériels et que du côté de la fédération liégeoise du parti, des voix s'élèvent déjà pour faire remarquer que c'est grâce aux voix liégeoises que la défaite n'a pas été plus cuisante dimanche dernier.

Deux noms circulent: Rudy Demotte et Jean-Claude Marcourt. Un Hennuyer, un Liégeois. L'un n'a jamais travaillé à la Région wallonne et l'autre n'a que peu d'expérience politique. Rudy Demotte pourrait aussi remplacer Marie Arena à la Communauté. L'actuelle ministre-présidente a été lourdement sanctionnée en Hainaut. Elle a perdu plus de la moitié de ses voix. Mais pour ce jeu de chaises musicales, il faudra sans doute encore attendre quelques semaines.
Source:Info radio - 15 jun 2007 15:04 VIDEO• E. Di Rupo remet son mandat en jeu • Guy Spitaels invité du Journal • Le remplacement de Di Rupo à la tête du PS ARTICLES• Guy Spitaels sort de sa réserve

Di Rupo privilégie son parti

Coup de théâtre : Elio Di Rupo remet son mandat de président du PS en jeu... pour en solliciter un nouveau.

Le parfait contre-pied. Après la lourde défaite aux législatives dimanche, après la charge de Guy Spitaels jeudi dans ces colonnes, après les critiques qui montaient de toutes parts, après le sentiment que le sol se dérobait sous ses pieds, Elio Di Rupo allait-il quitter la présidence du parti ?... La question résumait à elle seule la crise qui couve au PS, immanquablement, après s'être vu dépassé sur ses terres wallonnes par l'adversaire libéral, et à voir maintenant Didier Reynders évoluer royalement comme l'« informateur » au fédéral...
Alors qu'il avait laissé planer le doute à midi à la RTBF, laissant entendre que son choix n'était pas arrêté, et qu'il ne se dévoilerait pas de sitôt, la réponse d'Elio Di Rupo est tombée pourtant quelques heures plus tard, vers 17 heures : il décide de remettre dès à présent son mandat, anticipativement, puisqu'il courait jusqu'à octobre, mais... c'est pour en solliciter un troisième aussitôt, de la part des affiliés, pour un nouveau bail de quatre ans. Une option qui en implique une autre : « Si les militants le choisissent à nouveau comme président, Elio Di Rupo se consacrera à la conduite du parti, à sa redynamisation, et renoncera à la présidence du gouvernement wallon », précisait un communiqué du Boulevard de l'Empereur.


Le coup de théâtre est survenu à l'issue d'une réunion de crise au siège du parti jeudi après-midi, vers 17 heures, à laquelle ont participé les ministres fédéraux et ministres-présidents du PS, plus Philippe Moureaux, vice-président. Le « coup » avait été programmé. Elio Di Rupo en avait parlé à quelques-uns. La réunion d'hier avait été préparée la veille. Et l'entretien de Guy Spitaels dans Le Soir jeudi matin a donné plus d'intensité dramatique à la scène qui devait se dérouler au Boulevard de l'Empereur. « Elio nous avait convoqués mercredi midi déjà, et en quelque sorte, en sortant comme il l'a fait, Guy Spitaels lui a un peu gâché son coup... », confie Rudy Demotte.
Le ministre des Affaires sociales du gouvernement soutient sans nuance l'initiative présidentielle : « Il y a la volonté claire de recréer l'unité dans le parti, d'effacer la défaite du 10 juin, et de gagner les élections régionales et européennes de 2009, nous dit-il. Elio est la personne indiquée, et en se présentant aux suffrages des affiliés, il jouira d'un nouveau consensus fort ». Pressenti pour courir sa chance un jour à l'élection à la présidence, Rudy Demotte décline : « Je ne suis pas candidat, je soutiendrai Elio Di Rupo ». Et cible « Dieu » : « Guy Spitaels aurait été bien avisé de se tenir à son devoir de réserve. Faut-il rappeler qu'il a connu lui-même les plus grandes difficultés jadis à la direction du parti ?... Ce n'est pas quand le président commence à redresser la barre qu'on doit le mettre en difficulté ! »
Interviewé à la télévision, Elio Di Rupo dira : « Guy Spitaels a un devoir de réserve compte tenu de son passé. »
Désignée comme celle qui eut pu lui succéder, Laurette Onkelinx communiquait elle aussi, hier, par la voix de sa porte-parole, Saar Vanderplaetsen : « Le choix d'Elio Di Rupo de réclamer la confiance des militants permettra de relancer le parti. A partir du moment où il est candidat à sa succession, je suis solidaire. Ce serait mal me connaître que de croire que je pourrais me présenter contre lui. Nous avons toujours composé un tandem. »
Les choses vont aller vite. Lundi, le bureau du PS lancera officiellement l'appel aux candidatures, fixant la date de l'élection au suffrage universel des membres, qui se tiendra à la mi-juillet, peut-être le dimanche 15. Elio Di Rupo entamera un tour des fédérations. Il reste en campagne. Un oeil sur les négociations au fédéral. Certains estimant qu'en optant pour la présidence, il veut notamment garder la main dans l'hypothèse où les discussions pour la formation du gouvernement iraient à l'impasse. André Flahaut : « L'opposition est une éventualité, mais on n'est pas certains que l'orange bleue va réussir. »
Déjà, les Liégeois se placent en vue de sa seconde étape : la désignation du nouveau ministre-président wallon, dès juillet. José Happart met en garde : « Il va sans dire que si Elio devait quitter l'Elysette, le seul habilité à le remplacer, de par ses résultats dimanche, serait Michel Daerden. D'autre part, il ne serait pas acceptable que des ministres venant du fédéral viennent prendre les sièges à la Région wallonne, un peu comme si c'était une deuxième division... »
Invité des journaux télévisés hier soir, Guy Spitaels a précisé qu'il voterait pour Elio à la présidence... Rien que des amis.

Di Rupo va remettre son mandat de président du PS en jeu

Le président du PS, Elio Di Rupo, remettra son mandat en jeu, a-t-il fait savoir jeudi dans un communiqué. Les élections pour la présidence du parti socialiste francophone seront anticipées et devraient se tenir au mois de juillet et non, comme prévu, en octobre. Si M. Di Rupo devait être réélu, il quitterait sa fonction de ministre-président du gouvernement wallon. Le poste serait confié à un autre socialiste.En avançant ces élections internes, M. Di Rupo veut permettre à son parti d'être fixé sur sa direction et se mettre en ordre de marche pour le scrutin régional de 2009. Aujourd'hui au PS, il convient avant tout de préparer l'avenir", a-t-il ajouté. Depuis le ressac électoral de dimanche, certaines voix se sont élevées au sein du PS pour demander à M. Di Rupo de choisir entre ses différents mandats: président du parti socialiste, ministre-président du gouvernement wallon et bourgmestre de Mons.Parmi ces voix, il y a celle de Guy Spitaels, président du PS de 1981 à 1992. L'homme, qui porta le parti à un score historique de 44% en 1987, est sorti de la réserve qu'il observait depuis son retrait de la vie politique à la suite de l'affaire Agusta. "Il est temps de mettre fin au cumul qui empêche de traiter les problèmes en profondeur. Elio doit faire un choix entre la présidence du parti, la présidence du gouvernement régional et la direction d'une ville qui a vocation de capitale culturelle... A courir trop de lièvres, on ne peut que décevoir", a-t-il déclaré dans l'édition du Soir de jeudi. (belga)
EN SAVOIR PLUS: Guy Spitaels appelle Di Rupo à choisir entre ses mandats

Guy Spitaels appelle Di Rupo à choisir entre ses mandats

Pour la deuxième fois depuis sa retraite politique en 1995, Guy Spitaels sort de son silence. Ancien ministre, ex-bourgmestre d'Ath et ancien sénateur, il exhorte jeudi, dans une interview accordée au Soir, Elio Di Rupo à choisir entre ses différents mandats et regrette que le parti socialiste soit désormais dirigé par des "technocrates" et que les militants n'aient plus leur mot à dire.DéceptionL'ancien président du parti revient sur la défaite des socialistes aux élections législatives, constatant que le parti a perdu un quart de son électorat. "Ne nous tortillons pas: Didier Reynders a gagné son pari", explique-t-il. Il exhorte le président actuel du PS, Elio Di Rupo, à choisir entre ses différents mandats. "Il est temps de mettre fin au cumul, qui empêche de traiter les problèmes en profondeur", insiste-t-il. "A courir trop de lièvres, on ne peut que décevoir."EcouteGuy Spitaels regrette que le PS et son président se soient coupés de la base socialiste. "J'aimerais à tout le moins que la voix des élus socialistes soit plus écoutée que celle des technocrates du Boulevard de l'Empereur", note l'ancien président. "Je constate que les bureaux du parti sont devenus une chambre d'entérinement alors que tout a été bétonné au préalable."L'ancien président constate aussi que le PS colle de moins en moins au monde du travail et de plus en plus à celui des "bobo", les bourgeois-bohèmes. De même, Guy Spitaels regrette que le parti se soit profilé comme "Belgicain" plutôt que comme "défenseur des francophones".

MAJ 12/06/07

La mauvaise sortie d'Elio Di Rupo

Elio Di Rupo a décidément la décantation très lente. Si lente ! Cette ankylose politique, lorsqu'il s'agit de régler les conflits socialo-socialistes - ou d'ego -, ne laisse pas d'étonner, venant d'un homme qui fait preuve d'une énergie et d'une lucidité peu communes dans la gestion de « sa » Région.
Prenez Charleroi, le clou de son cercueil : il aura fallu six mois (et l'on est bon prince...) et un Waterloo électoral pour que le président du PS se décide à prendre la mesure d'autorité que ses seconds (Onkelinx, Dupont...) réclamaient depuis Noël. Et la presse, il n'est pas inutile de le rappeler, depuis l'automne 2005.
Le Montois, aujourd'hui défait, a fait preuve du même aveuglement ou de la même obstination coupable(s) en cumulant les mandats de chef d'un parti dominant, d'une région en capilotade et d'une ville qui se cherchait un avenir.

On ne s'étonnera dès lors qu'à moitié si « l'effet retard » à Charleroi et dans la gestion de ses gigamandats se triple désormais d'un retard à l'allumage face à l'échec électoral du PS.
Quitter le Boulevard de l'Empereur ? Pas d'angélisme : Di Rupo s'y prépare... lentement. Mais on est prêt à parier une dédicace de Van Cau posant en Mr Propre contre un camion de pompiers qu'elle n'interviendra pas avant lanlaire. Di Rupo s'y accrochera tant que son ego - toujours lui - lui dictera que nul plus que lui-même n'est en mesure de négocier le devenir francophone face aux appétits autonomistes flamands.
Si peu de lucidité est-il admissible venant du chef de l'ex-plus grand parti francophone ? Non.
Cette attitude, orgueilleuse, à la limite de l'aveuglement, contraste violemment avec le comportement d'un Verhofstadt ou d'un Vande Lanotte qui, en tirant leur révérence en temps, en heure et en dignité, génèrent déjà de la nostalgie et créent... les conditions de leur retour .
Elio Di Rupo, lui, est en train de rater sa sortie. Et un double rendez-vous historique. En passant illico la main à la présidence, il pourrait se consacrer à temps plein au redressement wallon,
et permettre à son parti de terminer, sans atermoiements, sa modernisation. Enfin.

MAJ 07/06/07

Malgré les affaires, Di Rupo croit en l'intelligence des électeurs

Elio Di Rupo, le président du parti socialiste, dit croire en l'intelligence des citoyens appelés aux urnes dimanche, à l'issue d'une campagne électorale qu'il a estimée "brouillée" en raison de l'utilisation par ses adversaires politiques des affaires judiciaires locales au PS de Charleroi.

Inculpé n'est pas coupable
M. Di Rupo a rappelé les "blessures" que constituaient ces "comportements inqualifiables". Il a également répété que pour lui "inculpation" n'était pas synonyme de "culpabilité".

Carolos, 2% du peuple belge
Enfin, a dit le président du PS, les Carolos constituent 2% de la population belge, il faut s'en occuper mais il faut aussi s'occuper des autres 98% de Belges concernés par les élections législatives, dont les enjeux sont nationaux.

MR profiteur
Elio Di Rupo a ressorti l'argument selon lequel le MR s'est offert un espace médiatique sur les affaires de Charleroi pour masquer son propre bilan au gouvernement et faire preuve de discrétion sur son propre programme électoral, que le PS juge faible. "Mais ma conviction est que les citoyens sont intelligents, ils font preuve de maturité politique, ils ne sont pas dupes", a-t-il encore dit. (belga)

Un président sans pouvoir

Elio Di Rupo devrait se méfier des incantations et des formules chocs. Il est doué pour la communication : c'est sur elle, d'ailleurs, qu'il a construit son succès depuis 1999, date à laquelle il est devenu président du PS. Mais, en cette période de chaos, ce don de la nature pourrait bien se retourner contre lui. Il ne peut plus se contenter, aujourd'hui, de décréter la chasse aux parvenus ou de réclamer des gestes forts. Chaque jour, ou presque, éclate une nouvelle affaire mouillant l'un ou l'autre élu socialiste : les sociétés de logement social, les secteurs des déchets, du sport, des marchés publics (Bernard Anselme, bourgmestre de Namur, est à son tour sur la sellette). Le « réseau » socialiste craque de toutes parts. Et ce n'est sans doute pas fini : de nouveaux dossiers, notamment en matière de logement social, ne demandent qu'à sortir. Et l'un ou l'autre des socialistes dernièrement emprisonnés, tels l'échevin Lucien Cariat ou le chef de cabinet du bourgmestre Van Gompel, pourraient bien être tentés, pour défendre leur peau, de « lâcher » l'une ou l'autre information susceptible de faire mal aux barons toujours en place. C'est une véritable spirale du chaos qui emporte le PS. Dans pareil contexte, les incantations et les propos virils ne suffisent plus. La chasse aux parvenus ? Il faut partir en guerre contre les barons omnipotents, les cumulards et tous ceux - on les connaît, au PS - qui ont bâti leur popularité et, parfois, leur richesse, sur un « système », un réseau opaque et antidémocratique. Des gestes forts ? Le président du PS devrait les poser lui-même. Ceux qu'il attend de ses « ouailles » indélicates ne viennent pas, ou si tard, ou si peu. Pourquoi ne met-il pas, lui-même, sa double fonction de président du parti et de ministre-président wallon dans la balance ? Pourquoi a-t-il montré le mauvais exemple, en octobre 2005, lorsqu'il a endossé le cumul de ces lourdes fonctions, sans renoncer non plus à son titre de bourgmestre de Mons ? Pourquoi ne s'est-il pas sérieusement attaqué, dans le passé, au mal qui ronge le socialisme francophone, c'est-à-dire à ce dogme absolu que constitue l'autonomie des fédérations, en vertu de laquelle chaque baron règne sans partage sur son « cheptel » ? Pourquoi ne s'est-il pas évertué à modifier les statuts du parti, dès lors que ceux-ci, favorisant la construction de véritables citadelles intouchables dans les fédérations, empêchent une véritable réforme du parti ? Pourquoi n' « encourage »-t-il pas Jean-Claude Van Cauwenberghe à se « ranger des voitures », lui qui incarne le PS carolo depuis des décennies, et qui l'a construit tel qu'il est aujourd'hui ? Pourquoi n'oppose- t-il pas son veto à la liste des candidats socialistes pour les élections communales d'octobre prochain, déposée à Charleroi, sur laquelle figurent notamment, excusez du peu, Philippe Van Cauwenberghe, le fiston du patron, Alisson De Clercq, la fille du (bientôt ex-)député permanent Jean-Pierre De Clercq dont les activités en tant qu'avocat font l'objet d'une instruction judiciaire, ainsi que Laurence Wilgaut, la fille du président du CPAS et ex-président de la société de logements sociaux Le Val d'Heure, dont le dossier a été transmis par la Société wallonne du logement au parquet de Charleroi...
En guise de « gestes forts », voici ceux que Di Rupo a posés après la dernière (?) affaire qui a ébranlé le PS de Charleroi. 1. Il a « confirmé » Jacques Van Gompel. Le bourgmestre de Charleroi avait remis son mandat entre les mains de son président de parti après l'inculpation de Patrick Henseval, son chef de cabinet par ailleurs président du club de volley les Dauphines, pour, notamment, corruption active et détournements de biens publics. Et voilà Van Gompel présenté comme un mayeur soucieux du bien commun, seul capable de mettre un peu d'ordre dans la maison carolo. N'est-ce pas lui pourtant, qui, dès le lendemain du témoignage de confiance de Di Rupo à son endroit, lâchait sur les ondes de la RTBF une diatribe contre la gestion des affaires par les ministères de l'Intérieur et de la Justice ? Comme entrée en matière, on pouvait rêver mieux. Et puis, rappelons-nous : il n'y a pas si longtemps, le même homme était présenté comme « gentil » et intègre, certes, mais également comme la potiche de Van Cau : n'est-ce pas celui-ci qui, au moment de sa promotion en tant que ministre régional, en 1995, avait cédé l'écharpe mayorale à son ami Van Gompel, réputé loyal et peu susceptible de lui faire de l'ombre ? Au PS, on passe décidément vite du statut d'homme de paille à celui d'homme providentiel... 2. Le bureau du PS (l'organe exécutif du parti) a pris acte du retrait du député permanent Jean-Pierre De Clercq de la liste des candidats socialistes hennuyers pour les élections provinciales, qui se dérouleront également le 8 octobre. Mais le bureau considère qu' « il appartient à Jean-Pierre De Clercq d'analyser la situation ». Entendez : Di Rupo aimerait que ce dernier n'attende pas le 8 octobre pour faire ses valises et quitter la députation permanente du Hainaut. 3. Le bureau du parti demande la démission, du collège des bourgmestre et échevins de Charleroi, de Lucien Cariat, l'échevin incarcéré pour l'affaire ICDI (Intercommunale de collecte et de destruction des immondices). 4. Le président du PS en a appelé au renforcement des règles et des contrôles, notamment dans les secteurs des intercommunales, des ASBL para-communales et para-provinciales et des sociétés de logement. Certains passages du communiqué officiel étonnent, cependant : le projet de réforme des intercommunales y est présenté comme « adopté », ce qui n'est toujours pas le cas à ce jour... notamment à cause du manque d'empressement socialiste. C'est aux réticences socialistes que l'on doit, aussi, le fait que certaines réformes, déjà officialisées en décret, attendent toujours le début d'une concrétisation. Aux freins du PS, encore, que la chasse aux cumuls salariaux et des mandats, pourtant au c£ur de toutes les affaires qui éclatent, n'est pas réellement ouverte. Il faut donc vraiment chausser des lunettes à verres grossissants pour distinguer un soupçon de « force » dans ces gestes-là...
Au-delà des mots : du vent ?
Elio Di Rupo ne serait-il pas, finalement, qu'un président d'opérette ? « Il est coincé, souligne le politologue Pascal Delwit (ULB). D'abord par les statuts du parti. Le PS tient sa pâture et son succès de son implantation locale. Les mandataires locaux sont donc traditionnellement très puissants. L'organisation du parti en 14 fédérations d'arrondissement, dont 2 très influentes, celles de Liège et de Charleroi, et en 700 sections locales et unions socialistes communales, limite fortement les marges d'action du président du parti. Le pouvoir est décentralisé à outrance. Un exemple : le pouvoir d'exclure un membre du parti appartient à l'échelon local et n'est pas du ressort présidentiel ! Bien sûr, le président a un pouvoir d'influence : Di Rupo en a déjà largement usé, depuis son entrée en fonction, en 1999. C'est grâce à son action en sous-main que la fédération liégeoise est désormais présidée par Willy Demeyer, l'homme du renouveau, paraît-il, et non par Charles Janssens, l'émissaire du "patron" Michel Daerden. Mais si les interventions du président sont trop visibles ou trop autoritaires, elles se heurtent inévitablement au veto de barons à l'ego surdimensionné et à la susceptibilité légendaire. Le retrait de Jean-Pierre De Clercq de la liste provinciale ? Il n'a pu l'obtenir qu'en raison de l'affaiblissement de Jean-Claude Van Cauwenberghe et du PS de Charleroi. A défaut, il aurait pu hurler longtemps dans le désert. » Presque impossible aussi, en vertu de la loi fédérale, de contraindre un échevin, démocratiquement élu, à démissionner. Statutairement, donc, la rénovation du parti doit partir de la base. Mais, hormis quelques jeunes pousses prometteuses mais muselées (lire en p. 20), la base elle-même obéit le plus souvent aveuglément aux caciques locaux, dont l'art de la rhétorique et les pratiques clientélistes fidélisent le « client ».
Dinosaures
Après son accession à la présidence du parti, Di Rupo avait pourtant annoncé, avec force effets de manches, la rénovation de son parti. On allait voir ce qu'on allait voir : le PS serait rajeuni, démocratisé, féminisé. On a vu. Isabelle Simonis, placée à la présidence du parlement de la Communauté française en juillet 2004, a été contrainte à la démission trois mois (!) plus tard, après une « erreur de communication ». En décembre 2004, Marie Arena, l'autre « merveille » présidentielle, se prend les pieds dans la coûteuse rénovation de son cabinet ministériel. Pas de chance, décidément... Le président force l'ouverture des listes électorales socialistes aux femmes ? Jetons un £il sur la liste des candidats pour les élections communales prochaines : à Charleroi, sur les dix premières places - celles qui comptent -, seules deux sont concédées au sexe « faible » ! Et, dans ce domaine, cela est loin d'être une exception. Quant à la démocratisation du parti, on l'attend toujours. Après la victoire électorale de 2003 (élections législatives fédérales) et celle de 2004 (élections régionales), Elio Di Rupo avait toutes les cartes en main pour donner un bon coup de pied dans la fourmilière, modifier plus profondément l'organisation du parti en fédérations, limiter l'autonomie de ces dernières. Il n'a pas saisi l'occasion de prendre les caciques à rebrousse-poil et d'imposer des mécanismes de contrôle plus stricts limitant leur marge de man£uvre. Pis : il a nommé Van Cau ministre-président wallon et José Happart (qui rêvait de conserver un portefeuille ministériel !) président du parlement sudiste. Il a conservé, dans sa garde rapprochée, des Michel Daerden, Bernard Anselme, Charles Picqué, Philippe Moureaux et André Flahaut, qui ressemblent davantage à des dinosaures et à ces barons tant décriés aujourd'hui qu'à des échantillons d'un renouveau prometteur.
A une encablure des élections communales et à un an du prochain scrutin législatif fédéral, le moment se prête évidemment mal à une grande remise en question statutaire : les hiérarques blessés sont dangereux, et le risque d'une dissidence est réel. En outre, le PS doit autant son succès que ses déboires à ces élus locaux qui imposent la loi dans les fédérations et les unions socialistes locales : ce sont eux, en effet, qui recueillent des voix ! Elio Di Rupo se trouve donc dans une impasse. Il n'y a pas que son parti qui fonce dans le mur en klaxonnant : la Région wallonne, aux destinées de laquelle il est censé présider, attendra sans doute encore longtemps les premiers effets d'un plan Marshall annoncé avec beaucoup de tapage médiatique à l'été dernier. Quant à la grande négociation communautaire qui s'annonce entre le Nord et le Sud, il y a fort à parier que le président du PS aura beaucoup de mal à s'y imposer comme un rempart crédible contre les velléités confédéralistes d'une Flandre plus que jamais conquérante. Et dire qu'il y a peu de temps encore certains l'imaginaient volontiers en Premier ministre...

MAJ 02/05/07

Charleroi: Di Rupo, piégé par les "siens"


Di Rupo pensait avoir gagné. Comme aux communales de 2006, passées sans encombre, ou presque. Le président socialiste et chef du gouvernement wallon du PS se cramponnait à une stratégie du long terme, sans rupture ni excommunication. Des éminences comme Laurette Onkelinx, Philippe Moureaux ou Philippe Courard le pressaient-ils de forcer Jean-Claude Van Cauwenberghe à abandonner la direction du PS carolo ? De proches conseillers de Di Rupo lui susurraient-ils à l'oreille que, là, pour une fois, il commettait une erreur ? Le « président » maintenait le cap... et Van Cau ! Pis : le 9 octobre 2006, par exemple, Elio Di Rupo accepte sans sourciller que le « parrain » carolo prenne la pose sur la photo qui immortalise la coalition du « renouveau » dans la première ville de Wallonie, après les communales. Dangereux... Di Rupo laisse Van Cau choisir « ses » échevins, dont son fils Philippe, et se contente d'un compromis visant à intégrer des rénovateurs imposés - sur le fil - par le Boulevard de l'Empereur. Dès les premières semaines de 2007, la direction du PS reste ensuite insensible aux man£uvres du même Van Cau. En coulisses, ce dernier contrôle le pouvoir politique local. C'est au sein de l'Union socialiste communale - la section locale du PS dont il reste le président - que Van Cau tire les ficelles, donne les consignes aux échevins amis, torpille les autres, répartit (encore) les mandats dans les ASBL si décriées ou les intercommunales en sursis.
L'influence de Van Cauwenberghe s'est érodée au fil des mois, c'est sûr. L'homme blessé s'est marginalisé. Mais, au c£ur de l'appareil socialiste, de nombreux témoignages l'attestent : le pouvoir de nuisance du clan Van Cau reste important. Comment s'étonner, dès lors, qu'Elio Di Rupo soit pris au piège ? Le président socialiste a misé sur les mauvais cavaliers. Dans le blizzard, avant les communales d'octobre 2006, il s'en remettait à Jacques Van Gompel. Heureusement pour le PS que Van Gompel a été incarcéré... juste après. Dans les coulisses de l'enquête, on assure aujourd'hui que l'ancien bourgmestre a joué un rôle actif dans les basses man£uvres orchestrées en plein c£ur de l'hôtel de ville (les marchés publics truqués, par exemple). Il renoue ces temps-ci avec Van Cau. Il n'était pas une simple victime du système. Ces derniers mois, Elio Di Rupo a ensuite jeté son dévolu sur le modeste Léon Casaert, maïeur de rechange, réputé intègre et peu suspecté de connivences avec Van Cau. Mais qui oserait affirmer que l'ancien échevin du Troisième Age ne sera pas inculpé dans les prochaines semaines ? Comment Di Rupo pourra-t-il justifier la pression qu'il maintient ainsi, à son corps défendant, certes, sur son propre parti ? Pourquoi le ministre-président n'a-t-il pas imposé une coupure radicale entre les agissements de l'ancien PS et les temps nouveaux, prémices de l'assainissement ? Autorisant ainsi tous les amalgames... La justice estime que le pouvoir communal carolo a couvert des pratiques illégales, organisées par des fournisseurs, des hauts fonctionnaires ou des hommes politiques. Le basculement vers l'ère des malversations daterait de 1993, à l'époque où le bourgmestre Van Cauwenberghe a nommé le secrétaire communal Eric Lecomte, un proche lieutenant. De 1993 à 2006, les faux procès-verbaux de réunions du collège échevinal carolo étaient fréquents. On s'arrangeait, on bidouillait. Van Cau, qui répond par le seul mot « prescription », Casaert et d'autres pourraient chuter. Dans un vilain ensemble.

MAJ 31/05/2007

" Allô ? C'est Elio à l'appareil "

Les ténors du PS au bout du fil tout au long de ce week-end
Converser avec Elio Di Rupo ? Vous pourrez le faire dès ce vendredi au cours du chat de la DH . Mais le PS vous offre aussi la possibilité de l'appeler directement au téléphone. Et gratuitement, via une ligne spéciale : le 0800/18.118.
L'opération se déroule ces samedi et dimanche, de 8 h 30 à 20 h 30. Après un message préenregistré du Montois, des téléphonistes vous dirigeront vers la personne la mieux à même de répondre à vos questions.
Ministres, parlementaires et candidats se relayeront toutes les quatre heures, avec des techniciens en appui. M. Di Rupo lui-même sera de quart samedi matin et un peu en ce dimanche de Doudou.
Entretien.
Ce projet, c'est pour désamorcer la bombe de Charleroi ?
"Pas du tout ! C'était prévu de longue date. Le but est de créer un lien direct avec les gens, répondre à leurs questions et inquiétudes."
Vous vous attendez à des questions sur les affaires, non ?
"On répondra sur tout. La hausse des pensions, les menaces de régionalisation de l'emploi... Les questions essentielles, que certains tentent de reléguer derrière un écran de fumée..."
Un écran de fumée ?
"Le départ forcé de M. Chastel ne trompe personne. Les libéraux veulent détourner l'attention de leur bilan au gouvernement, des projets. Tout ce tohu-bohu est volontaire."
Comment jugez-vous les conditions mises par Écolo à son entrée dans la majorité à Charleroi ?
"C'est un paravent électoraliste. On discutera sereinement avec tous les partis démocratiques après le 10 juin. J'ai des idées. Mais pas d'urgence : il n'y a ni morts ni blessés, quand même..."

Un accord avec le MR est-il encore possible pour la formation du prochain gouvernement fédéral ?
"Je garde mon sang-froid. Depuis que les libéraux ont été sortis des Régions, on est entré dans l'ère de la scandalite, provoquée et soutenue par eux. Il faudra un geste fort de leur part pour qu'une confiance puisse se rétablir, après ces comportements méprisants tout bonnement inqualifiables."
Propos recueillis par Ch. Carpentier
© La Dernière Heure 2007

La paille, la poutre et l'amnésique

DELFOSSE,LUC
mercredi 30 mai 2007
En déclarant qu'à Charleroi, le MR avait perdu « le sens de la responsabilité », Elio Di Rupo vient de franchir, de façon pathétique, la ligne rouge politique.
Oh, bien sûr, le président du PS n'a pas tort sur la forme : la valse-hésitation d'Olivier Chastel n'est pas très glorieuse. L'homme fait son Tartarin (« À la première inculpation, je m'en vais »), se rétracte (« Je reste au nom du bien commun ») avant d'être suicidairement démissionné par Didier Reynders, pour d'évidents motifs électoraux.
Suicidaires ? On jaugera du résultat dans moins de 15 jours. Reste que le dramuscule était écrit dans les astres tant il est vrai que le collège de Charleroi, ses jeunes pousses mises à part, abrite autant de bombes à retardement qu'il compte de socialistes. Chastel et son président auraient pu y penser avant d'embarquer dans la « majorité de renouveau ». La remarque vaut aussi pour le CDH, le désormais meilleur ami du PS.

Mais, pour appeler un chat un chat, Elio Di Rupo ne manque vraiment ni d'air ni de cynisme.
« Responsabilité » ? Mais au fait : qui préside depuis dix ans le grand vieux parti ? Qui fait et défait les majorités ? Qui nomme et révoque ? Qui s'est fait le champion de la bonne gouvernance ? Qui est, théoriquement, si puissant, qu'on l'a surnommé « le régent de Belgique » ? Qui dirige, en principe, la tutelle sur les municipalités, sous sa casquette de ministre-président ?
Et pourtant : qui, du haut de son Olympe, n'a posé aucun geste radical pour assainir, en père de famille, ce cloaque? Qui, sous couvert de l'autonomie des fédérations, a été incapable de déboulonner Van Cau, l'homme qui a installé et protégé l'équipe de branquignols et de tricheurs qui gouverne en bord de Sambre ?
On ne sait comment le président du PS compte rebondir. A défaut de poigne et d'excuses, il nous avait promis, il y a quelques mois à peine de « prendre de la hauteur. »
Trop ? Voila qu'on le retrouve, sur une orbite extravagante. Au large de la planète Amnésie. On attend autre chose d'un homme qui se pose un peu là, en redresseur de la Wallonie, en costaud portant la rénovation du PS ou en improbable Premier ministre francophone.

Elio Di Rupo, toujours au but

Elio Di Rupo au bout de deux bifurcations dans sa trajectoire vers le "seize". Auquel il croit toujours.
Réagissez sur notre forum. Consultez notre dossier "Elections 2007": les candidats, les enjeux, les fiches, les vidéos des débats. Suivez aussi l'actualité des élections sur le fil info.E n politique non plus, la vie n'est pas droite. L'« Elio Di Rupo » sous nos yeux à deux semaines des élections est l'oeuvre de deux bifurcations, comme on l'entend en physique. Deux « momentum » qui l'ont dévié de sa trajectoire initiale, tendue vers le but, le « seize », tracée depuis 1999 à la présidence du PS : 1. le renversement des majorités francophones en juillet 2004 ; 2. le scandale de la « Carolo » et son entrée à l'Elysette en octobre 2005.
Le président marchant sur l'eau, celui de la « rénovation », du « pôle des gauches » et toutes ces stratégies gagnantes, était parti tout droit pour hisser le PS aux sommets atteints il y a vingt ans, lors de son accession au pouvoir sous Guy Spitaels : le toit des 40 % des voix en Wallonie en 1988. Voué à s'imposer sans discussion au 16 rue de la Loi, Elio Di Rupo a vu la mer se refermer devant lui avant l'heure. Son but est resté. Tout est devenu plus compliqué. En deux temps.
1 Le samedi 26 juin 2004. A l'issue d'un bureau de parti exceptionnel, Elio Di Rupo annonce qu'il renverse la table en Wallonie, à Bruxelles et à la Communauté française. Fort du score de son parti aux élections régionales du 13 juin (36,92 % en Wallonie, 33,35 % à Bruxelles, où il dépasse le MR), le président du PS écarte les libéraux des majorités francophones, avec lesquels il gouverne depuis 1999, comme au fédéral - au profit du CDH et d'une coalition de centre gauche.
Un séisme, pas tant parce que socialistes et libéraux se séparent (partir-revenir, ils sont faits pour ça, et les résultats du 13 juin poussaient au crime, objectivement), mais parce qu'un pacte de fer entre les partenaires vole en éclats.
Longtemps évoqué, nous en livrons les termes. Il a été conclu le 3 janvier 2003 entre Elio Di Rupo et Louis Michel, dans un appartement privé du socialiste à Bruxelles, et devant notaire, un Montois, M e Franeau. Les préaccords secrets sont choses courantes chez nous, où le mode de scrutin proportionnel encourage tous azimuts les alliances dans l'ombre, mais celui-ci a un statut supérieur, par sa forme, la personnalité des contractants, sa portée : Elio Di Rupo et Louis Michel s'engagent à gouverner ensemble après les législatives de mai 2003, et nouent une série d'accords en vue des régionales de juin 2004. Ils se partagent les postes ministériels en Wallonie et à la Communauté française. C'est le fruit de tractations débutées en décembre 2002. Dans le lot, Louis Michel assure même ses arrières en obtenant de son compère son soutien à sa désignation comme futur Commissaire européen, prévue un an plus tard, envisageant de s'effacer de la scène intérieure pour transmettre le parti à son fils, Charles. L'on sait que Louis Michel partira bien pour l'Europe, mais dans la débâcle, après l'éviction du MR des majorités régionales.
Incroyablement, le pacte de fer n'a pas résisté. Elio Di Rupo s'était estimé délié de ses engagements depuis que le lundi 26 janvier 2004, Louis Michel et Antoine Duquesne (président du MR à l'époque), l'un dans La Libre, l'autre dans Vers l'Avenir, avaient soudainement lancé un appel à Joëlle Milquet afin qu'elle accole son CDH au MR, pour contrecarrer la suprématie du PS. Un blitzkrieg risqué à trois mois des élections. L'opération de « débauchage » de responsables sociaux-chrétiens par des dignitaires du MR échouera. Le MR veut en rester là. Pas le PS. Elio Di Rupo fait savoir aux libéraux-réformateurs que leur tentative de constituer une force de centre droit alternative à son parti rompt de facto leur entente. On connaît la suite.
Cette séquence infernale entre PS et MR (le pacte, le blitzkrieg, le renversement de juin) est ravageuse pour leurs relations mutuelles, qui structurent pour une bonne part notre vie politique. Le MR sort du gâchis avec un sourd besoin de vengeance. Il devient guerrier. S'emparant de la présidence du parti en septembre 2004, au départ de Louis Michel, Didier Reynders se met à cogner, pour se démarquer de l'ancien « patron », plus rond, prompt aux concessions, et sa ligne dure s'alimente au besoin diffus d'une revanche parmi les cadres et militants. « Ils veulent nous abattre, et me salir par tous les moyens possibles et imaginables, c'est le coeur de leur campagne électorale », estimait récemment Elio Di Rupo.
Pointant le scrutin de 2007, le MR ramène systématiquement le PS à l'« assistanat », la « mauvaise gouvernance », l'« archaïsme ». Aux « affaires » pour ne pas les nommer. Il enfonce le clou. A deux semaines du scrutin, le président du PS réplique, mais il joue en défense. Les « affaires » pèsent. L'adversaire en (ab)use. Il y a bel et bien eu entre-temps la deuxième bifurcation pour Elio Di Rupo...
2 Septembre 2005. Le scandale de la Carolo et la gestion calamiteuse des logements sociaux défraient la chronique. Vendredi 30, l'échevin Claude Despiegeleer est arrêté. Van Cau, chef historique des socialistes carolos, alors ministre-président wallon, est dans le cyclone. Elio Di Rupo l'appelle au téléphone à deux reprises ce jour-là. A 17 heures, lors d'une longue conversation, le président du PS lui explique qu'il ne veut pas qu'il démissionne. A 19 heures, Van Cau appelle Elio Di Rupo, et lui annonce qu'il a décidé de laisser tomber : « Quoi que je fasse, les médias ne me parlent plus que de ça, plus rien d'autre ne passe, ce n'est pas tenable. » C'est l'heure de l'Elysette pour Elio Di Rupo. A la télévision le dimanche, Henri Mestdagh, patron des patrons wallons, le presse d'y aller. Il y va. Le président du PS pressent une longue période de tourments pour son parti. Ce seront les ondes de choc de l'ICDI, de l'incrimination du collège carolo, du mayeur Jacques Van Gompel, etc. Il sait aussi qu'un long bras de fer s'engage désormais avec Van Cau. Replié dans sa ville, meurtri, convaincu qu'« on » l'a lâché (Philippe Moureaux et Laurette Onkelinx en particulier, mais aussi le locataire du Boulevard de l'Empereur), il n'hésitera pas à tenter de
déstabiliser son président. Elio Di Rupo choisit de « régler » le dossier carolo dans la foulée de la justice, en manoeuvrant habilement par contournements successifs. En dépit des pressions de certains dans son entourage, comme de celle opérée par les médias, il ne va pas à l'affrontement direct avec un PS carolo toujours aux mains de Van Cau. Il sait que cela l'attirerait, lui, dans un piège mortel, qu'il serait aspiré dans le tourbillon jusqu'à sa perte.
Il sait aussi qu'en s'installant à l'Elysette, il ouvre un nouveau front, lance un défi salutaire, celui de l'inaccessible redressement wallon. Dont il pourrait tirer argument, apparaître à terme comme l'auteur. Avant juin 2007, si possible. Comme une diversion par les temps qui courent. L'Elysette est une fenêtre. Et après les deux grandes bifurcations de 2004 et 2005, la Wallonie est la nouvelle frontière d'Elio Di Rupo. Sa chance et sa manière de revenir au but...
3 Le 16 mai 2007. Dans le minibus qui emporte les visiteurs à l'extérieur du site de la société pharmaceutique « Baxter », à Lessines, où l'on se réjouit d'un investissement de 85 millions d'euros, et de la création de 150 emplois avant 2012, Elio Di Rupo a une brève conversation avec Eric Domb, président de l'Union wallonne des entreprises, et quelques patrons à ses côtés. Il se lâche : « On vit dans un monde virtuel, quand même ! Une page sur Rovillard (dans La Libre, NDLR) pour aucune info neuve ! Le PS décrit comme ça, alors qu'on fait autre chose... » Devant lui, les PDG approuvent. L'épisode résume toute la tension de la campagne pour Elio Di Rupo.
Quelques minutes auparavant, devant les cadres de l'entreprise qui se félicitaient de l'intervention des autorités wallonnes, et réclamaient maintenant « le coup de fouet en plus dans la formation et l'enseignement technique, qui nous fera profiter de la période de forte croissance », Elio Di Rupo relance son credo : « La Wallonie est revenue dans la short list finale des investisseurs étrangers. Redevenue une zone qui vaut la peine d'être examinée. Je ne vous dis pas que tout va bien, mais je traite de menteurs ceux qui prétendent que nous allons mal. On voit le renouveau se faire jour, depuis 2000, et maintenant plus fort. »
Ce « défi » wallon qui est constitutif de sa campagne, cet argument dont il a besoin pour se lancer à la conquête du « seize », est un combat aux tours insoupçonnés. Dans la voiture qui le ramène à toute vitesse à Mons, Elio Di Rupo nous confie : « Sur certains gros dossiers d'investissements, la compétition est terrible... Et des politiques flamands connus, parmi les plus influents, de leur région et dans le pays, interviennent directement pour nous bloquer. Ils essayent de détourner vers eux des investisseurs étrangers qui examinent la possibilité de venir en Wallonie. J'ai deux ou trois exemples. » Lesquels ? Motus. Interrogé plus tard, Elio Di Rupo maintient sa réserve, et nous confirme ses lourdes accusations. Evocatrices d'un monde caché : le réel, sous l'apparent. Avant cela, il avait lâché : « La chance de devenir Premier ministre est mince, mais elle existe. » Vous pensez : le 16-rue de la Loi, occupé par les Flamands comme un poste stratégique, avec vue sur toute la maison Belgique, et la main sur de grands leviers socio-économiques... Voir un francophone y accéder, maintenant, ou dans deux ans - en 2009, après une législature éclair qui serait consacrée à la réforme de l'Etat -, mis à part la force symbolique, ce ne serait que justice fédérale. Un ministre-président
wallon, en plus, vous n'y pensez pas. Quel formidable gain pour le sud ! Et, accessoirement, pour lui, Elio Di Rupo.

Elio Di Rupo, toujours au but not least

Elio Di Rupo au bout de deux bifurcations dans sa trajectoire vers le "seize". Auquel il croit toujours.Réagissez sur notre forum. Consultez notre dossier "Elections 2007": les candidats, les enjeux, les fiches, les vidéos des débats. Suivez aussi l'actualité des élections sur le fil info.
E n politique non plus, la vie n'est pas droite. L'« Elio Di Rupo » sous nos yeux à deux semaines des élections est l'oeuvre de deux bifurcations, comme on l'entend en physique. Deux « momentum » qui l'ont dévié de sa trajectoire initiale, tendue vers le but, le « seize », tracée depuis 1999 à la présidence du PS : 1. le renversement des majorités francophones en juillet 2004 ; 2. le scandale de la « Carolo » et son entrée à l'Elysette en octobre 2005.
Le président marchant sur l'eau, celui de la « rénovation », du « pôle des gauches » et toutes ces stratégies gagnantes, était parti tout droit pour hisser le PS aux sommets atteints il y a vingt ans, lors de son accession au pouvoir sous Guy Spitaels : le toit des 40 % des voix en Wallonie en 1988. Voué à s'imposer sans discussion au 16 rue de la Loi, Elio Di Rupo a vu la mer se refermer devant lui avant l'heure. Son but est resté. Tout est devenu plus compliqué. En deux temps.

1 Le samedi 26 juin 2004. A l'issue d'un bureau de parti exceptionnel, Elio Di Rupo annonce qu'il renverse la table en Wallonie, à Bruxelles et à la Communauté française. Fort du score de son parti aux élections régionales du 13 juin (36,92 % en Wallonie, 33,35 % à Bruxelles, où il dépasse le MR), le président du PS écarte les libéraux des majorités francophones, avec lesquels il gouverne depuis 1999, comme au fédéral - au profit du CDH et d'une coalition de centre gauche.
Un séisme, pas tant parce que socialistes et libéraux se séparent (partir-revenir, ils sont faits pour ça, et les résultats du 13 juin poussaient au crime, objectivement), mais parce qu'un pacte de fer entre les partenaires vole en éclats.
Longtemps évoqué, nous en livrons les termes. Il a été conclu le 3 janvier 2003 entre Elio Di Rupo et Louis Michel, dans un appartement privé du socialiste à Bruxelles, et devant notaire, un Montois, M e Franeau. Les préaccords secrets sont choses courantes chez nous, où le mode de scrutin proportionnel encourage tous azimuts les alliances dans l'ombre, mais celui-ci a un statut supérieur, par sa forme, la personnalité des contractants, sa portée : Elio Di Rupo et Louis Michel s'engagent à gouverner ensemble après les législatives de mai 2003, et nouent une série d'accords en vue des régionales de juin 2004. Ils se partagent les postes ministériels en Wallonie et à la Communauté française. C'est le fruit de tractations débutées en décembre 2002. Dans le lot, Louis Michel assure même ses arrières en obtenant de son compère son soutien à sa désignation comme futur Commissaire européen, prévue un an plus tard, envisageant de s'effacer de la scène intérieure pour transmettre le parti à son fils, Charles. L'on sait que Louis Michel partira bien pour l'Europe, mais dans la débâcle, après l'éviction du MR des majorités régionales.
Incroyablement, le pacte de fer n'a pas résisté. Elio Di Rupo s'était estimé délié de ses engagements depuis que le lundi 26 janvier 2004, Louis Michel et Antoine Duquesne (président du MR à l'époque), l'un dans La Libre, l'autre dans Vers l'Avenir, avaient soudainement lancé un appel à Joëlle Milquet afin qu'elle accole son CDH au MR, pour contrecarrer la suprématie du PS. Un blitzkrieg risqué à trois mois des élections. L'opération de « débauchage » de responsables sociaux-chrétiens par des dignitaires du MR échouera. Le MR veut en rester là. Pas le PS. Elio Di Rupo fait savoir aux libéraux-réformateurs que leur tentative de constituer une force de centre droit alternative à son parti rompt de facto leur entente. On connaît la suite.
Cette séquence infernale entre PS et MR (le pacte, le blitzkrieg, le renversement de juin) est ravageuse pour leurs relations mutuelles, qui structurent pour une bonne part notre vie politique. Le MR sort du gâchis avec un sourd besoin de vengeance. Il devient guerrier. S'emparant de la présidence du parti en septembre 2004, au départ de Louis Michel, Didier Reynders se met à cogner, pour se démarquer de l'ancien « patron », plus rond, prompt aux concessions, et sa ligne dure s'alimente au besoin diffus d'une revanche parmi les cadres et militants. « Ils veulent nous abattre, et me salir par tous les moyens possibles et imaginables, c'est le coeur de leur campagne électorale », estimait récemment Elio Di Rupo.
Pointant le scrutin de 2007, le MR ramène systématiquement le PS à l'« assistanat », la « mauvaise gouvernance », l'« archaïsme ». Aux « affaires » pour ne pas les nommer. Il enfonce le clou. A deux semaines du scrutin, le président du PS réplique, mais il joue en défense. Les « affaires » pèsent. L'adversaire en (ab)use. Il y a bel et bien eu entre-temps la deuxième bifurcation pour Elio Di Rupo...
2 Septembre 2005. Le scandale de la Carolo et la gestion calamiteuse des logements sociaux défraient la chronique. Vendredi 30, l'échevin Claude Despiegeleer est arrêté. Van Cau, chef historique des socialistes carolos, alors ministre-président wallon, est dans le cyclone. Elio Di Rupo l'appelle au téléphone à deux reprises ce jour-là. A 17 heures, lors d'une longue conversation, le président du PS lui explique qu'il ne veut pas qu'il démissionne. A 19 heures, Van Cau appelle Elio Di Rupo, et lui annonce qu'il a décidé de laisser tomber : « Quoi que je fasse, les médias ne me parlent plus que de ça, plus rien d'autre ne passe, ce n'est pas tenable. » C'est l'heure de l'Elysette pour Elio Di Rupo. A la télévision le dimanche, Henri Mestdagh, patron des patrons wallons, le presse d'y aller. Il y va. Le président du PS pressent une longue période de tourments pour son parti. Ce seront les ondes de choc de l'ICDI, de l'incrimination du collège carolo, du mayeur Jacques Van Gompel, etc. Il sait aussi qu'un long bras de fer s'engage désormais avec Van Cau. Replié dans sa ville, meurtri, convaincu qu'« on » l'a lâché (Philippe Moureaux et Laurette Onkelinx en particulier, mais aussi le locataire du Boulevard de l'Empereur), il n'hésitera pas à tenter de
déstabiliser son président. Elio Di Rupo choisit de « régler » le dossier carolo dans la foulée de la justice, en manoeuvrant habilement par contournements successifs. En dépit des pressions de certains dans son entourage, comme de celle opérée par les médias, il ne va pas à l'affrontement direct avec un PS carolo toujours aux mains de Van Cau. Il sait que cela l'attirerait, lui, dans un piège mortel, qu'il serait aspiré dans le tourbillon jusqu'à sa perte.
Il sait aussi qu'en s'installant à l'Elysette, il ouvre un nouveau front, lance un défi salutaire, celui de l'inaccessible redressement wallon. Dont il pourrait tirer argument, apparaître à terme comme l'auteur. Avant juin 2007, si possible. Comme une diversion par les temps qui courent. L'Elysette est une fenêtre. Et après les deux grandes bifurcations de 2004 et 2005, la Wallonie est la nouvelle frontière d'Elio Di Rupo. Sa chance et sa manière de revenir au but...
3 Le 16 mai 2007. Dans le minibus qui emporte les visiteurs à l'extérieur du site de la société pharmaceutique « Baxter », à Lessines, où l'on se réjouit d'un investissement de 85 millions d'euros, et de la création de 150 emplois avant 2012, Elio Di Rupo a une brève conversation avec Eric Domb, président de l'Union wallonne des entreprises, et quelques patrons à ses côtés. Il se lâche : « On vit dans un monde virtuel, quand même ! Une page sur Rovillard (dans La Libre, NDLR) pour aucune info neuve ! Le PS décrit comme ça, alors qu'on fait autre chose... » Devant lui, les PDG approuvent. L'épisode résume toute la tension de la campagne pour Elio Di Rupo.
Quelques minutes auparavant, devant les cadres de l'entreprise qui se félicitaient de l'intervention des autorités wallonnes, et réclamaient maintenant « le coup de fouet en plus dans la formation et l'enseignement technique, qui nous fera profiter de la période de forte croissance », Elio Di Rupo relance son credo : « La Wallonie est revenue dans la short list finale des investisseurs étrangers. Redevenue une zone qui vaut la peine d'être examinée. Je ne vous dis pas que tout va bien, mais je traite de menteurs ceux qui prétendent que nous allons mal. On voit le renouveau se faire jour, depuis 2000, et maintenant plus fort. »
Ce « défi » wallon qui est constitutif de sa campagne, cet argument dont il a besoin pour se lancer à la conquête du « seize », est un combat aux tours insoupçonnés. Dans la voiture qui le ramène à toute vitesse à Mons, Elio Di Rupo nous confie : « Sur certains gros dossiers d'investissements, la compétition est terrible... Et des politiques flamands connus, parmi les plus influents, de leur région et dans le pays, interviennent directement pour nous bloquer. Ils essayent de détourner vers eux des investisseurs étrangers qui examinent la possibilité de venir en Wallonie. J'ai deux ou trois exemples. » Lesquels ? Motus. Interrogé plus tard, Elio Di Rupo maintient sa réserve, et nous confirme ses lourdes accusations. Evocatrices d'un monde caché : le réel, sous l'apparent. Avant cela, il avait lâché : « La chance de devenir Premier ministre est mince, mais elle existe. » Vous pensez : le 16-rue de la Loi, occupé par les Flamands comme un poste stratégique, avec vue sur toute la maison Belgique, et la main sur de grands leviers socio-économiques... Voir un francophone y accéder, maintenant, ou dans deux ans - en 2009, après une législature éclair qui serait consacrée à la réforme de l'Etat -, mis à part la force symbolique, ce ne serait que justice fédérale. Un ministre-président
wallon, en plus, vous n'y pensez pas. Quel formidable gain pour le sud ! Et, accessoirement, pour lui, Elio Di Rupo.