27 avril 2008

Passer de 70 à 5 sociétés de logement

De retour de voyage, M. Kubla a apprécié l'"approche clientèle" des sociétés de logements françaises, "orientée service avec une relocation rapide". "Il faut savoir qu'il y a prélèvement automatique des loyers pour 80 pc des locataires", a encore expliqué le député MR.
Mieux disséminer le logement public en Wallonie
Le député wallon Serge Kubla (MR) critique, dimanche dans le quotidien La Dernière Heure, la politique menée par le ministre André Antoine (cdH) en matière de logement et souhaite que l'on passe de 70 sociétés de logements en Wallonie à 5 ou 6 maximum.
"Cela ne peut pas continuer. La majorité cdH-PS nous dit qu'il y a eu une grande réforme du logement... et il reste 70 sociétés de logements.
C'est inacceptable", s'insurge M. Kubla, ajoutant qu'"il faut amener le nombre de sociétés de logements en Région wallonne à 5 ... maximum 6!".
Le chef de groupe MR revient d'un voyage à Reims, en France, où il a visité des logements sociaux. "Il y a une société de logements pour 22.000 logements. Nous, on a 70 sociétés pour 103.000 logements", constate-t-il.
Serge Kubla pointe les différentes causes de la mauvaise santé du logement social wallon: incompétence du personnel, des dirigeants, méconnaissance de leur parc, état de vétusté, préférence des socialistes pour consacrer des moyens aux nouveaux logements plutôt que de consacrer les moyens à l'entretien de l'existant...
De retour de voyage, M. Kubla a apprécié l'"approche clientèle" des sociétés de logements françaises, "orientée service avec une relocation rapide". "Il faut savoir qu'il y a prélèvement automatique des loyers pour 80 pc des locataires", a encore expliqué le député MR. Par ailleurs, "j'ai retenu l'identification immédiate des petits problèmes (ampoule en panne, vitre cassée, ...) et la réaction rapide".

Le programme d’ancrage local 2009-2010, présenté ce vendredi après-midi par le ministre du logement André Antoine (CDH), prévoit la construction de 4.000 nouveaux logements publics, pour la location ou la vente.

Une priorité sera accordée dans l’octroi des subsides aux petites ou moyennes communes (celles qui comptent moins de 12.000 habitants) et aux communes qui comptent moins de 10 % de logements publics ou subventionnés.
Les communes doivent introduire les dossiers de demandes de subsides pour le 30 juin. Afin de les aider dans l’élaboration et l’exécution des programmes, le ministre annonce la mise en place de « conseillers logement », sur le modèle des conseillers en aménagement du territoire ou des conseillers en énergie. Une soixantaine de ces conseillers pourraient être installés sur base d’appels à projets à raison d’un conseiller par commune ou groupe de communes.
De nouvelles règles entrent en vigueur afin de permettre aux sociétés de logements sociaux d’introduire des critères propres dans la sélection des locataires.
Un nouvel outil statistique révèle qu’il y a des candidats au logement social dans toutes les communes de Wallonie. « Plus aucun bourgmestre ne pourra dire, comme c’est parfois le cas, qu’il n’y a pas de candidat dans sa commune et donc pas besoin de construire du logement social », se félicite André Antoine.
Les candidatures se concentrent dans les provinces d’Hainaut et de Liège, qui représentent 2/3 des 32.000 demandes. Les logements sont actuellement concentrés dans les grandes villes, avec un problème d’intégration des locataires, a constaté le ministre. « Les communes rurales ou semi-rurales ne s’ouvrent pas. C’est pourquoi nous leur donnerons la priorité dans les deux années à venir. Il s’agira aussi de mettre fin au sentiment de ghetto de certains quartiers urbains », a-t-il dit.
André Antoine en a profité pour répondre aux sociétés qui se plaignent de n’avoir plus de liberté dans la sélection des locataires. Elles pourront adopter des règlements spécifiques. « Il est vrai qu’avec le système de points actuel, la désignation pourrait presque se faire par ordinateur », a-t-il dit.
Mais, auparavant, la dérogation était la règle et la sélection pouvait paraître « à la tête du client ». Désormais, les sociétés peuvent ajouter des critères qui leur sont propres pour accorder des points supplémentaires, sans discrimination liée à la nationalité, au sexe ou à la religion.
Autre problème constaté : l’écrasante majorité des candidats a introduit une demande dans une seule société de logements sociaux. Une « candidature unique » a été mise en place le 1er janvier 2008. Celle-ci permet, en une fois, d’introduire une demande dans les 70 sociétés de logements sociaux de Wallonie ou dans quelques-unes d’entre elles, au choix.
Le programme d’ancrage communal 2007-2008 aura conduit à la création de 4.305 logements. Le candidat moyen est âgé de 42,7 ans et bénéficie de revenus de 10.768 euros par an. La candidature moyenne vise à abriter 2,24 personnes. Le nombre moyen d’enfants par candidature s’élève à 0,78. Plus de 4.000 demandes émanaient de familles comprenant une personne handicapée.
André Antoine rappelle que des aides régionales existent également pour l’équipement de terrains destinés à l’accueil des gens du voyage.

26 avril 2008

Les francophones sauveront-ils Leterme ?

Le Premier ministre veut convaincre les francophonesde "geler" la scission de BHV. Les partis francophones refusent et demandent(toujours) une "solution négociée" : est-ce tenable ? La N-VA accentuela pression sur Leterme.


Question : "M. Leterme, comprenez-vous l'inquiétude des francophones alors que des députés de votre parti veulent voter la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde "en force" dès la semaine prochaine ?"
- Réponse : "Je prends acte."
- Question : "Pouvez-vous les rassurer ?"
- Réponse : "Je prends des contacts. Mais le Parlement est souverain pour fixer son ordre du jour. Je vous rappelle l'indépendance des pouvoirs exécutif et législatif."
Cela se passait vendredi matin, à l'issue du Conseil des ministres. Ce samedi, Yves Leterme rencontrera les présidents de trois partis francophones de la majorité (MR, PS, CDH) avec pour objectif de faire diminuer le voltage de la ligne à haute tension BHV. Yves Leterme, qui "a pris acte" de la décision des quatre partis francophones (ajoutez Ecolo aux trois précités) de ne pas activer de nouvelle procédure en "conflit d'intérêt", aimerait les faire revenir sur cette décision. Rappel, déclencher une procédure de "conflit d'intérêt" permet de paralyser le parcours législatif de la proposition de loi flamande de scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. La décision de porter la proposition de scission à l'ordre du jour de la Chambre sera prise mardi prochain. Et le vote "Flamands contre francophones" aurait théoriquement lieu, dans la foulée, lors de la séance plénière du 8 mai. Ce qui ferait (probablement) tomber le gouvernement Leterme Ier.
"Retenez-moi !"
D'ici mardi, les francophones ne devraient pas bouger d'un iota. Ce qui amuse les libéraux flamands : "Mais que croyait-il, Leterme ?, Que les francophones allaient éternellement le dépanner pour ses "cinq minutes de courage politique" ? C'est très naïf." Au sein de quatre formations politiques francophones la rengaine est (presque) la même. "C'est un peu "retenez-moi où je fais un malheur !" ce que sont occupés de faire les partis flamands , a souligné Didier Reynders (MR) interrogé vendredi matin par un auditeur de "La Première". "Ça n'a pas beaucoup de sens de dire qu'on va vous mettre une gifle, de vous prévenir, et de vous demander de vous protéger..."
Du côté d'Elio Di Rupo, on dit : "Nous ne déclencherons pas de procédure en conflit d'intérêt. Nous aviserons mardi si la scission est effectivement mise à l'ordre du jour du Parlement. On est dans une logique de solution négociée et pas dans une logique de conflit." Au CDH, Joëlle Milquet (lire l'interview en pp. 6-7) dit attendre "un geste" de la part des Flamands : "Mais si les intérêts des francophones sont menacés , souligne-t-elle, il faudra bien déclencher une procédure de conflit d'intérêt." Quant à Ecolo : "Il est hors de question que nous mettions un genou à terre, s'enflamme un responsable du parti. Non, non et non ! Si le CD&V veut faire tomber Leterme, c'est son problème. Mais nous ne participerons pas à une procédure de conflit d'intérêt. Un peu de dignité, SVP !"...
La charnière CD&V/N-VA
Du reste, il apparaît peu probable que le président de la Chambre, Herman Van Rompuy (CD&V), se prête à des manoeuvres de retardement de la mise à l'ordre du jour de la scission. Elu de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (à Rhode-Saint-Genèse), le président de la Chambre n'a, dit-on au sein du cartel CD&V/N-VA, que peu (ou pas) l'intention d'aider le Premier ministre. La mauvaise relation qu'entretiennent Leterme et Van Rompuy est de notoriété publique : "Quel intérêt aurait-il à se voir pointer du doigt et assimilé à un grand défenseur des francophones ?" , s'interroge-t-on dans la famille politique d'Yves Leterme.
Ainsi le Premier ministre aurait-il sous-estimé l'importance de la défunte charnière N-VA/CD&V incarnée par Bart De Wever et Jo Vandeurzen. Ces deux-là s'entendaient comme larrons en foire - ce qui permit, à plusieurs reprises, au CD&V de "tempérer" l'ardeur communautaire de la N-VA. Aujourd'hui, Bart De Wever est un électron libre, pas ou très peu consulté par Yves Leterme. Ah si !, une consultation intracartel est programmée ce lundi. Pour rire ? C'est que, dès jeudi passé, Bart De Wever a annoncé que les députés N-VA voteraient la scission de BHV si les francophones n'activaient pas une procédure en conflit d'intérêt.
Chaud (show) devant.

Un Collège et Comité ministériel de lutte contre la fraude

Le Conseil des ministres a décidé ce vendredi de créer un Collège et un Comité ministériel de lutte contre la fraude fiscale et sociale. Un premier plan d'action est attendu pour le 30 juin au plus tard, a précisé le secrétaire d'Etat à la Coordination de la lutte contre la fraude, Carl Devlies.
Le Comité ministériel sera présidé par le premier ministre Yves Leterme. Il sera composé par tous les membres du gouvernement concernés et sera chargé d'établir la politique générale de la lutte contre la fraude fiscale et sociale et de veiller à l'application uniforme de la législation sur tout le territoire.
Le Collège sera présidé par M. Devlies et composé de hauts fonctionnaires qui exercent une mission centrale dans le cadre de la lutte contre la fraude. Il établira chaque année un plan d'action. Son premier plan d'action est attendu pour le 30 juin 2008 au plus tard.
Le Collège soumettra au Comité toute proposition qu'il juge utile. Commentant la décision, le ministre des Finances, Didier Reynders, a souligné que sous le précédent gouvernement beaucoup d'actions avaient déjà été menées par les services du SPF Finances mais qu'une bonne coordination avec d'autre services était indispensable pour assurer un efficacité maximale.

25 avril 2008

Microsoft débarque à Mons

LE GÉANT DE REDMOND SUR LES TRACES DE GOOGLE. LE GRAND PATRON DE MICROSOFT, STEVE BALLMER « himself », était aux côtés des ministres wallons. Mais le nouveau centre montois doit faire ses preuves.

Quelques mois après l'arrivée de Google à Baudour , c'est au tour de Microsoft de poser ses pénates dans le Hainaut. Début 2009, le géant de l'informatique inaugurera à Mons son « Microsoft Innovation Center », dans le parc technologique Initialis.
Le grand patron de Microsoft, Steve Ballmer, s'est déplacé en personne pour annoncer la nouvelle jeudi à Louvain-la-Neuve. « L'objectif est de créer un environnement idéal pour permettre à de jeunes sociétés de se lancer, grâce à un soutien opérationnel, financier et technologique, a expliqué Steve Ballmer. Mons ciblera tout particulièrement les applications liées au secteur des soins de santé ».
Cette implantation montoise s'inscrit, pour Microsoft, dans une stratégie de création de centres spécialisés dans différents pays. « Tout comme le centre d'Aix-la-Chapelle est spécialisé dans les technologies mobiles, celui de Mons se concentrera sur l'image numérique et notamment sur les entreprises spécialisées dans l'imagerie médicale », explique-t-on chez Microsoft. Le nouveau centre ambitionne de créer cinq à dix nouvelles entreprises par an et 250 nouveaux emplois au total. L'éducation sera également au centre du projet, en liaison avec le centre d'excellence Technocité, au Grand Hornu.
La proximité de Google, à quelques encablures a-t-elle pesé sur la décision de Microsoft de choisir Mons pour son unique centre d'innovation en Belgique ? « Absolument pas, martèle Steve Ballmer. Nous étions déjà en discussions avec le gouvernement wallon depuis un certain temps ». Microsoft affirme également n'avoir reçu aucune aide publique wallonne ou européenne pour débarquer à Mons.
« L'accord prendra la forme d'un partenariat public-privé entre Microsoft et la Région wallonne, a expliqué le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt (PS). La Région investira environ deux millions d'euros sur trois ans dans le projet, notamment pour développer des services pour les PME. L'objectif est de permettre au nouveau centre d'innovation de rayonner en réseau sur toute la Wallonie ». La Région devra cependant encore préciser, dans les prochains mois, quels types de services elle voudrait proposer aux PME wallonnes.

Sur le parc Initialis
On sait déjà où sera localisé le centre d'innovation annoncé ce jeudi par Microsoft : il prendra pied sur le parc Initialis, géré par l'intercommunale Idea et idéalement situé au pied de l'autoroute, à l'entrée de la ville. Cet « Innovation center » ne débarquera pas en terra incognita. Il se liera à un autre projet associant public et privé et qui vient de recevoir de la part du gouvernement wallon 5,5 millions d'euros via le programme Convergence.
Ce futur pôle européen dédié aux images virtuelles et réelles, baptisé Virtualis, comprendra un centre de formation continue, une pépinière d'entreprises et un studio de 400m2 dernier cri. Dans un premier temps, Microsoft et Virtualis cohabiteront dans les bâtiments laissés vides par le départ de Telindus. L'option qui semble privilégiée est que l'immeuble soit racheté par l'intercommunale Idea et/ou les partenaires privés. Et que dans un second temps, soit d'ici un an et demi, un nouvel édifice soit construit.

Un centre Microsoft à Mons début 2009

Un partenariat a été conclu avec Microsoft. Le centre ouvrira en janvier 2009 au parc technologique montois Initialix. Microsoft a aussi noué un partenariat avec la SNCB.


Le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, le patron de la société Microsoft, Steve Ballmer et le bourgmestre de Mons, Elio Di Rupo, ont annoncé jeudi au cours d’une conférence de presse la conclusion d’un accord de partenariat qui débouchera sur l’ouverture, en janvier 2009, d’un Microsoft innovation Centre (MIC) à Mons. Cet investissement devrait permettre la création de nouvelles entreprises spécialisées et de nouveaux emplois.
« Ce partenariat public-privé est une relation win-win entre Mons et la Région wallonne d’une part et Microsoft d’autre part », a souligné Elio Di Rupo. « Cela démontre la volonté de la Région wallonne de s’inscrire dans les nouvelles technologies », s’est pour sa part réjoui le ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt. « Après Google, c’est Microsoft qui vient dans le Hainaut. Ce partenariat avec Microsoft est très important car il prouve que la Région wallonne peut s’enorgueillir de son attractivité. C’est une nouvelle étape très importante pour le plan Marshall. » De son côté, Steve Ballmer a souligné l’importance, à l’heure actuelle, du secteur de l’information et de la communication (ICT ou TIC) comme vecteur de développement économique.
Situé dans le parc technologique montois Initialis, ce centre d’innovation comprendra notamment un incubateur d’entreprises qui ambitionne de créer entre 5 et 10 nouvelles « start-up » par an ainsi que 250 nouveaux emplois directs et indirects au total. L’espoir est d’obtenir un jour une start-up capable de générer de nombreux emplois et de rivaliser avec les plus grandes entreprises, a encore glissé le patron de Microsoft.
D’une superficie initiale de 550 mètres carrés, le Microsoft innovation Centre sera installé dans le même bâtiment que le centre montois Virtualis dédié aux supports numériques. Le MIC fera également office de « business accelerator » ayant pour vocation de rassembler en un même lieu un ensemble de compétences et de connaissances dans les technologies de l’information et de la communication et dont le dessein ultime est, selon le ministre Marcourt, de « faire émerger la culture de l’ICT dans toute la Wallonie ». Le Microsoft innovation Centre combinera donc à la fois les dimensions de formation, de recherche et développement et de support aux entreprises. Concernant ce dernier aspect, l’entreprise Hewlett-Packard Belgium a déjà accepté de devenir partenaire technologique du centre d’innovation.
Pour la ville de Mons, la venue de Microsoft, après celle de Google à Ghlin-Baudour, est une étape importante sur la voie du renouveau. « Nous faisons face à un challenge important : passer en dix ans de l’industrie lourde à une économie de la connaissance. Le projet MIC s’inscrit parfaitement dans le cadre du concept ’Digital Innovation Valley’, lui-même associé à la candidature de Mons comme ville culturelle européenne en 2015 », a enfin expliqué Elio Di Rupo.
Dans un premier temps, le MIC centrera son attention sur le développement d’applications liées au domaine des soins de santé ('e-health'). Le centre représente un investissement tant pour la Région wallonne, qui y consacre un budget de quelque 2 millions d’euros sur trois ans, que pour Microsoft, dont l’investissement « à long terme » est à la fois technologique et humain

Partenariat avec la SNCB
La SNCB et la société Microsoft ont scellé un partenariat afin d’offrir aux navetteurs de la compagnie ferroviaire la possibilité de recevoir des informations sur l’état du réseau, par le biais de la plate-forme Windows Live.Il s’agit concrètement de mettre au point un service qui permettra aux abonnés de la SNCB d’être informés individuellement et en temps réel, par exemple, d’éventuels retards ou annulations de leur train.Une phase de test, qui concernera plusieurs milliers d’abonnés, sera lancée par la SNCB en seconde partie d’année 2008 en collaboration avec Microsoft.

BHV : avis de tempête pour Leterme

Des députés du cartel d'Yves Leterme veulent voter la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde dès la semaine prochaine. Les francophones laissent venir le Premier ministre et exigent une solution négociée. Comme un air de déjà vu...
Il y eut - au moins - une bonne nouvelle, jeudi, pour le Premier ministre Yves Leterme : son parti, le cartel CD & V/N-VA, a quelque peu été pris de court lors d'une séance plénière à la Chambre. En effet, les séparatistes flamands de la N-VA n'ont été prévenus de la possibilité "technique" qu'ils avaient de procéder à un vote sur la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde que quelques minutes avant le début de la séance parlementaire. Assez curieusement, la note des services juridiques du CD & V qui soulignait qu'un vote était "techniquement" possible dès jeudi a traîné en chemin...
Résultat, Bart De Wever et les députés du cartel n'ont pas bronché, tandis que Vlaams Belang et Lijst Dedecker réclamaient une prise en compte de cette proposition de loi explosive par l'Assemblée. Le Premier Leterme a donc sauvé son costume in extremis, sachant qu'un vote ferait tomber le gouvernement - les partis francophones ne pouvant tolérer l'usage de la supériorité numérique pour "forcer un passage" au Parlement.
Mais ceux qui pensent que les parlementaires de la N-VA (et du CD & V) se tiendront à carreau vont en être pour leur frais. "C'est très simple, souligne un cadre de la N-VA, sans nouvelle procédure de conflit d'intérêt des francophones, nous voterons la scission la semaine prochaine ou la suivante. Cela ne fait pas le moindre doute". Et de fait, la bronca sera à l'ordre du jour dès la semaine prochaine : sur proposition du CD & V, la décision de voter ou pas la scission de BHV sera prise mardi prochain à la Chambre. Alors qu'elle aurait pu être repoussée sine die. Pas question !, ont martelé les élus flamands. Yves Leterme pourra-t-il, d'ici mardi, proposer "une solution négociée" pour BHV ? À voir...
"Aveu d'impuissance"
Et les présidents des quatre partis francophones, réunis jeudi après-midi au cabinet des Finances de Didier Reynders, n'ont aucunement l'intention de dégainer "préventivement" une quelconque procédure en conflit d'intérêt - procédure qui gèlerait le parcours législatif de la proposition de loi flamande. Reynders (MR) : "Il y a un accord auquel les partis flamands ont souscrit, il n'y a aucune raison de relancer une procédure de conflit d'intérêt aujourd'hui". Di Rupo (PS) : "Cela n'aurait aucun sens de relancer une procédure de conflit d'intérêt alors qu'on essaye de négocier. Soit on négocie, soit on est dans le cadre d'un conflit. Ici, on privilégie la négociation". CDH et Ecolos défendent également cette ligne francophone.
"Les francophones disposent d'une pléthore de procédures à activer pour contrer un éventuel passage en force flamand au Parlement, fait remarquer Olivier Maingain . Mais si, d'aventure, nous devions les activer, ce serait un aveu d'impuissance de la part du Premier ministre Leterme. Cela démontrerait à quel point il n'a pas le contrôle sur son parti".
Elections sociales
Voilà donc le Premier ministre, comme à l'automne dernier lors du vote en commission de l'Intérieur de la Chambre, le couteau sous la gorge communautaire. "Nous n'avons encore rien fait, rien vu comme proposition ou esquisse de solution", se désole un président de parti. Un autre : "Aucune idée de la méthode qu'Yves Leterme va employer". Va-t-on, par exemple, prolonger l'expérience des "sages" ou va-t-on privilégier une négociation entre présidents des huit partis ? Bouteille à l'encre.
Au sein du cartel de Leterme, alors que certains s'interrogent sur le silence radio institutionnel du Premier, la pression devient intenable. La consultation entre partenaires CD & V et N-VA est au point mort : Leterme entendait, paraît-il, laisser passer l'échéance des élections sociales (mi-mai) avant d'attaquer BHV.
Mais pour trop avoir attendu, voilà que c'est lui qui se fait attaquer par BHV...

Les francophones misent sur la négociation
Les présidents de partis francophones veulent s'en tenir à l'engagement de passer par la voie de la négociation dans la problématique de la scission de l'arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

BHV: Peut-être examiné la semaine prochaine

Les francophones veulent un geste

Edito: Fini le foot, on en revient à la politique

De Gucht n'a pas dérapé

Le discours musclé de Karel De Gucht reflète bien la position du gouvernement. Tout avait été concerté la semaine dernière. Plusieurs députés suggèrent à Yves Leterme d'aller sur place, au Congo, pour rencontrer Joseph Kabila.
Cinq questions dont trois émanant des bancs de la majorité, jeudi après-midi en séance plénière de la Chambre. C'est clair que la politique congolaise de la Belgique pose question. C'est Yves Leterme lui-même qui a répondu aux questions.
Vlaams Belang excepté, toutes les interventions sont allées dans le même sens, fût-ce avec quelques nuances : n'est-on pas en train d'envenimer inutilement nos relations avec la République démocratique du Congo, alors que les Congolais ont besoin de nous ?
Diplomatie ou bâton
Le débat aura finalement plus porté sur l'évaluation des progrès engrangés (bouteille vide ou à moitié pleine ?) que sur cette question essentielle : quelle est la manière la plus efficace de faire passer le message ? La diplomatie discrète ou le bâton ?
Mais l'autre question que tout le monde se posait est venue de la bouche de Christian Brotcorne (CDH) : les propos de Karel De Gucht reflètent-ils ce qui avait été confié au ministre des Affaires étrangères dans le cadre de cette mission ? Et la réponse du Premier ministre a été sans ambiguïté : c'est oui. "Le message des trois ministres reflète la position de l'ensemble du gouvernement". Il a été "fixé la semaine dernière en concertation" et "on a amplement parlé" alors de la teneur du discours de Karel De Gucht.
Colonialisme
Le chef de groupe CDH a aussi suggéré au Premier ministre "d'envisager un voyage sur place pour peut-être éteindre ce qui ne devrait pas devenir une stérile polémique".
Même invitation de la part de Juliette Boulet (Ecolo) mais saupoudrée de propos plus durs : "Vous devriez aller sur place pour vous rendre compte de ce que les Congolais attendent réellement", suggère la députée. La représentante des Verts a qualifié de "colonialistes et paternalistes" les propos du chef de la diplomatie belge. Elle a évoqué deux poids et deux mesures par rapport à l'indulgence dont la Belgique fait preuve à ses yeux à l'égard de la Chine ("Là, on tarde, on s'en remet à l'Europe, par crainte de sanctions économiques"). Elle s'est enfin plainte de ce que l'on parle au nom des Belges, alors même que la note politique de Karel De Gucht n'a pas encore été distribuée et n'a donc pas pu faire l'objet d'un débat au Parlement.
André Flahaut (PS) a d'abord enfourché son dada, la politique de Défense, pour constater, on résume, que c'est la continuité qui prévaut. Mais lui aussi a poussé Yves Leterme à prendre contact avec le Président de la RDC pour lui repréciser les termes des accords conclus, et enfin "revenir au calme et à des relations normales". Pour lui, "un partenariat, ce n'est pas seulement des chiffres, c'est une relation de confiance entre des responsables, et cette confiance se gagne dans la durée".
Il a estimé que cette relation doit aussi évoluer dans le temps en tenant compte des circonstances nouvelles : "La Belgique est encore acceptée autour de la table mais elle n'est plus le partenaire exclusif ni même privilégié, qui peut se permettre d'expliquer ce qu'il faut faire en levant le gros doigt". En résumé, il s'est inquiété "de l'attaque frontale et peu diplomatique contre les autorités politiques du Congo", Congo qui, a-t-il rappelé, est un Etat souverain.
Leterme au Congo ?
Yves Leterme ira-t-il au Congo ? Il n'a pas répondu jeudi à cette question. Mais sur le fond du problème, il est resté sévère. "La façon dont les choses se déroulent là-bas est préoccupante, en matière de bonne administration, de l'organisation d'un Etat de droit et de lutte contre la corruption. Il y a trop peu d'avancées. Sans cela, ce pays ne se relèvera jamais." Il a encore évoqué la situation dans l'Est, "qui est loin d'être normalisée" et rejeté l'accusation de néocolonialisme. Pour lui, "la RDC est un Etat souverain avec lequel la Belgique entretient une relation, particulière et ancienne, de partenariat". Enfin, il a tenu à minimiser la portée des propos tenus, M. Kabila ayant, selon lui, "estimé lui-même qu'il n'y avait pas eu d'incident", une lecture du climat ambiant qui ne sera vraisemblablement pas partagée par tout le monde.

Le Congo, parent pauvre de l'aide occidentale
Les aides occidentales promises n'arrivent pas ou arrivent très tard. Du coup, Kinshasa va chercher la coopération là où il la trouve et l'effort de reconstruction en est à ses balbutiements.

Lire aussi: l'édito
" Le rapport maîtres-esclaves, c'est fini"
"De Gucht a parlé au nom du gouvernement"

24 avril 2008

Proximus abuserait de sa position

Un rapport accablant pour Proximus

Un rapport de l'auditorat du Conseil de la concurrence affirme que Proximus a abusé de sa position dominante. Ce rapport fait suite à une plainte déposée par Base. Si la décision définitive va dans le même sens, la facture totale pourrait être salée.
Proximus doit-il se préparer à payer une amende qui pourrait atteindre jusqu'à 10 pc de son chiffre d'affaires ? On n'en est pas encore là, mais la filiale de Belgacom a du souci à se faire. Un rapport de l'auditorat du Conseil de la concurrence, rendu public ce mercredi, "allègue l'existence d'abus de position dominante dans le chef de Belgacom Mobile".
Petit rappel des faits : en octobre 2005, Base dépose une plainte auprès du Conseil de la concurrence en faisant valoir dans son dossier que les pratiques commerciales de Proximus l'excluent de facto du lucratif marché des clients business.
S'ensuit alors une spectaculaire descente d'une vingtaine d'agents du Conseil de la concurrence chez Proximus en janvier 2006. C'est sur base des documents saisis ce jour-là que l'auditorat estime que la filiale de Belgacom a effectivement recouru à des pratiques abusives entre 2002 et 2005. Il s'agit des trois années ayant fait l'objet de l'instruction, mais le constat vaut sans doute aussi pour 2006, 2007 et 2008, estime-t-on chez Base.

"Les pratiques abusives retenues à l'encontre de Belgacom Mobile visent notamment l'imposition de prix de vente excessifs aux autres opérateurs concernant son service de terminaison d'appel sur son propre réseau", peut-on lire dans le communiqué du Conseil de la concurrence. "Les pratiques abusives suivantes sont également retenues : l'existence de rabais à caractère fidélisant accordés sans justification économique à ses clients professionnels ou encore l'existence d'un 'price squeeze' , la marge entre les prix de gros pratiqués par Belgacom Mobile sur le marché en amont de la terminaison d'appel sur son réseau et les services de détails correspondants facturés par Belgacom Mobile sur le marché en aval ne permettant pas aux autres opérateurs de dégager une marge raisonnable sur ce dernier marché." C'est ce qu'on appelle en français un "effet de ciseaux".

Pas la seule plainte
Bien sûr, comme le précise le même communiqué, ces conclusions "ne préjugent évidemment pas" de la décision finale que prendra la chambre du Conseil de la concurrence dans les six mois à venir, au plus tôt en septembre. Il n'empêche : chez Base, on se réjouit bien sûr de la tournure prise par les événements. "Si le Conseil de la concurrence prend une décision qui va dans le même sens que le rapport de l'auditorat, nous pourrons enfin nous réintéresser au marché des clients business, dont nous sommes aujourd'hui quasiment absents", souligne Bart Vandesompele, le porte-parole de Base. Celui-ci précise également qu'en cas de décision favorable du Conseil, Base et Mobistar introduiront sans doute des plaintes pour récupérer l'argent perdu à cause des pratiques abusives de leur concurrent Proximus.
Du côté de la filiale de Belgacom, on réagit avec prudence, et on souligne que rien n'est encore décidé. "Nous allons envoyer nos commentaires sur ce rapport au Conseil de la concurrence, pas question donc de les dévoiler dans la presse", souligne la porte-parole Frédérique Verbiest.
A noter qu'en juin 2003, Base avait déposé une autre plainte pour abus de position dominante contre Proximus devant le tribunal de commerce de Bruxelles. Une plainte à laquelle s'est joint Mobistar depuis lors, les deux opérateurs réclamant plus d'un milliard d'euros à Proximus pour les dommages causés. Là aussi, une décision est attendue dans les mois à venir.

Selon l'auditorat, les pratiques abusives retenues pour les années 2002 à 2005 à l'encontre de Proximus visent notamment "l'imposition de prix de vente excessifs aux autres opérateurs concernant son service de terminaison d'appel sur son propre réseau, ces tarifs étant en outre discriminatoires".
L'auditorat du Conseil de la concurrence a pris connaissance d'indications au sujet d'un possible abus de position dominante de la part de Belgacom Mobile SA (Proximus), annonce un communiqué du ministre pour l'Entreprise et la Simplification Vincent Van Quickenborne (Open Vld). Un rapport motivé a été transmis mardi par l'auditorat au Conseil de la concurrence, confirme mercredi dans un communiqué l'auditorat du Conseil de la concurrence.
Cette affaire fait suite à une plainte déposée par la société Base, qui estimait être exclue du marché de la téléphonie mobile en raison de pratiques d'exclusion menées par Proximus.
Selon l'auditorat, les pratiques abusives retenues pour les années 2002 à 2005 à l'encontre de Proximus visent notamment "l'imposition de prix de vente excessifs aux autres opérateurs concernant son service de terminaison d'appel sur son propre réseau, ces tarifs étant en outre discriminatoires", ainsi que "l'existence de rabais à caractère fidélisant accordés sans justification économique à ses clients professionnels ou encore l'existence d'un "price squeeze" ou effet de ciseaux tarifaires". Les conclusions du rapport de l'auditorat "ne préjugent évidemment pas de la décision que sera amenée à prendre la chambre du Conseil de la concurrence chargée de l'affaire au terme des audiences prévues par la loi", précise encore le communiqué.
Dans un autre communiqué, le ministre pour l'Entreprise et la Simplification Vincent Van Quickenborne (Open Vld) ajoute mercredi qu'il a demandé aux autorités de la concurrence des éclaircissements quant à la différence existant entre le prix des pommes de terre et celui des cornets de frites. Le ministre souhaite ainsi disposer d'une image objective de la structure de coûts.

Le double jeu européen

Pas moins de dix membres de la Commission débarquent ce jeudi à Pékin. José Manuel Barroso promet de parler des droits de l'homme. Mais, en coulisse, les Européens peinent à faire face aux pressions chinoises.

Changement climatique et développement durable : voilà les deux thèmes qui justifient le déplacement, jeudi et vendredi à Pékin, du président de l'Exécutif européen José Manuel Barroso et de neuf de ses commissaires - pas moins - pour rencontrer le président Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao. Européens et Chinois en profiteront aussi pour inaugurer un nouveau mécanisme destiné à traiter des problèmes d'investissements, d'accès au marché ou de protection de la propriété intellectuelle, auxquels se trouvent confrontées les entreprises qui essaient de s'implanter dans le pays. Les thèmes de discussions économiques, alors que Bruxelles et Pékin négocient un "partenariat stratégique", ne manquent assurément pas.
Mais le président Barroso entend aussi "placer les autorités chinoises devant leurs contradictions : d'un côté la responsabilité d'organiser une des plus grandes fêtes de la jeunesse mondiale - les Jeux olympiques -, de l'autre une situation de répression et de tension", annonce par voie de communiqué la Commission qui, assure-t-elle, "a toujours eu un dialogue très franc avec la Chine" sur les droits de l'homme et la liberté d'expression.
En coulisse, toutefois, elle marche sur des oeufs. Le dialogue UE-Chine sur les droits de l'homme et le séminaire juridique censé le précéder se révèlent particulièrement difficiles à organiser cette année, à cause des pressions chinoises auxquelles les Européens peinent clairement à faire face.
La vie de ce dialogue a connu quelques rebondissements depuis son établissement en 1996. Il avait été interrompu en 1997, quand des Etats de l'Union avaient voulu faire adopter par la Commission des droits de l'homme de l'Onu une résolution critique à l'encontre de la Chine. Mais il a repris à un rythme semestriel. La situation s'est alors envenimée l'an dernier, quand les représentants chinois ont quitté le séminaire organisé pour les ONG et les personnalités académiques, les 10 et 11 mai 2007 à Berlin. La présidence allemande de l'Union venait de refuser d'exclure de la réunion les représentants des organisations Human Rights in China et China Labour Bulletin. Six mois plus tard, les Chinois, qui devaient l'organiser, ont tout bonnement fait l'impasse sur le séminaire. Et maintenant que les Européens doivent, à leur tour, planifier les séminaire et dialogue sur les droits de l'homme, du 13 au 15 mai à Ljubljana, Pékin met la pression maximale pour ne pas voir débarquer les représentants de HRIC et China Labour Bulletin.
"Un choix tactique"
Pour s'en sortir, Européens et Chinois ont trouvé la parade. "Les sujets mis à l'ordre du jour, comme le travail des enfants, ont été choisis explicitement de manière à ce que l'absence des ONG que ne désirent pas voir les autorités chinoises dans le séminaire ne soit pas incongrue, puisque ce n'est pas leur sujet de prédilection", explique l'eurodéputée verte française, Hélène Flautre. "C'est un choix tactique plutôt malin", remarque la présidente de la sous-commission des droits de l'homme au Parlement européen. "Mais il me paraît difficile de ne pas aborder les questions qui fâchent, dans le cadre de ce dialogue, c'est-à-dire les questions d'actualité comme le Tibet, la libre circulation des journalistes, le harcèlement des défenseurs des droits de l'homme."
La Commission européenne et le Conseil de l'Union ont tenté d'expliquer la délicatesse de leur position à Human Rights Watch, Amnesty International et la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) : soit le séminaire tombe à l'eau, boycotté par les Chinois, soit il est organisé en excluant les défenseurs des droits de l'homme jugés gênants. Les trois organisations internationales - qui, elles-mêmes, n'ont toujours pas reçu l'invitation au séminaire - ont protesté dans une lettre commune, estimant que les Chinois n'avaient pas à dicter l'organisation de la réunion.
Et maintenant ?
"Maintenant se pose la question de la poursuite de ce type de séminaires. La situation actuelle rend l'exercice périlleux, mais on tient à ce lieu de discussion sur les droits de l'homme", note Hélène Flautre. Certes, le dialogue se révèle loin d'être parfait. "Nous n'avons pas d'image claire de ce que l'UE a réellement obtenu sur le terrain", regrette Susi Dennison, responsable des relations extérieures au bureau européen d'Amnesty. "Le problème, c'est qu'on met les droits de l'homme dans une petite boîte, et cela arrange l'Europe que cela ne sorte pas de la boîte" , ajoute Antoine Madelin. Mais "le séminaire est l'occasion de soutenir les leviers de changements, les personnes qui essaient de faire avancer les choses au sein même du système", précise le délégué permanent de la FIDH auprès de l'Union. "Il est très utile", confirme Susi Dennison. "On peut soumettre des cas individuels de défenseurs des droits de l'homme en Chine et on a des réponses, d'ordinaire difficiles à obtenir."
En attendant que la situation se décante, José Manuel Barroso doit obtenir des autorités chinoises "l'engagement qu'elles prendront sans attendre des mesures concrètes" , comme garantir aux journalistes le droit d'informer ou mettre un terme à la répression, insiste Amnesty. Selon Hélène Flautre, "l'UE est capable, si elle est déterminée, d'obtenir des résultats". Mais reste à voir si elle l'est, déterminée.

BHV : les francophones veulent un geste

Prenez une belle journée ensoleillée (au hasard : dimanche dernier), faites un tour à Walibi (avec Laurette Onkelinx et Miss Belgique), puis à la brasserie de Hoegaarden (avec Didier Reynders), au château de Ciergnon (avec Albert II et Jean-Marc Delizée) et, enfin, au Standard de Liège.

Les immigrés rapportent 23.000 euros

L'immigration ne coûte rien, mais elle est bénéfique pour l'économie du pays. Une famille d'immigrés représente même 23.000 euros par an pour les caisses de l'Etat, peut-on lire dans une note de la ministre de la Politique de migration et d'asile, Annemie Turtelboom (Open Vld), reprise mercredi par De Standaard.Une famille avec deux enfants qui entre sur le territoire dans le cadre de la migration économique et qui compte donc deux personnes occupant un emploi, rapporte environ 23.000 euros nets à l'Etat belge: 44.000 euros de revenus pour le Trésor et la sécurité sociale, et 21.000 euros de dépenses pour les allocations sociales, familiales et l'enseignement. Soit un bénéfice de 23.000 euros, calcule la note de la ministre Annemie Turtelboom.La contribution de 50.000 travailleurs permettrait de diminuer le taux de chômage de 0,15% et d'augmenter de 0,25% le degré d'activité. La Flandre a ainsi accordé en 2007 un permis de travail à environ 16.000 travailleurs issus des nouveaux pays de l'Union européenne. Cela a permis d'augmenter le degré d'activité de 0,15% et de diminuer le chômage de 0,11%.

Greta D'Hondt au cabinet de Joëlle Milquet

La ministre de l'Emploi Joëlle Milquet (cdH) a proposé à l'ancienne parlementaire CD&V Greta D'Hondt un poste au sein de son cabinet, écrivent mercredi De Standaard, Het Nieuwsblad et Het Volk.Greta D'Hondt (58 ans) n'a pas été élue lors du scrutin de l'année dernière. "Joëlle Milquet m'a contactée parce qu'elle a besoin d'un expert pour la simplification des nombreux plans de création d'emploi et pour le dossier de l'emploi des travailleurs étrangers. Je pense que je vais le faire", a-t-elle expliqué.

23 avril 2008

Les élus socialistes bruxellois en plein désaccord

La députée fédérale socialiste Karine Lalieux a pris ses distances, dans un texte sur son site internet, avec le vice-président du parti socialiste Philippe Moureaux pour ses attaques "ad hominem" formulées notamment à l'encontre de Frédéric Laloux et ses "méthodes", relate mercredi La Libre Belgique.

"C'est parce que je ne veux plus que les militants, les sympathisants, les 'simples lecteurs' pensent que la seule expression du PS bruxellois vient de son président, Philippe Moureaux. Que tous les mandataires et membres socialistes bruxellois adhèrent à ses propos, ses méthodes, à son discours. Celui qui a eu et qui a toujours une carrure d'homme d'Etat ne doit pas tomber dans les attaques ad hominem et garder sa verve pour défendre les valeurs progressistes", écrit-t-elle, ajoutant être "très loin d'être une proche du vice-président".

Karine Lalieux, par ailleurs échevine à la Ville de Bruxelles, se range dès lors clairement derrière Elio Di Rupo et Charles Picqué, ministre-président de la Région bruxelloise. Elle coupe également court à la rumeur qui la prétendait "déçue" de ne pas avoir été choisie en lieu et place de Frédéric Laloux.

"Je ne nie pas que nous vivons des moments difficiles au sein du parti. Je ne dis pas que tous les choix sont unanimement partagés, mais aujourd'hui, c'est de projets dont nous avons besoin", souligne-t-elle sur son site.

Les compétences du secrétaire d'Etat Clerfayt attisent la curiosité

Bernard Clerfayt (FDF), secrétaire d'Etat adjoint au ministre des Finances.
Didier Reynders a indiqué que la lutte contre la fraude fiscale relevait de ses compétences et, spécifiquement, de celles du secrétaire d'Etat Clerfayt. Le secrétaire d'Etat Bernard Clerfayt (FDF), adjoint au ministre des Finances, a été mis sur la sellette mardi en Commission de la Chambre à propos de la définition exacte de ses compétences. Précisant la situation, le ministre des Finances Didier Reynders a annoncé la mise sur pied d'un Collège et d'un Comité chargés de la lutte contre la fraude.

Ce Collège regroupera les services des différents départements chargés de la lutte contre la fraude (fiscale, sociale, législation étrangers, sur les jeux, etc). Il sera placé sous la présidence du secrétaire d'Etat chargé de coordonner la lutte contre la fraude, Carl De Vlies. Un Comité ministériel regroupant les ministres compétents, et agissant à l'instar du Comité ministériel du renseignement et de la sécurité, sera placé sous la présidence du premier ministre.

Didier Reynders a indiqué que la lutte contre la fraude fiscale relevait de ses compétences et, spécifiquement, de celles du secrétaire d'Etat Clerfayt. Peu disert, le secrétaire d'Etat a lu les quelques passages de la note de politique générale le concernant, M. Clerfayt ayant d'emblée tenu à "clarifier" ses compétences.

Se demandant "qui ferait quoi" en matière de lutte contre la fraude fiscale, le député écologiste Jean-Marc Nollet a estimé "qu'en terme d'efficacité, on avait fait marche arrière". Le député Dirk Van der Maelen (sp.a) a tenu le même propos. Au sein de la majorité, quelques interrogations se sont fait jour également. Guy Coëme (PS) a souligné l'absence "d'homogénéité" des compétences déléguées. "Comment intégrer votre compétence avec celle de M. Devlies? ", s'est simplement demandé Christian Brotcorne (cdH).

Au-delà de la répartition des compétences, l'opposition a relevé la "faiblesse" de la note de politique générale relative au département des Finances. Dans la majorité, Guy Coëme (PS) a lui évoqué une série de manquements, en matière de lutte contre la fraude notamment, et dit attendre un "monitoring" pour suivre les intérêts notionnels. Dirk Van der Maelen (sp.a) a reproché au ministre des Finances un manque de volonté. "Vous êtes très mal parti", a-t-il dit.

La discussion en Commission a été interrompue un moment, l'opposition dénonçant que le ministre des Finances s'absente pour participer à la réception à la résidence du premier ministre en hommage au Standard de Liège, champion de Belgique de football. Après une suspension de séance, le débat a pris la forme d'un dialogue de sourds entre le ministre Reynders et l'opposition à propos des intérêts notionnels. Le ministre a confirmé que la circulaire annoncée à cet égard n'apporterait "rien de neuf, rien de plus que dans la loi".

22 avril 2008

Les câblos de Voo condamnés à harmoniser leur offre

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a condamné la semaine dernière les câblodistributeurs ALE/Tecteo et Brutélé, associés sous la marque commerciale Voo, à harmoniser chacun en interne leur offre et leurs tarifs pour tous leurs consommateurs.
Le CSA applique ainsi strictement le principe de la péréquation tarifaire, qui garantit que la concurrence entre distributeurs et les bénéfices des progrès technologiques ne soient pas réservés à certains segments de la population, sélectionnés sur base de critères discriminatoires et arbitraires.
Les deux câblos, a constaté le CSA, appliquaient en 2006 des tarifs équivalents pour des offres différentes, ou des tarifs différents pour une offre équivalente. Et cette situation n’a pas été modifiée depuis, malgré le rapprochement commercial des deux sociétés.
ALE/Tecteo a été condamnée à 300.000 euros, et Brutélé à 200.000 euros. Ces amendes sont toutefois assorties d’un sursis de six mois, délai pendant lequel les deux câblos sont invités à se mettre en ordre.
Ces condamnations, si on les envisage dans la perspective d’une intégration complète de Brutélé dans Tecteo, pourraient pousser les câblos de Voo à harmoniser ensuite leurs offres entre eux.

L’euro dépasse 1,60 dollar

La monnaie européenne a atteint un nouveau sommet à 1,6002 dollar vers 16H50, poussée par l’inquiétude des marchés sur la santé de l’économie américaine, après la publication des chiffres des reventes de logements, accusant une nouvelle faiblesse aux Etats-Unis.

Lire aussi : le pétrole poursuit sa route vers les 120 dollars.

Le parquet demande de lever l'immunité d'un député N-VA

Le parquet général de Bruges a demandé au parlement flamand de lever l'immunité parlementaire du député flamand Jan Loones (N-VA), coupable à ses yeux de plusieurs infractions routières. Il s'agirait essentiellement d'excès de vitesse.La commission des poursuites du parlement flamand devra se prononcer mercredi sur la demande de levée d'immunité, avant la décision finale en séance plénière, qui pourrait permettre aux parquets de Bruges et de Furnes de poursuivre le député devant le tribunal.

"Olivier Chastel comprend à peine l'anglais"

Depuis le sommet informel des ministres européens des Affaires étrangères au mois de mars, à Brdo, en Slovénie, des commentaires se font entendre dans les milieux diplomatiques sur les connaissances linguistiques du secrétaire d'Etat Olivier Chastel (MR)."Quelqu'un avec une telle fonction qui ne parle pas et comprend à peine l'anglais, c'est très difficile", souligne un diplomate mardi dans De Standaard.Au cabinet du secrétaire d'Etat belge, on admet que son anglais doit être amélioré. C'est ce qu'affirme son porte-parole, qui précise qu'Olivier Chastel a étudié l'anglais et le néerlandais à l'école mais n'a pas beaucoup parlé ces langues depuis. "Deux fois par semaine, il suit des cours de langues et cela commence à porter ses fruits", ajoute le porte-parole. Et de renvoyer au cas de Didier Reynders. Lorsqu'il est devenu ministre fédéral, il a décidé d'apprendre le néerlandais à un rythme accéléré. "Je ne pense pas que quelqu'un a encore aujourd'hui la moindre critique à formuler au sujet du néerlandais du président du MR", dit-on chez Olivier Chastel.

Les compétences du directeur du Foyer fontainois jugées insuffisantes

Le directeur-gérant du Foyer fontainois, Marc Minneboo, en poste depuis 2004, est critiqué dans sa gestion et la Société wallonne de Logement (SWL) lui demande de faire un pas de côté, estimant que ses compétences sont insuffisantes pour gérer un parc de mille habitations, écrit mardi le quotidien La Nouvelles Gazette.
Début 2007, trois responsables du Foyer de Fontaine-l'Evêque, dont Marc Minneboo, avaient été inculpés pour abus de biens sociaux, détournements et non-respect de la législation en matière de marchés publics. Malgré ses efforts pour redresser la barre du Foyer fontainois, M. Minneboo n'a pas convaincu le commissaire spécial du Gouvernement wallon qui constate la persistance de certaines infractions. Indépendamment du renvoi possible des trois principaux inculpés devant un tribunal correctionnel, la SWL a fait procéder à une évaluation du travail du directeur-gérant.
Les experts de la SWL le verraient plutôt dans une fonction technique au sein du Foyer fontainois. Marc Minneboo, qui devait se prononcer lundi sur cette proposition, est en arrêt maladie. En refusant un reclassement dans une fonction publique, il risque le licenciement. Cette réorientation professionnelle conduit à un barème salarial inférieur et au renoncement de certains avantages.

21 avril 2008

Agressions en hausse contre le personnel du logement social carolo

Eric Massin, échevin du logement à Charleroi.Chaque semaine, de trois à cinq agressions physiques sont commises contre des membres du personnel des sociétés de logements sociaux de Charleroi, par des locataires ou des candidats locataires, a indiqué lundi l'échevin carolo du Logement, Eric Massin (PS), lors de la présentation de l'action entreprise par ces sociétés pour répondre à la hausse croissante de ce type d'agressions.

responsables des sociétés de logement social concernées ("La Carolorégienne", "Le Logis moderne", "Le Foyer marcinellois", "Versant Est" et "Val d'Heure") en ont témoigné: l'agressivité croît depuis un an à l'égard de leurs membres du personnel. Il s'agissait d'abord uniquement de violences verbales et d'insultes, mais on assiste de plus en plus souvent aujourd'hui à des menaces et à des agressions physiques, telles que du personnel "secoué" ou bousculé dans les bureaux. "

Mal-être
"Cela ajoute au mal-être d'un personnel qui se remet de la période des "affaires" qui ont lourdement touché ces mêmes sociétés de logement. Ces agressions sont le fait de candidats locataires mécontents de ne pas voir leur demande aboutir, mais aussi de locataires qui se plaignent de l'attribution d'un logement alors qu'ils en voulaient un autre, ou de la durée de travaux qui les gênent. Tirs à la carabineLa violence gratuite est aussi en recrudescence, comme en témoignent ces récents tirs à la carabine à plombs en direction de travailleurs sur un chantier. Une première table ronde s'est tenue à ce propos entre les responsables des sociétés concernées et des membres du cabinet du ministre wallon du Logement, André Antoine (cdH), et le collège communal a approuvé une série de dispositions qui visent à répondre à ces situations.Tolérance zéroIl est ainsi prévu la formation du personnel à la gestion de conflits; la tolérance zéro en ce qui concerne les agressions physiques, avec dépôt de plainte, accompagnée d'un renon si l'agression est le fait d'un locataire, ou d'une radiation de la liste des candidats, s'il s'agit d'un candidat locataire. Il va également être demandé au procureur du Roi de Charleroi de centraliser entre les mains d'un seul substitut les plaintes relatives à ces faits, comme c'est le cas pour les agressions subies par le personnel des transports publics du TEC. Une procédure d'accueil personnalisé à l'égard des candidats locataires va également être étudiée, et des actions de sensibilisation vont être menées dans chaque société. Chacune d'elle a affirmé sa volonté de ne pas pénaliser le locataire par des réactions qui le prendraient en otage. SensibilisationUne action de sensibilisation sera menée mercredi par le personnel de "La Carolorégienne", qui gère plus de 2.500 logements à Charleroi. Il s'agira d'une journée "sans service": le personnel ne sera pas à l'arrêt, mais son temps de travail consistera pour partie en une formation et en un entretien de matériel. L'échevin du Logement, Eric Massin, a également tenu à répéter que désormais, les attributions de logements sociaux ne sont plus le fait de mandataires, mais bien de comités d'attribution dans lesquels ne siège plus aucun élu.

Vanhengel et Smet, « Flamands de service »

Le député flamand Eric Van Rompuy (CD&V) a qualifié sur son site les ministres bruxellois Guy Vanhengel (Open VLD) et Pascal Smet (SP.A) de « plus faibles représentants flamands dans le gouvernement bruxellois depuis vingt ans » et de « Flamands de service » (en français dans le texte).
Il réagissait ainsi aux réactions "plutôt positives" selon lui de ces deux ministres bruxellois flamands à la proposition des ministres-présidents Rudy Demotte (Région wallonne et Communauté française) et Charles Picqué (Région bruxelloise) de créer une institution francophone gérant les matières communautaires avec un ancrage régional prononcé.
"Que ce plan ne souffle mot du sort des Flamands de Bruxelles ne semble pas les affecter. Nous sommes-nous battus pendant des décennies en faveur de garanties constitutionnelles dans les institutions bruxelloises pour les voir maintenant s'évaporer dans Wallo-Brux? ", lance Eric Van Rompuy.
Le député régional considère ce projet comme une mainmise francophone sur Bruxelles et l'antichambre du séparatisme. Il signifie à ses yeux pour Bruxelles la fin de son statut de capitale des deux communautés.
A l'exception de ceux du CD&V, les chefs de file des formations démocratiques flamandes de l'échiquier politique bruxellois avaient réagi plutôt positivement, jeudi, à la prise de position commune des ministres-présidents wallon et bruxellois au sujet de l'avenir des institutions francophones du pays.